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Live Reports :: Blame

Live report : Blame

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samedi 6 novembre 2010 - L'artiste, Golbey
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Photographe : HïRø Ðante/Ruben Hart




En cette sombre soirée du samedi 6 novembre 2010, la seule musique que l’on peut entendre dans les rues quasi-désertes de Golbey est celle de la pluie qui tombe avec force et régularité, c’est-à-dire comme un désespérant métronome liquide. Cependant, à bien dresser l’oreille et à y regarder d’un peu plus près, on peut ouïr et observer bien autre chose : non loin d’une salle de concert qui s’appelle l’Artiste, se pressent d’étranges individus presque tout de noir vêtus et à la chevelure abondante.
Leur aspect détonne tellement dans cet ensemble de maisons grises et de rues rectilignes que l’on jurerait qu’ils viennent de sortir de terre un peu à la manière de plantes mutantes qu’on aurait trop arrosé d’eau et de bière. Mais, à voir le nombre impressionnant de véhicules stationnés devant le bâtiment, on se doute que leur présence ne doit rien au hasard. Et pour cause : ce soir, l’Artiste va se transformer en haut-fourneau sonore de première catégorie en accueillant rien moins que trois représentants du metal le plus extrême : Lumberjack, groupe de death metal marseillais aussi brutal que forestier (dixit les musiciens eux-mêmes) ; Obnoxious, combo lyonnais qui œuvre sensiblement dans le même subtil créneau ; et enfin Blame, quatuor lorrain qui a su mettre une grande dose de thrash à l’ancienne dans son metal de la mort. Avec un tel programme, nul doute que les téméraires chevelus présents vont vite se retrouver coincés entre le marteau et l’enclume et se faire défoncer la cochlée avec la dernière des violences.
D’autant plus que l’on se presse en masse dans la petite salle de l’Artiste, et ce, à la grande surprise des groupes précités : alors qu’ils s’attendaient à jouer devant un parterre plus que clairsemé, ils se retrouvent à assaillir le système auditif de plus d’une centaine d’amateurs de metal ivres de bonheur (et de bière). Du reste, pouvant naviguer à loisir entre le metal (sonore) et le zinc (liquide), le public ne peut que passer une bonne soirée.
Après le passage de Lumberjack, d’Obnoxious et de Blame, on pourra même dire que la soirée fut bien plus que bonne : elle fut brutale, intense et mémorable, c’est-à-dire ressemblant à une continuelle montée en puissance sans aucun temps mort.





Lumberjack

Il faut dire que les musiciens n’ont pas ménagé leur peine pour arriver à ce magnifique résultat, à commencer par les marseillais de Lumberjack qui ont eu la difficile tâche de commencer à travailler au corps à grands renforts de cris, de feulements et de grognements un public étonnamment timide. Pourtant, tous les brutaux ingrédients sont là pour faire monter la sauce métallique : une section rythmique aussi à l’aise dans l’écrasement pachydermique que dans les tirs de barrage épileptiques ; un guitariste avec des riffs à tronçonner des montagnes ; et un chanteur qui semble avoir hébergé un ogre au fond de son larynx. Il faudra attendre la fin de la prestation du groupe pour que les premières ruades et les premiers vols de crinières apparaissent au milieu des spectateurs. Le death metal forestier de Lumberjack n’est pourtant pas dénué de qualités, loin s’en faut, et en consciencieux ouvriers de la forêt qu'ils sont, ils n’ont de leçon à recevoir de personne quand il s’agit d’envoyer le bois et plus encore. D’ailleurs, la puissance de leur son donnera plutôt au public l’impression d’une volée de troncs. De Lumberjack, nous pourrons retenir quelques leçons d’élagage guitaristique et de gyrobroyage rythmique comme "Bewitched", "Denial", ou bien encore "To Madness".

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Obnoxious

Après une pause presque symbolique, c’est au tour des lyonnais d’Obnoxious d’investir la scène de l’Artiste pour porter à l’incandescence une foule déjà bien chauffée par les décibels de leurs prédécesseurs marseillais.
Là encore, c’est un groupe qui joue fort, très fort (trop fort ?). A tel point, qu’à certains moments il est bien difficile de distinguer quoi que ce soit dans la masse sonore produite par ce dernier. Qu’importe, Obnoxious à décider ce soir de privilégier le coté brut de décoffrage. Inutile de dire que le public apprécie ce parti pris musical : pendant que le groupe commence à laminer consciencieusement son monde, les premiers signes de déchaînement tels que crinières voltigeant à des vitesses folles ou heurts et collisions à ne plus savoir qu’en faire apparaissent. Les musiciens lyonnais font dans le gras et le lourd en dosant savamment blastbeats, riffs syncopés dignes d’une excavatrice et passages atmosphériques aussi noirs et profonds qu’une Mer des Sargasses de pétrole, le tout saupoudré de vocaux gutturaux au possible. Obnoxious, contrairement à ce que son nom pourrait suggérer, est un combo à l’enthousiasme communicatif que rien ne saura entamer, pas même des pannes de jacks à répétitions.
Arrivés à ce point de la soirée, on pourrait croire que les murs commencent à suer tant la température est montée dans le local exigu de l’Artiste. Obnoxious abandonne un public conquis et au bord de l’éruption, après une prestation aussi intense que bruyante.
Il appartiendra à Blame de tout faire exploser.

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Blame

N’y allons pas par quatre chemins : les lorrains se sont imposés de façon magistrale, et ce, même si leur son, à l’instar de celui de ses confrères, se signale par son aspect brouillon et excessif (en termes de volume sonore). Néanmoins, cette fois-ci, c’est une certaine folie et une certaine imprévisibilité qui s’invite sur scène : dès la première chanson intitulée "L’Os Ment", le chanteur de Blame tout en poses guerrières (au second degré) et en roulements d’yeux, n’hésite pas un seul instant à s’assommer à grands coups de micro, et ce, jusqu’à saigner abondamment. Comme on pouvait ne pas s’y attendre, le public est positivement ravi et en redemande. Cet enthousiasme n’a rien d’étonnant si l’on considère que le groupe est plus ou moins sur ses terres. Sachant cela, on ne sera pas surpris non plus de voir le chanteur de Blame (encore lui) s’amuser à retarder sans cesse l’exécution du titre phare "La Came Isole" réclamée avec plus que de l’insistance par l’assistance, ou encore de l'entendre demander à la frange féminine du public de crier pour ensuite déclarer d’un ton goguenard : « C’est un fantasme qui se réalise ! J’arrive à faire crier plus de cinquante meufs rien qu’avec ma voix ! Ma voix, y a qu’ça à sauver chez moi… ! Oh et puis non ! Même ma voix, c’est de la merde ! »
On le voit, Blame s’y entend comme personne pour rendre un concert décalé et surréaliste du début à la fin. Ainsi, le chanteur (toujours lui) prendra congé de l’assistance et mettra un point final à la soirée en passant de mains en mains.
Entre-temps, Blame aura mis l’Artiste à feu et à sang avec des brûlots thrash et death à haut pouvoir destructif et répondant aux doux noms d’"Ex Inhibition", d’"Opium" ou d’"Ode Hissée". Il y aura bien peu de moment pour respirer entre les grooves hyperbares de la talentueuse section rythmique, les salves métalliques et les saillies rock n’roll des deux inspirés guitaristes, et les vocaux abrasifs, éruptifs, explosifs du décidément très singulier vocaliste. Les lorrains n’en oublieront pas pour autant de tester sur leur auditoire leurs nouvelles et prometteuses compositions ("Double Face", "Fureur", "L’adulte Erre", etc.).
Après tant de brutalité, la foule n’a plus qu’à faire un triomphe à un groupe qui décrétera avec le plus grand sérieux avoir joué « comme de la merde », chose dont, curieusement, personne ne lui tiendra rigueur.
En sortant de la salle, il pleut toujours autant mais on peut observer les sourires béats et fatigués d’amateurs de metal comblés.
Pour un peu, on en oublierait presque qu’il pleut.

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le 18 novembre 2010 par Exocome Quadripustule
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