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Live Reports :: Slipknot

Live report : Slipknot

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jeudi 16 octobre 2008 - ZEPP Sendai, Sendai
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Préambule de merde

Slipknot. Au Japon. Mais pourquoi ? Malgré l’image controversée de Slipknot, ils restent un des groupes à voir absolument en concert pour le spectacle qu’ils offrent. En tout cas c’est ce qu’on me répétait tout le temps.
Ensuite parce que merde, ça fait un an que je suis au Japon et je n’ai pas pu me dérouiller les articulations une seule fois en concert sur la péninsule. Donc en voyant "Slipknot en concert à Sendai" (ma "petite" ville de 1 million d'habitants), je n’ai pas hésité.
J’étais également très curieux vis-à-vis du public japonais : ce sont des bêtes de concerts ? Il n’y aura que des gamins ? Peu de vrais metalleux ?





Premier concert au Japon

Il y a déjà plusieurs points acquis à propos des japonais : ils respectent les règles (et les horaires), s’habillent n’importe comment, sont chétifs, ne sont pas très metal (ou plutôt il n’y a pas de « vrai » metal au Japon), mais ils n’ont pas du tout ce regard discriminateur qu’ont les français envers les chevelus.
On arrive donc 30 min avant le début du concert, en se paumant un peu dans la ville à la recherche de la salle, et on tombe sur une file d’attente (bien ordonnée évidemment) dehors longue d’une trentaine de mètres. A priori c’est là mais … pourquoi ils sont pas tout en noir ? En France pour trouver la salle on aurait suivi les tee shirts noirs, mais là il y en a de toutes les couleurs, du blanc au noir en passant par le rouge, jaune etc, même si il y a une bonne prédominance de Tee shirts Slipknot bien entendu. En fait j’avais prévu le coup, et ai joué moi aussi la carte du contraste : chemise blanche et pantalon « fashion jap ». Déjà que je suis blanc et en plus roux, c’est sûr que j’étais facilement repérable !
On se tape finalement le luxe de ne pas faire la queue puisqu’on a déjà nos places, et on rentre directement dans la grande salle de Sendai. Un gars de la sécu nous demande si on a un appareil photo, je réponds que non et mon pote que oui. Seule réponse : « ne l’utilisez pas s’il vous plaît ». Pas de batterie retirée, pas de carte mémoire en moins, pas d’appareil photo confisqué. On comprend pas trop, et on rentre.
A l’intérieur c’est déjà plus marrant : on croise quelques lolitas-gothiques, habillées tout en dentelles.
Et première surprise donc : en France je me serais attendu à un public très jeune pour Slipknot, mais ici les « anciens » sont plus nombreux que les moins de 20 ans apparemment. Ca fait plaisir ! Et côté chétif, certes la plupart n’a pas la carrure typique du metalleux, mais il y a quand même un petit lot de mastodontes. Enfin côté cheveux, le seul vrai chevelu que j’aurais vu sera un autre blanc, les japonais étant fidèles à leur coupe classique « cheveux mi-long ». Côté étrangers d’ailleurs on en a vu que deux, l’un d’eux finlandais avec qui on a un peu tapé la discute.
Dans la fosse, les assez jeunes prennent les premières lignes (mais je n’ai pas vu non plus de 14-16 ans), et comme les appareils photos sont interdits, on aura d’ailleurs le plaisir de n’avoir son champ de vision gâché par aucun appareil photo ou portable.
Question photos d’ailleurs, on n’aura vu qu’un seul photographe, celui de la tournée certainement, perché sur le balcon réservé aux proches des musiciens. Sur le balcon de l’autre côté, deux personnes en fauteuil roulant et leurs proches.
Une voix féminine annonce alors le début du concert (mais depuis quand on met une voix d’aéroport pour annoncer un concert ?). Les rideaux s’ouvrent, c’est parti pour 2h de folie…





Machine Head


Les rideaux s’écartent sur une gigantesque toile de fond « Machine Head ». Je dégaine l’appareil photo pour prendre un premier cliché sans trop gêner, et une femme derrière me secoue l’épaule en me répétant que c’est interdit. Ok, je comprends maintenant pourquoi les videurs à l’entrée ne nous ont pas fouillé ni confisqué la batterie ou autre.
Les premières notes de l’intro de « Clenching the fists of Dissent », l’ouverture de « The Blackening » se font entendre, tandis que la foule surexcitée hurle. Phil Demmel et Adam Duce montent alors sur scène et démarrent les hostilités (forts de leurs bras de la taille de mes cuisses), suivis de Robb Flynn.
Le son est hélas mauvais, les aigus me percent les tympans, et je regrette amèrement de ne pas avoir de protection auditive au contraire de mon pote qui appréciera leur set en entier sans soucis. Les 10 minutes de Clenching the fists of Dissent font tout de même un ravage dans la salle, le public réagit au quart de tour pour le premier morceau d’une première partie, et ça fait vraiment plaisir à voir (et à vivre). Et même si on ne peut pas faire le grand circle pit que Robb Flynn nous demande à cause des barrières qui quadrillent la fosse, elle est quand même secouée de pogos.
Robb Flynn nous explique que c’est leur première fois à Sendai et qu’ils sont enchantés d’être là – dit-il entre deux rasades de vin rouge, qu’il finit en lançant son verre dans le public.
Le groupe reprend alors sur Imperium, titre phare de Machine Head, dont les beats dévastateurs font bouger la salle au complet, même si presque personne ne la chante. Ca fait plaisir de voir autant d’énergie et de réponse de la part du public !
Après Imperium, les américains enchaînent avec Aesthetics of Hate (pour laquelle Robb sort sa BC Rich rouge semi-transparente), venu défendre les couleurs de leur dernier album, tout comme Halo (dont la partie chant clair sonnait mal comme sur l’album ^^), avec Robb et Phil dos à dos sur les parties solos. Old et Davidian (qui clôturera leur set) remettront leur premier « Burn my Eyes » à l’honneur, ravissant ceux qui ont découvert le groupe avec ces morceaux (moi y compris).
Côté jeu de scène, ça reste très sobre, le groupe reste assez statique, et ne dispose que de peu d’espace sur scène, la plus grande partie étant réservée au matos de Slipknot (cachée par la toile de Machine Head avec leur gigantesque logo en noir et blanc). Du point de vue lumières, c’est réussi même si ce n’est pas époustouflant.
Le set, commencé pile à l’heure, finit également pile dans les temps, après 45min de jeu, se concluant sur les remerciements de Robb. Pas de place pour le rappel dans ce set chronométré.

Set list :
1. Clenching The Fist Of Dissent
2. Imperium
3. Aesthetics Of Hate
4. Old
5. Halo
6. Davidian





Slipknot : des monstres de scène

Après une bonne demi-heure d’attente entre les deux groupes, la musique s’arrête et la salle plonge à nouveau dans le noir. L’intro (le début de Gently ?) débute, alors que toute la salle s’apprête à rencontrer leurs idoles, et les rideaux s’ouvrent doucement, dévoilant la scène et Joey Jordisson, trônant hautement sur sa batterie, les mains en forme de branches fantasmagoriques (soutenant ses récents propos «Je suis un putain d'arbre humain, je suis en train de pourrir sur Terre »).
Les tarés de Des Moines et leurs masques plus effrayants en vrai qu’en photos montent alors sur scène, démarrant sur Surfacing. La foule saute partout, les pogos s’enchaînent, le public scande les paroles et des explosions et lance flammes ponctuent les moments forts.
J’avais lu partout que Slipknot en live c’était énorme, et leur réputation est largement méritée. C’est sympa d’écouter en album, mais c’est en live que leur brutalité et leur folie prend toute leur mesure. Les percus forcent les headbangs et jumps et le spectacle est grandiose, entre scène richement décorée (toile de fond au S de Slipknot, canons à flammes, plate formes des percus articulées) et leur jeu de scène incroyable.
Craig Jones est certainement le seul qui ne bougera pas de la soirée derrière ses platines, avec Paul lui aussi assez discret. Tous les autres sont là pour le spectacle, pour nous en donner plein la vue et les oreilles, et c’est très réussi.

Chris est comme un dingue sur ses percus, se ballade sur toute la scène, provoque le public, headbangue à se fracasser la tête sur ses fûts, et … joue quand même de temps en temps.
A l’opposé de la scène, Shawn Crahan joue le même rôle, les deux se lançant de temps en temps les baguettes à travers toute la scène. Le clown masturbe son micro rose-bite (mignon non ?) tandis que Chris fait de même sur son nez. La plateforme à percussions du clown se lève, tourne (parfois emportant Chris qui s’est accroché), et filme la salle de ses deux caméras : l’une braquée sur le public, l’autre sur la tête du clown, et les images sont retransmises en direct sur un grand écran fixé sur ses percus. Il laissera aussi ses baguettes pour préférer la batte de baseball sur Duality, défonçant un de ses fûts déjà bien plié par les concerts précédents. Les deux acolytes démarrent également les intros de The Blister Exists et de Psychosocial sur leurs deux caisses claires, rejoignant le centre par leurs côtés respectifs.
Vu que j’étais facilement repérable dans la salle, j’ai croisé plusieurs fois le regard de Chris, qui n’hésitait pas à me faire des doigts d’honneur ou autres signes provocateurs. Et à un moment, il me regarde, lève la tête et soulève son nez et … me largue une bonne gnare dessus ! J’ai pu heureusement l’éviter in extremis (pauvre jeune demoiselle à côté ^^), avant de lui rendre ses gestes provocateurs , bon enfant.

Corey Taylor, en simple jean et veste aux couleurs de Slipknot, arbore son masque crâne-décalotté, laissant apparaître le haut de sa tête, qu’il a pour l’occasion rasée sur deux bandes, donnant l’impression d’un cerveau mis à nu. Il harangue la foule, précisant que c’est leur première fois à Sendai également mais n’a même pas besoin de chauffer la salle, ni de les entraîner dans des pogos. Le public est plus que présent, il est complètement dans le show, toute la salle est debout, même dans les gradins. La fosse est régulièrement animée de pogos, les cornes du diable sont levées jusqu’au fond de la salle et les slams fusent, tandis qu’une bonne partie de la salle chante avec Corey Taylor.
Mick Thompson est plus impressionnant que jamais, et n’hésite pas à prendre des poses terrifiantes entre ses lignes de gratte, nous gratifiant de son regard de tueur.

Mais le plus taré et intéressant de tous, c’était certainement Sid Wilson, le DJ timbré encore convalescent qui s’est cassé les deux talons le 9 juillet dernier. Au lieu de rester tranquillement assis dans son fauteuil roulant, il était tantôt à ses platines, tantôt à errer sur scène avec sa canne, à provoquer le public et nous dévisager avec son masque aux sourcils articulés, ou encore à faire de la merde avec le clown et Chris. Il s’est même mis à headbanguer en bavant comme un chien enragé, à 4 pattes sur les fûts de Chris.
Côté blessures, Joey n’était pas en reste avec sa cheville souffrante, qui avait forcé le groupe à annuler sa tournée européenne.





Honneur aux premiers albums

Du point de vue de la setlist, le groupe a joué à peu près la même qu’à Tokyo le 11 octobre, mais avec Liberate à la place du puissant « Pulse of the Maggots ». Le groupe n’a ainsi joué que deux morceaux de « All Hope is Gone », à savoir Dead Memories et Psychosocial, faisant plus penser à une tournée de leur premier album (6 morceaux représentés) que de leur dernier. Les morceaux sont monstrueux, le groupe démontre toute sa violence sur scène, et surtout, alors que je m’attendais à un gros brouaha sonore (notamment après le son assez déplorable pour Machine Head), les balances sont parfaites. Clair et précis, sans tomber dans le tumulte des 9 musiciens, le son est excellent, et permet d’entendre distinctement chacun instrument.

Le jeu de scène offert par les fous de l’Iowa (et en particulier par Shawn, Chris et Sid) se combine également parfaitement aux décors et effets pyrotechniques, ainsi qu’aux mécanismes de leurs plateformes articulées.
Après 14 morceaux épuisants conclus sur Only One, le groupe se retire, et la foule se tait. Pas de cris rauques pour redemander le groupe. Je sais qu’il va revenir, mais c’est pas une raison pour ne pas faire de vrai rappel. Je lance alors quelques appels au groupes, repris très rapidement et amplifiés. Et quelques minutes après, Slipknot revient nous mettre KO avec un People = Shit dont on comprend toute la puissance en live, avant de terminer en beauté avec un magnifique (sic) qui voit pleuvoir les slams. De tous mes concerts je n’ai certainement jamais vu public aussi réactif, et sur une durée aussi longue (1h30 de concerts de Slipknot, tout de même …). Et pour finir en apothéose, c’est Joey qui clôture magnifiquement (sic) et ce concert inoubliable : sa batterie se surélève de quelques mètres, puis s’incline à 90° vers le public, et avance alors vers nous, avant de se mettre à tourner sur elle-même, sans perturber un Joey au mieux de sa forme malgré sa cheville.
Final grandiose pour un concert qui restera gravé dans ma mémoire malgré le fait que je n’avais plus écouté de Slipknot pendant des années.
Sid l’enfant turbulent du groupe est alors le dernier à partir, reprenant sa bouteille de vin rouge qu’il avait sur lui au début, en buvant quelques gorgées et versant le reste sur les fans du premier rang.
Une petite annonce comme celle du début du concert nous avertit que le concert est fini et nous demande gentiment de quitter la salle, et en l’espace de quelques minutes la grande salle se vide et les Japonais sortent en ordre. Il y en a d’ailleurs plusieurs qui me font des petits signes, me dire un mot ou me serrer la main à mon grand étonnement (apparemment en raison de mes slams … mais la blancheur de ma peau n’y est pas pour rien !).

Bref, concert époustouflant, qui relevait plus du spectacle à vivre que d’un concert à regarder ! En repensant à Machine Head, je me dis qu’il leur manquait une dimension, un peu comme un film en noir et blanc suivi d’un show son et lumière.
Merci Slipknot, merci Machine Head pour cet excellent concert, et à la prochaine on espère. Enfin, là je suis encore sourd et ai le cou tout engourdi...

Setlist :
1. Intro de Gently
2. Surfacing
3. The Blister Exists
4. Get This
5. Before I Forget
6. Liberate (au lieu de Pulse Of The Maggots, le 11 oct a Tokyo)
7. Disasterpiece
8. Dead Memories
9. Psychosocial
10. The Heretic Anthem
11. Prosthetics
12. Spit It Out
13. Duality
14. Only One

Rappel:
15. People=Shit
16. (sic)


Et en petit bonus, voici les photos de leur concert à Tokyo (pas de moi donc, désolé) :











Voir le live report de la même tournée de Slipknot à Paris, le 21 novembre.



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le 18 octobre 2008 par NanoRoux
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Commentaires


Voir les 8 commentaires précédents
oui je préfère aussi. Du moins en règle générale, car c'est beaucoup plus dur d'être proche, c'est moins "convivial". Le pire serait si pour pouvoir dévisager les musiciens tu sois obligé de regarder l'écran géant. Dans ce cas là autant mater le DVD du live chez toi c'est clair.
Enfin ça c'est pour la règle générale, un concert gigantesque c'est aussi génial à vivre et je n'en ai pas fait assez à mon goût.
Slayer à Paris dans Bercy c'était vraiment super : tout était démesuré et grandiose, mais on pouvait quand même arriver très facilement dans les premiers rangs. Enfin le souci c'est qu'il y avait de toute façon 2m entre la scène et le début de la fosse, alors qu'à Sendai on pouvait presque toucher les membres du groupe.

mar. 21 oct. 08- 12:33  
Tu bas des records de stat de lecture dis moi! bravo ;-)
mar. 21 oct. 08- 18:23  
oui je suis impressionné ! Ca me fait plaisir, vu le temps que j'y ai passé !
J'ai aussi passé pas mal de temps à lui faire un peu de pub (pas aussi bien réussi que ce que je voulais, finalement).

(c'est vrai que côté stats, c'est maintenant l'article le plus lu après le rapport du Hellfest, qui avait bénéficié du lien depuis Metalorgie, mais là j'ai pas osé le leur proposer).

mar. 21 oct. 08- 20:10  


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