Passer en premier le vendredi matin au Hellfest n'est pas forcément une partie de plaisir. Après une nuit agitée et bien alcoolisée sur le camping, les festivaliers ont tendance à végéter devant leur tente plutôt que se presser devant une scène. Néanmoins, alors qu'il n'est que 10h30, le nombre de présents est tout à fait respectable devant la Main Stage 2, pour accueillir les Poitevins de Klone.
La formation offre une prestation tout à fait énergique et pleine de conviction, devant des spectateurs qui se laissent séduire au fil du set, grâce à des titres essentiellement issus de son dernier album en date, "Black Days". La voix de Yann Ligner est bien mise en valeur par le bon son du festival, tout comme les instruments de ses compères, ce qui ne fait que rehausser la qualité des compositions du groupe. On applaudit ainsi des morceaux tels que "Empire Of Shame", ou l'excellent "Immaculate Desire", qui fait headbanguer peu à peu la foule. "Give Up The Rest", pour lequel le groupe a tourné un clip, fait également son effet, et le public applaudit avec enthousiasme, alors que les membres de Klone annoncent la dernière chanson de leur set. Spécialement pour le Hellfest, le combo propose sa reprise du titre "Army Of Me", de Björk pour la première fois en live, particulièrement bien interprétée par les Poitevins. Ce premier show se révèle donc d'une grande qualité, et le groupe reçoit une ovation des présents, alors qu'il quitte la scène en souhaitant à tous un bon festival. Mission accomplie.
Set list :
Spiral Down
Empire Of Shame
The Spell Is Cast
Immaculate Desire
Give Up The Rest
Army Of Me
Et hop, nouvelle participation au Hellfest pour les marseillais de Dagoba. La dernière date de 2009, et ceux qui étaient présents se souviennent d'un show énergique marqué par quelques Wall of Death destructeurs. Du coup, c'est un peu comme si les dagoboys jouaient à la maison, et ça, Shawter (chant) nous l'a bien fait comprendre.
En foulant les planches de la Main Stage 2, Dagoba avait de l'envie à en revendre. "The Nightfall and all its Mistakes" résonne et annonce un concert puissant, marqué cependant par une caisse claire bien trop présente. Ceci étant, le groupe a enchaîné les tubes ("Black Smokers", "The Man You're Not", "It's All About Time"...) et a clairement fait comprendre qu'il était devenu une vraie bête de scène.
En guise de surprise, Nelly Wood (chanteuse de The Glorious Bruce), la gagnante du concours organisé par Metallian et le Hellfest, prend le micro pour chanter "Waves of Doom" pendant que Shawter se retrouve relégué au poste de guitariste. Puis après quelques Wall of Death et autres Circle Pit, c'est déjà la fin d'un set survitaminé!
Une affiche en Japonais annonce le groupe : il faut lire "Maximum The Hormone"
De prime abord, on entend la basse, une basse très présente, à la Red Hot Chili Pepers, voire, avec des relents de Primus (que du bon !). Mais ce n'est pas là la seule orientation de ce groupe de 4 nippons et une nippone ... batteuse et chanteuse. Avec un chanteur et un guitariste sauteurs, un bassiste et un clavier, on passe tour à tour de la bonne funk au méchant hardcore, le tout dans une énergie qui déborde ... de testostérone. Dans la fosse, la réponse n'attend pas, des vagues se forment, ça bouge fort !
Sur la scène, chacun chante en chœurs ou tout seul. Vers le milieu du set, Nao Kawakita (la batteuse), harangue la foule ... en japonais. Poli et bien éduqué, le public répond systématiquement par des "Ouaiiiiiissssssss"; au bout d'un moment, elle rigole dès qu'elle sort une phrase - j'ai franchement l'impression qu'elle se moque de nous (héhé). Plus on avance dans le set, plus ça devient déjanté. On dirait qu'elle reprend Goldorak ou Oliver et Compagnie, version musclée !!! Puis, elle change avec des rythmes et des voix à la Serj Tankian. Au 3/4 du set, Nao s'essaye au Français, mais franchement, elle recueille moins d'approbation qu'en Japonais : on comprend péniblement "je t'aime" et "nous ne sommes pas des poissons" (what the hell !!??). Maximum The Hormone fini comme ils ont commencé, avec la banane, sautant dans tous les sens. A revoir dès que possible : une révélation pour bon nombre de headbangers !!!
Valeur sûre du mouvement punk, le quatuor "The Exploited" entre en scène sur la Main Stage 2 à 18:10.
Wattie arbore, comme on l'attend, son iroquoise rouge de circonstance.
Basiques mais redoutables d'efficacité, les titres commencent systématiquement avec un "fuckin' quelque chose" et se terminent par un gros "Fuck off!" hurlé ... On apprécie les paroles scandées comme dans une manif, et reprises en chœurs par le public. Ca bouge sévèrement, et ça et là se déclenchent de vieux pogos typiquement punks. Comme quoi, quatre accords par titre, ça suffit pour générer du mouvement et de l'émotion. Deux brits imbibés de french beer chantent, pardon, beuglent l'intégrale du set, alors que ma plèvre se décolle doucement sous l'effet des coups de grosse caisse additionnés à la basse. En tout cas, le sourire de Wattie en dit long sur son plaisir; plaisir partagé d'ailleurs; après nous avoir servi des classiques comme "Be a bastard", "Fuck USA" et "Punks not dead" le crachin s'invite, et le set se termine.
Il est à présent temps de se rendre devant la Main Stage 2, où les fans (dont je fais partie intégrante, que ce soit dit) attendent avec impatience l'arrivée de Meshuggah devant les barrières de sécurité. Les Suédois ne sont pas revenus depuis plusieurs années en France, et leur venue sur la scène du Hellfest en ce vendredi soir fait clairement partie des évènements de la journée. C'est donc sans surprise que la montée sur les planches de Jens Kidman et de ses compères est acclamée par un public nombreux et visiblement ravi.
Après une intro épique, Meshuggah entame "Rational Gaze", et c'est parti pour cinquante minutes de folie furieuse. La musique asymétrique et désarticulée du groupe prend tout son sens sur scène, et les premiers rangs headbanguent en rythme, malgré l'écrasante pression provoquée par les pits. Dès le premier titre, la précision et la maîtrise totale des Suédois se révèlent impressionnantes. Tomas Haake s'acharne avec beaucoup de puissance, mais aussi énormément de feeling derrière ses futs, tandis que Frederik Thordendal et Mårten Hagström enchaînent les plans techniques avec aisance. Jens Kidman, quant à lui, se présente en parfait frontman, et déborde de charisme. Les morceaux s'enchaînent, ne laissant aucun répit à la foule. Le duo "Pravus" / "Combustion" issu de "ObZen" est tout simplement fou, et brise la nuque de tous les présents, et est suivi de la puissante "Lethargica". Après un "Bleed" mémorable et un "Perpetual Black Second" destructeur, les Suédois terminent le travail avec "Straws Pulled At Random" et l'énorme "Future Breed Machine".
Le groupe remercie son public, avant de quitter la scène, laissant les fans hagards, un peu perdus après cette petite heure de destruction massive. Meshuggah a clairement donné l'un des meilleurs concerts du festival, ces shows complètement fous qui vous mettent en transe et qui vous rappellent pourquoi vous aimez à ce point la musique. On ne peut à présent qu'espérer que ce fameux nouvel album, dont les compositions sont apparemment entamées, sorte au plus vite, afin de revoir ces gaillards en France d'ici peu.
Set list :
Rational Gaze
Pravus
Combustion
Lethargica
Bleed
Perpetual Black Second
Straws Pulled At Random
Future Breed Machine
Morbid Angel est en ce moment un groupe qui divise les foules. Son dernier album en date, "Illud Divinum Insanus", n'a réussi à séduire qu'une petite partie de son auditoire, et l'on espère donc que le set de ce soir des Floridiens ne sera pas centré sur les titres qui en sont issus. Les fans sont néamoins très nombreux devant la scène, prêts à accueillir David Vincent et ses compères.
Le combo entre sur scène sur un de ses classiques, "Immortal Rites", tout droit sorti de "The Altar Of Madness", le tout premier album de Morbid Angel, qui fête cette année ses vingt-deux ans (!). Le public exulte, ravi d'entendre ce classique aussi bien interprété. Car sur scène, Morbid Angel est clairement une affaire qui roule. Les musiciens se révèlent très à l'aise sur les planches, tous aussi énergiques les uns que les autres. La voix de David Vincent est impressionnante, et l'on se laisse headbanguer avec plaisir sur "Fall From Grace", ou encore "Rapture". Lorsque le frontman annonce qu'il est temps de passer à des titres plus récents, le moment fatidique arrive : passeront-ils l'étape du live ? Eh bien, oui. "Existo Vulgoré" et "I Am Morbid" sont bien meilleures en live qu'en disque, et se glissent sans trop de problèmes dans la set list du combo. Certes, ils sont moins plébiscités que les classiques du glorieux passé de Morbid Angel, mais passent néanmoins plutôt bien. La formation enchaîne donc ses morceaux, jusqu'à l'excellente "God Of Emptiness", durant laquelle David Vincent affiche une nouvelle fois la puissance et la maîtrise de sa voix. Morbid Angel a donc proposé un set de qualité, qui est applaudi comme il le mérite. Respect.
Set list : Immortal Rites
Maze of Torment Angel of Disease
Existo Vulgoré Nevermore
I Am Morbid
Chapel of Ghouls
Where the Slime Live
God of Emptiness
Après la déception Rob Zombie, tous nos espoirs reposent désormais sur In Flames, afin de finir la soirée en beauté. Et cela tombe bien, car les Suédois sont très en forme et prêts à en découdre.
Le set est attaqué par "Cloud Connected", suivi du tubesque "Trigger", sous le regard ravi des fans. La fosse explose, et tous chantent en chœur avec Anders Friden, qui est bien décidé à communiquer avec son public. In Flames déploie les gros moyens, et l'on admire le très réussi jeu de lumières qui donne une dimension assez spectaculaire à la prestation de la formation. Les musiciens sont bien en place et headbanguent en rythme avec leurs morceaux, et l'on ressent une bonne cohésion de groupe. Même Niclas Engelin, le nouveau guitariste du groupe intronisé officiellement il y a peu de temps, se révèle tout à fait en phase avec ses compères. Anders, quant à lui, s'impose en frontman, et prouve une nouvelle fois que sa voix passe tout à fait l'épreuve du live. Le combo enchaîne les tubes, avec "Alias" et l'excellente "Pinball Map". La fosse semble apprécier, et quelques pogos se forment ici et là, tandis que les premiers rangs sautent en rythme, comme sur "Delight & Anger". In Flames se lance ensuite dans l'interprétation de son dernier single en date (rappelons que leur petit nouveau, "Sounds Of A Playground Fading" sort lundi 20 juin!), qui divise largement les fans à cause de son refrain peut-être un peu trop orienté vers la Pop. En tout cas, en version live, le morceau passe plutôt bien, même si ce type de chansons semble clairement être, et c'est bien malheureux, le futur du groupe.
On revient aux basiques avec "Only For The Weak", repris en chœur par un public ravi. "Disconnected" et "The Mirror's Truth" sont les suivants sur la liste, et sont également bien interprétés. Le combo présente ensuite un autre extrait de son prochain opus, totalement inconnu du public, "Where The Dead Ship Dwells", qui est là encore tout à fait dans l'axe de "mélodisation" de la musique des Suédois. "Leeches" fait plaisir à entendre, suivi du désormais classique "Come Clarity", sur lequel Anders demande aux spectateurs de chanter le refrain avec lui. Le frontman communique avec aisance, et aime jouer avec son public, ce qui permet une bonne connexion entre le groupe et son audience. Après "The Quiet Place" et "Take This Life", In Flames termine son set sur "My Sweet Shadow", là encore repris en chœur par la foule. Le concert se termine sur un feu d'artifice, admiré par tous. Les Suédois ont offert un sympathique set, prouvant une nouvelle fois qu'ils sont un bon groupe de scène. Néanmoins, tous les premiers albums de leur discographie passent à la trappe, on aurait par exemple apprécié d'entendre quelques extraits de "Whoracle", comme "Jotun" ou "Episode666". L'évolution d'In Flames tend vers la mélodie, ce qui leur permet sans doute d'étendre leur public, mais il est dommage de n'effectuer aucun morceau de leurs premiers disques, qui sont pourtant de grande qualité. Quoi qu'il en soit, nous avons assisté à une très bonne prestation, qui clôture une journée chargée, mais fort sympathique.
Set list :
Cloud Connected
Trigger
Alias
Pinball Map
Delight & Anger
Deliver Us
Only For The Weak
Disconnected
The Mirror's Truth
Where The Dead Ship Dwells
Leeches
Come Clarity
The Quiet Place
Take This Life
My Sweet Shadow
Meshuggah a été sans conteste LA tuerie (selon moi) de la Mainstage 2 ! Suicide Silence a envoyé du très lourd, avec notamment beaucoup de circle-pit et de pogos ! lun. 20 juin 11- 23:13