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Live Reports :: ULTRA BEATDOWN JAPAN TOUR 2009

Live report : ULTRA BEATDOWN JAPAN TOUR 2009

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jeudi 2 avril 2009 - ZEPP Sendai, Sendai
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Introduction

La petite salle de Sendai commence à avoir la cote puisqu’après le passage de Slipknot en octobre c’est au tour de Dragonforce d’animer le Zepp Sendai. Première inquiétude cependant : la salle sera-t-elle suffisamment remplie ? Il n’y a en effet personne dehors faisant la queue pour les billets. Peut être dû au prix légèrement reboutant : 60€ pour DragonForce, ça fait quand même réfléchir.
Après avoir un peu bataillé pour avoir mon pass (mon nom n’était pas sur la liste) je rentre enfin dans la salle, remplie seulement à moitié. Certes peu quand on pense au succès de DragonForce au Japon, mais ce sera largement suffisamment pour assurer une excellente réponse de la part du public, très en forme ce soir là. A noter la présence d’entre 10 et 20 occidentaux (américains), ce qui en proportion est plutôt élevé et aura son importance dans la réactivité du public.

NB : pour lire des précisions sur la salle et le public Japonais, c'est ici.





All That Remains : des Américains perdus au Japon

Une intro débute, annonçant l’arrivée de All That Remains. Un morceau … de rap américain avec un couple qui s’engueule, et plus que violemment. En tout cas c’est marrant même si complètement décalé. Le groupe monte alors sur scène sous les cris du public, et ses riffs agitent très rapidement la foule.
N’étant pas très connaisseur de All That Remains (je n’accroche pas aux albums), j’appréhendais un peu leur prestation, craignait de m’ennuyer (cf live report de All That Remains à Montréal). Les premiers morceaux au contraire me font une très bonne impression.
Le son est particulièrement bon, à la fois net et bien équilibré. Chaque instrument ressort très bien, y compris la voix, et est bien rendu. Ma principale crainte d’un son trop touffu et flou s’évanouit (à la vitesse à laquelle ils jouent, DragonForce sans pouvoir distinguer clairement les notes serait devenu un gros brouhaha). Les solos de Oli Herbert font encore plus d’effet en live tandis que les fans se pressent contre les barrières pour s’en approcher.
Côté scène, le groupe n’a que quelques mètres de profondeur pour jouer, le reste étant pris par le matériel de Dragonforce, ce qui nous rend encore plus proche du groupe, qui n’hésite pas à serrer des mains. Le grand drapeau aux couleurs de All That Remains orne le fond de la salle tandis que deux petits pans cachent le matos du groupe vedette.
Le jeu des lumières est également plutôt bon, et calé sur le rythme des morceaux, notamment pour éclairer Jeanne Sagan en chant secondaire (merde, j’avais pas réalisé que c’était une femme !) J’aurais trouvé l’ensemble quand même un peu trop lumineux, éclairant le fait que la fosse était peu remplie.

Enfin pour ce qui est du jeu de scène, il n’est pas mauvais mais insuffisant pour un groupe de cette envergure qui semblait peu habitué aux pays non anglophones. Le principal souci de leur prestation est en effet qu’ils ne se sont pas adaptés au public Japonais puisqu’entre chaque morceau, Phil Labonte, le chanteur, harangue la foule en un américain qu’aucun Japonais ne comprend. S’ensuit donc des blagues qui tombent complètement à l’eau du genre « les gars, y’a un truc que je voulais vous demander … comment on dit « spit in your ass » en Japonais ? ». Forcément, gros blanc (à part les occidentaux qui rigolent), et le groupe n’y est apparemment pas habitué. Ils font cependant de bons efforts, comblent avec des petits notes de guitare, mais le dialogue ne peut pas se faire.
Pour le reste, le groupe est très énergique, le chanteur saute partout et y met les tripes, ils n’ont pas l’air fatigués par le décalage horaire et les précédentes dates au Japon, et les alternances bourrin/solo rythment bien le live pour moins s’ennuyer, mais malgré ça je m’ennuie au bout de 15 min. Le son commence à saturer, faire mal aux oreilles et le chant est moins distinct. La salle se lasse un peu également. Two Weeks, le tube de ATR, déboule alors et réveille un moment les foules.
Le groupe doit alors terminer son set, les 40 minutes sont écoulées. Pas de rappel, le public se tait dès que le groupe a quitté la scène comme à la fin de Machine Head l’an dernier.

En résumé, une prestation intéressante mais assez ennuyeuse, et un chanteur assez peu habitué au public non anglophone qui essayait de nouer le dialogue en vain.





DragonForce en force

L’entracte arrive, le moment pour une petite pause bière pour tout le monde. Après une demi-heure d’attente, une intro sans rapport se fait entendre, et le groupe débarque enfin, au compte goutte, devant un public en liesse.
Le son est net et précis, les solos chirurgicaux et à une vitesse effrayante et rendent presque aussi bien qu’en album (voire mieux vu qu’on a l’effet « t’es en face d’un guitar hero » en plus). Moins fort que sur la fin de ATR, le volume sonore n’est plus désagréable (à noter qu’à la fin je n’avais quasi pas d’acouphènes, peut être pour la première fois de mes nombreux concerts). Les paroles de ZP Theart se détachent également plutôt bien.
Le groupe occupe très largement la scène, décorée du grand drapeau aux couleurs de leur dernier album Ultra Beatdown. Sur les côtés, 2 rampes montent vers une estrade derrière la batterie. Le jeu des lumières semblait par contre étonnamment plus pauvre que pour All That Remains et la scène était beaucoup plus éclairée. Mais ce n’était pas gênant puisque ça nous permettait de suivre tous les membres du groupe. Un bon jeu de lumières peut en effet compenser un jeu de scène assez pauvre de la part du groupe mais là ils n’en avaient pas besoin.

Tenter de suivre les faits et gestes de chaque membre de Dragonforce était d’ailleurs un très bon passe-temps tellement ils avaient la bougeotte et étaient énergiques ! Assez enfantins, ils se donnent des coups de pieds l’un l’autre, se chamaillent gentiment … bref s’éclatent et nous éclatent. Leur complicité fait en tout cas plaisir à regarder et le public est comblé.
Les pogos agitent très rapidement la fosse, la plupart du temps lancés par les quelques blancs, mais cantonnés à un petit espace en raison des barrières de sécurité quadrillant la fosse. Cette dernière est d’ailleurs un peu plus remplie qu’au passage de All That Remains mais reste à moitié vide, ce qui n’est plus tellement gênant car nous permet d’approcher plus facilement les membres du groupe et surtout laisse l’espace pour pogoter. Ca empêchait par contre de slamer (un seul slam, et par moi (fier, fier)).

Le public était donc très complice avec le groupe, mené par un ZP Theart au sommet de sa forme. Succès incontesté au Japon oblige, le groupe sait y faire avec les Japonais, au contraire de ATR. Pour passer la barrière de la langue, le groupe n’hésite pas à utiliser le langage des gestes, nous faisant claper des mains en rythme ou faire la vague avec les bras ou encore pour nous faire sauter. Le chanteur très charismatique n’hésite par exemple pas à désigner certaines personnes individuellement pour les faire bouger, du genre « toi aussi, applaudis ! ». A plus grande échelle, il a également fait se lever tout le fond de la salle de leurs sièges. Autre exemple, notre britannique s’est penché vers les plus proches pour emprunter momentanément les lunettes d’une personne et continuer de chanter quelques minutes avec. Il m’a également adressé plusieurs fois la parole vu que j’étais plutôt turbulent, du genre « what’s this smily face, asshole ? », ce à quoi je réponds « what ? Do you prefer I show you my ass ? ». A noter également qu’il aimait bien nous jeter de l’eau ! Une bonne dizaine de bouteilles d’eau ont ainsi du finir dans le public. Il s’est d’ailleurs à un moment approché d’une personne du premier rang pour lui verser lentement l’eau sur la tête, s’arrêter et refaire de même, avant de donner une autre bouteille à cette personne pour qu’elle se venge (tant bien que mal, elle n’arrivait pas à éclabousser notre frontman farceur).
Bref, complicité et proximité, on vivait le live autant qu’on le regardait et écoutait.

Concernant Herman Li, le guitar hero nous a bien sûr gratifiés de sa technique du « je soulève ma gratte en la tirant rien que par le floyd » avant de donner un coup de coude dedans pour la faire redescendre immédiatement. Assez concentré sur ses solos, il n’a que peu interagi avec le public mais rassemblait facilement à ses pieds les fans les plus proches, faisant de gros attroupements lorsqu’il s’approchait. A noter qu’il s’est aussi amusé plusieurs fois à jouer avec la langue.
La technique de la langue était d’ailleurs partagée par Vadim Pruzhanov, l’Ukrainien aux cheveux verts complètement déjanté, sur les touches de son clavier rose fluo. Et quand il n’était pas sur son clavier portable (qu’on aurait pu prendre pour un jouet d’enfant mais dont je n’ose pas imaginer le prix), il était sur ses 3 claviers à côté de la batterie, à mouliner d’un bras très rapidement et sauter comme un taré, tout en jouant de l’autre main. Autre point intéressant dans leur gestion du public, c’est qu’il n’y a pas eu un seul blanc. Vadim passait en effet des samples entre chaque morceau, pendant que ZP Theart nous parlait (peu audible du coup) ou nous faisait bouger.
Sam Totman et Frédéric Leclercq étaient également au sommet de leur forme, sautant partout et … faisant boire du whisky au public ! Un Japonais en a même récupéré dans les mains pour le boire !

Maintenant la question principale : c’était chiant ?
La plupart de ceux qui écoutent DragonForce en album saturent au bout de quelques morceaux. 7 minutes de power speed, ça fait un sacré paquet de notes qui vous défilent dans la tête et je pensais donc décrocher rapidement.
Que nenni ! De tout le set de DragonForce on ne s’est pas ennuyé une seconde et c’est à mon grand étonnement que j’ai vu que le groupe avait joué pendant … 1h40 ! Le groupe n’hésitait pas à faire des pauses au milieu des morceaux les plus longs pour haranguer le public et le relancer. Les pogos ont aussi pu souffler un moment avec un solo de clavier par Vadim, qui a commencé par jouer avec son nez sur ses claviers fixes, apparemment. Solo auquel s’est finalement ajouté Frédéric Leclercq (à la guitare, pas à la basse), et qui a donc dérivé en un battle entre nos deux virtuoses. Le battle s’est d’ailleurs fini à la guitare, sur un des sons made in DragonForce imitant Mario, ponctué par la soudaine apparition … d’une peluche de Mario ! Les membres du groupe ont d’ailleurs un peu joué avec, avant de le coincer dans le trou de la grosse caisse et de l’affubler d’un faux phallus.

Enfin pour ce qui est de la playlist, les titres phares ont bien sûr été à l’honneur, notamment Valley of the Damned ou Fury of the Storm. Après un set endiablé, le groupe s’est retiré mais le public ne s’est pas calmé pour autant heureusement. Pas très gueulards, les Japonais ont trouvé le truc pour faire du bruit pour faire revenir le groupe, en tapant dans les mains en rythme le tadada tadada tadadada dada. Rappel gagné puisque les britanniques refont leur apparition sur scène et jouent pour nous un morceau du dernier album qu’ils n’ont apparemment jamais joué en live. Enfin le groupe clôture son set majestueux sur leur titre phare : Through the Fire and Flames. La foule se déchaîne, saute, clappe et pogote.
C’est terminé, le groupe nous tire la révérence, nous confie qu’ils ne pensaient pas s’éclater autant ici, et chacun vient serrer des mains, donner des mediators ou baguettes ou jeter encore un peu d’eau (pour ZP).

Pour ce qui est de la playlist, je ne suis pas sûr de tous les morceaux, mais voici ce que j’ai reconnu (dans le désordre) :
Operation Ground and Pound
Fury of the Storm
Reasons to live
Valley of the Damned
The Last Journey Home
Heroes of our Time
The Warrior Inside
Through the Fire and Flames
plus le solo de claviers et de guitare.


En conclusion, un concert phénoménal. DragonForce est pour moi un groupe à voir absolument en concert, tout comme Slipknot. Pas pour les effets pyrotechniques, mais parce que c’était définitivement un spectacle plus qu’un concert. Alors même si vous n’avez pas aimé leurs albums et avez zappé au bout de 2 morceaux comme moi, prenez la peine d’aller les voir en concert, ils valaient largement ces 60€.
Le live ne perd rien des prouesses techniques et à l’inverse de Children of Bodom vous ne viendrez pas que pour admirer statiquement un guitar hero, mais surtout pour vivre un excellent concert !


NB : hélas, appareils photos interdits dans la fosse et je n'avais pas de photographe pour m'accompagner. Les photos sont donc issues du net.
Pour en voir plus, aller voir ici : http://wallpaper.metalship.org/pictures/Bands349



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le 5 avril 2009 par NanoRoux
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Commentaires


Voir les 4 commentaires précédents
haha merci du compliment j'ai d'ailleurs un petit projet photographique pour le concert de Children Of Bodom et Lamb Of God! Si ça marche, j'ai hâte de vous montrer ça! D'ailleurs (petite info), à un moment dans ton texte tu as un lien qui renvoie au live-report et tu dis qu'il s'agit de All That Remains à Québec, je voulais juste te dire que ce n'était pas à Québec, mais à Montréal.
Voilou :)

mer. 8 avril 09- 14:07  
Yeah 2e concert au Japon =)
Bravo pour ton report ;) et pour ton slame ^^, t1 slamer sur DragonForce, trop la classe =)

Ouais si j'ai l'occasion, j'irais les voir même si je n'aime pas trop.

mer. 8 avril 09- 21:35  
je voulais juste te dire que ce n'était pas à Québec, mais à Montréal.

Ah merde j'étais persuadé d'avoir mis "au québec" et non à ^^. (Je savais plus trop pour la ville)

En tout cas c'est classe, ça fait déjà un petit nombre de live reports faits à l'étranger mine de rien !

mar. 14 avril 09- 11:16  
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