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Interviews :: Interview de Hacride

Interview de Hacride


Vendredi 4 décembre. Après la grosse baffe mise par Hacride ce soir me voilà en backstage avec mon super microphone high tech (merci Timo!) pour interviewer Adrien et Sam, respectivement guitariste et chanteur de Hacride. Une interview longue qui répondra à beaucoup de vos questions je l'espère et où Sam abordera le thème des moutons; soit du jamais vu dans un travail de ce type.


Metalship : Tout d'abord, comment se passe la tournée et comment voyez-vous le public français par rapport au public de l'étranger?

Sam: Bon on va arrêter de cracher sur le public français parce que là ce soir par exemple c'était cool, les gens étaient réceptifs. En moyenne il y a des villes où ça se passe très bien mais d'autres où c'est beaucoup moins bien. C'est vrai qu'on a un accueil à l'étranger qui est vraiment bon il faut le dire, que ce soit en Hollande, Allemagne, Belgique ou Angleterre et les pays de l'Est aussi.

Adrien: Disons qu'à l'étranger on est super bien accueillis mais en France...en règle générale c'est super bien mais c'est vrai que de temps en temps il y a des petits froids...


Metalship : Au niveau de l'étranger, toujours pas de propositions pour jouer en Asie ou aux Etats-unis?

Adrien: Hé bien si justement. On a des propositions un peu partout en fait. Après il reste à savoir comment organiser ce genre de tournée, tu ne peux pas partir pour trois jours tu vois?

Sam: Et puis il faut partir dans de bonnes conditions. Il faut savoir que quand tu pars 15 jours il y a le côté humain, matériel. Tu roules 600 km par jour et voilà, tu n'assures pas comme tu pourrais le faire en France par exemple. On ne serait pas capable de rendre la qualité musicale à laquelle on aspire sans vraies conditions.


Metalship : Et cette tournée, a t'elle beaucoup de différences par rapport à celle d'Amoeba et si oui, lesquelles?

Sam: Oui. On se sent effectivement plus considérés. On est forcément content d'arriver dans une salle et d'être accueillis comme ça après tous les kilomètres qu'on a avalé avec Amoeba. Là dès les premières dates on a senti qu'on était attendu et ça fait du bien.


Metalship : Est-ce que ce n'est pas trop dur d'utiliser autant de samples sur scène; de gérer tout ça techniquement?

Adrien: Si. Si si parce qu'il ne faut pas croire qu'utiliser des samples c'est une solution de facilité. Au contraire! C'est une grosse contrainte car si tu te décales d'un millimètre ton morceau est foutu. Donc si c'est compliqué il y a une mise en place très rigoureuse, pas le droit au décalage et surtout pour le batteur puisque c'est lui qui mène le jeu.


Metalship : En parlant de batteur, Olivier était absent ce soir...(batteur de Hacride, ndlr)

Adrien: Oui il est resté à Poitiers en fait.

Sam: Début septembre il n’avait pas de problèmes particuliers, c'est juste qu'il a eu des changements dans sa vie: il est papa, il a une maison...Et sinon, en référence à une chronique de Metalship sur un de nos concerts à Nancy...c'est bien moi qui chante (rires). Il y a effectivement des voix samplées mais ce n’est jamais la voix principale. La voix principale c'est la mienne.


Metalship : Parlons un peu de Lazarus maintenant parce que c'est quand même important; que pensez-vous de l'accueil qu'il a eu sur la scène hexagonale et avec le recul que pourriez-vous reprocher à l'album?

Adrien: Reprocher?


Metalship : Je sais que c'est dur mais je suis sûr que vous pouvez le faire!

Adrien: Alors déjà l'accueil. Il a été excellent, on a été plébiscité, on a même fait une couv' et plein de journaux à l'international nous ont dit qu'on aurait mérité de faire la couv' chez eux aussi. On avait peur parce qu'on s'était engagé dans quelque chose d'assez risqué et l'accueil a été extrêmement bon et on est heureux de voir que les gens n'aiment pas que le trigg' et que le blast (rires). Après un reproche... (hésite)

Sam: On est parti dans l'inconnu quand même mais en même temps ça a été une qualité parce que cette mise en danger, cette volonté de ne pas reproduire ce qu'on savait déjà faire, autant sur la composition que sur la prod', ça ne peut être qu'un point positif pour nous. Après quand je me mets du côté de personnes qui peuvent préférer Amoeba...Oui Lazarus est moins énergique, moins rapide et tout ça ça peut être des critiques. Après moi perso j'ai du mal à penser ça parce que en tant que zicos voilà on a Amoeba qui est effectivement plus speed, plus dynamique mais on a Lazarus qui développe un autre univers et tant mieux moi j'aime ça, j'aime ce côté "ne pas faire la même chose".

Adrien: Je pense que les reproches on pourra les donner quand le prochain album sortira mais pour l'instant...est-ce qu'on l'a digéré nous aussi cet album? Je pense qu'au prochain album on te redira ça, on l'aura certainement mieux objectivé.


Metalship : Lazarus est un concept comme l'était déjà Amoeba. Après s'être essayé au principe des amibes c'est sur le syndrome de Lazare que vous vous attardez ici. J'aimerais en savoir plus sur ce concept, comment il est venu et comment vous le traitez?

Sam: C'est lié à des discussions qu'on a souvent dans le camion que ce soit de la vie de tous les jours, de pensées...

Adrien: De politique...

Sam: Et au fur à mesure des discussions il y a eu cette espèce de réflexion sur comment on vit les choses et comment on est en décalage par rapport au monde autour de nous. Donc c'est parti de ça et tout un concept est venu de la composition d'Adrien qui a composé l'album comme un... (cherche le mot)


Metalship : Une pièce de théâtre? J'ai l'impression que l'album est découpé en actes personnellement.

Sam: Oui on parlait de chapitres nous. Adrien a composé un bloc et on a dégagé les morceaux. Après il y a vraiment un morceau qui développe bien le concept, c'est le premier, "To walk among them" et moi j'ai travaillé pareil, j'ai écris tout un texte et on l'a découpé selon ses ambiances, les atmosphères qu'on voulait donner, on a essayé de voir les différents stades du personnage: sa réflexion personnelle, le côté aboutissement, le décor avec ce premier morceau de 15 minutes. Même dans les textes on a fait en sorte que ce morceau soit le fil conducteur de l'album.


Metalship : Adrien tu as mentionné le terme "politique" tout à l'heure. Est-ce que ça veut dire que Hacride fait passer un message politique, engagé, qu'il soit subliminal ou plus explicite dans sa musique?

Adrien: Oui c'est obligé.

Sam: On en parle d'ailleurs souvent tous les deux avec Adrien car on aime ces discussions là mais on ne veut pas avoir un discours politique. Ce n’est pas du tout l'idée.

Adrien: On ne veut pas avoir un discours moralisateur comme Rage against the machine ou Lofofora, ne pas afficher un message même si on a des convictions politiques dont moi-même qui ait des convictions assez fortes. Elles sont forcément intégrées dans les textes et à travers notre engagement musical. Après jamais on afficherait une couleur pour dire: "voilà c'est pour faire passer ça." Et en tant que musicien je pense que tu as forcément un engagement d'idées. Je ne te parle pas de prise de position comme adhérer à l'UMP, au PS ou à Besancenot mais plus de valeurs en fait. Nos valeurs à nous elles sont musicales et je pense qu'en tant que musicien, si tu veux pondre un truc audacieux et bien il faut avoir ce genre de convictions.


Sam: Je prends exemple sur les paroles, à un moment donné je dis: "All this contradictions make wants to kill": "Toutes ces contradictions me donnent envie de tuer." Et il n'y a pas de message politique derrière mais je repensais au bouquin de Camus, L'étranger, où un mec faisait des actes hallucinants, dramatiques et qu'en fait Monsieur tout le monde est capable d'en faire autant et c'est un peu ça le syndrome de Lazare parce que à la base c'est une mort clinique tu vois? Mais pour moi chaque individu peut à un moment donné, dans une situation extrême...


Metalship : Je me rappelle notamment de "Perturbed" qui, si je me rappelle bien, possédait un message écologique...Je crois...Non?

Sam: Ah oui tu pense peut être au clip avec l'arbre! En fait c'était plus imagé.

Adrien: Plus humaniste en fait. On ne se prétend pas philosophes. On parle juste de sujets qui nous touchent. Si on fait de la musique c'est qu'on a quelque chose à exprimer.

Sam: On n’essaye pas de passer une vérité mais on veut montrer qu'on réfléchit, qu'on se pose des questions. On n’est pas des moutons.

Adrien: Et Lazarus c'est un peu ça, tu as trouvé un bon terme: on n’est pas des moutons. "To walk among them", "Marcher au milieu d'eux" ce n’est pas dans un trip paranoïaque mais plus dans le sens: "regardez dans quelle direction vont ces gens, pourquoi ils prennent cette direction" tu vois?

Sam: Moi je pense à un mec qui se tire une balle par exemple parce qu'il s'est fait virer et ce mec là il seul au milieu de tout le monde. Est-ce qu'il était taré? N'importe qui aurait réagi comme ça. Ou alors un père de famille viole son gamin depuis 14 ans et le gamin il prend un fusil et il dégomme son père. Et alors c'est un tueur? C'est vraiment un fou? Moi j'aimerais bien entendre une personne me dire que c'est un fou et vivre ce qu'il a vécu pendant 14 ans à se faire violer tous les soirs. T'auras peut être envie de le buter ton père et même si c'est ton père! Et pourtant je n’accepte pas non plus le geste, c'est juste une réflexion personnelle.

Adrien: C'est vrai que dans le camion on cause tout le temps, tout le temps de ça tellement on a fait de bornes (rires). On est un peu plus crus entre nous...

Sam: Et on a voulu injecter un peu toutes ces réflexions qu'on a et dans l'album on s'est permis de le faire.


Metalship : Au niveau du constat de l'album, je le trouve plus aérien, plus épuré, moins frontal et certainement plus Rock, notamment la batterie, que Amoeba. Alors, pourquoi ces choix? Déjà que le bond entre Deviant Current Signal et Amoeba était incroyable, chose rarement vue chez un groupe, là c'est moindre mais c'est encore un gros changement.

Sam : Ca va avec cette ligne directrice qu’on s’est donné. Quelque chose ‘humain, vivant, dans le son aussi avec un côté plus chaud, plus nuancé, plus réel plus acoustique, ce qui donne parfois l’impression d’entendre du son clair souvent, notamment la batterie où tous les micros n’ont pas été mis mais ça, chut ! c’est technique d’ingé !

Adrien : Avec cet album là on ne voulait pas suivre ce côté chirurgical, ce résultat à tout prix. On voulait quelque de plus expressif et pas un truc où tu entends le moindre élément au millimètre près car il ne faut pas se leurrer ces groupes là sont informatisés, triggés à mort etc…nous on ne voulait pas de ça. On voulait quelque chose, comme tu le dis, de plus Rock.

Sam : Je vais peut être allé un peu loin mais pour moi le produit fini je m’en fous. Ce qui compte c’est la démarche. Ce qui transpire dans cet album c’est la sincérité qu’on y a mis. On a pris des risques ! Ca aurait pu être une catastrophe mais voilà le résultat est ce qu’il est et si l’on ne prend pas de risque, si on ne se met pas en danger, on fait ne pas avancer les choses et on cherche à recopier des choses.


Metalship : Alors ne serait-ce qu’au niveau du titre qui renvoie mine de rien à la Bible et ensuite à votre musique qui a un côté très spirituelle ici, je me demandais si Hacride n’était pas un groupe en quête de spiritualité ?

Adrien : Tous les musiciens sont en quête de spiritualité je pense.


Metalship : Oui mais après il y a le hippie qui cherche la spiritualité en planant et le zicos qui cherche quelque chose d’autre tu vois ?

Adrien : On cherche à planer nous aussi. Pourquoi on fait des concerts, pourquoi on fait de la musique ? La musique elle ne sert à rien dans l’absolu. On cherche une osmose entre ce qu’on essaye de jouer, ce qu’on communique…il y a une part de spiritualité ça c’est certain.


Metalship : Et il y a une volonté de faire en sorte que Lazarus soit quasiment mystique ?

Adrien : Ben disons que…l’album je l’ai composé de 3h à 10h du mat’.


Metalship : Tout l’album ?! Toutes les pistes ?

Adrien : Oui.

Sam : Mais pas l’enregistrement.


Metalship : Ouais mais même c’est un taré quand même ! (rires généraux)

Adrien : Disons que j’ai eu une période où je me levais tous les jours à 4h du mat’ et où je composais jusqu’à 10h. Et donc, ce côté un peu mystique, c’est le fait d’être dans le noir, à une heure où personne n’est réveillé et du coup ça te met face à toi-même, ce qui collait très bien aux paroles. TU te lèves, t’es à jeun et t’as les rêves à peu près calmés tu vois ? Et du coup il y a du mystique, tu es entre la lumière du jour et le noir, t’es seul, t’essayes de composer un truc.

Sam : Moi je fais un amalgame entre spiritualité et religion ce qui n’est pas bien et c’est vraiment pas dans cet aspect là. Osmose des choses oui, se retrouver face à soi-même, se comprendre…


Metalship : Comment ça s’est passé entre vous deux niveau accord texte-musique ?

Sam : C’est beaucoup de discussions, j’ai écouté les maquettes d’Adrien, c’est « je veux partir dans ce délire et toi ? ». Je me sentirais pas refaire du Amoeba sur ce que tu viens de faire et voilà on était d’accord. C’est beaucoup de discussions donc dans le camion (rires)


Metalship : Tout se passe dans ce camion en fait !

Sam : Ba tu sais on passe la moitié de notre vie dans le camion.

Adrien : Il ya des week end où on passe plus de temps dans le camion que l’on travaille la semaine, c’est pour dire !


Metalship : Je pense qu’on ne veut pas savoir tout ce qui se passe dans ce camion alors… (rires généraux)

(Franck Hueso passe et lâche une petite blague bien vaseuse)


Metalship : J’aurais bien aimé parler à Olivier mais peut être pouvez-vous répondre à ma question : pourquoi ce changement dans le jeu de la batterie qui est plus feutré, plus rock donc ?

Sam : Pareil que pour tout il a suivi le changement d’Adrien. Olivier il a ce côté-là, évoluer, il vient du jazz, il s’en fout de faire « tougadagadagada » à la double, il voulait se faire plaisir dans les breaks, faire quelque chose de plus léché.

Adrien : Il a voulu simplifié parce que la musique le voulait.


Metalship : Au niveau de la basse je trouve qu’elle est moins détachée et pour ma part c’est un défaut, elle se fond dans la masse, un peu comme les autres instruments d’ailleurs, ce qui n’est pas sans me rappeler des essais de Post-core comme Neurosis surtout. Ca se fond vraiment pour former un tout, une masse en fait, je trouve. Je voulais donc savoir si c’était un accord commun ou un choix de la part de Benoit, vu que tu as composé la basse. A-t’il changé ta composition ?

Adrien : Il a toujours sa patte. On était dans le principe de simplification de certaines parties même si ça reste parfois compliqué. J’avais comme principe de basse une basse qui pose l’harmonie. Elle n’est pas en retrait en fait, c’est un leurre. Si tu enlèves la basse t’as plus de patate ! Elle est extrêmement puissante, en plus elle a un son de disto alors…


Metalship : Grosse question qui me turlupine depuis la sortie de l’album, c’est pour toi Adrien : le début d’ « A world of lies », c’est un clin d’œil à Tool ou une copie inconsciente ?

Adrien : Alors euh…peut être inconsciemment. On me l’a déjà dit donc du coup je veux bien le croire. Il est vrai que le morceau est dans une ambiance plus Rock progressif.

Sam : c’est peut être plus l’effet (il imite aussi bien que les imitations de personnes célèbres dans South Park)

Adrien : Ah oui alors ce n’est même pas moi qui ait placé ce son c’est Franck, notre ingé son.

Sam : C’est comme l’esprit Neurosis que tu as sorti tout à l’heure. Je connais bien ce groupe et j’aime bien et après écoute j’avais dit à Adrien : « dis donc il y a un petit côté Neurosis là-dedans non ? ». Et il me répond : « C’est quoi ? Connais pas ! » (rires généraux)

Adrien : C’est vrai qu’on me dit souvent : Isis et Neurosis et moi : « J’aime pas donc j’écoute pas ! » (rires). Mais j’adore Tool donc c’est presque un compliment. Quand on est fanatique de ce groupe là oui c’est peut-être ressorti dans la musique.


Metalship : Justement tu fais bien de me dire que tu n’écoutes pas de Post-core parce l’interlude « Phenomenon » est vraiment construite comme chez Neurosis ou Isis avec cette envolée finale donc tu réponds à ma question en fait.

Adrien : Et bien non désolé !


Metalship : Tant mieux parce que sinon t’aurais copié et là tout le monde l’aurait su (rires généraux)
Sam, ton chant a vachement évolué. Je crois que tu es plus issu du Hardcore nan ?

Sam : Oui je viens de chant plus comme Deftones, Nirvana, Korn et je suis allé dans le Hardcore.


Metalship : Là tu lâches tout, plus de chant clair, plus un côté aérien…j’aimerais savoir ce qui t’as poussé à te lancer là dedans, si tu prends des cours et si tu nous réserve encore des surprises comme ça

Sam : Je pense que oui, j’en ai encore sous la pédale, le chant ce n’est pas mon instrument de base, à la base je suis guitariste et Hacride c’était du dépannage. Un jour je les ai aidés et maintenant ça fait 6 ans que je suis avec eux. C’est assez rigolo oui. Je savais de toute manière que je n’allais pas faire la même chose que sur Amoeba. Je supporte pas. Et la musique n’est pas dans ce sens là de toute manière. Mise en danger donc. J’adore revoir les lives et je pense que je n’aurais pas été dans ce sens là sans qu’Adrien m’y ait poussé et j’en suis content car j’aime ce côté aérien. Il m’a poussé à y aller et j’ai foncé sans vouloir tomber dans le cliché « son clair/chant clair ».


Metalship : Tu parlais du fait que étais plus guitariste à la base. Tu joues dans Mistaken element donc : est-ce que le fait de côtoyer Yann Ligner dans ce groupe n’a pas fait que vous vous êtes influencé mutuellement niveau chant ?

Sam : Je connaissais Yann avant de connaitre Hacride. On se suit depuis très longtemps et de fait on s’est influencé mutuellement. On a pas la même vision des choses mais on s’en est apporté oui.


Metalship : Tes références en matière de chant c’est quoi ?

Sam : Deftones, De la Roca, un peu Machine Head, Cobain, Pantera


Metalship : Des chanteurs avec de la personnalité quoi...

Sam : énormément. Je me fous de la note juste, ce qui compte c’est l’intention en fait.

(le bassiste d’Abysse arrive et taquine Hacride au sujet d’un festival et de l’ouverture de Kylesa)


Metalship : Au vu de la structure de l’album avez-vous des projets de clip ou autre notamment avec la Lymphe ?

Adrien : C’est un peu tendu en ce moment donc on t’en reparlera peut être plus tard.

Sam : Ils ont beaucoup d’opportunités et ont d’autres chats à fouetter je pense. Mais on reste en contact donc c’est possible.


Metalship : Vous aimez utiliser les guitares acoustiques ou flamencos alors pourquoi ne pas se lancer dans des morceaux entièrement acoustiques ?

Adrien : il faut savoir que Lazarus a été entièrement composé en acoustique.

Sam : Ah bon ? Ca je ne le savais pas…

Adrien : Tu vois je t’en apprends des tonnes ! il y avait bien cette idée d’acoustique mais c’est une idée qu’il faut avoir le temps de développer etc…Mais oui c’est pas bête comme question. « Awakening » s’en rapproche un petit peu. On a minimisé les guitares acoustiques sur Lazarus aussi par rapport à Amoeba.


Metalship : Sans prétention aucune, ne commencez pas à vous la péter c’est enregistré (rires généraux), vous n’avez pas l’impression d’avoir pondu un album très moderne, voire trop moderne, en avance sur l’époque ?

Sam : L’album de l’année international ouais c’est nous (rires). Et je dis ça en toute modestie.

Adrien : Non mais on peut répondre quoi à ça ?

Sam : J’ai l’impression que les gens qui écoutent notre musique ont cette vision là. Ils ont plus d’objectivité sur la progression du groupe que nous même. On est tellement dedans qu’on fait ce qu’on aime c’est tout. Je pense que Cynic à l’époque où ils ont fait leur album, n’avaient pas en tête une révolution du genre.


Metalship : Vous allez continuer dans les concepts albums ?

Adrien : Tout dépend du thème abordé. On peut très bien revenir à des formats plus classiques genre 3-4 minutes même si je n’y crois pas trop. On ne fera pas la même chose ça c’est sûr.

Sam : Moi je me fais chier si je fais la même chose.


Metalship : Pour parler de l’enregistrement comment ça s’est passé avec Franck Hueso ?

Adrien : Ba c’était la merde comme d’hab’ ! (rires)

Sam : Il nous suit depuis Deviant Current Signal alors il nous connait. Il sait exactement pourquoi Adrien prend tel câble, tel ampli, telle chose sur tel passage. Pour moi il fait partie du groupe, je le dis toujours, Hacride c’est une équipe, des gens qui nous soutiennent. Franck a aussi progressé en même temps que nous ; on a tous progressés ! Ce n’est pas un ingé son pour moi c’est un preneur de son, un producteur.


Metalship : Et si vous comparez son travail sur le dernier Mistaken element et sur Lazarus est-ce que vous avez des remarques ?

Sam : Des remarques ? Enculé. Oups pardon.


Metalship : Pourquoi enculé ?

Sam : Hé bien question très judicieuse, tu es loin d’être con pour me poser cette question donc enculé ! Pour répondre à la question moi j’ai fait les deux et c’est sûr que le travail n’est pas le même. Franck fait partie de Mistaken , il connait les gars aussi mais n’influence pas la musique. Je suis très content de la prod’ de Mistaken aussi.


Metalship : Plus détendu maintenant : des coups de cœur récents ?

(Gros silence…)

Adrien : là tu vas pouvoir mettre : « gros blanc ! » (rires) Non mais qu’est ce qu’il y a de bien en ce moment…le dernier Alice in chains. Il ne vaut pas Dirt mais il est bon. Abysse aussi, mais tu pourras mettre qu’on m’a forcé à le dire (rires). Sinon qu’est ce qu’il y a d’intéressant à part le dernier clip de Rammstein (rires)


Metalship : Quels sont les grands espoirs français pour vous ?

Sam : On pourrait citer les potes de la Klonosphère histoire de se faire de la publicité hein ! Trepalium, Klone

Adrien : Moi je trouve que Trepalium n’a pas eu le retour qu’il méritait. C’est un super groupe qui a eu une opportunité énorme et c’est un groupe qui peut fonctionner.

Sam : Tout s’est joué sur Alchemik clockwork of disorder qui était terriblement novateur en fait.

Adrien : De même pour Klone et Mistaken.

Sam : Ouais voilà. Avec Hacride on reçoit des propositions à la pelle et avec Mistaken on se bat pour 3-4 dates tu vois ? C’est un peu triste et rageant.


Metalship : J’ai téléchargé tous vos albums. Des remarques ?

Sam : Enculé.

Adrien : J’imagine que ta question est bien plus sérieuse que ça donc je vais y répondre : Hadopi c’est une blague, c’est des députés de 80 balais qui savent même pas ce que c’est Internet qui votent ça. Est-ce que le téléchargement tue l’artiste ? Non. Il tue les maisons de production qui se sont foutus de la gueule des consommateurs pendant des années. Ils ont toujours fait croire que les artistes roulaient sur l’or mais là on se rend bien compte que c’’est des conneries et il y a retour de bâton. Johnny Hallyday il touche 13% de la valeur de ses CDs. A 7 euros le CD, il touche 0.70 centimes tu vois ?

Sam : J’ai entendu Philippe Manœuvre dire il y a peu que quand il était jeune il galérait pour trouver un skeud alors que maintenant tu parle la veille à un jeune le lendemain il te dit : « c’est énorme ! » et c’est cette diffusion qui est terrible et intéressante.

Adrien : Après je suis plutôt contre le téléchragement. Je vois beaucoup de forums dire : « la culture doit être gratuite » et c’est de la connerie, faire un CD ça nous coute aussi. Moi je vois pas pourquoi les médias, qui sont un tas de conneries, vont poser des questions aux patrons de fnac et pas aux petits artistes ! ¨Pourquoi on ne viendrait pas nous interroger nous par exemple ?

Sam : Des contradictions comme ça il y en a des tas. Un mec qui a 6 moutons il va devoir en faire vacciner comme s’il en avait 2000 alors qu’ils ne sortent pas de chez lui. On l’oblige à les faire vacciner comme s’il était professionnel dans l’élevage de moutons ! « Putain tu fais quoi toi, j’ai des moutons je t’emmerde moi ! ». Ca veut dire qu’à un moment un chien et un chat faudrait le faire vacciner.

Adrien : Ouais mais c’est obligé ça…

(Sam se lève pour discuter avec le portier du Ferrailleur à propos de ses moutons et ses chats…)

Adrien : Bon ça part en vrille là (rires)


Metalship : Hé bien je vais terminer avec toi avec une question politique qui va te faire bien plaisir et que j’ai posé récemment à Cult of luna. Donc après la version suédoise pourquoi pas la française avec Hacride ! Le débat sur l’identité nationale t’en pense quoi ?

Adrien : Oula tu me lances là ! Ben c’est encore de la grosse connerie. C’est diviser le bon et le mauvais français et plus précisément le français qui se léve à 6h du matin et fait ses 35h par semaine donc le mauvais non. Les artistes on n’en parle même pas alors. C’est ceux qui vivent pas comme des ploucs ou comme des maghrébins si on part dans leur sens. Ensuite de l’autre côté tu as les immigrés, les RMI’stes, les parasites quoi ! Donc c’est une manœuvre pitoyable pour pointer du doigt les mauvais français. C’est quoi la question ? Etre français c’est quoi ? T’en pense quoi ?


Metalship : Moi je pense que la question est intéressante à l’origine. Je suis d’accord avec toi au niveau de la tournure qu’a pris le débat. Pour moi c’est avant tout réfléchir sur ce qui rassemble un peuple, que ce soit la langue, la culture. C’est une question plus d’ordre sociologique et historique que politique je pense.

Adrien : pour moi le français c’est celui qui se sent français. Pour moi le débat se tourne vers ceux qui sifflent la marseillaise dans les stades ou ceux qui jettent des cailloux sur des pompiers. La vérité c’est qu’on s’attaque aux mauvaises personnes. Ils s’attaquent aux résultats et pas à la source et c’est le problème principal. C’est une grosse blague menée par ce gros teubé de Besson. On pourrait en parler des heures mais je suis super sceptique. Voilà.


Metalship : Hé bien merci pour tout Hacride et merci Adrien pour ce discours final !

Adrien : Ouais ba désolé pour le délire final et… Viva la revolucion ! (petit accent espagnol moqueur) (rires)


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ajouté par Prométhée, le 14 décembre 2009 pour Metalship

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Commentaires


Superbe interview !
Les mecs d'Hacride ont l'air bien cool !^^

mar. 22 déc. 09- 17:57  


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Origine : France

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Klone
Klone
Voir la page du groupe
Création : 1995
Genre : Rock Metal
Origine : France

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Vertikal II
Vertikal II
2013

Chronique de Vertikal
Vertikal
2013

Chronique de Fire was born
Fire was born
2009

Chronique de Eternal Kingdom
Eternal Kingdom
2008

Cult of Luna
Cult of Luna
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Création : 2000
Genre : Hardcore
Origine : Suède

Rapports de concerts: