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Live Reports :: The dillinger escape plan

Live report : The dillinger escape plan

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dimanche 24 octobre 2010 - Le confort moderne, Poitiers
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Le dimanche sans repos

Le jour du Seigneur est obstrué ce 24 octobre par les célèbres tarés de The Dillinger escape plan, qui viennent tenir le haut de l’affiche pour une soirée qui s’annonce déjà mythique au Confort moderne de Poitiers. Accompagnés des canadiens Cancer Bats et des allemands de chez The Ocean, ils viennent bien évidemment défendre la sortie de Option Paralysis, leur dernier opus pour leur avant-dernière date avant Lille qui clôturera cette tournée française cru 2010.





The Ocean, au poil ou à écaille?

Invité de dernière minute, The Ocean arrive sur scéne sans déclencher véritable passion. Le groupe, qui pratique un Metal Hardcore Progressif que l’on a souvent comparé à la scéne Post/Hardcore, joue énormément sur les capacités de notre rétine lors de son show, déchainant des torrents de lumière plutôt imaginatifs et accompagnant avec soin des compositions beaucoup plus douces que dans son passé, les allemands privilégiant les morceaux issus de Heliocentric, sorti cette année. Le départ de Mike Pilat se fait quelque peu ressentir, le nouveau chanteur, qui pratique le chant clair presque excessivement sur le dernier opus, lâche quelques fausses notes difficilement camouflables. Le son péche également, tantôt trop brouillon, tantôt trop saturé, il empêche The Ocean d’assurer des compositions pourtant diablement intéressantes sur papier. Scéniquement, la formation assure plutôt bien, mention évidente au bassiste, déchainé et près à tout péter ; demandez à son micro. L’ouverture made in The Ocean sera quelque peu décevante pour celui qui s’était déjà attardé à sa discographie, la faute à un son pas trop top et à de légères faussetés pardonnables mais couplées à une sensation de non-maximum scénique assuré par les allemands.





Cancer Bats

Du coup, Cancer Bats devient la véritable attente du public en tant qu’ouverture des monstres de The Dillinger Escape Plan. Leur Punk/Hardcore amateur de Power promet déjà par sa réputation des dommages collatéraux non négociables.
Mais c’est pourtant une autre déception qui viendra ternir ce diptyque des premières parties. Si le son sera puissant et plutôt propre, il faut bien avouer que la musique de Cancer Bats n’a absolument rien d’original. Découverte pour moi, il me semblera entendre une sorte de sous-Pantera heureusement dopé par la prestation du chanteur, Liam Cormier, grand frontman qui n’en finit pas de bouger et de présenter un charisme énorme. Evidemment, ce qui compte c’est le show et à ce niveau là, Cancer Bats assure, notamment grâce à ce leader. Sans provoquer de réelles sensations nouvelles, les canadiens envoient tout de même sec, rappelant pêle mêle Converge ou The Banner. Ici les lumières ne crépiteront pas des masses ;une lumière blanche viendra dilater la pupille, propulsée par un stromboscope qui sera surutilisé chez Dillinger, mais cela sera bien suffisant, Cancer Bats étant le genre de groupe qui préfère prôner l’efficacité à la complexité scénique. Du coup, le mosh pit se déchaine et le Confort moderne semble enfin se réveiller et se réchauffer, le public répondant énergiquement à tous les délires clichés du chanteur, qui harrangue la foule comme n’importe quel coreux ou punk de base (« I think you’re fucking shits !!!!! »).





The Dillinger escape plan en mode tuerie

Sans avoir déclenché une passion fièvreuse, Cancer Bats a donc bien détendu la salle et a ainsi bien rempli son contrat d’ouvreur officiel. L’attente se fait longue pour The Dillinger escape plan et ce, même avec une bonne bière (au Winchester Pub). A l’annonce de l’arrivée des américains, la foule véritable se rue à l’intérieur pour assister à une des performances dites mythiques de la formation.
Le Math/Core de The Dillinger Escape Plan a encore une fois prouvé sa force avec la dernière sortie Option Paralysis. Fortement discuté, l’album est clairement plus accessible et plus doux, mais n’explique cependant pas le fait que le Confort moderne soit bien rempli. Cette explication là, on la trouve dans la réputation fameuse du groupe. Réputés dingues et « waaow mortel !!! » les shows de The Dillinger Escape Plan procurent une sensation de démence particulière, comme si l’on était immergé dans une solution à base d’ectasy. Ouvrant sur le déjà culte « Farewell, Mona Lisa », le combo déverse sa frénésie d’entrée, usant des corps de ses différents membres pour composer sa symphonie scénique. Greg Pucioto, qui concourt aux côtés de l’acteur des Filles d’à côté pour celui qui possède le corps le plus gonflé façon gay refoulé, envoie sévère, dévoilant un chant Hardcore et Screamo à la hauteur des espérances. Option Paralysis regorgeant de chant clair, il était évident que l’on s’attendait à une réussite de ce point de vue là. Le musclor Greg s’est donc bien débrouillé dans cette voie, la reverb et l’écho aidant bien sûr à masquer quelques (rares) fausses notes, notamment sur « Wideower », auquelle on n’attendait d’ailleurs pas la présence sur le set il faut l’avouer. Pour le reste des gaillards, il faut noter que personne n’est en reste et que la palme de la folie est attribuée à Ben Weinman qui atteste ainsi sa place de seul membre originel restant dans le groupe, explosant littéralement la rétine lors de sauts complétement tarés effectués également par Tuttle à partir d’un escalier disposé derrière eux.





Ca tue mais il faut être préparé...

Annihilant l’audition par son Math/Core légendaire, The Dillinger escape plan joue la carte valeur sûre en offrant aux fans des titres plus anciens issus de Ire Works nottamment, le monstrueux « Lurch » en tête mais aussi le délirant « Black Bubblegum » que j’espérais par-dessus tout. Certaines parties du show prêteront à sourire tant elles sont scéniquement parodiques. Ainsi, sur « Wideower », Jeff Tuttle viendra accompagner au chant clair Pucioto, s’asseyant dans une posture romantique sur le bord de la scéne, comme une chanteuse de Soul le ferait sur un piano. Parfait. La lumière, basée en majorité sur le stromboscope, parfaitement utilisé bien sûr, est aussi produite avec douceur par les sortes de volants suspendus au-dessus de la scéne, que le chanteur n’hésite pas à balancer, procurant une sensation de trouille au public qui s’attend à se le prendre en pleine face. Sans se dégager de sa réputation, The Dillinger Escape plan assure donc un max et envoie avec un son tout à fait puissant et correct même si le chant devra subir quelques réglages avant parfaite clarté. La crainte fondamentale que soulève le groupe répond cependant à ceux qui se l’approprie : Dillinger est une formation dont la musique ne peut s’apprécier qu’en étant soit musicien, soit amateur de musique extrême. Parti de ce postulat, il est clair qu’en live, il est très difficile, si l’on ne connaît pas un morceau, de bien capter toutes les subtilités du jeu des guitaristes notamment. La faute également à un son qui bien que très bon, ne met pas assez en avant les aigus, étouffant certaines séquences d’ordinaire ébourrifantes que l’on se reproduit alors en regardant la vitesse dingue des doigts de Tuttle/Weinman (sur «Lurch » par exemple).





J'y retourne!!!!

On sort d’un concert de The Dillinger escape plan avec une grande impression. Celle d’avoir vu un groupe culte non seulement pour sa musique mais aussi pour ses prestations scéniques. Si Greg Pucioto se sera révélé plus sage que d’ordinaire (bordel il m’a pas couru sur la gueule !!!!!!), le reste de la formation est toujours aussi démente et lâche des souvenirs à la pelle. A voir et à revoir, sans aucun doute.



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le 2 novembre 2010 par Prométhée
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Commentaires


Excellent rapport, analysé en profondeur et complet !
Et t'as eu de la chance, j'ai pas eu le droit à Weinman en chanteuse soul sur le bord de la scène !

PS : c'est Greg PuciAto ;-)

jeu. 4 nov. 10- 22:41  
Merci!

Hé hé chacun sa chance, j'ai eu Tuttle (et non Weinman :) sur la scéne en parodie et toi Weinman qui expklose sa gratte, ça se vaut!

Arf ok pour la faute dans le patronyme de Schwarzy!

ven. 5 nov. 10- 03:05  
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