Vieux machin de la bande (à priori), j’ai gouté à mes premières joies métalliques un jour de décembre 1988. Pour vous situer un peu le contexte de l’époque, cette année là étaient sortis « And Justice For All », « Seventh Son of The Seventh Son », «
No Rest for the Wicked », « Keeper of the Seven Keys II », «
South of Heaven ». Je les avais tous acheté en cassette (et ouais messieurs dames, des cassettes !!!!). Le mur de Berlin existait encore, le Rap étaient encore à ses balbutiements et Jean Michel Jarre était « techno ».
Le premier poster de Maiden, un Eddie la cervelle explosée, que j’avais mis dans ma piaule avait failli provoquer un arrêt cardiaque à ma mère qui pensait que j’étais devenu sataniste et mon perfecto recouvert d’une veste en jean aux manches
coupées arrachées et maculée de badges faisait bien rire mes copines, à moins que je confonde avec mes problèmes d’acné.
Dévorant les magazines qui était nombreux et achetant tout ce qui sortait, j’ai eu, après quelques années d’hésitation, envie de passer de l’autre côté en me mettant à la gratte et de jouer en groupe. J’ai donc troqué ma raquette de tennis avec laquelle je faisais du « Tennis Guitare » (le « Air » n’avait pas encore été inventé) pour une vraie. Mon premier vrai frisson, si je mets de côté mon souvenir d’
Angus Young au « Monsters Of Rock » de Vincennes en 91, je l’ai eu en jouant, fort mal au demeurant, « Seek and Destroy » par-dessus le CD.
Alors forcément, et pour avoir connu une période où tout ce qui était hard rock et cuir ne pouvait être que le mal, quand les pubs de mousse à raser vous mettent du thrash en fond sonore et que le pire album de variét’ nous sert des parties de guitare qui auraient fait bonne impression sur un disque de heavy des années 80, moi je me pose forcément la question c’est quoi être métal en 2009 ?
C’est jouer vite, porter un accoutrement spécial, boire de la bière, cracher sur tout ce qui ne s’en revendique pas ou encore se mettre un maquillage outrancier sur la tronche en prenant des attitudes de poseurs, chose que Bowie faisait déjà, avec talent en plus, dans les années 70 ?
Je pense sincèrement qu’être un amateur de métal et de musiques extrêmes (pas seulement du tempo notez le bien), c’est d’abord un état d’esprit et une attitude qui ne va pas avec un ostracisme exacerbé où tout ce qui est pop et commercial est forcément de la merde.
Car au final
Led Zeppelin restera bien plus heavy dans sa manière de jouer que le plus extrême des groupes Grind qui se la pète et qu’
Angus Young, malgré ce que veulent nous faire croire les magazines et les vendeurs de guitares, restera un bien meilleur guitariste que
Joe Satriani.
Ce qui me semble important dans la musique c’est ce que les gens qui en font ont à nous dire. Frisson, pas frisson, adrénaline ou bâillement aux corneilles sont les seules questions qui comptent. Pas besoin de beaucoup de notes, d'une technicité extrême et d’un tempo de cinglé pour cela.
Si je laisse de côté les choses métalliques, je suis un grand amateur de Cold Wave devant l'éternel, inconditionnel du tryptique " Cure (1979 -1982) - Siouxsie & The Banshees - Joy Division ". Je pourrais en citer pleins d'autres : Pink Turns Blue, Clan Of Ximox, Faith & The
Muse etc. mais la liste serait bien trop longue.
Après pas mal d'années consacrées à des activités musicales diverses et variées (j'ai même fait de la techno et du reggae, c'est pour dire), je passe une grande partie de mon temps à la pratique du kung fu. C'est bon pour le corps et met un peu de plomb dans la tête. Et je vais pas m'en plaindre....
Je suis ravi d’avoir incorporé la fine équipe de METALSHIP, même si le "newbie" que je suis se rend compte que chroniquer un disque est un exercice bien laborieux. Derrière un CD, il y a un groupe et donc des gens, des heures de répétitions, des prises de tête, des débuts laborieux, des premiers concerts où tout le monde s’en fout, des litres de sueur et pour mener à bien son projet, une énergie de dingue.
Je vais en tout cas profiter de ma présence en ces lieux pour augmenter davantage ma consommation décibélique et mener à bien la mission que je considère être la mienne : modeste amateur de musique en recherche de sensations et de groupes qui le font grave.
Let’s Rock !