Après de looooooongues années d'attente, et après avoir espéré voir le révérend un jour sur scène, c'est finalement en ce début d'Automne que
Marilyn Manson décida enfin de se montrer.
Acheter mes billets le jour de l'ouverture de la billetterie, histoire d'être sure d'être bien placée et d'avoir des places garanties, voilà ma mission...Cha ching, beaucoup d'argent en moins d'un coup d'un seul.
Douloureux pour le compte en banque, mais on s'en remettra.
Et enfin, le jour J, me voilà également confirmée à l'obtention d'un passe photo. Joie!
...enfin...ouais...restriction: la première chanson seulement. Soit un royal 4 minutes et des broutilles...magnifique!
Rejoignant le photo-pit, je me rend compte que le grand Centre Bell n'est pas si rempli que ça. Les gradins du haut sont fermés, et le parterre n'est pas "full packed"...étrange...
Le révérend grimpera sur scène sur "We're from America" et de suite, je me rends compte qu'il y a quelque chose au niveau de l'ambiance générale qui cloche...
Qu'importe, face à moi, il y a
Marilyn Manson...Et ce n'est pas rien... Twiggy sur le côté et plutôt bien mis en avant, mais le batteur ainsi que le claviériste resteront dans l'ombre tout le temps du concert. Ils ne seront pas éclairés une seule fois.
Le décor de la scène est carrément simpliste; il n'y a rien. Le tout est épuré au possible, et il en va de même pour la tenue de scène du révérend.
Marilyn Manson se pointera dans un t-shirt trop grand, vaguement découpé à la va vite au niveau des épaules et laissant apparaître un début de ventre à bière et des "gants" en résille.
Je quitte le photo-pit, et, forcée de sortir de la salle pour poser mon matériel à la sécurité et de faire le tour du Centre Bell pour rejoindre ma place dans les gradins je raterai Disposable Teens. Dommage.
Je reviens donc face à la grande scène au moment où Manson démarre sa longue série d'allusions à la grippe A, dont il serait apparemment atteint.
Naturellement, le ton étant à la provocation pure, il ne s'empêchera pas de cracher sur le premier rang en disant que "Rock'n'Roll AIDS beats swine flu tonight"... (le sida du rock'n'roll écrase la grippe ce soir). Mouais...bon...
On notera le vague effort scénique lors du
Dope Show durant lequel le révérend vêtira une cape et un chapeau et où des "assistants" viendront installer des projecteurs semblables à ceux utilisés au cinéma, histoire de donner une ambiance particulière au "show"...
"Il paraît que
Marilyn Manson, il sacrifie des animaux sur scène et qu'il se saigne lui-même"... telles sont les nombreuses élucubrations et les légendes qui concernent les concerts de Manson...et ben au risque de décevoir de nombreux détracteurs, pas de sang, pas de trucs dégueux, presque pas de gestes obscènes...
Le moment le plus provocateur du spectacle s'avèrera être la malheureuse Bible qui s'enflamme au moment où
Marilyn Manson l'ouvre. Ou bien peut être le terrifiant passage où le révérend apparaît sur scène avec le drapeau canadien et le drapeau américain, sous les huées du public québécois qui semble haïr d'avantage le drapeau à feuille d'érable...ce qui laissera Manson un peu perplexe, ne s'attendant pas à la réclamation du public du drapeau bleu à fleur de Lys... Les artistes de passage au Québec devraient définitivement se renseigner sur la situation politique du coin... il n'est pas le premier à se faire avoir, et n'est clairement pas le dernier...
Viendra le moment où le pire ennemi de l'Amérique se pointera sur scène avec son micro en forme de couteau, poignardant sauvagement ses bouteilles de bières avant de les lancer à droite, à gauche, derrière et...dans le public...
Musicalement parlant (parce que ouais, Manson, accessoirement, c'est un musicien hein...) il n'y a pas grand chose à redire, les morceaux sont impeccables, le son est propre, pas de fautes, pas de pains... Le set-list m'a quelque peu déçu cela dit... J'aurais aimé entendre les derniers singles des albums Eat Me Drink Me (à savoir Heart Shapped Glasses, ainsi que Putting Holes in Happiness), et du dernier opus,
The High End Of Low dont le très efficace Arma-goddamn-motherfuckin'-geddon... de même que d'autres grands grands classiques de la (très bonne) discographie de Manson n'aurait pas été de refus. J'aurais demandé d'avantage de l'album
Mechanical Animals et de
The Golden Age Of Grotesque.
Mais mais mais... le set, très très court (moins d'une heure et demi) ne nous laissera la chance que d'entendre Rock Is Dead, Sweet Dreams, Love Song, Leave a Scar entre autre. Et en guise de "rappel" (je ne suis pas sure que le mot soit le bon compte tenu des circonstances) The Beautiful People.
Et donc, en conclusion, de la déception...Le temps où le révérend débarquait sur scène en costume très extravagants, avec des mises en scène théâtralisées est quelque peu révolu...
L'ambiance n'était pas à son maximum et compte tenu du fait que mes attentes étaient très très hautes, et bien la chute était lourde.
Et je dois admettre qu'après l'énorme claque/baffe/torgnole que m'avait mis
Metallica dans la même salle quelques jours auparavant,
Marilyn Manson m'a semblé un peu raplapla...
Mais bon...