Ahhh
Primus,
Primus,
Primus...
L’objet musical non-identifié était à Montréal en cette fraîche soirée de début d’Octobre.
Tout d’abord, je me dois d’avouer que ma connaissance du groupe était fort limitée. En effet, je me suis mise en route vers le Métropolis attisée par ma propre curiosité. Habituellement, les sons funky et les grosses lignes de basses garantissent un spectacle intéressant. Inutile de dire qu’avec
Primus, on allait être servi!
Une fois encore, sur le billet, il est écrit «une soirée avec
Primus». Pas de première partie donc. Le groupe serait seul face à une salle sold-out, remplie d’un public à 90% masculin, entre 25 et 45 ans.
Petite réflexion personnelle; il semble que plus la musicalité et l’âme d’un groupe est complexe, plus la proportion de donzelles dans les salles de spectacle diminuent. Bref, désolée pour ce petit aparté.
La scène est bourrée de câbles de toute sorte, de pieds de micro bizarroïdes et... de deux cosmonautes géants de part et d’autre. Les lumières s’éteignent et les casques des deux hommes de l’espace gonflables s’éclairent d’une grosse face orange. L’atmosphère se fait pesante jusqu’à l’arrivée du groupe.
Primus s’offrira le luxe de jouer dans une pénombre quasi-totale, et souvent ramassé dans le fond de la scène.
Le premier titre à défiler sera To Defy The Laws Of Tradition. Le son est impeccable, et il avait longtemps que je n’avais pas entendu une basse aussi clairement lors d’un spectacle. La basse, le point fort de
Primus, sera mis en avant bien que son propriétaire, coiffé de son chapeau et vêtu de son très sobre veston sembleront se cacher du regard d’un public totalement dévoué. Vocalement, le néant. C’est inaudible.
Rien de bien dramatique compte tenu du fait que la voix n’est pas spécialement le point fort de la formation.
Mais même quand Les Claypool prendra la parole (c’est à dire l’unique fois de tout le show), il me sera totalement impossible de déchiffrer ce que ce moustachu a à nous raconter. On y décèle un vague «Montréal» ça et là mais rien de plus. Par la suite,
Primus fera figure morte, se contentant de gratter sur leurs instruments. Pas de commentaire ou de remerciement de leur part entre leurs chansons (et Dieu sait à quel point les morceaux sont longs). Mais une fois encore, cela ne pose aucun problème, trop de bla bla aurait de toute façon tranché la continuité et l’équilibre du show.
La première partie du set est complexe, Golden Boy et John The Fisherman (naturellement) seront vivement acclamées par le public. Le groupe conclura la performance sur Over The Electric Grapevine et s’en suivra un entracte de 30 minutes.
Au lieu de laisser les lumières allumée et laisser les gens vaquer à leurs petites occupations,
Primus nous offrira de regarder quelques vieux épisodes de Popeye. Il serait intéressant de savoir pourquoi le choix du groupe s’est porté sur le bon vieux marin, mais c’est un mystère qui restera non résolu.
En ce qui concerne la deuxième partie du spectacle, c’est l’album Green Naugahyde qui sera mis à l’honneur. Là encore, peu de commentaires à faire, les musiciens restent statiques, concentrés dans leur délire sans adresser un regard, un sourire ou une parole au public. Malheureusement, un conflit d’horaire me force à quitter la salle avant la fin du show. Mais vu que Green Naugahyde aura été joué dans son intégralité, je m’en remets à une setlist pour vous annoncer que le rappel aura été fait au son de Wynona’s Big Brown Beaver et de Harold of the Rocks.
En conclusion, un show de
Primus est une expérience et quelque chose qui se vit par curiosité. Je ne dis pas que la prestation m’a laissé un souvenir impérissable, mais pour le fan (et pour quelqu’un capable de s’intéresser à un spectacle quel qu’il soit) le show de
Primus de ce soir en valait fortement la peine.