Live Reports ::
RosettaLive report : Rosetta
Rosetta [Sludge Metal]
City Of Ships
Abysse [Metal symphonique]
Zéro Absolumercredi 13 juillet 2011 -
Ferrailleur,
NantesVoir toutes les infos de ce concertPhotographe :
Andrey KalinovskyPlus vite raaaaaah!
Arrivés comme toujours à la bourre, nous voilà mon ami et moi en speed le long du fameux Hangar à Bananes de Nantes pour rejoindre au plus vite le Ferrailleur et ne surtout pas rater une miette de cette soirée à l'affiche divine. Fort heureusement pour nous, le concert a du retard, ce qui permet de se détendre tranquillement une bière à la main tout en regardant gambader les différents membres de Rosetta fraîchement débarqués sur le quai.
Zero Absolu
Le retard annoncé et très long – près de 35 minutes – est enfin terminé et nous voilà dans la salle, prêts à assister au concert de Zero Absolu qui relèvera beaucoup plus de la performance que du show, étant donné que le projet est un one-man band.

La tête pensante de Zero Absolu fait donc son entrée sur scène, au milieu d'instruments spécialement là pour lui, soit claviers, samplers et autres joyeusetés qui combleraient n'importe quel geek musical. Multi-instrumentiste, le sieur de Zero Absolu assure un concert très stressant mentalement et physiquement. Les morceaux se découpent en fait selon un schéma simple : il commence à jouer une mélodie ou un riff, soit à la guitare, à la basse, aux claviers ou aux percussions électroniques et une fois cela fait, l'élément joué est enregistré et diffusé en boucle tandis que le jeune homme se saisit d'un autre instrument pour démarrer une autre séquence. A cela s'ajoute bien entendu le chant, plein d'effets mais tout de même très maîtrisé. Une véritable performance donc, où l'on a pu voir quelques problèmes type la corde de guitare qui casse et doit être changée tandis que l'on se tape le même riff de basse en boucle. La construction des morceaux était malheureusement assez redondante et le live ne restera pas un souvenir impérissable.
Abysse
Le temps de manger un sandwich américain peu ragoutant, et c'est Abysse qui monte sur scène, dans son fief où il a joué tant de fois. Toujours aussi impeccable scéniquement, le groupe s'est tout de même davantage lâché qu'il y a quelques temps lorsque je les avais vu en compagnie de
Hacride. Les guitaristes n'hésitent plus à bouger, notamment lors des soli fort enthousiasmant et l'on sent qu'ils sont heureux d'être là. Le set tournera autour du prochain premier album qui devrait sortir en fin d'année et autant dire que ça va être du lourd.

Sur scène en tout cas le tout sonnait d'enfer, le son était emporté dans l'ambiance bleutée dégagée par ces néons verticaux installés par le groupe. Le public suivra bien entendu, les gars ayant réputation à Nantes. Rien à redire finalement, si ce n'est le fait que le batteur restait invisible – des baguettes bougeaient dans le vide brrr... - et que le bassiste était moins en forme que d'ordinaire.
City Of Ships
Je dois avouer que je n'ai pas pu assister à tout le show des américains de City Of Ships. La première partie de la tournée de Rosetta ne m'a pas emballé. Sorte de revival
Nirvana avec des éléments Post-Rock en plus, le groupe a certes un son mastoc mais peu d'idées derrière, si ce n'est au niveau du visuel de ses T-shirts et pochettes vus au merch. Malgré des riffs bien Rock'N'Roll il faut reconnaître que le chanteur est un Kurt Cobain déguisé en terme de voix et que l'on a l'impression de se retrouver devant des fans de Grunge qui veulent faire ressusciter ce genre sur-estimé.

Après certes, il y a de l'énergie et le public semblait suivre en nombre, mais on est loin d'une baffe attendue pour une première partie de Rosetta. Et puis bon, le bassiste avait un T-Shirt
Venom quoi merde. Du coup trois morceaux et me voilà dehors à attendre la suite de la soirée.
Rosetta

Aaaaaaaah Rosettaaaaaaaaaa ! Très rarement de passage en France, les américains viennent défendre leur dernier bébé, A Determinism Of Morality, qui n'avait pas fait l'unanimité dans la presse hexagonale l'an dernier. Peu importe, le live de ce soir sera mémorable, Rosetta étant définitivement un groupe à l'univers unique et classieux.
Les quatre membres sur scène, le show peut démarrer, sur « Red In Tooth and Claw », long titre d'ouverture de l'excellent Wake/Lift. L'occasion de saisir à quel point le son est bon, avec cette basse magnifique, ce guitariste à la plus grosse pédale d'effets du monde, ce batteur extrêmement doué et surtout ce frontman au charisme déroutant.
Atmosphère unique
Fin comme un pinceau, les lunettes sur le nez, le chanteur de Rosetta n'en impose pas moins, hurlant à s'en rompre les cordes vocales et enchaînant les appels au public malheureusement peu répondant. La voix est bien sûr emplie d'effets comme sur l'album, ce qui donne un côté très aérien à la musique, et très spatial (hé hé), d'autant que les lights vireront souvent au blanc immaculé, de telle façon que l'on se serait cru plongé dans une dimension où le monde ne serait que de velours, tapissant chaque membre rayonnant de bonheur (ah ce bassiste à la tête si sympathique).

Comme sur les albums, le batteur assurera des parties de malade mental qui vaudront d'ailleurs un commentaire de Geoffrey d'Abysse, déjà culte : « Ah mais en fait ce batteur il joue un solo sur tout un morceau ! ». La portée de la musique est immense et l'on reconnaît les fans qui hurlent face au micro tendu par le chanteur qui semble souvent à la limite de l'épuisement, jusqu'à poser le micro au sol et nous proposer de le remplacer un peur sur le titre suivant, issu du dernier album.

Malheureusement, tentative nulle, soit par timidité, soit par non-connaissance des paroles. Quoiqu'il en soit le public sera peu réceptif jusqu'au rappel tant attendu, soit « Wake », le morceau culte du groupe, dont le début à la basse déclenche illico des hurlements dans la salle.
Incidents et fans enragés
Véritablement là pour prouver à tous ce qu'est un show de Rosetta, ce rappel sera l'occasion – trop tardive – de voir le public se régaler en hurlant les paroles en l'air ou au micro tendu par le chanteur désormais ravi qui vient même dans la fosse, sans se douter que des gars bourrés allaient venir foutre le bordel.
Slammant comme des barbares en tombant comme des merdes dans tous les sens, les quelques types arrachés m'ont bien fait peur lorsqu'ils se sont rapprochés du chanteur vite protégé par la première ligne de fans qui écarteront le slammeur sans plus de mal que ça. La guerre à Rosetta non mais on aura tout vu ! Hormis cela, le live se passera très bien, si l'on excepte un léger incident technique avec le PC à partir duquel le leader lançait les samples. Finalement, sachez que si Rosetta passe près de chez vous, il serait criminel de laisser passer l'occasion de les voir exécuter leur Post-Hardcore spatial, dont le dernier album passe d'ailleurs très bien sur scène, le son oblige.
Vidé de toutes émotions
Une superbe soirée à quatre groupes donc, sublimée par les Rosetta qui auront eu fort à faire au merch – à moi un T-Shirt ! - avant de pouvoir aller se coucher (vers 2h30 du matin quand même!). Si City Of Ships ne m'a pas enthousiasmé et que Zero Absolu n'est pas mémorable, la découverte reste de qualité et pour Rosetta, aucun doute : c'est une expérience des sens à ne pas rater, pleine de rage, de rêves et d'immensité cosmique. Merci à Blue Wave Production d'avoir autant de goût !
PS: Je remercie Andrey pour ses superbes photos. Pour en consulter bien plus, rendez-vous sur
http://www.flickr.com/photos/jables42/