La Sirène ouvre cette saison musicale 2012 avec une soirée dédiée au métal.
Le début des hostilités a lieu dans le club Le Balcon, c’est une grande salle avec pas un mais deux bars !!!
Au centre une scène avec un équipement sonore plus que conséquent. Le public est présent en nombre. En tendant l’oreille, on peut s’apercevoir que quelques Anglais et Allemands sont aussi de la fête.
On discute au bar, on discute à l’autre bar, on discute un verre à la main entre les 2 bars. C’est alors que la lumière se baisse, des semples Electro Japonisants font leur apparition, des silhouettes apparaissent sur scène. Et là tout éclate, on en prend plein les oreilles, les lumières bleues pulsent, la double pédale est frénétique. Les Sons Of Senoka ont frappé fort pour leur entrée. Ils nous proposent là une bonne portion de métal mélodique sur-vitaminé (on est très loin des styles proposés par les têtes d’affiche). On sent bien les influences façon
In Flames ou
Soilwork à travers les morceaux de leur Album Sanctuary… On les sent même parfois un peu trop. Cependant les titres s’enchainent avec une précision et une technique à toute épreuve, c’est carré et le son de la sirène est un excellent support. On peut savourer les subtilités mélodiques et techniques avec beaucoup d’aisance, c’est très appréciable. Leur seule fausse note serait quand à leur jeu de scène ultra statique, le batteur bien qu’assis aura été le plus actif dans son jeu de scène très démonstratif et énergique à souhait. Renaud, le vocaliste de Sons Of Senoka a beaucoup de mal à motiver le public et manque de prestance pour que le pit se laisse aller à remuer un peu. Le groupe terminera sur un ancien morceau, BlackSky qui finira de nous prouver la solidité des compositions et ses capacités techniques. Un bon concert, très vitaminé niveau son mais on aurait aimé voir le groupe bouger plus pour parvenir à bouleverser les esprits.
La prestation de Sons Of Senoka à peine terminé, des spectateurs m’informent que la suite du concert aurait lieu à l’étage… Sur le coup je trouvais un peu dommage qu’il n’y ait pas eu la moindre annonce de la part de l’organisation.
Quoiqu’il en soit, il est temps d’emprunter les couloirs de la sirène pour rejoindre la grande salle. Le complexe est juste ahurissant et c’est un plaisir que d’emprunter la moindre cage d’escalier.
Une fois rendu dans la grande salle, on se pose une question : Pourquoi ne pas avoir continué les concerts au Club ????
En effet ce qui s’apparentait à une salle pleine pour Sons Of Senoka se transforme en une Salle à moitié vide (pour le coup j’ai raisonné dans ce sens) . On peut comprendre les aspects logistiques …mais une soirée métal et surtout post-rock se voudrait plus conviviale…
Ken mode est déjà en scène. Le trio guitare basse batterie est à peine dans mon champ de vision que déjà l’ambiance est posée, un post-hardcore , très noïse influencé
Neurosis ,
Converge et autres grands. Les gars se donnent à fond sur l’immense scène, le son est grand , les lumières sont habilements menées. Certes, Ken Mode m’a tout de suite marqué quand à son jeu très « sale », tout n’est pas parfaitement callé, ça déraille parfois … mais pourtant… en écoutant ces furieux jouer, on sent tout de suite que ce groupe a une âme. On très vite emprisonné par les riffs sludge, bousculé par les morceaux très agressifs tels que A Wicked Pike, gifflé par les moceaux plus mélodiques tels que Flight Of The Echo Hawk qui sont tels un sursaut dans l’univers sombre du groupe. Le groupe sait jouer des silences notamment sur Never Was , avec une intro à la basse totalement prenante , une guitare criarde , un chant murmuré … c’est simple , on croirait sentir un psychopathe respirer dans notre nuque , il suffit de croiser le regard du chanteur et guitariste Jesse Matthewson pour sentir son sang se glacer.
Ken Mode est un groupe malsain, sale, à l’ambiance apocalyptique … et vraiment, en fan du genre, on ne peut qu’en redemander.
Circle takes the square prend ensuite la relève. Encore un trio guitare-basse-batterie , avec cette fois une présence féminine derrière les 4 cordes (NB un des membres n’était pas présent). L’ambiance retombe tout de suite, on est dans le post-rock, noïse mais le tout est plus progressif et surtout plus nostalgique. Il y a beaucoup d’émotion dans les voies des ces 3 musiciens, leurs instrumentales s’accordent des riffs plus aériens. La violence a du mal à se faire ressentir dans la voie et dans le jeu de scène un parfois peu figé. On aurait presque envie de s’assoir dans un bon fauteuil pour savourer certains passages de leur musique.
C’est au tour de Kylesa , toujours dans le registre post-rock noisy (teinté de punk et de psychédélisme ) … on peut le dire : le noise est en effet la spécialité de se groupe … On a le droit à un déballage de machines infernales. On retiendra le guitariste et sa théramine qui nous aura déplacé les neurones tant le psychédélisme et le côté loufoque de cet instrument… On passe de sons très futuristes à des transitions très tribales, permises notamment par la présence de 2 batterie (en réalité une batterie et un set de percussion) jusqu’au solo de basse aux effets sur-dosés. Ce groupe est un melting-pot de styles, il est difficile à définir et malheureusement parfois un peu difficile à cerner. La base musicale nous rappelle cependant beaucoup
Mastodon. En effet, Kylesa , outre son coté noise et psychédélique sait jouer de la musicalité de ses sons avec un côté rock. L’ensemble est appréciable et bien en place, le groupe est relativement mobile. On notera quelques solos en tapping de la part de la guitariste/chanteuse Laura Pleasants, mais le fait de revoir les mêmes schémas dans plusieurs morceaux fait perdre un peu de charme à la chose.
Chaque titre est donc en soit original mais aucun n’est une révélation, c’est bien dommage.
NB : Un de leur morceau : Running Red, m’a étrangement fait penser à Iron Man de
Black Sabbath sur un de ses riffs. Petits clins d’œil à leurs nombreuses références ?