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Interviews :: Interview de Nightmare

Interview de Nightmare


2009 aura été pour Nightmare une année très spéciale. L'année de leur 30 ans d'existence, de leur 10 ème anniversaire de leur réunion, l'année du tournage de leur premier DVD live, et surtout l'année de la sortie d'Insurrection, le dernier chef-d'œuvre des grenoblois. L'interview, tout d'abord prévue pour Jo Amore, le chanteur du groupe, se transformera petit à petit en interview de groupe, avec la venue au fur et à mesure de Franck Milleliri (guitare), David Amore (batterie), Yves Campion (basse), et enfin J.C (guitare) pour compléter le tableau. Retour sur une année bien remplie, et sur un album événement.


Metalship : Salut Nightmare, et avant tout je tiens à vous remercier de me consacrer un peu de votre temps pour faire cet interview. 2009 à été une année importante pour Nightmare, tout d'abord avec le 30ème anniversaire du groupe, le tournage de votre premier DVD live, et surtout avec la sortie d'Insurrection, votre septième album studio, sorti en septembre. Pouvez-vous nous le présenter en quelques lignes ?

Franck : Alors au niveau des compos d'Insurrection on a changé de méthode, pour les précédents albums on était tous réunis sur Grenoble donc on n'avait pas de soucis pour répéter, on avait deux répètes par semaine. C'était vraiment intensif, pour les compos c'était plus simple, on trouvait pas mal de riffs en répète. Maintenant tout le monde est dispatché un peu partout en France, Jo est dans le sud de la France par exemple, il n'y a plus grand monde sur Grenoble. On a donc travaillé avec la MAO (Musique assistée par Ordinateur). Sinon c'est toujours le même principe : tout par d'un riff de guitare. Il y a eu un petit moment de flottement car Alex à quitté le groupe, donc je me suis retrouvé tout seul pour composer pendant un moment jusqu'à ce qu'on trouve JC, qui a apporté son talent et ses idées. Donc voilà c'était de la composition par MSN, Internet, on envoyait les riffs à David qui mettait sa batterie dessus, Yves mettait sa basse et Jo mettait son chant.


Metalship : Vous aviez déjà quelques riffs, quelques parties que vous vouliez intégrer au nouvel album ?

Franck : En fait on en avait des tonnes ! Dans la couleur, il est clairement dans la continuité de Genetic Disorder. De mon côté, mes influences y sont pour beaucoup si cet album sonne beaucoup plus thrash rentre dedans. Il y a aussi le son de l'album, qui est plus direct, moins lissé que Genetic. Ce qu'on entends sur l'album, c'est à 99% la même chose que les pré-productions. La chose qu'on voulait tous vraiment, c'était de laisser une très grande place au chant, épurer la musique tout en la laissant très percutante, en laissant Jo très libre pour les mélodies et pour les refrains.

Jo : Sur le précédent album on avait abandonné pas mal d'idées qu'on n'a pas spécialement reprises, mais ça constituait déjà un bon fond de travail. On voulait que la musique continue à se durcir, mais retrouver des refrains plus accrocheurs, plus mélodiques, qu'on avait peut-être un peu perdu sur Genetic Disorder. On a trouvé un bon équilibre pour ne pas perdre ce côté là, qui est quand même la marque de fabrique de Nightmare depuis le début. Et du coup oui il est dans la continuité de Genetic, mais avec une évolution, surtout du fait que sur le précédent album, Alex avait amené beaucoup de compos. Cette fois ci on a demandé à Franck de lancer ses propres idées, et c'est vrai qu'on ressent ses influences qui sont un peu plus extrêmes, un peu plus thrash. Pour cet album, on a aussi pu travailler de façon très libre. Du coup tout le monde a pu s'exprimer comme il le souhaitait.


Metalship : Vous étiez aussi plus libre du fait que vous avez pu enregistrer dans plusieurs studios différents c'est bien ça ?

Jo : Tout à fait. On n'avait plus l'impératif d'enregistrer dans le même studio, du coup on en a tous profité pour chacun travailler dans des conditions optimales. Le principal est de réussir à nous pousser à 300% pour que ça se ressente dans notre musique.


Metalship : Quand on compare cet album à Genetic Disorder, on trouve beaucoup plus de riffs lourds, tranchants, des titres plus rapides que sur le précédent album, le tout avec un son plus direct. A chaque album, vous nous surprenez par votre évolution musicale, savez-vous dans quelle direction vous voulez vous diriger pour les prochains albums ?

Jo : La direction, elle est toute tracée, parce qu'aujourd'hui tout le monde a trouvé son compte dans le dernier album, donc on va continuer comme ça, avec peut-être de nouveaux outils, avec une nouvelle méthode de travail peut-être. Enfin des choses qui font que quand on regarde la carrière discographique de Nightmare, on remarque une évolution, qu'il y a un mouvement vers quelque chose, vers le durcissement de la musique entre autre. Et aussi on se connait bien parce que sa fait un petit moment qu'on joue ensemble, donc on sait vers où aller, on perds moins de temps et il y a moins de malentendus aussi.


Metalship : Donc musicalement vous savez-vous si voulez par exemple durcir encore plus les lignes de guitare ou peut-être revenir à des choses que vous avez fait dans le passé ?

Franck : En fait on ne se pose pas vraiment la question, c'est une évolution qui vient naturellement !

Jo : Durcissement pourquoi pas, tant que ça s'intègre bien dans quelque chose de musical, moi je dis oui. Et tu sais on ne pense pas revenir à des choses qu'on a pu faire par le passé, parce que nos précédents albums reflètent notre conception de la musique à cette période, et en ce sens, Insurrection est vraiment notre musique telle qu'on la voit aujourd'hui.


Metalship : ---Arrivée de J.C---

Et bien justement J.C, tu arrives tout juste pour la bonne question : on parlait de l'évolution musicale de Nightmare jusqu'à aujourd'hui, et des différences entre Insurrection et Genetic Disorder. Ces changements surviennent sur le premier album depuis ton intégration officielle dans le groupe. As-tu participé au processus de composition de l'album ?

J.C : On a tous participé forcément, mais le changement est plus une volonté commune qu'un réel apport d'une seule personne au niveau du groupe. Personnellement mes influences sont plus heavy que Franck, qui est plus thrash, donc c'est plusieurs facettes, plusieurs personnalités et influences qui font ce qu'est Nightmare aujourd'hui.

David : En fait moi en tant que batteur, je suis sûrement le plus sage du groupe, je retiens un peu tout, je freine pas mal Franck, J.C et Yves parce que sinon on ferait déjà du Thrash Metal !! [rires]

Franck : En fait il est arrivé à un moment où l'album était déjà bien entamé, du coup il a beaucoup travaillé sur les solos, en apportant bien sa touche personnelle là dessus. C'est la même chose que ce qui m'est arrivé il y à 5 ans quand j'ai rejoins le groupe a l'époque de Dominion Gates, Alex avait déjà beaucoup de compos, donc c'est un peu difficile de faire sa place. Mais maintenant J.C est bien intégré au sein du groupe donc c'est parfait !


Metalship : Justement J.C , comment c'est passé ton intégration, et comment tu as vécu ton intégration ?

Jo ; Ah il en chie avec nous ! [rires ]

J.C : Ce qu'il s'est passé en fait c'est qu'au départ j'étais musicien de session pour Nightmare, je les ai dépannés pour quelques dates, et au moment de chercher un nouveau gratteux, l'intégration était déjà faite quelque part, parce que les dates où j'ai joué avec eux étaient quand même le Hellfest et le Metalcamp !

Jo : C'est vrai qu'il nous a prouvé très rapidement qu'il était bien au sein du groupe, donc ça s'est passé naturellement.


Metalship : Alors Jo, si l'on regarde les paroles de plus près, vous parlez d'avenirs incertains, de lutte pour la liberté, d'insurrection forcément, le tout à travers des thèmes on ne peut plus actuels, comme par exemple un accident nucléaire sur le titre « Three Miles Island ». Y-a-t-il un concept particulier derrière cet album ?

Jo : Non, non parce qu'il y a d'autres sujets qui sont abordés aussi. Ce n'est pas un concept album, mais c'est vrai que comme tu dis il parle beaucoup d'avenirs incertains et d'apocalypse en fait. On est plus parti de la base musicale, pour ensuite adapter les textes dessus.

Franck : Par exemple pour « Three Miles Island », c'est David qui a lancé le sujet, puisqu'il travaille dans une centrale nucléaire, et donc il connaissait tout le jargon du métier. Il nous a même rapporté des rapports d'accidents, on n'a pas forcément tout compris mais ça nous a beaucoup apporté pour ce titre !


Metalship : Alex votre ancien guitariste, a dû se retirer du groupe pour des raisons d'emploi du temps professionnel. Ton frère, David, qui est derrière les fûts, travaille dans une centrale nucléaire,. J'en conclus donc que vous ne pouvez pas vivre totalement de votre musique, malgré votre succès. Est-ce difficile de vivre de sa musique pour un groupe français, et de plus dans un contexte de crise économique ?

Jo : C'était surtout pour des raisons d'emploi du temps tout court surtout en fait. Vu la fréquence des tournées et concerts qui s'annoncent, on est arrivé à un moment où le travail que demande Nightmare nécessite quand même beaucoup d'investissement personnel.

Franck : Par contre on n'en vit pas encore. On ne tourne pas beaucoup parce qu'on avait prévu trois semaines de tournée au départ, mais ça a vite été revu à la baisse, c'est le business malheureusement !

Jo : On a tous un patron qu'on essaie d'amadouer pour pouvoir tourner le plus possible, mais c'est pas toujours évident c'est sûr.


Metalship : En parlant de tournées, votre style est un style qui marche plutôt pas mal au Japon, envisagez-vous de jouer là-bas ?

Jo : Ah oui ça c'est un endroit où on aimerait bien jouer en effet ! C'est vrai que le style s'exporte pas mal au Japon, en tout cas c'est clair que c'est pas la mode en France actuellement. Malheureusement aucune date n'y est encore prévue, par contre le pays où l'on veut s'exporter en premier c'est l'Allemagne ! C'est une vraie volonté commune parce que c'est quand même le foyer du heavy metal, on y joue à l'occasion du Wacken, et on espère qu'on va pouvoir y jouer d'avantage maintenant, surtout du fait que l'on vient d'intégrer une maison de disques Allemande.


Metalship : Le 31 Octobre dernier, vous avez tourné votre premier DVD live à Grenoble, votre ville d'origine, lors de votre concert anniversaire. Comment ce projet s'est-il mis en place, et comment s'est déroulée cette expérience ?

Jo : Le projet date de longtemps déjà, ça faisait longtemps qu'on parlait de DVD, et que pour des raisons techniques on a mis du temps à le faire. On avait déjà fait un enregistrement sur Paris qui aurait du devenir un DVD, mais vu les conditions d'enregistrements qui n'étaient pas très bonnes, on a préféré ne pas le sortir et attendre de faire mieux. Donc le 31 Octobre dernier on a enregistré tout ça chez nous à Grenoble, et niveau public on y a une bonne base de fans là-bas, c'était vraiment une bonne expérience, enfin tu verra bien sur le DVD !


Metalship : Comme tu le disais le heavy metal n'est pas vraiment à la grande mode en France, est-ce que vous souhaitez explorer de nouveaux domaines musicaux, ou tenter de nouvelles choses que vous n'aviez pas encore fait ?

Jo : En fait la musique va évoluer d'elle même, sur Insurrection, J.C venait d'arriver, donc sur le prochain il va amener plus de compos, il va pouvoir s'affirmer plus, David de son côté va peut-être nous tirer dans un autre sens comme il disait tout à l'heure. Notre évolution actuelle et notre direction nous conviennent bien, on arrive toujours à un compromis pour que tout le monde soit satisfait de l'album.

J.C : En fait c'est un rapport de force entre toutes nos influences, et c'est ça qui fait notre musique au final.

Yves : On a eu d'excellents retours pour notre évolution sur Insurrection, et pour la manière dont on a travaillé dessus, comme dit parce qu'on a été très libre dans notre travail donc tout le monde en est vraiment content ! Et puis maintenant qu'on est chez AFM, leur catalogue est plus dans notre style que chez Regain Records, à côté de groupes comme Dark Funeral, on était un peu les extra-terrestres de leur catalogues ! [rires]


Metalship : Alors 30 ans de carrière, ce n'est pas rien, surtout pour un groupe qui est tout de même le groupe leader de la scène Heavy française, et 2009 a également été l'année anniversaire de votre reformation il y a de ça 10 ans déjà. Quel regard portez-vous sur l'ensemble de votre carrière, et plus précisément sur ces 10 dernières années ?

Jo : Nous notre but c'est pas d'être le plus grand groupe français, notre objectif c'est d'être un groupe qui est reconnu dans les autres pays. En France aussi évidemment, mais on se donne toujours des challenges pour aller plus loin, on parlait tout à l'heure du Japon et de l'Allemagne, donc on essaie de toucher plus l'Allemagne pour le moment.

Franck : On se fait plaisir avant tout en fait. C'est sûr qu'on aimerait bien en vivre, mais le principal c'est d'aimer la musique que tu joues !

Jo : On a une bonne évolution, c'est clair, mais qui ne nous permet toujours pas d'en vivre, le plaisir est toujours là et c'est ce qui nous motive tous.

David : Surtout l'accueil du public, on a toujours une très bonne ambiance dans le public à nos concerts, les gens sont contents de nous voir, et c'est ça qui nous motive, on ne ferait pas ça si personne ne bougeait ou ne montrait d'intérêt pour notre musique.


Metalship : Alex avait dit dans une interview de Metallian en 2005 qu'il aurait aimé avoir le temps d'enregistrer certains morceaux de Dominion avec le son du studio Fredman, est ce que cette envie est toujours présente au sein du groupe ?

Jo : Ah oui ! Et pas forcément que Dominion, il y a pleins de morceaux qui mériteraient d'être ré-enregistrés avec un nouveau son, avec une nouvelle approche de la musique, avec les nouveaux guitaristes.

Franck : Pour des personnes qui connaissent bien Dominion Gate et Genetic, en live, les structures sont légèrement différentes, il y a quelques parties qui ont changées, et le son est forcément plus direct et moins lissé.


Metalship : Et donc est-ce envisageable de voir des rééditions d'anciens albums ré-enregistrés à long terme ?

Franck : Oui c'est possible. Après c'est aussi une question de budget, et de voir si une maison de disque qui soit d'accord de reprendre des morceaux qui sont déjà sur une autre maison de disque. Et tu préfères peut-être aussi faire un nouvel album que d'en ressortir un, et c'est encore une fois une question du budget.

Jo : C'est pour ça que les DVD et le live sont intéressants, parce qu'on y joue les morceaux comme on les voit maintenant, avec une nouvelle approche et un nouveau son justement.


Metalship : Metalship a pour but également de promouvoir les groupes locaux, donc est-ce qu'il y a des groupes que vous aimez et que vous souhaiteriez recommander à nos lecteurs ?

Franck : Y'a un p'tit jeune là qui s'appelle J.C Jess et qui a un projet solo … [rires]

Jo : Kragens, Ellipsis, et Destinity. Ce sont des amis à nous. A écouter si vous ne connaissez pas !


Metalship : Je vous laisse le mot de la fin, un message pour nos lecteurs ?

Franck : Un grand merci à tous, merci à Metalship de promouvoir notre album, c'est très important à nos yeux tous les webzines et fanzines qui font vivre le métal et sa scène. Et n'hésitez pas à faire un tour sur note myspace pour voir nos prochains dates !

Jo, David, J.C et Yves : Un grand merci à vous tous !



Je tiens à remercier du fond du coeur tous les membres de Nightmare pour leur gentilesse, leur disponibilité, leur humour, et j'en oublie sûrement !


Un grand merci également à Jeep, le manager du groupe, sans qui rien n'aurait pu se faire.


Merci à vous !


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ajouté par Florent Ch, le 28 janvier 2010 pour Metalship

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