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Live Reports :: Year of no light

Live report : Year of no light

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Tous les concerts de Trio Weasel Walter/ Sheik Anorak/ Mario Rechtern Trio Weasel Walter/ Sheik Anorak/ Mario Rechtern
lundi 22 novembre 2010 - Ferrailleur, Nantes
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Le lundi au soleil

Le lundi au soleiiiiiiiiiiil! C'est une chose que l'on n'aura jamaiiis! Surtout avec Year of no liiiiiiight! Hum pardon...c'est que Year of no light de passage au Ferrailleur de Nantes ça vous colle son petit effet. Et vous êtes tellement remué que 2h30 de route ça devient Paris-Versailles: on s'en tape car ça va être sacrément bon!
Du coup, départ 20h, on embarque avec deux amis direction la belle cité de nuit où tant de bons groupes passent (et dire que j'ai raté Red Sparowes...) qu'il ne faut rater. Du Deftones, Battle Mice, Behemoth dans la caisse et on est parti pour la soirée!





Trio n'importe nawak

Arrivée à 21h, le temps de trouver cette **** de salle dans cette *** ville à la **** et...bonne nouvelle, le concert n'a pas commencé! Le temps de se prendre une petite Grimbergen ambrée et de mater un peu le matos, histoire de voir ce qui nous attend. La scéne semble avoir été aménagée exclusivement pour Year of no light, le groupe ayant apparemment fait ses balances durant une bonne partie de l'après-midi, ce qui annonce du lourd. Du coup, le trio de première partie joue au sol. La batterie semble tout droit sortie d'un kit Playmobil, on aperçoit à sa gauche une sorte de vieux sac écolo avec à l'intérieur un saxophone garni de cordes (?!) puis à droite un ampli Peavey. Autant dire que ça intrigue.

Alors quand le trio entre sur scéne (façon de parler) et qu'il commence à jouer, l'intrigue continue sous la forme d'un questionnement haut en couleur: What the fuck?
Le Trio Weasel Walter/ Anorak / Rechtern c'est donc trois musiciens qui jouent une sorte de free-jazz qui vire à la Noise. Le résultat? Ouarf vous voulez vraiment savoir? Deux trois coups de têtes à droite à gauche permettent de réaliser l'ampleur du trip: un mec qui se dandine comme un possédé (certainement un pote) et des têtes tantôt déconfites, tantôt concentrées. Pour ma part c'était un mix entre étonnement, admiration et crise de fou rire.
L'admiration provient du fait que ces trois musiciens (le batteur est comique avec son T-shirt True Norwegian Black Metal) jouent comme des dieux. Le saxophoniste en tête, déguisé en clodo (ah pardon, c'est un clodo?), enchaine sur son instrument des notes qui bien évidemment ne veulent rien dire tandis que ses compagnons de scéne s'éclatent dans le n'importe quoi. Le batteur blaste à fond sur ses toms, ses cymbales, il turbine tandis que le gratteux fait pleuvoir de ses pédales d'effets des déluges de notes dissonantes et bruitistes au possible. Face à un tel déluge de technicité, on est abasourdi mais très vite désemparé car il n'y a que ça. Les musiciens de ce trio doivent être des étudiants en musicologie qui se font plaisir sur leur manche car le seul intérêt du concert était la technique pure. Du point de vue musical: que nenni. Le saxophoniste, par exemple, s'arrêtait pour s'asseoir et jouer de son archet sur ses cordes fixées à l'arrache au cuivre, ce qui produisait un "uiiiiiiiii" de truie bicéphale plutôt ridicule.
La conclusion? Sans commentaire.





Une soirée sans lumière

Le temps de se remplir le gosier et de rire après avoir vu une telle première partie, les lumières du Ferrailleur se tamisent et le public que l'on croyait au préalable peu nombreux se rue devant la scène où des ombres humaines viennent se mêler au matériel fourmillant.

Le groupe met un peu de temps à démarrer son morceau. Les six sont là, deux batteurs, trois guitaristes et un bassiste, tournant pratiquement tous le dos au public comme s'ils étaient entre eux. L'un des batteurs se tient devant le clavier, au premier plan sur la scène puis amorce l'entrée de "Perséphone I". Le groupe ne devient plus qu'un dès les premières notes, explosant littéralement le mur du son, dans un torrent de lumière blanche divine. Fortement Drone, la musique de Year of no light a évolué sur ce Ausserwelt qu'ils joueront entièrement. Très sobres, les lights ponctuent le show à des instants décisifs. Les blasts sur "Hiérophante" seront par exemple appuyés par un déluge de bleu mêlé à un stromboscope tandis que la lenteur doucereuse de "Perséphone I" sera bien souvent accompagné de cette blancheur candide. Un jeu de lumière très sobre donc, mais qui apporte avec merveille au set de Year of no light et à ses turpitudes sonores explosives.

Car le son des bordelais est travaillé. Très travaillé. Rappelant par sa lourdeur Sunn O))) (en moins puissant évidemment), il donne aux riffs cette pachydermie incroyable qui renverse la puissance de tout concert vu auparavant. Ausserwelt disposait de textures déjà dingues, qui montraient bien la recherche voulue par Year of no light, son goût de l'expérimentation; ici, c'est la confirmation de l'ampleur de l'album qui apparait. "Perséphone II" en serait le clou, avec son passage hypnotique tellement abyssal et véritablement saisissant en live. Maniant avec talent l'art des effets, l'art du non-surplus, le groupe forme un tout saisissant d'où quasiment personne ne ressort de manière individuelle. Exemple clé: ces deux batteurs qui se conjuguent avec talent, qui font souvent une partie différente mais s'assemblent sans problème pour donner un impact aux morceaux. Rappelant Cult of luna, le jeu de batterie de Year of no light se sublime par ce duo frère, d'où le combo tire en partie ses repères.





Messe noire avec légers problèmes

Car les musiciens n'auront de cesse de regarder les batteurs, attendant le début d'un morceau par des coûts de baguette. Parfois la technique se révélera problématique, l'un des batteurs étant par exemple sur "Abbesse" crevé, obligeant ses confrères à rajouter des mesures avant le final apocalyptique. Du point de vue guitares et basse, aucun problème cependant, les quatre savent être synchros et l'on pourra seulement regretter des faiblesses sonores pour Shiran par exemple ou une trop forte basse.

La présence du groupe est elle particulière. Chacun joue un rôle mais tous sont entre eux, tournés vers les batteries. L'impression d'assister à une messe sombre comme pour Sunn O))) frappe d'emblée. On assiste à une réunion secrète, l'ambiance est saisissante. Le noir et blanc est primordial, le clair obscur saisissant. Les musiciens, à fond dans leur musique, n'hésiteront pas à se donner, notamment Shiran, aimant porter sa guitare aux nues.

L'album terminé, c'est avec surprise que l'on eut droit à un rappel. Et quel rappel mes ami(e)s! Ni plus ni moins que le morceau qui figurera sur le split avec Altar of plagues, prévu pour la fin de l'année. Le résultat ne peut évidemment pas être apprécié totalement, une écoute ne suffisant pas. Le titre collait toujours à l'ambiance du dernier album et paraissait plus psychédélique dans ses approches mélodiques. Un rappel de toute beauté au final.





Bon ben salut

Le show passera vite il faut le dire. Et bien entendu, ne pas pouvoir entendre de morceau de Nord attriste. Mais c'est bien à un concert magistral que l'on vient d'assister. Les quelques fautes de précisions et la trop forte puissance de la basse n'enlèvent rien à la claque assénée par Year of no light qui sait se faire maître des ambiances, notamment par le son produit ce soir-là, qui poussait véritablement au bout les performances acoustiques de la salle. Allez, il est temps de partir en interview, je vois la moustache de Johann frétiller au contact d'une bière, signe d'une rencontre sympathique en perspective. A suivre pour les curieux!



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le 25 novembre 2010 par Prométhée
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Commentaires


Voir les 6 commentaires précédents
Ah je préfère ce genre d'argumentation!

Je ne sais pas quelles sources tu as, elles sont certainement intéressantes je n'en doute pas. Je me garde tout de même de commentaires sur la possibilité d'une arnaque car je reste sûr de la véridicité de leur recherche sonore (musicale je m'en tape). Et comme je te disais, rien que Southern Lord leur donne de la valeur historique. Par contre ton délire du "plein de pognon" ça me fait bien marrer t'es un peu à l'ouest gamin.

Content que tu sois d'accord avec moi mais je ne comprend pas en quoi Cult of luna a pu ressortir du cliché. Au contraire, il s'est détaché au point d'être cité en référence. Par contre, un groupe comme General Lee fait dans le cliché ça d'accord, mais Cult of luna a développé des ambiances et une personnalité que je n'ai jamais retrouvé et qu'il n'y avait pas avant. Tu vas me citer Breach peut-être ou encore Neurosis, le premier étant certainement l'influence la plus décelable; mais non, ils s'en écartent largement, et Somewhere along the highway résume bien leur apport à la scène. Que tu le nies ou pas n'y change rien, je ne pense pas que tu aies de bons arguments ;)

Merci pour la leçon en tout cas l'ami, je reconnais que c'était de l'improvisation libre en effet. J'ai toujours cru que le free jazz était de l'impro libre en fait.

En tout cas si tu dissertes sur chacun de mes articles comme ça, c'est avec plaisir que je te répondrais (tant que tu ne deviens pas agressif et ne dis pas de la merde)

mar. 30 nov. 10- 11:48  
Content que cette discussion prenne une direction plus "civilisée".

Ma première réaction plus ou moins épidermique vient du fait que j'ai éprouvé un certain manque de respect de ta part pour Mario Rechtern que tu traites de "clodo".
Ce (certes vieux) Monsieur du jazz à 68 ans (né en 1942) et et je trouve très courageux de sa part de toujours tourner à son âge et de continuer à partager sa musique (qui peut ne pas plaire à tout le monde, j'en conviens) mais le "clodo" va un peu loin à mon goût.

Je pense, pour la partie musicale qui nous concerne ici , que ça devient trop subjectif pour que l'un d'entre nous puisse convaincre l'autre... content d'avoir eu cette échange.

Bonne continuation

mar. 30 nov. 10- 22:54  
Tu as raison de me le signaler c'est tout à ton honneur. Bien évidemment c'est du second degré, car je ne doute pas du talent du monsieur qui était en plus le plus intéressant du trio. Pour ceux qui l'apprécient, je modère mon propos qui est juste là pour la joke.
mer. 1 déc. 10- 01:13  


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