La plume revient une fois de plus à mon ami, Arnaud Stopa:
Première partie : Red Fang –
The Dillinger Escape Plan
Mastodon a remis une copie honorable à ses admirateurs venus en nombre pour le premier passage depuis le Heavy Mtl 2010. Après une première partie tenue par les heavy américains de Red Fang, mais surtout les hardcoreux du Dillinger Escape Plan – que je n’ai pas eu le temps de voir –,
Mastodon arrive sur scène, applaudi par une salle à majorité trentenaire.
Ma critique, pour ceux qui ne veulent pas s’embêter avec le reste du texte, c’est simple: qualité musicale au top. Prestation scénique, au bottom.
Niveau musical, il n’y a rien à redire. C’est du maitrisé d’un bout à l’autre du concert. Ça s’entame avec un Dry Bone Valley où la voix du batteur Bran Dailor était un peu tenue au reste de l’instrumentation. Pour le reste, la sonorisation était très bien orchestrée.
Il s’ensuit 21 titres, des plus mythiques et repris en cœur par le public comme Colony of Birchem ou Crack the Skye, aux plus récents. En effet, huit titres du dernier album ont été repris. Un peu normal quand il s’agit d’une tournée de promotion
Après ça, le constat reste le même. Le groupe fait une démonstration musicale plutôt qu’un concert. Deux pauses ont été accordées au public par le groupe de sludge. Des pauses qui ont surtout servi à changer les guitares des Américains. Sinon, pied au plancher, on a un train à rattraper. Pour le rappel, le public a tout de même droit à des remerciements.
Concernant la partie lumière, on commence par être émerveillé, puisque du côté artistique de quatuors, on n’a pas grand-chose à mettre sous la dent. Mais au bout de 15 minutes de vidéos hypnotiseurs ou d’effets de lumières ennuyants, on vient à fermer les yeux, ou regarder le gars de la sécurité qui tape le rythme avec sa tête. C’est sûr, il est fan.
En ayant affaire à un groupe comme
Mastodon, qui reproduit les stéréotypes du groupe de garage qui joue la porte ouverte pour le voisinage, collé à leur micro, il y a deux positions à adopter. En premier, l’admirateur rutilant qui crie à plein poumon son amour pour le groupe dans la fosse. Sinon, l’intellectuel ouvert aux musiques nouvelles, qui vient siroter une tisane pour lire un livre d’Emmanuel Kant avec un fond sonore à la mode. En tout cas, ce concert s’oublie vite – la bière n’y est pour rien –, tant il ne procure aucun moment mémorable venant la scène. La longueur de la chronique le témoigne. À l’avoir su, je serais resté chez moi, à écouter le CD en lisant un livre de Kant.