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Live Reports :: Alcest

Live report : Alcest

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dimanche 30 septembre 2012 - Shibuya O-Nest, Tokyo
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Photographe : Guillaume Catella




Ce soir se joue la dernière date de la tournée d'Alcest au Japon, célébrant leur toute première venue au pays du soleil levant, et faisant partie d’une série de concerts en Asie avec quelques dates en Corée et en Chine suivant Tokyo. Neige et Winterhalter répondent pour l'occasion en exclusivité en vidéo aux questions de Metalship avant le show. Malgré cette première expérience au Japon, Alcest bénéficie d'une attention remarquable de la scène Metal nippone, et d’une forte affluence puisque cette dernière soirée à Tokyo était très rapidement sold out.
Ce soir, 3 groupes tous plus originaux les uns que les autres se suivront sur les planches de la salle exigüe du Shibuya O’Nest. Je déplore hélas l'absence d'espace pour les photographes au devant de la scène, sans recoin pour se faufiler puisque les spectateurs sont directement sur les baffles, ce qui est d’ailleurs pénible pour la première ligne de spectateurs lors de la prestation de Sigh alors que les circle pits et pogos s’intensifient. L’audience aura cependant au moins eu le plaisir d’être au plus près de leurs groupes préférés.





Vampillia

La charge d’ouvrir le bal revient à Vampillia, le groupe organisant la tournée d’Alcest et les ayant accompagné en première partie à travers tout le Japon. Originaires de Osaka, Vampillia est un ovni musical à la frontière du monde du metal, avec une liste de membres hétéroclite comprenant 3 percussionnistes, 2 guitaristes dont une faisant les lignes de chant féminin, un bassiste, une violoniste et le chanteur principal.
Démarrant avec 15 petites minutes de retard sur le planning, le groupe débute sur une longue intro planante et langoureuse aux claviers. La folie musicale de Vampillia prend ensuite sa pleine mesure avec des enchaînements de passages bourrins, puis calmes atmosphériques, growls torturés et déments, chant féminin planant sans paroles, et violon tantôt mélancolique, tantôt endiablé, le tout dans la veine fabuleuse de l’originalité sans limite Nippone et à la créativité débordante. Les murmures dérangés d’un des batteurs sont comme des souffrances en sourdine, rapidement suivis d’explosion vocale du chanteur massif, avant de passer subitement à un break funky !
L’univers de Vampillia est autant farfelu que dérangé, et peut être difficile à intégrer au premier abord, mais pour qui aime la folie créatrice et se laisse inviter à rejoindre ce monde fou, ce concert peut rapidement être jouissif. Pour les autres ayant plus de mal à se laisser convier, ce concert aura au moins certainement été intéressant voire enrichissant.

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Sigh

La soirée prend une autre tournure avec la montée sur scène de Sigh, étrange phénomène du Black Metal Japonais barré, à la longue carrière du haut de leurs 20 années de scène. La malédiction de l’interview Metalship de Sigh a encore frappé ce soir puisqu’une première interview au Hellfest 2010 n’avait jamais pu être publiée (le caméraman étant parti avec les vidéos), et ce soir les deux tentatives planifiées d’interview ont échoué dans les préparatifs retardés et l’effervescence dans la salle.
Pour réduire le groupe à quelques mots de présentation, Sigh est un des premiers groupes de Black Metal Japonais, ayant depuis opté pour un style plus avant-gardiste, prenant pour influence divers genres très différents, avec encore cette touche de folie, d’originalité et d’amour de la loufoquerie second degré Japonaise.

Mirai, le leader et chanteur nous déballe en effet ce soir toute sa panoplie du sorcier maléfique, des chandeliers rouges à l’épée enflammée, en passant par les crânes-coupes, l’habit cérémonial et le bâton enflammé magique, le tout prenant une tournure presque « kawaii » (mignon) quand Mirai doit s’y prendre à plusieurs fois avec ses bougies ne voulant pas se laisser faire ce soir, ou manipule son épée qui fait assez « jouet ». Qu’on ne s’y méprenne pas, loin d’être ridicule, c’est au contraire une marque de ce second degré Japonais rappelant des « Ichi the killer » voire « Dead sushi » à l’opposé du premier degré parfois dérangeant de certains groupes occidentaux.




La belle Dr. Mikannibal ne déroge pas au visuel fou du groupe, simplement vêtue d’un filet de pêche sexy laissant paraître son postérieur, ainsi que d’une nuisette, le tout étant rapidement couverts de faux sang déversés à chaud d’un gobelet enflammé (elle plaisantera « j’en ai mis un peu trop… »), puis de cire enflammée qu’elle répandra sur son corps. Mirai plaisantera même « désolé pour ceux qui pensaient voir un concert et qui croient que ce n’est qu’un show de magie », qui seront d’ailleurs les seules paroles et la seule interaction avec le public, les 3 groupes de ce soir étant dans un registre très introverti.

Mais outre le visuel, que le groupe tient évidemment à cœur, l’aspect musical n’est pas en reste avec un déballage puissant, très apprécié par les spectateurs qui en profiteront pour s’adonner aux circle pits et pogos.

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Alcest

C’est maintenant au tour de la tête d’affiche de la tournée, les Français de Alcest, de paraître sur la scène étroite (mais désormais libérée du matériel des précédents groupes et surtout des innombrables accessoires de Sigh).
Après s’être défoulés dans le pit avec Sigh, les spectateurs se rangent subitement pour écouter et se concentrer sur la musique en apparence simple mais subtile et sophistiquée, s’ouvrant à ce gracieux voyage de l’âme qui leur est offert, comme en témoigne le nom du dernier album du groupe paru en janvier et défendu sur cette tournée. Les lumières sont aux couleurs d’Alcest, baignant la petite salle de bleu et de vert chauds, faisant écho au paon arborant la pochette de « voyage de l’âme » et dont une plume est devenue le collier fétiche de Neige depuis 3 ans. La scène reste très sobre, tout comme l’interaction avec le public, qui restera limitée au nécessaire, Alcest s’exprimant uniquement par la musique, sans fioriture.




Musicalement, le set d’Alcest est au point, et à part un léger larsen il n’y aura aucun incident, cette dernière soirée se déroulant parfaitement pour le groupe. Les notes s’écoulent harmonieusement, la voix de Stéphane (Neige), ainsi que de Pierre sont justes, même dans les aigües planant, et même la double pédale de Jean (Winterhalter) ne porte aucune agressivité.
La langue Française semble fortement appréciée et se marie bien à cette musique empreinte de douceur, voire de mysticisme et romantisme aux oreilles Japonaises.
Neige parle très peu, remercie tout de même simplement mais chaleureusement le public, en Japonais et Français, et promet d’être de retour l’an prochain, après la sortie de leur album qui annoncera une rupture avec le monde musical du metal (mais en continuité avec le genre d’Alcest) (cf interview).




Les spectateurs se trouvent bercés et transportés par cette douce nostalgie en musique, et une ambiance difficilement descriptible se met en place, empreinte d’une certaine magie ou alchimie révérencieuse entre le public et le groupe, qui l’a d’ailleurs ressenti. Peut-être était-ce grâce à cette forte proximité avec le groupe, sans barrière pour séparer la scène, ou était-ce lié à leur dernier concert de cette première tournée Nippone ? En tout cas cette première expérience sur l’archipel aura été une grande réussite, et le groupe ne quitte le pays qu’à reculons.


Lire la suite :
l'interview de Alcest à Tokyo

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le 3 octobre 2012 par NanoRoux
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