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Interviews :: Interview de Hell in Town

Interview de Hell in Town


Si depuis quelques temps maintenant la scène Metal bordelaise est en plein boom, c'est avant tout grâce à la diversité et l'originalité de ses formations. Aux côtés des plus connus (Otargos, Gorod...), un véritable univers underground s'est créé, composé de groupes certes moins reconnus mais non moins de qualité. Hell in Town fait partie de cette scène-là avec son Southern Metal qui fera remuer plus d'un fan de Pantera...
C'est à l'occasion de la sortie de leur premier album éponyme que Metalship a coincé Matt (chant, basse) et Simon (batterie), non contents de nous présenter fièrement leur premier opus...


Metalship : Salut Hell in Town ! Pour commencer, pouvez-vous présenter aux Metalshipiens votre parcours, de la création de votre groupe jusqu’à aujourd’hui ?

Matt (chant, basse): Salut Metalship, Hell in Town existe maintenant depuis deux ans. Nous nous sommes rencontrés en décembre 2007 à Bordeaux, à cette époque j'avais écrit pas mal de musiques depuis la séparation de Psylaw en 2005 et je cherchais des musiciens pour monter un groupe. Nico et Zang se sont présentés pour partager ça. Pour faire face à la pénurie de batteur, nous nous sommes mis à répéter et nous produire sur séquences.
Après quelques concerts on a décidé d'enregistrer une maquette 6 titres et c'est à la fin de ce studio que nous avons trouvé Simon, fraichement arrivé sur Bordeaux. Avec ce nouveau batteur le groupe a pris une nouvelle dimension et tout est allé plus vite. On a fait notre première date ensemble pour le Sin Cession 2008 et quelques concerts plus tard, nous avons choisi de réenregistrer la démo et trois titres en plus avec lui. Zang a du se séparer du groupe l'été dernier et j'ai finalement pris le chant. C'était plutôt logique, vu que je faisais déjà les backing et refrains sur la plupart des morceaux. L'album était bouclé en juillet/aout 2009, mixé en décembre, produit et sorti en février 2010.


Metalship : D’après votre page Myspace, vous jouez du pur Southern Metal. Vous revendiquez donc fièrement votre appartenance à toute la scène issue de Pantera et aujourd’hui Down?

Matt: On a tous grandi, bercé de musique et de Metal américain et c'est vrai qu'au milieu de tous ces groupes, le Southern Metal nous a particulièrement marqué.
Il y a une certaine brillance dans cette musique, une façon de mélanger blues et puissance qui nous a séduits.
Maintenant, Hell in Town c'est notre façon à nous de communiquer nos émotions et les notes sortent dans ce style. Nous n'avons pas cherché à les dénaturer. Il se trouve qu'on prend tous les trois notre pied à jouer ces compos, ça nous correspond et c'est ce qui nous semble important dans un groupe.

Simon (batterie): Jouer dans Hell in Town m'a permis de redécouvrir toute cette culture, et de vraiment apprécier la puissance de ce style, surtout en concert!


Metalship : Au-delà de ces formations cultes, quelles sont vos influences musicales et dans la vie en général ?

Matt: Nico et moi avons été nourri de Pink Floyd et de classiques assez jeunes. Nous nous sommes très vite retrouvés sur des groupes comme BlackSabbath, Led Zeppelin... Slayer, Corrosion of Conformity et Devin Townsend ont scellé notre collaboration, on savait qu'avec ces goûts partagés, on ne pouvait pas faire fausse route ensemble!
Après, je pense qu'en cherchant un peu on pourra retrouver de tout dans nos compos. Je n'ai jamais cherché à reproduire ou m'inspirer directement d'un groupe ou d'un mouvement en écrivant les musiques mais je suis conscient que tout ce que l'on écoute s'imprime en nous. Je joue ce qui me vient et j'espère pouvoir continuer à produire comme ça un moment encore.

Simon: Pour ma part, je suis très influencé par des groupes comme Meshuggah, Textures, Cynic, Scarve ou encore The Dillinger Escape Plan, Strapping Young Lad. Sans rentrer dans une case, l'aspect "progressif" de tous ces groupes m'a beaucoup marqué, et j'ai voulu apporter un peu de ça dans mon jeu avec Hell in Town.


Metalship : Sur votre premier opus, votre musique est puissante, mais surtout groovy, que ce soit dans le chant ou par des solos endiablés. Est-ce un élément important à vos yeux dans la composition ?

Matt: Oui, le groove est indispensable, on ne cherche pas la musique par la technique, on cherche l'éclate. Ça ne nous dispense pas d'écouter des groupes dits "techniques" et de les apprécier. C'est juste que l'alchimie se produit quand on joue des riffs comme ceux-ci. On sait que c'est dans ce genre de rythmes qu'on se sent bien, et on ne peut envisager un morceau rapide ou violent que s'il nous fait vibrer. Ça nous demande énormément de travail de mise en place mais la satisfaction ressentie est d'autant plus grande quand les rythmiques et les solos sont optimisés dans ce sens.
De plus, on a toujours mis un point d'honneur à jouer "juste", j'entends par là donner le meilleur de nous même à notre niveau, ça passe par une musique travaillée, efficace et énergique, une section rythmique lourde et puissante. Tout ceci pose la base de Hell in Town et se retrouvera sur les prochains albums.


Metalship : Votre premier album est donc sorti voici quelques semaines. Comment s’est passé sa composition et sa mise en boîte ?

Matt: L'album était écrit en partie depuis deux ans mais l'arrivée du batteur nous a amené à revoir pas mal de choses. Énormément d'arrangements, de nouvelles musiques, en particulier "Great Power" qui est la première que nous composions ensemble et que nous n'avions pas prévu d'enregistrer de suite.
Nous sommes entrés en studio en juillet à L'Estran où je me suis chargé des prises. Grâce à cette association, on a eu le luxe de disposer du temps suffisant pour bien travailler. Le gros du boulot à été dans le ré-arrangement du chant avec le départ de Zang. Même si j'avais écrit tous les textes, il a fallu réadapter certaines lignes pour que je puisse les balancer sans problèmes. Un mois après le début de l'enregistrement, toutes les prises étaient dans la boite et prêtes à partir au mixage chez El Mobo. Par la suite nous avons contacté DVS Records qui nous a proposé un bon prix pour le pressage et un parrainage.
Je pense qu'on a bien rentabilisé le temps qui nous était imparti, on a pas trainé mais nous avons quand même pris le temps de bien revoir certains passages qui méritaient d'être parfaits. Je mentirais si je disais que ça été facile, mais j'ai vraiment apprécié cette période de travail et j'ai hâte d'être de nouveau en studio.


Metalship : Tu en parlais plus haut, El Mobo des Conkrete Studios s’est chargé de votre album, et a une fois de plus fait un boulot remarquable pour le mixage et le mastering. Il devient peu à peu une valeur sûre dans le Metal français. Pouvez-vous nous présenter le personnage et ses méthodes de travail ?

Matt: On s'était croisé plusieurs fois dans des concerts au cours de ces dernières années, mais nous ne nous sommes réellement rencontrés qu'à la Fête de la Musique. Il est venu nous voir jouer aux Runes et nous a demandé de passer chez lui. On est tombé sous le charme de ce beau jeune homme, frais, au regard malicieux. Blague à part, tout nous a semblé évident avec lui. Après un mois en studio, j'ai pu me détacher de l'album et Mobo nous a proposé exactement ce qu'on attendait. On lui a laissé carte blanche dans un premier temps, il a travaillé dessus dans son coin et quand nous nous sommes revus, on était séduit.
C'est assez particulier, parce que nous n'avons pas passé autant de temps en studio avec lui que d'autres groupes. Pour tout dire, nous n'avions pas prévu à la base de faire mixer par un tiers. Le fait qu'il soit venu nous voir a été décisif et ça a été un honneur de travailler avec lui. On renouvellera l'expérience sans hésiter.


Metalship : Dans Hell in Town, un titre se démarque des autres : "No Way Out". D’où vous est venue l’idée de ralentir le rythme avec un morceau comme celui-ci ?

Matt: "No Way Out" est un morceau que j'avais commencé à écrire il y a trois ou quatre ans mais auquel je ne trouvais pas de fin... Peu de groupes de Metal s'essaient à jouer des morceaux lents et calmes comme celui-ci et je voulais voir s'il avait sa place dans ce set. Nico est arrivé un jour avec une fin qui m'a plu. On l'a joué, modifié quelques fois et on a finalement constaté que les gens étaient réceptifs.
On le joue habituellement en dernier en concert mais en travaillant en studio, il prenait un autre sens en milieu de l'album.


Metalship : Quelles sont les thèmes abordés sur cet album ?

Matt: L'album parle du cheminement psychologique et de l'avancée dans la vie d'un homme traumatisé. "I've Seen" représente le trauma et la révolte qui en découle, "Great Power" la dualité et le questionnement avant l'explosion de violence et de haine de "Hate". Cet homme perdra un être cher dans "No Way Out" et finalement se construira une autre personnalité et reprendra le pouvoir sur sa vie, "Straight Into You". A partir de là, il perdra pied petit à petit et la folie reprendra le dessus jusqu'à la mort et son dernier sursaut de révolte avec "Cold".
Quand j'ai écrit l'album, je n'avais pas spécialement programmé d'histoire à raconter, mais de texte en texte cette conduite m'est apparue. Elle était là, il suffisait que je remette les pièces du puzzle dans le bon ordre. Il n'est pas du tout dans notre optique de raconter littéralement cette histoire sur scène, chapitre par chapitre, c'est pour cela que l'on change
régulièrement le set en concert. Certains arrangements ou suites de chansons qui semblent couler de source sur l'album n'ont pas le même impact en live. Nous essayons essentiellement de communiquer notre énergie au public et parfois certaines chansons sont plus efficaces que d'autres.


Metalship : L’artwork, bien qu’il soit à la fois simple et mystérieux, est une vraie réussite. Qui est son auteur et quelles étaient vos attentes quant à cette création ?

Matt: On a fait appel à Mistawobine, un pote à nous, bassiste de Shoot the Pianist. On s'est rencontré en partageant plusieurs plateaux et on connaissait son travail par le visuel de son groupe. On s'est retrouvé autour d'une table pour jeter quelques idées. Le thème de Hell in Town est assez évocateur mais nous ne voulions pas trop puiser dans les représentations démoniaques et les villes en flammes qui sont légions dans le Metal. On a eu donc l'idée d'un vieux bouquin de magie qui collait parfaitement au format digipack que nous avions prévu. Mistawobine nous a proposé plusieurs visuels dont celui-ci et on a flashé dessus. D'autres créations plus en rapport avec le thème de l'enfer en ville ont été retenu mais nous les gardons au chaud pour les prochains albums.



Metalship : A l’occasion de la sortie de votre premier opus, vous avez réalisé un clip. Comment s’est passé le tournage ? Est-ce une expérience que vous renouvellerez à l’avenir ?

Matt: Oui, un deuxième clip est en cours d'écriture sur une des chansons de l'album. Nous pensons le tourner cet été si tout se passe comme prévu. Pour le premier, j'ai pu nous obtenir une des salles du Théatre La Lucarne (Bordeaux/St Michel) ou j'étais employé comme régisseur lumière. Nos potes de Borderline Prod’ s'étaient proposés de longue date pour le tourner. Tout a été fait sur une journée. Le résultat a été à la hauteur de nos attentes et on espère que l'outil visuel, qui rend bien la spontanéité du groupe, nous servira pour propager notre musique.


Metalship : En 2008 est apparu un premier maxi signé Hell in Town : avec le recul, qu’en pensez-vous ?

Matt: En fait, à l'époque on espérait pas mal de ce premier maxi, pour trouver un batteur et commencer à faire parler du groupe. Il se trouve que l'arrivée de Simon dans le groupe est issue de cet enregistrement. Donc même si nous n'avons pas officiellement sorti ce CD, il a fait son office. Nous avons eu beaucoup de retours positifs sur internet grâce à ce premier jet et ces encouragements nous ont assurés que si le groupe devait se développer, il ne pourrait rencontrer que de bons échos.
De plus, jouer et enregistrer sur séquence nous a appris une rigueur à côté de laquelle nous serions probablement passés si nous avions dû travailler avec d'autres personnes à cette époque. C'est un exercice difficile mais formateur, un passage obligatoire car nous ne trouvions pas de batteur sur Bordeaux. On a tout de suite senti les effets de ce travail quand Simon est arrivé.


Metalship : Depuis quelques années, la scène bordelaise connaît un vif succès avec tous les Gorod, Otargos, Jenx… Vous sentez-vous en concurrence avec ces groupes ?

Matt: Non, pas du tout, c'est même un moteur dans une ville comme celle-ci de voir des amis à nous réussir et être reconnus. Ça nous pousse à voir plus loin, à donner plus car on sait que tout le travail fourni ne le sera pas en vain. Il y a une grosse culture Metal à Bordeaux et sa force est dans sa diversité. Elle n'est toujours pas assez mise en avant à nos yeux, mais elle est vivante et ne cesse de se développer. Des groupes comme Otargos ou Gorod, qui peuvent fédérer le publique au delà de nos frontières, ne peuvent être qu'un point positif pour le Metal bordelais et français.

Simon: En effet, la scène Metal bordelaise est très riche, de plus tout les groupes sont plutôt soudés, ça m'a vraiment marqué quand je suis arrivé à Bordeaux il y a 2 ans.


Metalship : Quels sont les projets d’Hell in Town (label, concerts…) ?

Matt: Nous souhaitons développer le groupe, nous cherchons un label et des tourneurs pour jouer et aller le plus loin possible. En attendant, nous nous efforçons de diffuser notre album au maximum, de chercher des dates de concerts... Nous travaillons actuellement sur un site officiel qui sera la base de la communication du groupe.
Mon grand projet est scénique avant tout, proposer un spectacle d'envergure. Mon expérience dans le théâtre m'a donné le gout d'un show travaillé. Quand nous jouions sur séquences, pour combler le vide scénique nous avions eu l'idée d'une scénographie sur le thème de la ville (des immeubles de 2m30 de haut formant les initiales du groupe). Lors du premier concert, le publique avait adoré ce décors, cette idée m'en a donné d'autres depuis.

Simon: Je suis très content et fier de cet album, et je pense que c'est sur scène que tout se passera, c'est en allant à la rencontre des gens, en donnant ce qu'on a à donner, que l'on va défendre cet album.



Metalship : Pour terminer, je vous laisse le dernier mot en vous souhaitant un avenir des plus radieux.

Nous voudrions remercier toute l'équipe de Metalship qui nous a permis de nous exprimer ici, saluer tous nos partenaires et le public qui nous suit de plus en plus. Nous vous rappelons que l'album est en vente chez Fnac, Cultura et Totalheaven sur Bordeaux et sur le site DVS Records.
Aux curieux et aux indécis, il ne reste qu'une vrai question: "'Ready to spread the fires of hell in your fuckin' town?"
HIT


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ajouté par kumelia, le 27 mars 2010 pour Metalship

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Commentaires


Je me souviens les avoir vus à l'Heretic (au milieu de groupes de grind, il me semble!) et c'était vraiment pas mal. Sympa l'interview, en tout cas!
dim. 28 mars 10- 12:16  
Ouais, ils essaient de jouer le plus possible...
Je les ai rencontré pendant la Gomorah où leur chanteur m'a refilé leur skeud pour une chro'... Très sympa en tout cas, et merci pour ton commentaire!

dim. 28 mars 10- 14:43  


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