La foule s'est amassée sur le parterre de Main Stage 1, et Thin Lizzy n'est toujours pas là ... Un petit retard que les caméras du Hellfest comblent en nous montrant le back stage et les musiciens qui se préparent tranquillement à entrer ... Ils arrivent enfin sur scène, comme des stars, sous les ovations d'un public hétérogène en style, et particulièrement renforcé en quarantenaires et plus. Il faut dire que la formation n'est pas toute jeune.
Dans un registre forcément Hard Rock, on s'en prend quand même plein les yeux et les oreilles : le guitares sont précises, le son est léché. Pas de répit entre les titre, c'est très pro ! Tout le public frappe dans ses mains, de la scène aux abords des tours de projecteurs, c'est impressionnant. Alors que le bassiste passe son temps à jeter des médiators dès qu'il en a l'occasion et à travailler son remarquable jeu de jambes, Rickie Warwick prend la guitare en plus du chant, ce qui pousse à 3 le nombre de guitares simultanées. A chaque fin de morceau Ricky termine un bras en haut, un bras en bas dans une position très ... travoltesque ! Plus les standards se succèdent, plus le public adore. Pour terminer, Ricky exhorte le public à chanter avec le fameux hoooohohohooooooho !
Le set atteint largement son objectif : servir du souvenir, créer de l'émotion.
C'est à présent au tour des Finlandais d'Apocalyptica d'entrer en piste, devant un parterre de fans déjà assez important. Dès le premier morceau, un triste constat s'impose : le son n'est pas vraiment à son optimum, et l'on entend trop peu Eicca Topinen, Paavo Lötjönen et Perttu Kivilaakso comparé à la batterie. Il s'améliore au fur et à mesure du set, mais ce petit souci technique impacte la qualité du show d'Apocalyptica. Comme à leur habitude, les Finlandais gratifient leur audience de reprises réussies de Metallica version violoncelle, à l'image d'un "Master Of Puppets" épique et d'un touchant "Nothing Else Matters". Quelques autres reprises sont offertes par le combo, à l'instar de la version très personnalisée d'Apocalyptica de "Hall Of The Mountain Kill", écrite à l'origine par le compositeur norvégien Edvard Grieg. Les Finlandais ne se contentent néanmoins pas de reprises, et proposent des morceaux extraits de leurs différents albums, comme "Grace", ou "I Don't Care".
Les quatre musiciens prouvent une nouvelle fois leur dextérité et leur maîtrise de leur instrument durant un set qui séduit clairement les présents. Le sourire aux lèvres, ils interprètent même la Marseillaise, sous le regard amusé d'une foule visiblement conquise. Le groupe quitte la scène sous les applaudissements, et prouve qu'il mérite largement sa renommée mondiale. Néanmoins, il semble qu'une fois que l'on a vu Apocalyptica, leurs shows ont tendance à se ressembler, et la formation a un peu du mal à se renouveler. Peut-être les Finlandais devraient-ils proposer d'autres reprises, histoire de faire un peu de neuf? Mais il n'empêche que l'on a passé un bon moment en compagnie d'Apocalyptica, et que les fans ressortent ravis de la fosse.
C'est désormais au tour de l'une des têtes d'affiche du festival d'entrer en piste : les légendaires Allemands de Scorpions. La foule présente devant la scène est assez impressionnante, et les premiers rangs semblent plutôt compacts. Lorsque Klaus Meine et sa petite troupe débarquent sur scène, ils sont accueillis par des acclamations, par un public visiblement très content de la présence du groupe. Au niveau de la set list, les Allemands tapent dans l'ensemble de leur imposante discographie (dix-huit albums plus un nombre incalculables de singles et de compilations!), avec des nouveaux titres comme des anciens. Néanmoins, dès quelques chansons, une petite déception semble parcourir l'audience. Le combo joue des titres que la plupart des présents ne connaissent pas, et ne semble de plus pas des plus motivés. On ne sera par exemple pas gratifié du classique "Winds Of Change". Le frontman, d'habitude beaucoup plus énergique, paraît se contenter du minimum syndical, que ce soit lorsqu'il chante ou lorsqu'il s'adresse à son public.
Quelques titres font tout de même plaisir à entendre, tels que "The Best Is Yet To Come", extrait du dernier opus de Scorpions, ou "Dyanmite", tout droit sorti du très bon "Blackout", sorti en 1982. Les morceaux sont de plus, pour continuer sur les points positifs, bien interprétés, et Rudolf Schenker et Matthias Jabs forment un bon et assez charismatique duo de guitares, ce qui relèvent la prestation du groupe. Cependant, dans l'ensemble, le set de Scorpions est assez décevant, et le public ne s'emballe que pour les deux chansons de rappel, l'inévitable "Still Loving You",sur lequel une bonne partie des Francophones présents se sont lancés sur le fameux "ce soir, j'ai les pieds qui pue" (allez donc voir la vidéo des hallucinations auditives sur Youtube si vous ne comprenez pas), ce qui est assez drôle à voir. Le show se termine par "Rock You Like A Hurricane", toujours aussi agréable à écouter, mais qui signifie la fin d'un set clairement décevant. Dommage lorsque l'on sait que les Allemands sont vraiment capables de mieux.
Lorsque le groupe quitte la scène, tout le public reste devant la scène, afin d'assister au fameux hommage à Patrick Roy. Et c'est sur "Those About To Rock" d'AC/DC et un très réussi feu d'artifice que tous acclament, devant des photos de lui en compagnie de métalleux diffusées sur le grand écran. Le Hellfest en profite pour montrer des dessins de Dio, Peter Steele, mais aussi Eric Ledroit, qui travaillait pour le festival, tous copieusement applaudis. Un bien bel hommage, repris en chœur et applaudi par tous les présents.
Set list :
Sting In The Tail
Make It Real
Bad Boys Running Wild
The Zoo
Coast To Coast
Loving You Sunday Morning
The Best Is Yet To Come
Holiday
Raised on Rock
Tease Me Please Me
Dynamite
Kottak Attack
Blackout
Six String Sting
Big City Nights
Rappel :
Still Loving You
Rock You Like A Hurricane