Retour à l'accueil
Interviews :: Interview de Nolentia

Interview de Nolentia


Premier LP autoproduit et première baffe de la part des Toulousains de Nolentia avec ce One loud Noise and it’s Gone… percutant, jouissif et brut de décoffrage. Le trio, dans un état d'esprit très punk, ne s'embarrasse pas des étiquettes et réussit à combiner ses différentes influences pour servir un bon gros grind qui tâche aux relents entombesques, rock'n'roll, voire doom.

Quand en plus les gars en question sont particulièrement sympa et apprécient la déconne sans se prendre au sérieux, les interviewer et en apprendre plus sur ce jeune groupe est un vrai plaisir. Entretien avec Raf (basse, chant) et Vince (batterie).


Metalship : Salut Nolentia ! Je vais commencer par LA question classique et incontournable. Pourriez-vous nous présenter le groupe, ses origines et son parcours ?

Raf : (basse/yayayaaaa) : Salut ! Réponse garantie sans « copier-coller » ! Pour résumer, Ghis (guitare/woarg) et moi-même nous sommes rencontrés par l’intermédiaire d’un pote et ça tombait bien car lui avait envie de se remettre à la ‘zic après quelques années d’abstinence et le groupe auquel j’appartenais venait de se séparer. On a trouvé un batteur et on a rapidement répété. Le groupe s’appelait CHAOSIZER et a duré un an. L’état esprit était déjà sensiblement le même sauf que nous nous sommes séparés de notre batteur et avons récupéré Vince (avec qui j’avais joué dans mon groupe précédent). Pour marquer le changement et repartir frais avec cette nouvelle formation, nous avons décidé de changer de nom… NOLENTIA est donc officiellement né en 2007. Un mois plus tard, Vince assurait notre 1er concert. Un an plus tard, nous avons enregistré une démo à l’esprit très « live » (Sell Your Soul to Grind n’Roll). Son accueil nous a permis d’aller jouer à droite-à gauche, notamment de franchir les frontières (Belgique, Allemagne, Espagne). Un an après la démo, on enregistrait ce premier album…


Metalship : « Nolentia », pourquoi avoir choisi ce nom qui en latin signifie « ne pas vouloir » ou bien « mauvaise volonté » ? Qu’est-ce que ces concepts signifient à vos yeux ?



Raf : On voulait un nom un peu « universel », qui ne soit pas connoté par rapport à une langue en particulier. Le Latin en l’occurrence, ça représente une racine commune à pas mal de langues actuelles, et puis on trouvait ça original et plutôt classe, avouons-le ! On a aussi réduit considérablement le risque d’avoir un homonyme ! (hé, hé) Pour la signification, le refus et la mauvaise volonté sont une constante chez nous d’une part, dans le monde qui nous entoure d’autre part !


Metalship : Pour en venir à votre dernier album en date (ndlr : c’est aussi le premier du groupe) « One loud Noise and it’s Gone… », comment se sont passés la composition et l’enregistrement de ce disque ?

Raf : La composition a commencé avec les débuts du groupe et s’est étalée tout au long des deux premières années : certains morceaux sont donc beaucoup plus datés que d’autres, même si la plupart ont subi pas mal de mutations au fil du temps, en cela les deux morceaux repris de la démo en sont une illustration : nous avons décidé de les réenregistrer car ils avaient changé. Quand nous sommes arrivés au studio Bringer, tout était déjà écrit, seules quelques lignes de chants restaient encore indéfinies mais c’est allé assez vite grâce au parolier maison !

L’enregistrement s’est fort bien passé et on a galéré un peu moins que ce que je craignais : on avait un peu bossé en amont (pas des masses non plus hein, on est un peu des punks) mais je pense que ça nous a aidés. Le plus long (et le plus pénible surtout !) a été sans aucun doute le mixage, c’est là où ça a été assez dur et qu’on a « perdu » énormément de temps. Mais l’essentiel reste qu’on est très satisfaits du résultat.

Vince (…tkatkatka…) : Pour compléter ce que disait Raf, on a assez bien préparé l’entrée chez Lolo Bringer, on a commencé a écrire un clic pour nos morceaux, et il a évolué pendant 1 mois pour bien ajuster les tempos. La mise en boîte s’est faite assez rapidement malgré mes pannes de réveil et une période assez difficile personnellement. Du coup, c’est la deuxième partie de la production qui est pas mal partie en couille ! Entre les emplois du temps de chacun, les chipotages sur le mix, le petit tour du mois de mai, les recherches de visuel, les prises de têtes… on est vraiment resté coincés dans l’auberge un bon moment, mais au final, on est d’autant plus satisfait de s’en être sortis seuls. La tête de bois est pas si désagréable pour une fois.


Metalship : Cet album a-t-il bénéficié d’une bonne distribution et quels sont les retours que vous en avez eus jusqu’ici ? Avec le recul, quel regard portez-vous sur ce premier essai (sans compter la démo « Sell your Soul to Grindn' Roll! ») ?



Raf : Pour l’instant c’est une auto-production et une auto-distribution (notamment via le site du label que nous avons créé (http://nmvrecords.free.fr/). Pour ce qui est des retours, on peut essentiellement parler des chroniques car les autres retours sont plus difficiles à obtenir. En l’occurrence, ces dernières sont jusqu’à présent très bonnes, et plutôt unanimes, ce qui est une vraie satisfaction et une certaine reconnaissance aussi. Quand on est le nez dans le guidon on a du mal à avoir du recul sur ce qu’on fait, surtout après avoir écouté les morceaux des centaines (des milliers ?) de fois ! Ces retours sont donc rassurants, on se dit qu’on n’a pas fait ça pour rien et que d’autres personnes que nous y ont été sensibles.


Metalship : J’ai été intrigué par la pochette de cet album, mais aussi par son titre. Que signifient-ils à vos yeux ? Quant à vos paroles, ont-elles de l’importance pour vous, et si oui, que cherchez-vous à y exprimer ?

Raf : Cet aspect-là des choses est en grande partie pris en charge par Ghis (gratte/roarrr) qui s’occupe d’écrire les textes et propose souvent aussi ses visuels. Il aurait été le mieux placé pour répondre à ta question mais comme c’est un ours qui hiberne actuellement dans sa campagne tarnaise, je vais tâcher de t’apporter quand même quelques éléments de réponse ! Pour la pochette on voulait éviter la pochette cliché, gore ou bêtement tapageuse : on n’est vraiment pas dans ce trip-là. Celle-ci est moins identifiable par rapport au style que l’on fait et on préfère ça. Personnellement j’aime bien le côté mystérieux et faussement naïf de cette pochette.

Le titre de l’album provient de la fin d’une citation d’un comics (qui est ensuite devenu un film) que nous avons apprécié ; et il est à double sens : on peut le comprendre de deux manières à cause de « it’s gone » qui dans ce contexte peut signifier « c’est parti » ou « tout est balayé », ça laisse le choix de prendre cette phrase au 1er ou second degré.

Quant aux paroles, elles ne traitent pas non plus de la meilleure façon d’égorger quelqu’un mais plutôt des interrogations face au monde dans lequel on vit, des relations humaines… il y a aussi une certaine introspection dans le point de vue adopté. Pour répondre à ta question, les paroles ont une importance certaine à nos yeux, et elles sont loin d’être bâclées. Certains diront qu’il y a un peu de masturbation intellectuelle, mais pas tant que ça : la métaphysique n’est pas forcément un gros mot ! Ceci dit il y aussi quelques « fuck » et des hurlements spontanés qui n’ont pas de significations particulières, juste des cris du cœur ! Nous restons quand même attachés à l’aspect « brut » dans notre manière de présenter les choses.


Metalship : Quelles sont les influences musicales majeures de Nolentia, et plus largement qu’est-ce qui en tant que musiciens et individus vous inspire et vous amène à réagir ?



Raf : Pour résumer, nous avons tous des goûts assez éclectiques mais pour la musique qu’on joue on se retrouve sur NAPALM DEATH, ENTOMBED, NASUM, NOSTROMO, voire des trucs genre SICK OF IT ALL ou RAISED FIST, les vieux de la vieille comme CARCASS ou MORBID ANGEL… On aime aussi des trucs de doom, de sludge, de hardcore, d’indus... Ceux qui nous inspire ce sont ceux qui parviennent à faire quelque chose de frais, efficace et avec un minimum de relief et d’originalité. C’est bien évidemment ce qu’on recherche : l’efficacité quel que soit le tempo utilisé !

Ce qui nous amène à réagir : plusieurs réponses possible. Je pourrais te dire que le monde dans lequel on vit nous pousse à faire de la musique violente car ça colle davantage à ce qui nous entoure. C’est en partie vrai. En effet, pour moi faire de la pop (pas en écouter, je précise) n’aurait aucun sens aujourd’hui car je n’y mettrai pas les tripes, c’est trop éloigné de ce que je ressens. J’ai besoin de violence et d’oppression musicale que ce soit avec un tempo lourd ou très rapide. Je crois tout simplement que c’est quelque chose de viscéral chez nous !

Vince (tukatuka) : Mes influences pour Nolentia vont des groupes fondateurs du grind ou affiliés au genre (NasuM !!!, TerrorizeR, Phobia, Sayyadina, Afgründ) à des groupes plus généralement associés au punk, Hardcore ou crust (R.K.L., Randy, Satanic Surfers, Ringworm, Shai Hulud, Wolfbrigade, Totalt Jävla Mörker), mais tous font partie de la même famille… J’aime aussi me mettre du chabada dans la feuille assez souvent (Monk, Garland, Coltrane…). Et justement je dois dire que ça me permet des fois de prendre du recul sur ma musique, non seulement au niveau sensibilité, mais aussi au niveau humanité. J’ai vu dernièrement Straight No Chaser de Clint Eastwood, et même si faut aimer le jazz pour le voir, même si le personnage est spécial, tu en prends un coup concernant la condition des musiciens à l’époque. Au même titre, me passer le dernier Propagandhi, qui est excellent, alors que j’écoute depuis presque 15 ans, qu’ils aient toujours cette rage et cette fraîcheur, c’est un truc de dingue ! Tout ça, ça me fait réagir (et j‘évite volontairement le sujet du « monde du travail »), pas moyen de laisser tomber cette soupape de décompression qu’est la musique ! D’autant plus en ce moment, où les sources d’information et les formes d’expression non manipulées se raréfient (enfin, surtout dans le « mainstream »).


Metalship : « Grind’n’roll », c’est une bonne expression pour décrire votre musique ? Vos influences grind et punk s’articulent-elles autour d’une certaine philosophie de vie, des valeurs, un état d’esprit ?

Raf : Hum, je tiens quand même à démystifier un peu mes propos, qui j’espère ne passent pas pour pompeux. Nous sommes avant tout trois gars qui avons envie de proposer de la ‘zic violente, directement issue de nos premières amours. Nous sommes des fans qui ont tenté de faire un bordel organisé, sur les traces de nos illustres aînés. En cela je pense que nous sommes juste un groupe qui a des aspirations simples à savoir prendre du plaisir en composant et en jouant sur scène, glaner des souvenirs en se déplaçant avec un camtard pourri sur les routes, ce genre de choses… Après je ne suis pas sûr qu’un style de musique génère automatiquement un état d’esprit propre. Pour prendre un exemple à la con, on pourra être plus proche dans notre façon de voir les choses de certains groupes de hip-hop que d’autres groupes de grind, qui sait ? Nous avons tous les 3 des convictions personnelles mais ce qui nous rassemble c’est l’envie de découvrir des lieux, des gens sans forcément toujours rester dans notre bulle… je pense que nous sommes assez simples dans notre conception de ce qu’est pour nous un groupe de rock !

Musicalement, l’utilisation de « grind’n’roll », c’était histoire de dire que si nous avons une base grindcore, nous ne faisons pas que cela. C’était aussi un clin d’œil à Entombed et son death’n’roll, auquel nous sommes bien sûr sensibles. Aujourd’hui je parle plus de « grind’n’sludge » car je trouve qu’il y a un certain équilibre entre les deux qui s’est créé, mais le plus simple reste d’aller écouter ce qu’on fait et de mettre votre propre étiquette si le besoin d’en mettre une s’en fait sentir !


Metalship : Nolentia jouera en compagnie de Natron et Mumakil le 11 janvier prochain à Toulouse. J’imagine que vous avez hâte de jouer avec ces pointures du death/grind, non ? Comment cette affiche a-t-elle vu le jour ?



Raf : Forcément c’est une chouette opportunité pour nous, on ne peut pas s’en cacher ! Natron j’avais vu ça quand j’étais plus boutonneux à l’ancien Bikini de Toulouse (celui qui a pété avec l’explosion de l’usine AZF), mais c’est sûr que c’est davantage la perspective de jouer avec la « machine » Mumakil qui nous ravit ! Comment s’est-on retrouvé là ? Le plus simplement du monde : l’organisateur du concert nous a contactés et nous avons accepté. Il s’agit d’un gars qui a un label (Snakebite Records) et qui organise également des concerts de métal extrême. Il nous a déjà fait jouer auparavant, je pense qu’il apprécie ce que l’on fait et il a logiquement pensé à nous pour compléter ce plateau !

Vince (toumkatoutoutouka…) : Dahhhh !!! Trop hâte en effet de foutre le bordel avec ces équipes de première division, héhé ! Merci encore Fab (http://www.snakebiteprod.com), on va assurer !!


Metalship : Quels sont vos projets à plus ou moins long terme ? Passer des fêtes d’années en famille ou vous murger sévèrement entre deux répètes ? Plus sérieusement, qu’est-ce qu’on peut souhaiter à Nolentia pour la suite ?

Raf : Hé, hé, les fêtes risquent de laisser des traces c’est sûr ! Ce qu’on peut nous souhaiter c’est de pouvoir continuer à faire coïncider tant bien que mal nos obligations professionnelles ainsi que nos autres nombreuses occupations avec le groupe, qui nous tient tous les trois énormément à cœur.

Vince (katshiii) : Hum, oui je confirme, mon indigestion a laissé des traces un peu partout… C’était magique, voire psychédélique !!! Tout ça sans drogues en plus ! On peut donc logiquement souhaiter un peu de sérénité (gastrique) à Nolentia pour la suite (aaaah les fibres !)… mais pas trop quand même !


Metalship : Je vous laisse les derniers mots pour conclure cette interview et si vous avez un message particulier à faire passer aux lecteurs de Metalship, n’hésitez pas !



Raf : Ok, merci ! Lecteur de Metal Ship, tu as bien raison de venir zieuter ce webzine qui, de ce que j’en ai vu, a l’air bien foutu et mérite donc ton attention ! A part ça, un message qui n’a rien d’original : si vous appréciez ce que font les gens autour de vous, faites-leur savoir et soutenez-les, ils en ont besoin…


Signaler un article incomplet Signaler une erreur
ajouté par Maczym, le 6 janvier 2010 pour Metalship

(0)



Interview précédente

Tout

Interview suivante


Commentaires


En raison du spam, l'écriture de commentaires est suspendue.

Nolentia

Albums chroniqués :
Chronique de One Loud Noise And It's Gone...
One Loud Noise And It's Gone...
2009

Nolentia
Nolentia
Voir la page du groupe
Création : 2007
Genre : Grindcore
Origine : France




Groupes en rapport


Napalm Death
Napalm Death
Voir la page du groupe
Création : 1982
Genre : Grindcore
Origine : Royaume-Uni

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Clandestine
Clandestine
1991

Chronique de Left Hand Path
Left Hand Path
1990

Entombed
Entombed
Voir la page du groupe
Création : 1989
Genre : Death Metal
Origine : Suède

Rapports de concerts:

Nasum
Nasum
Voir la page du groupe
Création : 1992
Genre : Grindcore
Origine : Suède

Rapports de concerts:

Sick Of It All
Sick Of It All
Voir la page du groupe
Création : 1984
Genre : Hardcore
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Surgical Steel (Complete Edition)
Surgical Steel (Complete Edition)
2015

Chronique de Heartwork
Heartwork
1993

Carcass
Carcass
Voir la page du groupe
Création : 1985
Genre : Death Metal
Origine : Royaume-Uni

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Illud Divinum Insanus
Illud Divinum Insanus
2011

Chronique de Covenant
Covenant
1993

Chronique de Altars of Madness
Altars of Madness
1989

Morbid Angel
Morbid Angel
Voir la page du groupe
Création : 1984
Genre : Death Metal
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Höstmakter
Höstmakter
2008

Mörker
Mörker
Voir la page du groupe
Création : 2003
Genre : Black Metal
Origine : Suède


Albums chroniqués :
Chronique de Behold The Failure
Behold The Failure
2009

Chronique de Customized Warfare
Customized Warfare
2006

Mumakil
Mumakil
Voir la page du groupe
Création : 2004
Genre : Grindcore
Origine : Suisse

Rapports de concerts: