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Interviews :: Interview de Human Fate

Interview de Human Fate


Le nom de Human Fate ne doit pas vous dire grand chose, pourtant le combo français mérite que l'on se penche un peu sur son cas. Mélangeant allègrement metal et musiques du monde, il propose un melting pot d'idées et d'influences qui lui permet de se faire son propre style, son originalité. Parce qu'il serait trop facile de comparer ce jeune groupe avec un Sepultura période Roots, le discours n'est pas tout à fait le même. Mais laissons la parole à Leo et Nico, les responsables de ce projet.


Metalship : Quel est votre passif en tant que musicien ?

Nico : J'ai eu deux, trois groupes à partir du lycée, mais rien de vraiment très concret. Je dirais que tout a commencé en 2004/2005, avec la chanson Hopes Winds, présente sur l'album, et composée avec Léo.

Léo : J'ai été cinq ans dans la formation Devenn, dont je suis parti en 2007, suite à quelques divergences, afin de vivre un vieux rêve tribal Wendols, qui deviendra rapidement par la suite Human Fate, avec Nico.


Metalship : Comment vous êtes-vous rencontrés et qu’est-ce qui a motivé l’idée de collaborer ensemble sur un projet tel que Human Fate ?

Nico : On s est rencontré il y a bientôt 9 ans, par un magazine de guitare, afin de former un groupe "punk/metal", je cite. Nous n'avons pas vraiment commencé à faire de la musique ensemble, mais on a toujours joué et composé quelques "prototypes" depuis tout ce temps. On s'est ensuite lancé en 2005 sur Hopes Winds (déjà avec Guillaume Riff), sans former pour autant un groupe ou un réel projet. C'est deux ans après que Léo, après avoir quitté Devenn, a voulu concrétiser et débuter le projet Human Fate, que l'on n'avait jamais évoqué, mais qui était pourtant latent.


Metalship : Pouvez-vous expliquer quel concept se cache derrière le groupe ?

Certains peuvent penser que l'art est un miroir de la société, c est un peu le cas pour Human Fate. On n'est pas un groupe militant politique, ou ce genre de choses, on essaie de faire ressortir ce qui nous frappe dans ce qui nous entoure, y compris nous-mêmes. On ne peut pas être entièrement objectif forcement, cependant on essaie de ne pas donner d'ordre ou de ne pas différencier le bien du mal.

Léo : Sur un plan plus concret, c'est un concept de partenariat autour d'un métal ouvert aux cultures et musiques du monde.


Metalship : De nombreux invités sont présents sur ce disque. Comment se sont passées ces collaborations ? Est-ce un système que vous comptez approfondir par la suite ?

Nico : La majorité des intervenants sont des amis ou des proches, et la participation de chacun a été vraiment naturelle, enfin je l'espère. On est en pleine composition du prochain album, et c est un procédé qui nous intéresse, et pas uniquement avec la musique...

Léo : En effet, on attache une très grande importance aux intervenants dans HF, d'ailleurs ils font partis du projet et il est évident que chaque participant qui pose sa personnalité sur une musique contribue à l'élargissement artistique de celle-ci ; c'est une addition de compétences, chacun a sa particularité, chacun la développe autour du même thème. L'objectif est bien sur d'approfondir cette participation et peut-être de transformer l'idée "de groupe" sur un plan plus associatif, plus participatif.


Metalship : Il y a également un titre supplémentaire sur ce disque, un long instrumental, Hopes Winds 2005, qui est assez différent du reste. Que représente-t-il ?

Hopes Winds est un hommage personnel rendu à l'un des miens, Loïc Martin, disparu en 2005 ; il y a d'autres allusions à lui dans l'album, entre autre un extrait d'un de ses écrits à la fin de White Pollen. Il était admirable, et la vision qu'il avait des choses m'accompagne beaucoup sur les valeurs ou le concept même de Human Fate. Il y aura sans doute d'autres Hopes Winds.


Metalship : Comment se sont déroulées les séances d’enregistrement vu que vous n’êtes que deux et les invités ? Quel a été le rôle de Guillaume Riff à ce moment ?

Guillaume est le premier collaborateur du projet. On s'est connu lors de l'enregistrement Art de Corps et Mot de Devenn ; quelques mois après, je l'ai sollicité pour enregistrer Hopes Winds , il s'est porté volontaire de façon bénévole, et l'échange entre Guillaume et nous à ce moment a été précurseur de HF.
En effet, un peu plus d'un an plus tard nous avons recontacté Guillaume pour enregistrer une démo Human Fate ; l'action a pris une tournure différente, ce dernier n'a pas seulement enregistré l'album, il a participé aux arrangements dans la composition ; c'est un membre à part entière du projet.


Metalship : En jetant un coup d’œil sur votre Myspace, on remarque que votre musique touche un large panel de gens, pas forcément des fanas de métal purs et durs et ce malgré des vocaux assez extrêmes sur une majeure partie des titres. Comment vous l’expliquez-vous ?

Nico : Le projet Human Fate se veut toucher un panel large de personnes, tout en expérimentant un maximum de genre musicaux qui pourraient se rattacher au thème de la destinée humaine, la place de l'homme, son avancée... Je pense que c'est grâce à cela que des personnes peuvent se retrouver dans notre musique, car chacun vit des moments de calme, de violence, d'incertitudes, ce qui peut ressortir musicalement dans Human (voix hurlées, ambiances mystiques ...).

Léo : En effet, c'est un regard sur le monde, relatant le bien comme le mal, le beau comme l'imbuvable, qui n'a pas envie par moment dans ce monde de crier son dégout via l'indifférence des uns ou l'injustice des autres...?


Metalship : Personnellement, j’ai été scotché par White Pollen. Ce titre est assez particulier car il est plus calme. Il tranche même pas mal avec le reste. A-t-il une histoire particulière ou est-il le témoin d’une envie du moment ?

Ce titre représente en quelque sorte le bon esprit, la sagesse, l'incontestable combat de certains d'entre nous qui travaillent à rendre ce monde meilleur. Il signifie et témoigne dans l'album de la nécessité de propager la paix, d'où le lien avec la question précédente : Death, Soul, Society par exemple montre un coté noir de l'humain, White Pollen l'admire et lui rend hommage...


Metalship : Vous avez prévu d’enregistrer un petit frère à votre album à partir de la rentrée. Avez-vous trouvé les membres qui manquent au groupe ?

Nous sommes encore à la recherche de musiciens "fixes". Ceci étant dit, nous avons beaucoup de participants prévus sur le Part II, et nous espérons qu'à l'aube de la sortie, nous serons au complet. Le deuxième album sera plus important (en nombres de pistes) que le Part I et de ce fait nous commençons l'enregistrement mi-juillet. Les musiciens recrutés rejoindrons la formation à travers le studio, mais aussi les répètes.


Metalship : J’imagine que l’envie de vous produire en live vous taraude. Comment pensez-vous pouvoir reproduire la richesse du disque sur scène ? Ferez-vous également appel à des invités pour l’occasion ?

Bien sûr, et plus les arrangements sont présents sur CD, plus il est complexe de les reproduire sur scène. Mais au même titre que nous avons sollicité des intervenants pour le CD, nous pensons en solliciter pour le live : c'est l'idée encore une fois de participation, d'association. Les invités ne sont pas forcement des musiciens, il y en aura sur scène et en dehors, et nous ferons ensemble notre possible.


Metalship : Vous pratiquez un genre de metal axé sur l’ouverture aux musiques du monde. Comment jugez-vous les précurseurs dans ce domaine (Sepultura, Tribe After Tribe, Orphaned Land…) avec le recul ? Pensez-vous que c’est normal que ce mouvement reste très marginal dans le metal ?

J'adore ce genre de groupes, ils me donnent l'impression que ça vaut le coup de se donner la peine d'aller chercher l'inspiration plus loin. Le métal n'est pas sectaire, pourtant certaines vagues actuelles (metal /core / hardcore pour ne citer qu'eux) en donnent parfois l'impression, dans une grande course à qui sera le plus agressif, le plus imposant, le plus contestataire. Soulfly par exemple souligne un métal ouvert d'esprit. Prenons Cavalera, qui présente dans les premiers Sepultura un metal diabolique, et qui peu à peu s'ouvre aux cultures, au spirituel, et par ce fait étend sa musique au monde...
Ainsi, ce mouvement peut paraitre marginal, mais à mon sens il se montre plus bénéfique que ceux qui le contestent.

Nico : Je tiens à rajouter que les musiques traditionnelles du monde peuvent rebuter certains fans de musique Rock voire Metal, et que le mélange a souvent bloqué les gens dans leur entendement, comme si chaque chose et chaque style de musique devait rester à sa place. Je ne dirai pas du coup que ce mouvement peut être vu comme marginal, mais plutôt qu’il n intéresse pas certaines personnes.


Metalship : Merci à vous d’avoir répondu à ces questions. Souhaitez-vous ajouter quelque chose à ce qui a déjà été dit ?

Juste un grand remerciement à vous Metalship, pour votre chronique, pour notre première interview et pour votre mobilisation à œuvrer à la propagation de la musique metal trop souvent controversée. Ainsi, bonne chance...


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ajouté par Elric des Dragons, le 8 juillet 2009 pour Metalship

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