Retour à l'accueil
Live Reports :: Envy

Live report : Envy

Tous les concerts de Envy Envy [Hardcore]
Tous les concerts de Boris Boris [Autre]
Tous les concerts de Mono Mono [Rock Metal]
dimanche 4 septembre 2011 - Shibuya O East, Tokyo
Voir toutes les infos de ce concert

 

Photographe : Guillaume Catella




A peine 15m plus loin que le Club Asia invitant Winds of Plague la semaine dernière, la grande salle du Shibuya O’East accueille ce soir 3 grands noms de la scène post rock japonaise, à savoir Envy, Boris et Mono.
Le O’East offre une scène gigantesque aux groupes, ainsi qu'un grand espace pour le public, bien qu'entre-coupé de dizaines de barrières en son milieu pour séparer le public, chose assez courante au Japon, peut-être pour empêcher le public de lancer des circle pits ou autres "manques de retenue", même si ce n'est de toute façon pas le genre ce soir.
Avant de rejoindre le pit et d'attendre l'arrivée du groupe ouvrant, Boris, nous allons rejoindre Tetsu, chanteur de Envy pour une interview dans les loges à propos de leur parcours, leur musique et leur futur (sera postée dans la semaine sur metalship).





Boris

Le premier groupe, Boris, originaire de Tokyo comme les deux autres groupes de ce soir, monte sur scène avec un peu de retard. Le batteur entame le set de manière originale, frappant du gong placé derrière sa batterie.
Boris vient nous jouer leur musique expérimentale entre drone et post-rock, d’abord planant, profond et lancinant, avec le chant féminin de Wata léger mais profond et envoûtant, épaulé par les guitares claires nettes et perçantes. Puis les guitares se mettent à cracher de saturation, les lumières alors douces et immobiles s’emballent d’un coup … avant que la douceur reprenne à nouveau le dessus.




Les lumières sont bien travaillées et suivent le rythme des morceaux, en combinaison avec la fumée. Le son semble parfait, les réglages très bien réalisés, avec pour bémol le chant de Takeshi Otani un peu faible. La scène gigantesque du O’East est très sobrement décorée et paraît vide. Pas d’artifice, pas de surplus dans les lives de Boris, tout est dans la musique. Boris n’est en effet là que pour la musique, et pas une seule parole ne sera dite au public, qui lui aussi reste relativement calme malgré des encouragements et applaudissements à chaque fin de morceau, intenses mais rapides, presque timides.




Le chanteur, Takeshi, impressionne par ses deux doubles guitares, alliant un manche pour la guitare, et un pour la basse. Il est épaulé au chant par Wata, assurant tantôt la guitare, tantôt les claviers, et se donnant également de sa belle voix. Atsuo, le batteur chante également en chœurs.
Le groupe est très statique, les gestes lents, presque millimétrés. Seul le batteur, tout vêtu de noir, jusqu’aux gants, se démène violemment sur sa batterie, nous laissant entrevoir son visage très expressif. Au contraire les deux autres hommes nous laissent très rarement apercevoir les leurs, cachés sous leurs cheveux ou derrière l'épaisse fumée.
Dans le public les têtes balancent lentement au rythme envoûtant de la musique. Nombreux sont ceux également qui ont les yeux fermés comme pour mieux faire abstraction du reste et se concentrer entièrement sur la musique.
Au bout d'1h10 de concert, le ton s'apaise et se termine doucement alors que le public explose en applaudissements. Le groupe quitte la scène tout aussi doucement que leur entrée, sur un très simple "arigatou" (merci).

Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo



Mono

Au tour de Mono, la plus jeune formation de ce soir malgré ses 11 ans d’activité, d'emmener le public dans de nouvelles contrées rêveuses. L'introduction commence au xylophone, avant de durcir.
Aucun micro pour le groupe, la musique de mono se ressent sans chant, allant plus loin que de Boris dans la sobriété. Les lumières sont plus simples, principalement bleues ou rouges. L’ambiance est très atmosphérique, le public se laisse emporter.




Tamaki, la bassiste très élégamment habillée, assure également les claviers sur certains morceaux.
Yasunori Takada, le batteur, martèle doucement ses fûts, comme avec prudence, préférant ses maillets doux aux baguettes. Imprégné par la musique, il s’avachit sur sa batterie une fois la musique terminée, comme vidé ou sortant de sa transe. L’un des deux guitaristes (difficile de savoir qui, on ne voit que difficilement leurs visages, toujours tournés vers le sol, de manière introspective) semble particulièrement possédé par son jeu. Assis sur son petit tabouret tout le long du concert, il part littéralement en transe sur un morceau vers la fin du concert, malmenant sa guitare, tombant sol et donnant des poings, comme s’il essayait de s’exorciser, exultant violemment les sentiments apparemment véritables et intenses qui le submergent, alors que les crépitements des stroboscopes intensifient l’effet.




La musique de Mono pourrait finalement se résumer à la vue des auditeurs du groupe, vue de haut : d’apparence très calme et statique, presque endormi, mais en y regardant de plus près toutes les têtes dodelinent doucement et passionnément, en désordre, mais sereinement, tout comme Mono qui ne manque pas d’intensité et de passion, bien cachées sous leur sobriété et sérénité.

Set-list :
Ashes in the Snow
Follow the Map
Burial at Sea
Pure as Snow
Sabbath
Halo
Moonlight

Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo



Envy

Au tour enfin du maître de la soirée, Envy, de ravir nos oreilles. La scène est cette fois décorée d’un drapeau de fond au nom du groupe, quoi que relativement sobre. Passant brutalement du Post-rock atmosphérique à un genre plus proche du screamo (sans lien avec la vague emo cependant), la réaction du public change également brutalement.
Le chant hurlé perçant de Tetsu, extrêmement émouvant, est comme un électro-choc. Il semble rempli de douleur et torturé, et la compassion nous forcerait presque aux larmes, certainement aidée par les précédents groupes ayant fait ressurgir nos émotions et les ayant mis à nu. A noter que le chant est hélas parfois difficilement audible, peut-être volontairement ?




Le public, un peu plus nombreux, est manifestement conquis et hurle à la fin de chaque morceau. Les cris et growls, applaudissements et encouragements fusent. Tetsu s’adresse au public mais toujours d’une voix très douce, en contraste avec les réactions survoltées de la foule à ses mots, comme si elle s’était retenue jusque là et pouvait enfin exulter elle aussi.
Nobukata Kawai, un des deux guitaristes, semble également débordé de passion, et frétille frénétiquement et violemment. Tout comme Mono, il entrera comme en transe, s’asseyant d’abord par terre, puis se couchant tout en continuant de jouer en s’agitant et se démenant comme cherchant à se dépêtrer.
A noter que l’autre guitariste, Masahiro Tobita, rompt sa corde de mi aigü à quelques morceaux de la fin, et continuera de jouer avec.




Le set de Envy se termine après 1h20 de concert environ, avec à nouveau de chaleureux mots de remerciements de Tetsu envers le public. Le groupe s’éclipse et les cris et encouragements du public fusent. Durant de très longues minutes l’audience demande un encore, mais le groupe ne vient pas, peut-être en raison du dépassement d’horaire, le premier groupe ayant commencé avec 20 minutes de retard.




Set-list :
Further Ahead of Warp
Thousand Scars
落ちて滝へ篭へ
左手
As Serenity Calls your Name
Scene
Worn Heels and Hands
Dreams Coming to an End
Light and Solitude
狂い記せ
0&1




Cette soirée post-rock s’achève donc avec l’impression d’avoir été confronté à une étrange dualité : violence, exultation et intensité contre douceur, contenue et respect. Pour ceux qui ne l’ont pas encore vécu, je vous encourage vigoureusement à le faire à l’occasion de la tournée d’Envy en Europe et aux Etats-Unis.

Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo Photo

Signaler un article incomplet Signaler une erreur
le 7 septembre 2011 par NanoRoux
(1)




Rapport précédent

Tout

Rapport suivant


Commentaires


Bon sang mais quelle chance de voir une affiche pareille! Autant Boris m'ennuie vite, autant les deux autres sont pour moi essentiels, Envy davantage peut-être. Tu as vu une légende du Screamo mister Nano, super report!
jeu. 8 sept. 11- 17:51  
Tu m'étonnes ;-).
Mieux je me suis permis d'interviewer la légende du screamo ...
Comme je disais sur le forum, je voulais te proposer de poser tes questions, mais j'ai eu l'accred en précipitation.

ven. 9 sept. 11- 11:30  


Groupes en rapport


Envy
Envy
Voir la page du groupe
Création : 1992
Genre : Hardcore
Origine : Japon

Rapports de concerts:

Boris
Boris
Voir la page du groupe
Création : 1992
Genre : Autre
Origine : Japon

Rapports de concerts:
  • Envy - 4 sept. 11 (Tokyo)


Albums chroniqués :
Chronique de Hymn to the Immortal Wind
Hymn to the Immortal Wind
2009

Chronique de You are There
You are There
2006

Mono
Mono
Voir la page du groupe
Création : 2000
Genre : Rock Metal
Origine : Japon

Rapports de concerts:
  • Envy - 4 sept. 11 (Tokyo)


Black Bomb A
Black Bomb A
Voir la page du groupe
Création : 1995
Genre : Hardcore
Origine : France

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Hatebreed
Hatebreed
2009

Chronique de Supremacy
Supremacy
2006

Chronique de The Rise Of Brutality
The Rise Of Brutality
2003

Chronique de Perseverance
Perseverance
2002

Hatebreed
Hatebreed
Voir la page du groupe
Création : 1994
Genre : Hardcore
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Implosion
Implosion
2008

Self Defense
Self Defense
Voir la page du groupe
Création : 2004
Genre : Hardcore
Origine : France


Hopes Die Last
Hopes Die Last
Voir la page du groupe
Création : 2005
Genre : Hardcore
Origine : Italie

Rapports de concerts: