Il est sorti. Quoi ? Eh bien Lulu, le dernier
Metallica. Enfin, pardon, le dernier Lou Reed. Plutôt que de gloser sur les qualités de l'album (que nous n'avons pas écouté, puisque nous ne l'avons pas téléchargé et que nous n'avons pas eu le temps de l'acheter, entre la distribution de poison aux gamins du quartier et le fleurissage de la tombe du grand père. L'an prochain on fleurira peut-être celle des gamins, qui sait ?), donc, plutôt que d'en parler comme dans une chronique, cogitons-donc sur ce que ce tandem improbable veut dire,et ce que cela augure.
Oui, tandem improbable, l'impossible duo, Dr Hetfield et Mr Reed, Metallic Underground, Velvet of Puppets, ce que vous voulez: aucun point commun entre papy Loulou et les Mets. Lou Reed, c'est le Velvet Underground, ce groupe génial et maudit de la fin des sixties. Un mélange de pop-art, de "dylaneries" et de LSD, chapeauté par Andy Warhol en personne. Sans doute une bande son plus approprié à ces années de Charles Manson, Napalm, héroine et prostituées que les Beatles.
Le Velvet s'est viandé, paix à son âme, mais il empoisonna l'âme de nombreux musiciens, d'Iggy Pop à
Joy Division en passant par die
Einstürzende Neubauten.
Lou Reed a aussi frayé avec le milieu de l'art gay, un jour dans le placard, un jour en sortant, l'autre marié, flirtant avec le bruitisme, un autre moment avec le glam, le lendemain avec le post punk. Si Lou Reed devait faire un album avec un groupe, ce serait sans doute les Yeah Yeah Yeahs. Pas les Four Horsemen. S'il fallait vraiment faire un duo avec un groupe de metal, ça aurait été avec
Opeth: Arkefeldt est fan des sixties, et
Opeth a un côté accoustique prononcé qui va bien à Lou. Pas les Mets. Pas la bande à Lars et Jaymz.
Alors voilà, une belle surprise, parce que, honnêtement, dans l'esprit, rien de commun entre les deux. Mais pourquoi pas ? On a reproché à
Metallica de ne rien avancer de nouveau avec Death Magnetic. Voilà de quoi user sa salive. Que faut-il mieux ? Se vautrer dans du déjà-vu, ou se casser la gueule en essayant de nouvelles choses ?
Louloutallica, comme j'aime à l'appeler, est peut-être un mauvais album. Je ne l'ai pas écouté, et d'ailleurs c'est à chacun d'en juger, pas à Metalship. Mais c'est déjà bien de voir des artistes installés essayer de travailler avec d'autres artistes installés. Même s'ils n'ont rien à voir ensemble. Même si le résultat peut être plus drôle que réussi.
Et puis, quand même, Lou Reed et
Metallica. C'est plus réjouissant que Coldplay.