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AabsintheLive report : Aabsinthe
Aabsinthe [Death Metal]
Moray Firth [Melodic Death Metal] samedi 28 juin 2008 -
Double Six Guitare Café,
LyonVoir toutes les infos de ce concert
Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.
Me voilà garé … Je descend de la voiture encore fraiche ; diantre, quelle chaleur… La terrasse du double-six m’ouvre les bras : cette maison plantée au milieu des immeubles dénote du paysage alentours. Tranquillement assis à l’ombre, nos compères d’
Aabsinthe, sirotent un demi … une belle photo de vacances.
J’entre dans la salle : deux jolies filles, une ingénue en robe printanière, et une fille post-punk à balcon pigeonnant s’occupent des consommations. Je commande une bière, puis retourne m’installer en terrasse, histoire de profiter, moi aussi, de ce petit coin de vacances.
Il est 19h00, j’ai rendez-vous avec
Aabsinthe pour une interview, mais, parlons plutôt du concert …
La salle est quasiment vide ; des petits groupes de barbus discutent du Hellfest encore tout proche …
Quand une dame et semble t’il, sa fille, entrent dans la salle… Je suis, de prime abord, très surpris, car elle a plutôt l’air d’assister à un mariage qu’à un bon gros concert métal ; mais voilà qu’un deuxième groupe tout aussi étrange lui emboite le pas. Etrange ? Oui ! Car quoi de plus étonnant que de voir des papis et des mamies, des jeunes et des moins jeunes n’arborant pas les couleurs des head-bangers dans pareil endroit … Aux caméras et autres appareils photos qui fleurissent, à l’ambiance si particulière d’une réunion de famille, je comprend qu’ils sont venus pour applaudirs leurs "petits".
Moray Firth
Il est environ 20h30 quand les « petits », comprenez «
Moray Firth » entrent timidement sur scène. Il est vrai que nous sommes tout au plus 40 personnes, et que dans ces conditions, chauffer une salle relève du défi ! Mais heureusement, nos métalleux ont au bas mot la moitié du public acquis à leur cause, ce qui leur facilite grandement la tâche.
Ca sent la fraicheur, le manque d’assurance. Le chanteur passe beaucoup de temps à meubler les grands vides entre chaque morceau…
Musicalement, c’est comme le groupe : jeune. C’est pas mal, assez énergique, mais ça manque encore de maturité. Le style navigue entre black et power, parfois accrocheur, parfois tiré par les cheveux, jusqu’à ce dernier morceau dont j’ignore le titre, qui ne figure pas sur le dernier (et aussi premier) album mais qui s’avère très puissant, très intéressant, et beaucoup plus abouti que tout le reste.
Pour ma part les p’tits gars, c’est des morceaux comme celui-ci qu’il faut composer … Vous avez encore du chemin, mais vous avez prouvé que vous pouvez vous y engager… Feu !
Aabsinthe
Entre-acte … Chacun va se chercher une bière au comptoir pendant qu’
Aabsinthe prépare son matos sur la minuscule scène du Double-Six. Avec la chaleur, tout le monde sort profiter du soleil encore bien présent malgré l’heure tardive. Malheureusement, une bonne partie de l’assistance ne retournera pas en salle…
Tout est prêt … Je retiens mon souffle avant le premier accord…
Aabsinthe ouvre le bal avec le premier titre - A darkened sky - de son dernier album «
In search of light ».
Gros son, précis, technique, comme j’aime !
Pour ceux qui ne connaissent pas, on pourrait résumer leur style à du
Gojira désepéré - mais pas désespérant - version doom. Ces mecs là ont un niveau technique évident, doublé d’une grande sensibilité qu’on retrouve dans leurs compos. Les morceaux sont comme des longues plaintes, lancinantes et puissantes.
C’est sans doute le groupe métal le plus romantique que je connaisse, pas au sens fleur bleue, mais au sens littéraire : désespoir et poésie, mal de vivre … Le clavier de Romain accentue cet effet en ajoutant, avec un son de piano, une touche de mélancolie. La rythmique très lourde emmenée par Pierre et Hugo, les plans de basse de Boobs appuyés par la batterie de Sylvain n’auront pas raison du public.
Eux qui revendiquent le choix de ne pas céder à la musique facile en payent le prix lors de ce concert.
Au troisième titre, Pierre exhorte la maigre assistance à bouger, mais décidément, ce soir là, le public n’est pas à la hauteur…
Dommage ! En partant Sylvain me confie que cette soirée entrera dans la sélection des « meilleurs pires souvenirs ».
Pour ceux qui les ont déjà vu – et c’était mon cas – vous savez déjà qu’un concert d’
Aabsinthe se savoure, et que la subtilité de leurs compos mérite un public averti et connaisseur.
Pour les autres, allez les voir, mais seulement si vous pensez les mériter !
Excellent rapport! Quel style! Félicitations à toi TheBastien.
Dommage que le public n'ait pas été au RDV...
ven. 4 juil. 08- 21:41