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Live Reports :: Amenra

Live report : Amenra

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lundi 14 avril 2014 - Le confort moderne, Poitiers
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Photographe : Yann Locret (de Falling Down Webzine)




Soirée tropiques

Pour se décider à faire deux heures de route pour assister à un concert, alors que l'on travaille le lendemain, il fallait que la soirée soit exceptionnelle. Et pas besoin de devinette, il suffit de relire l'affiche, elle l'était. La perspective de voir Amenra déjà, suffisait à elle-même, le groupe belge étant un des rares de la scène qui me parle et me paraisse intéressant, les autres étant des rejetons sans intérêt, mais c'est une autre histoire. Et puis Oathbreaker, dont le dernier album était une belle surprise, à défaut d'être extraordinaire. Mass V et Mass IV en voiture, me voilà paré pour la route, impatient de tâter de cet air noir si spirituel promis par les retours que j'ai toujours eu sur les shows d'Amenra.





Hessian

Aucun autre lieu ne pouvait mieux correspondre à l'ambiance de la soirée que le Confort Moderne, obscur et vil comme un gueux dans une rue de Nantes en 1154. Le thème est sombre, le lieu est sombre, alors autant prendre un whisky et se diriger vers Hessian, qui a déjà commencé à jouer avant que je n'arrive sur place, la soirée commencant tôt – 4 groupes quand même. Musicalement, le groupe ne m'a jamais emballé. Ils font partie de toute cette faune de groupes versant dans un Post-Hardcore/Sludge/Mescouillessurtonnezçafaitundindon à la mode, et leurs albums ont comme particularité d'être fades et sans trop de personnalité. Mais s'il y a bien une chose qui caractérise cette scène c'est le live, souvent plus intéressant et intense. Malheureusement, Hessian est aussi fade sur scène que sur disque. Aucun jeu de lumière déjà, réduit à néant comme le font désormais les Neurosis. Sauf que dans le cas d'Hessian, contrairement aux légendes américaines, il n'y a pas le charisme. On est face à des musiciens qui font le job, sans nous décrocher la machoire ni nous retourner les tripes. La noirceur promise n'est pas au rendez-vous, c'est sale, violent, mais sans le petit plus qui produit cet impact viscéral. Aussitôt vu, aussitôt oublié. Mention spéciale au chanteur, statique et sans voix, à côté d'un bassiste qui fait tout de même l'effort de huiler ses cheveux par moult mouvements d'enragé.





Oathbreaker

C'est Oathbreaker qui enchaine quelques temps après. Eros/Anteros sera mis à l'honneur forcément, et c'est tant mieux, l'album étant le plus maîtrisé de leur discographie. Mélange de Black Metal assumé et de Hardcore, la musique d'Oathbreaker est taillée pour le live, et le son rend bien compte des subtilités mélodiques du groupe. Je me dirai quand même qu'une guitare seule c'est léger mais dans l'ensemble, ça sonne. Là où le bas blesse, c'est question chant. Noyée dans le mix, la voix de la chanteuse fan de The Grudge ne s'entend que rarement. Déjà peu impressionnante, elle a du mal à se faire entendre. Au niveau scénique, Oathbreaker est un groupe tout ce qu'il y a de plus normal, excepté cette chanteuse, qui ne bouge pas, et qui reste rivée sur son pied de micro, comme si elle était intimidée. A sa gauche, le guitariste qui est aussi l'un des six-cordistes d'Amenra, assure l'essentiel, et à sa droite, le bassiste, qui est aussi celui d'Hessian – comme pour la Klonosphere il y a de la consanguinité dans ce type de collectifs – continue de rendre ses cheveux bien gras. Le set lui, sera tout ce qu'il y a d'attendu, avec force de titres efficaces (« No rest For The Weary », « Agartha ») mais un manque de morceaux plus profonds qui font du concert d'Oathbreaker un concert sans émotion, un cran au-dessus d'Hessian quand même, mais décevant en terme d'impact.

Photo



Treha Sektori

Si je n'attendais rien d'Hessian, ma déception pour Oathbreaker est amère, et il est temps de noyer cela dans une bonne bière, dans la salle du Confort Moderne où le DJ nous gratifie de bons groupes comme Breach, Neurosis, et bien sûr Amenra. Le temps de scruter le merch des groupes, impressionnant, et c'est Treha Sektori qui est annoncé.
L'idée de placer ce one-man band Dark Ambiant avant Amenra est me semble-t-il une excellente idée afin de faire retomber le soufflé et redonner une atmosphère plus spirituelle à la suite. Inconnu pour ma part, l'homme derrière Treha Sektori entre sur scène, s'installe derrière ses machines et nous envoie pendant un peu plus de 20 minutes une musique des plus étranges, couplée à un film projeté en arrière-plan, diablement glauque et mystérieux. Le Dark Ambiant de Treha Sektori est sobre, mystique et très pénétrant. Assis contre un pilier sur le côté de la salle, j'écoute, et les personnes dans la salle semblent juste absorbées par ce qui se joue sur scène. Loin d'atteindre le niveau d'un Lustmord, Treha Sektori a néanmoins suffisamment de ressources pour rendre l'expérience intense, notamment des parties vocales rendues irréelles par les effets appliqués, et grâce à un dosage parfait de l'intensité du son, ce dernier explosant littéralement à des moments propices, en lien avec la vidéo sombre et psychédélique projetée. Une belle surprise.





Amenra: une entrée cataclysme

Mais le plus attendu de la soirée c'est Amenra, et la salle est bien plus remplie quand le groupe est annoncé. Au fond de la scène, sur l'écran, le logo du groupe brille de sa blancheur au milieu du noir, principale couleur de la soirée, et plus encore chez Amenra. Une guitare commence à jouer, et c'est « The Pain It Is Shapeless » qui amorce le set. Il est très difficile de décrire l'effet de cette entrée, en terme de puissance. Le son d'Amenra est un des plus massifs que j'ai pu entendre, chaque accord est un mur, la batterie est un torrent, et le chant de Colin, dos au public comme toujours, est juste un cri perçant qui tente de franchir ce brouillard opaque. Saisissant. Que vous le vouliez ou non, votre tête fait le balancier, en rythme avec une musique très cadencée, et autour de moi, c'est identique, tout le monde se balance, comme une assemblée assistant à un rituel. Dans cette masse, on s'oublie presque et l'on ne fait plus qu'un corps avec le public. L'expérience est saisissante.





Un chef de culte les yeux éveillés

Le set d'Amenra sera sans fausse notes, implacable, lourd et spirituel. Quand « Boden » commence, avec Colin à genoux avec des barres de fer accompagnant le batteur, je peux vous dire que j'ai frissonné comme un diable devant la Lumière, et inutile de dire que lorsque le morceau a vraiment démarré c'était monstrueux de puissance et de profondeur. La musique d'Amenra, linéaire, sans surprise, est faite pour décupler son pouvoir en live, sans aucun doute. Colin fait 75% de l'impact du groupe sur scène. Tournant le dos au public, il chante comme un possédé, et son corps semble habité par la musique, suivant les variations et les rythmes du son, à la manière du chanteur de Tool. Le seul moment où on le verra de face sera sur l'énorme « Razoreater », impérial et déchirant.





Le corps de l'Eglise

Absorbé tout entier dans le culte mené par Amenra je constate que je ne regarde quasiment pas le clip qui passe derrière. A l'instar de Neurosis vieille époque, les musiciens attirent le regard, habités par leur son et ce qu'il dégage, comme dépouillés de leur passif et décidés à finir leur vie à la fin de ce rituel. Figés comme des gardes noirs, ils fixent souvent le public et bougent en rythme avec la musique, ne faisant qu'un corps destiné à représenter l'Eglise d'Amenra. Les morceaux s'enchainent, et Mass V n'est pas forcément mis en avant, le groupe choisissant de piocher dans Mass III et Mass IIII à égal plaisir, et mis à part « Boden », mastodonte spirituel, c'est « Nowena » qui viendra montrer son final hypnotique et cathartique, avec malheureusement la voix du bassiste peu audible. Notons un « Silver Needle. Golden Nail » qui vient conclure le set d'une grande claque évangélique et la boucle est bouclée.





David contre Goliath

Même impression que lorsque j'avais pu voir Gojira à La Sirène il y a un ou deux ans. Les premières parties de ce soir avaient l'air d'être là pour sublimer Amenra, décidément bien plus magistral en live, et bénéficiant d'un son parfait, bien plus massif et précis. Big up à Yann Locret mon ami et confrère de Falling Down Webzine (que je conseille) qui m'a gentiment prêté ses photos de la soirée. Le Confort Moderne nous a gratifié d'une date en or, une de l'année certainement, et je n'ai plus aucun doute en vous disant qu'il faut rencontrer Amenra, il sauve. De la médiocrité.



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le 1 mai 2014 par Prométhée
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