Il est dix-neuf heure rue Oberkampf, Paris onzième. Et qui eut cru qu'entre ce bistro de quartier et ces commerces divers – derrière une timide porte noire – se préparait à jouer un des groupes leaders de la scène Folk metal :
Ensiferum.
Cependant cette longue queue de metalleux qui vient s'engouffrer dans la porte béante passe moins inaperçue, et le publique continue d'affluer devant la scène, découvrant la salle ; tandis que les finlandais de
Tracedawn offrent une courte prestation amateur et chaleureuse.
La salle est étrangement petite, contrairement à ce qu'on aurait pu imaginer pour un groupe de cette envergure. Mais cela est un réel avantage : on aura beau être tout derrière on ne sera qu'a quinze mètres du groupe, et il a même été possible de faire des allez-retour au bar entre chaque morceaux !
La nuit est déjà tombée au dehors quand débarque Metsatöll (Estonie) qui jouit alors d'un publique bien plus conséquent. Les musiciens chauffent la salle à coup de rythmes énergiques, de mélodies folk cornemuse/flûte et de passages mystiques en chant traditionnel. Ainsi les deux premières parties bénéficient d'un bon acceuil et l'on ressent déjà l'énergie du publique qui pogote à la première occasion !
Après une attente accompagnée d'un fond sonore d'un kitch rarement égalé, les cinq vedettes de la soirée apparaissent sur scène devant un publique chaud bouillant qui n'oublie pas de faire entendre sa satisfaction. Alors Lindroos prend le micro et le set peut débuter.
« From Afar » puis « Twilight Tavern », que d'originalité pour un début de set ! Puis s'ensuit la magnifique « Little Dreamer » issue de l'album éponyme. Voilà qui n'était pas pour nous déplaire !
Les musiciens ont l'air plutôt en forme et mènent la prestation tambours battant, malgré un Petri Lindroos décidément peu charismatique.
Le bassiste est présent au coté de sa six cordes dont il joue vraiment de façon surprenante, avec une grande dextérité. De son coté, Markus – maître à penser et âme du combo – se fait plutôt discret, gratifiant les compositions de son chant clair voluptueux.
La claviste, elle, est carrément difficile à voir du fait qu'elle est très en retrait sur la scène. : elle passe presque inaperçue ....
Du coté du publique, l'ambiance est conviviale et entrainante, on déplorera seulement deux ou trois gros cons sur lesquels je ne m'attarderait pas ici. Les pogos vont bon train et il est préférable de faire attention à ses arrières si l'on souhaite éviter de se prendre un coup de Rangers en plaine face de la part d'un slameur !
Ce fut une grande surprise de découvrir une setlist aussi riche que variée, comprenant de nombreux titres du premier album « Little Dreamer », « Guardian Of Fate » puis « Treacherous Gods » et « Battle Song » en rappel ainsi que de « Iron » avec le titre éponyme et «
Tale Of Revenge » notamment. La durée importante du set a donc permit au groupe de jouer de nombreux titres tirés de leur discographie complète.
On pourra cependant déplorer le manque de technique de Petri Lindroos qui fait quelques accrochages dans les solos, notamment sur la magnifique « LAI LAI HEI » chantée en chœur par toute la salle durant le rappel - mais dont le solo est admirablement bâclé. Rajoutons à cela qu'un petit acordage de la part de ce dernier n'aurait pas été de trop au bout des trois ou quatre premières chansons, enfin ce sont des choses qui arrivent ! Et il ne tardera pas à régler le problème d'ailleurs ...
Vous l'aurez comprit, c'est un publique comblé qui déferle de la salle à onze heure et des brouettes. Ce fut un concert intense fait de bonnes surprises (la setlist de qualité et « Stone Cold Metal » : ils l'ont fait !) et d'excellents moments. On notera une forte proximité entre les artistes et le publique, très largement due à la petite taille de la salle je pense. Le set s'est très bien passé dans l'ensemble, aucun accrochage majeur, une ambiance bonne enfant et un son correct ...
Bref, ils repassent quand ?