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Live Reports :: Touche amore

Live report : Touche amore

Tous les concerts de Touche amore Touche amore [Hardcore]
mardi 27 mai 2014 - La Nef, Angouleme
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Photographe : Prométhée (désolé)




Se sortir la couenne

En cette fin d'année particulièrement pénible où le mauvais temps s'accouple avec mes élèves dissipés sentant l'odeur des vacances, quoi de mieux que de s'aérer l'esprit avec une affiche aussi belle que Touché Amoré + Birds In Row + No Omega + Mr Protector ? Ce n'est pas non plus comme si les concerts du genre étaient légions dans le coin, et je salue d'ailleurs la Nef pour avoir eu le courage de programmer cette soirée, un Mardi. Mauvais pressentiment quant au public présent ? Plutôt oui ! Mais peu importe, il me tardait de découvrir à la fois ces groupes en live et le lieu.





Suriporc ou surimi-porc?

Située près d'une usine qui a l'air de donner de l'amour aux bêtes (Suriporc un truc du genre) la salle de la Nef est déjà peu facile à trouver, en raison d'un manque de balises, et elle est placée dans une zone assez curieuse, excentrée. Arrivé près de la salle, le premier constat est l'odeur (Suriporc donc, certainement) plutôt malsaine, qui aurait pu être classe si la Nef était une salle strictement versée dans le Grindcore, le Death Metal et affiliés. Mais avec une affiche qui met en avant Thomas Fersen par exemple, ça passe autrement. Kaaris à la limite, ça colle. Mais passons. Ce n'est pas spécialement la faute de la Nef donc mais l'endroit est peu agréable. Ce qui est sûr en revanche, c'est que paumés comme ils sont, ils ne risquent pas d'avoir de soucis de voisinage. Surtout quand les voisins sont des cochons qu'on égorge. Yummy.





Mr Protector

Les cochons qu'on égorge c'est donc tout à fait à propos dans une soirée Hardcore où la moitié des membres des groupes présents est végétarienne, voire vegan. A l'intérieur, la Nef est spacieuse et sympathique – contrairement au barman mais c'est une autre histoire. Le temps de faire un tour vers le merch des groupes – Tim de Birds In Row était en train de l'installer – et de prendre une bonne Grimbergen, et me voilà entré dans la salle pour voir Mr Protector.
Ne connaissant absolument pas le groupe, mes attentes étaient vierges – et non mes tantes, calmez-vous – et le show de ce soir saura me surprendre en bien. Le trio composé de deux guitaristes et un batteur – tous chanteurs mais avec un lead – commence pourtant mal son set, étant donné qu'ils ont l'air de venir comme à une répète, sans trop savoir comment lancer leurs morceaux et en se jetant des coups d'oeil amusés mais du genre « ce soir, toi et moi dans la cour de récré batard ». Les deux premiers morceaux, fort peu convaincants, m'ont presque fait déguerpir mais au bout d'un moment, Mr Protector, comme davantage assuré devant le public (20 personnes à tout casser, je vous l'avais dit) envoie une ribambelle de titres tous plus fougueux et barrés que les autres. Savant croisement entre un Math-Rock dopé à l'amphét' et des parties que ne renierait pas Patton, Mr Protector est le genre de groupe qui méritait plus de monde, et qui était finalement l'atout « surprise » de cette soirée, plus inventif et original que ses pairs. Très technique, très barré, avec son chanteur qui scande façon Daughters des textes énigmatiques – français ou allemand ou anglais histoire de varier les plaisirs – le set de Mr Protector est véritablement couillu comme un Grand Caribou dans l'Grand Nord et impose le respect. Les choeurs viennent assurer un semblant de Neurosis époque première dans le genre énervé et Punk et la folie est au rendez-vous. Plaisant et entrainant.





No Omega

Le public n'a pas eu l'air aussi convaincu que moi mais qu'importe, l'enfer c'est les autres comme dirait l'autre débile, alors je profite de cette pause pour critiquer pas mal de choses autour de moi, histoire de me détendre, avant d'entrer voir No Omega, qui m'inspire des attentes déjà plus élevées.
Sur scène les musiciens témoignent déjà davantage du cliché propre à la scène. Je commençais à me demander où étaient les bonnets, les écarteurs, les tatouages montrés en évidence sous un pantalon noir coupé en short et bien sûr la mèche qui tombe devant les yeux. Et bien tout était là ! Merci les gars ! Fort heureusement, No Omega, c'est plus que ça, et leurs albums ont une saveur foncièrement enrichie au lait de coco voire au safran, et le set qu'ils enverront ce soir sera sans concession.
Ceux qui me lisent connaissent mes coups de gueule sur la scène Hardcore Moderne qui joue à celui qui sera le plus violent. Ce soir No Omega sera violent, mais étrangement, je ne serai pas déçu. Peut-être est-ce parce que l'intensité était ici véritable, que les musiciens semblaient véritablement habités par leur musique, et que les titres plus Post-Hardcore du groupe éclataient du feu de Dieu. Tout ça à la fois certainement. Sur scène pourtant, rien d'extraordinaire, les gars se démènent comme des diables, efficaces et énervés, mais c'est la puissance et furie de leur musique qui crée cette impression d'assister à un concert de Cerbère en featuring avec Hades. Un soucis technique viendra faire voler en éclats un set rodé et qui était censé s'écouler comme un torrent – le batteur devra changer de caisse claire – mais qu'importe, ce soir No Omega est le groupe violent, puissant et démoniaque et il m'a fait forte impression.





Birds In Row

Le public semblait séduit par No Omega et la demoiselle que j'emmenais en covoiturage suffisamment pour leur acheter le vinyl, aux côtés d'une petite dizaine de personnes réunies autour du merch du groupe – et vu le ratio de la soirée, c'était un succès. La soirée s’enchaînant rapidement – bonne organisation donc – Birds In Row ne tarde pas à rentrer sur scène, et je vais me planter comme un fan-boy devant la scène avec une seconde Grimbergen.
Le trio lavallois semble en forme ce soir, Bart fera quelques blagues durant le set, notamment sur le silence de l'assemblée (une trentaine en fin de soirée). Scéniquement le groupe a un parti pris étrange, qui ne m'a guère séduit. Bart, en tant que chanteur, est face au public, tandis que le bassiste lui, est prostré droit devant son ampli, et ne daigne se tourner vers nous que pour gueuler de temps en temps dans son micro. Pour Amenra je comprends mais dans ce genre de groupe, l'effet est différent, en tout cas pour moi. Nonobstant, Birds In Row est un groupe qui envoie, s'il fallait encore le dire. Leur set est rodé, maîtrisé et destructeur. « Pilori » ouvre le bal, avec un Bart qui joue à replacer son micro bordellisé avec sa tête et un bassiste qui donne l'impression de chercher à rattraper sa basse tellement elle est près du sol. « Walter Freeman », l'impressionnante « You, Me And The Violence » ou encore « Cages », l'album est mis à l'honneur au travers de titres percutants et intenses, exécutés avec rage et envie. L'EP bénéficiera de quelques morceaux, dont le mémorable « Among The Ashes », qui viendra clôturer un set résolument énergique et furieux – notons l'arrivée surprise du chanteur de Touché Amoré en guest surprise sur je ne sais plus quel titre. Pas forcément incroyable, Birds In Row assure en live, et fait preuve d'une forme de revendication qui transparaît dans sa façon de jouer et surtout de hurler – Bart était en forme.





Touchez moi le coeur

Enfin c'est Touché Amoré qui entre sur scène, et le ton sera différent des autres groupes, forcément. Exit la violence, le pathos et la colère, place à une musique positive, pleine d'amour et de passion. En un mot, le concert de Touché Amoré pourrait se résumer ainsi : AMOUR. Rarement j'ai pu voir en tant que spectateur un groupe aussi heureux d'être là et envoyer autant de joie à ses fans, pourtant peu nombreux ce soir. Encore une fois, Touché Amoré enchaînera sans temps mort des morceaux énormes, que ce soit « Harbor », magnifique, ou encore « Method Act » et « Is Survived By ». Le chanteur surtout, emmène son groupe avec un sourire constant, et un faciès d'ange qui ne peut que vous changer en guimauve. De même, mention spéciale à un des guitaristes très « maniéré » disons, symbole d'un groupe décidément très positif et en phase avec sa musique.





Touchez moi la nouille

A la fois puissante, pleine d'émotions et riche de complexité, la musique de Touché Amoré prend une dimension tout autre en live, et j'étais seulement déçu du manque de monde car en voyant le chanteur tendre le micro aux fans dévoués devant, je me disais que devant une vraie foule, ce devait être quelque chose. Mention spéciale à ce batteur fou, qui remporte avec celui de No Omega la palme du batteur qui a l'air taré mais qui maîtrise. Et enfin mention spéciale au son, qui sera à la hauteur de mes attentes, notamment en réussissant à faire entrevoir ces éclats de lumière au milieu d'accords Rock si puissants en live. Magique.





J'aime qu'on m'enduise d'huile

Une bien belle soirée, qui se terminera par une discussion avec les Birds In Row et une photo mémorable avec eux pour faire hurler de rage un ami (je la met ci-contre). L'occasion de parler avenir, tournée, composition et de terminer sur une note humaine, ce qui définirait presque l'ensemble de la nuit passée à la Nef ce soir.



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le 28 mai 2014 par Prométhée
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