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Live Reports :: Year of No Light

Live report : Year of No Light

Tous les concerts de Year of No Light Year of No Light [Hardcore]
vendredi 28 mai 2010 - Rock School Barbey, Bordeaux
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Après les 10 ans des Printemps des Ciné Concerts célébrés la semaine dernière au Rock School Barbey également, et chroniqué en ces pages, l'association réitère son opération ce vendredi. Pour ceux qui ne sont pas familiers du concept, l'idée est de diffuser un film (souvent muet), chef d'oeuvre des premiers pas du 7ème art, accompagné pour seule bande son par un groupe de musique. Si l'idée paraît novatrice, elle reprend en fait l'usage courant à l'époque des films muets. Le couple affiché au menu de ce soir sera donc le groupe de post-code Bordelais Year of No Light aux instruments, et à la projection : "Vampyr - Der Traum des Allan Grey" du Danois Carl Theodor Dreyer. Le groupe Bordelais étant tout autant cinéphile qu'ayant des goûts farfelus, les négociations quant au film à passer ont été âpres, nous apprend-on. Un mot sur la salle, comble, ce qui n'est apparemment pas rare, et les organisateurs peuvent s'en enorgueillir. Le public est relativement hétéroclite, quelques seniors curieux côtoyant les chevelus avertis.




Vampyr est comme son nom l'indique une oeuvre ancrée dans le fantastique et l'ésotérique, mais à l'approche plus poétique et mystérieuse que réaliste ou effrayante. Pas d'horreur, le réalisateur se plaît au contraire à livrer des tableaux subtilement étranges et dérangeants, misant principalement sur les expressions de ses acteurs (cf image), ou à des jeux d'ombre déroutants. Pour renforcer le mystère, Dreyer a d'ailleurs ajouté une gaze (pièce de tissu aux larges mailles) devant la caméra, jouant comme un filtre floutant et grisant la scène, comme dans un rêve. Le film, datant de 1932 est le premier film sonore de Dreyer, mais la bande son étant coupée au profit du groupe, les paroles s'affichaient en sous-titres. Il conserve les techniques du cinéma muet, notamment les intertitres, et dévoile ainsi la transition entre ces deux époques. Les scènes avec dialogue étant tournées trois fois (en Français, en Anglais, et en Allemand), et sont rares pour éviter ce désagrément. Le tout est filmé avec peu de moyens techniques, et la majorité des acteurs ne sont pas des professionnels.




L'histoire, quant à elle, (pas forcément aisée à saisir, il faut l'admettre), se dévoile en suivant le chemin du jeune Allan Gray, passionné de sciences occultes, pour lequel "la frontière entre le réel et l'irréel est devenue lui", et que le hasard de ses voyages sans buts mène jusqu'à une auberge isolée des environs de Paris, à Courtempierre. Un étrange vieillard lui laisse un livre "à ouvrir après sa mort", traitant de vampires. S'ensuivent des phénomènes inexpliqués, morts étranges, et comportements mystérieux.




Pour accompagner musicalement la projection, Year of No Light nous sert donc son post-core oppressant et angoissant, collant parfaitement à l'atmosphère du film, nous proposant des compositions originales relativement proches de leur album. A noter qu'au contraire de la fois précédente, le groupe, réparti des deux côtés de la scène, est cette fois plus visible, éclairé par quelques rares lumières rouges. Le "concert" débute sur un simple vrombissement saturé et lancinant, torturé et pesant. Les modulations sont relativement rares, le son crasseux met autant mal à l'aise que le font les images du cinéaste. Le grondement distordu accompagne ainsi très bien l'air sombre et grave des protagonistes du film. Les percussions, rares malgré ses deux musiciens, se dévoilent principalement aux moments clés, de concert avec des crépitements de flashes au sol, sur la scène. Toujours très bien synchronisés, les instruments redoublent soudainement, appuyant ça et là un sombre gros plan sur l'expression angoissée du personnage oppressé par ces mystères. Le post-core sied ainsi à merveille, donnant des proportions horrifiques au regard pétrifié d'Allan Gray ou aux apparitions fantastiques des ombres mues d'elles-mêmes. Seul bémol, l'accompagnement musical est constamment pesant, et devient finalement quelque peu monotone. Plus de modulation aurait ainsi peut-être mieux fait ressortir les moments forts. Je pense notamment à l'instant où sur l'écran un acteur joue d'un instrument avec une relative légèreté alors que le groupe continue de jouer une ambiance torturée.




Saluons en tout cas encore une fois l'idée d'unifier le temps d'une soirée cinéma et musique, et de rendre aussi accessible du Metal crasseux et sur-saturé au public Bordelais. Souhaitons une bonne expansion au concept, qui malgré son grand âge est hélas apparemment peu connu hors de la région. Et merci au groupe et à l'organisation, pour ce très bon moment de communion entre metal et chef d'oeuvre du cinéma noir et blanc.



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le 31 mai 2010 par NanoRoux
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Commentaires


Aaaah c'était dans le même cadre que lorsque Gojira a joué sur le Maciste All Inferno! Je croyais que tu les avais vu en concert "normal". Ce devait être intéressant, dommage comme tu dis qu'ils n'aient pas su stopper leur noirceur sur les passages qui n'en nécessitaient pas. Reste que le reste de l'ambiance devait coller à ce chef-d'oeuvre, en attendant une reprise sur le Murnau.
lun. 31 mai 10- 17:20  
Oui, c'est ça, le même concept que Gojira et Maciste All Inferno. Tu l'avais vu ?
Et oui, le post-core collait très bien à cette ambiance oppressante !

mer. 2 juin 10- 08:44  
Non malheureusement, j'avais vu le passage de leur essai sur le DVD du The Link Alive.
mer. 2 juin 10- 13:55  
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