Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.
Connaissez-vous les salles de concert parisiennes ? Oui pour certains, non pour les provinciaux qui n'ont pas encore eu la chance de découvrir ces "merveilles". On pourrait les résumer en trois qualificatifs : petites, mal foutues, et plus ou moins vétustes. Parfois d'anciennes salles de théâtre, plus ou moins bien agencées ; parfois aussi d'anciens ateliers ou des salles un peu plus vastes qu'un bar, reconvertis en boites de nuit ou en salles de spectacles à bas prix. C'est le cas de la Scène Bastille, où a lieu le concert du soir...
En guise de résultat, un lieu underground à souhait, mais pas franchement agréable et surtout pas très fonctionnel. Bref, l'endroit idéal pour voir le dernier né de la scène death-thrash-scatocore, mais pas un groupe comme
Théatre of Tragedy.
Conséquence de cette disposition des lieux, des videurs légèrement tendus et ne laissant entrer les gens qu'au compte goutte.
Aussi ne faut-il guère s'étonner qu'en arrivant sur scène, les membres de
Where Angels Fall aient étés quelques peut surpris de se trouver devant un public particulièrement clairsemé. La jeune chanteuse en particulier, semble assez déstabilisée. Peut être par manque d'habitude de la scène française, ou peut être du fait de découvrir les conditions détestables dans lesquels sont contraint de se produire, en France et spécialement à Paris, la majorité des groupes de metal.
Leur arrivée provoque d'ailleurs une certaine surprise, étant donné que c’étaient les allemands de
Scream Silence qui avaient été annoncés en première partie ; même la salle n'a pas jugé utile de relayer l'information sur son site internet...
Pour ce début de concert, les conditions sont donc très loin de l'idéale. La jeune chanteuse annonce que le show commencera par Marionettes , tiré de leur dernier album. Tandis qu'elle tente désespérément de créer un semblant d'ambiance, ses musiciens se concentrent sur la seule chose qu'ils soient en mesure de faire pour la soutenir : fournir une qualité de jeu impeccable.
Et certes, bien que l'absence de guitare rythmique se fasse légèrement sentir, la performance des trois autres membres du groupe ne peut qu'impressionner. Ils ne sont, néanmoins, pas à l'abri de quelques chuintements indésirables en provenance des amplis...
Une broutille en comparaison du principal problème technique : le chant est totalement inaudible, totalement noyé par les basses et les instruments ; c'est à peine si les échos les plus aigus arrivent à passer le magma sonore pour parvenir jusqu'à nos oreilles. L'acoustique et le mixage sont tout simplement catastrophiques. C'est d'autant plus dommage que le peu qui nous en parvient est fort honorable, voire plutôt bon, bien qu'il soit difficile de s'en faire une idée globale.
Désespérément, Eirin Bendigsten tente de forcer sa voix, sans grands résultats, si ce n'est de renvoyer quelques échos encore plus déformés.
Devant tant d'adversité, le publique ne peut que manifester son respect, et ne leur ménage pas ses encouragements et applaudissements. Un peu rassérénés par cet accueil, les musiciens reprennent confiance en eux, y compris leur jeune égérie.
Cependant un autre élément n'est pas du meilleur effet : les passages symphoniques sont en play back, enregistrés sur un ordinateur installé à droite de la scène. Mais c'est plutôt l'effet à proprement parlé qui pose problème ; niveau qualité sonore, l'inconvénient est largement négligeable en comparaison des autres.
Les coupures entre chaque chanson, durant lesquels Eirin Bendigsten annonce à chaque fois le titre de la précédente, ont pour effet de hacher légèrement le show.
Sur la dernière chanson, Lux Aeterna, les choses s'améliorent sensiblement, et le chant nous parvient enfin ! Comme on s'en doutait, il est plutôt bon ; si la jeune fille ne possède pas de technique très élaborée, elle jouie d'une joli voix, et change d'octave sans efforts. Après cette performance, le groupe quitte la scène sous les applaudissements du public, qui a pu admirer aussi bien leur qualité technique que leur courage.
Set list de
Where Angels Fall :
Marionettes
Freeze Me
The Game
Female
Stigma
Edge of Sanity
Indifferent
Dies Irae
Feed on Depression
Lux Aeterna
Enfin les héros du jour arrivent sur scène. Ni les lieux ni le public restreint (du fait de la faible capacité de la salle) ne semblent les surprendre ou les complexer. A l'image de Raymond Rohonyi, ils affichent même une certaine décontraction, dans le bon sens du terme : ils ont l'air content d'être là, heureux d'être au contact d'un public qu'ils se savent tout acquis.
Les musiciens commencent à jouer, et à son tour la chanteuse, Nell Sigland, arrive sur scène. Bien des choses ont étés dites sur le départ de Liv Kristine et son remplacement, même si la controverse (et le rejet) n'a jamais atteint des sommets comparables à ceux de
Tarja versus Annette ; en revanche les propos ont été beaucoup plus acides, notamment ceux de la principale intéressée.
Mais ce soir, tout cela est effacé. Le chant, léger et cristallin, s’élève au dessus des controverses, au delà de la salle minuscule et du maigre public. Ce dernier a d’ailleurs à cœur de compenser sa faiblesse numérique par sa puissance vocale ; aux hurlements inarticulés viennent parfois se mêler des « Theatre will never die ! »
Car ne l’oublions pas, il s’agit la d’une tournée d’adieu, le groupe ayant annoncé sa décision de spliter après la tournée : dix sept ans de bons et loyaux services, de musiques, de concerts, de succès et de controverse, c’est assez à leur goût. L’aventure s’arrêtera là.
De fait, les musiciens semblent décidés à donner le meilleur d’eux-mêmes. Tout leur répertoire défile, depuis Hide and seek de
Forever Is The World, sortit il y a quelques mois à peine, jusqu’à A Hamlet for a Slothful Vassal, du tout premier album de 1995. Entre les deux, tous les albums, toutes les périodes…
Sur scène, la complicité entre Raymond Rohonyi et Nell Sigland est admirable, et l’alliance du grunt et du chant féminin excellente. Pas trop de cafouillage, même si la petite estrade peine à contenir les six membres du groupe, le clavier, la batterie et les autres accessoires.
Le concert dure, le temps s’écoule et on ne le voit pas passer. Et tout d’un coup c’est la fin… Un dernier rappel, avec Machine et Der Tanz der schatten et le concert s’achève. Et avec lui, l’histoire de
Theatre of Tragedy. Puisse leur musique ne pas tomber dans l’oubli de sitôt…
Setlist de
Theatre of Tragedy :
Hide and seek
Bring forth Ye shadow
Lorelei
Frozen
Ashes and dream
A rose for the dead
Fragment
And when he falleth
Hollow
Storm
Cassandra
A Hamlet for a Slothful Vassal
Fade
Rappel :
Machine
Der Tanz der schatten