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Interviews :: Interview de Psykup

Interview de Psykup


Rendez vous avec Ju et Pelo, respectivement chanteur guitariste et bassiste de Psykup, dans l’espace presse des loges du festival Reperkusound, le 25 avril 2008 à Lyon Eurexpo.


Metalship : We Love You All - PsykupSuperbe la pochette de votre nouvel album (We Love You All, NDLR) ! Vous pouvez m’en dire plus ?

Ju : Jouch, un ami graphiste freelance, travaille beaucoup avec les groupes de notre collectif Antistatic à Toulouse. Il nous connaît très bien personnellement. Il voyait un peu l’univers vers lequel on voulait aller. On voulait taper dans le décalé parce que ça a toujours été le créneau de Psykup. C’est original dans le sens où c’est une image détournée, comme l’intérieur de la pochette. Il y a un coté cinématographique qui est assez prépondérant chez nous.


Metalship : C’est un visuel d’Hitchcock détourné ?

Ju : Ce n'est pas vraiment un visuel d’Hitchcock mais ça pourrait y faire penser. On dirait Grace Kelly et Cary Grant. Le coté anthropophage de la relation amoureuse (ils sont en train de se bouffer et de s’embrasser en même temps) nous a bien plus, donc il nous a proposé ces visuels là.


Metalship : Comment analysez vous l’évolution de votre musique avec le temps. S’est elle adoucie, durcie, complexifiée ?

Pelo : je pense que la musique s’est durcie dans le ton. Ce n'est pas moi qui ai écrit les textes, mais on aborde des sujets qui nous touchent de plein fouet dans notre vie de musiciens, en particulier le téléchargement. Musicalement, je pense que ça s’est aussi un peu complexifié. La musique est un petit peu moins "fofolle" qu’avant, un peu moins « festive », Psykup se noircit au fils du temps.


Metalship : Il y a beaucoup de références au 7ème art dans votre biographie. Pour quelles raisons ?

Ju : je suis compositeur du groupe, des riffs déstructurés et de la moitié des textes et suis un grand cinéphile. J’ai 3000 films chez moi. Depuis que je suis petit je bouffe tout ce que je peux, tout ce qui est possible et ça se sent forcément lorsque j’écris. Ce qui m’intéresse au niveau de l’écriture et qui est encore plus marqué maintenant c’est le coté séquentiel de l’écriture : ne pas envisager la musique d’une façon terre à terre, couplet/refrain/pont/2 refrains. Les morceaux sont comme des petits courts métrages, c’est pour ça qu’ils sont aussi longs. Des ambiances peuvent se percuter d’un coup. Un truc très violent avec un truc très calme, un truc un peu rigolo et un truc triste. C’est ça qui m’intéresse, le coté séquentiel et le coté « ambiant » que l’on peut retrouver dans le cinéma. Ça ne choque personne dans un film quand on passe d’une ambiance à une autre donc autant essayer de l’appliquer à la musique.


Metalship : Il y a moins de français. Est ce une volonté de booster les ventes à l’export ?

Ju : ça s’est fait naturellement quant on a écrit les textes. Vu qu’on est 2 chanteurs on écrit les textes moitié/moitié et on ne s’est pas posé la question, c’est sorti comme ça ! Il-y a 2 morceaux en français seulement mais ça fait quand même une demi heure.
Tout le reste est en anglais. L’album sort en europe en juin et aux états unis en juillet dans une version réduite avec seulement les morceaux en anglais. On a accroché un label qui nous permet de bosser à l’international, et c’est tant mieux, mais ce n’était pas une volonté délibérée à la base d’avoir beaucoup de titres en anglais.


Metalship : Si je vous dis Mike Patton ? Vous n’y faites pas référence dans la bio…

Pelo : c’est le lien un peu « fastoche ». Ce n’est pas vraiment une influence. Le coté décomplexé de la musique qu’évoquait Ju tout à l’heure est quelque chose de naturel. Patton ou pas ce serait arrivé de cette façon là. Par contre on a des influences en commun avec lui. Le coté musique de films, Ennio Morricone, Schifrin, ces trucs là qui reviennent, le coté séquentiel, ne pas avoir peur de mélanger des styles aussi.
On était plus Faith no more, qui était beaucoup moins barré que les projets plus tarés qu’il a fait ensuite.


Metalship : Mais qui à l'époque sortait déjà du lot…

Ju : Là où on se rejoint c’est qu’on a envie de faire autre chose avec le métal en fait.
On est beaucoup plus métal que lui. On met quand même des trucs très extrêmes par moment, que lui utilise très peu, à part dans Fantômas.
C’est pas un métal où il y a des gros riffs de métal qui envoient. On a ce coté plus simple d’approche parfois, parce que si on écoute bien il y a plein de riffs qui envoient tout droit 4x4.
Patton c’est logique que les gens s’y réfèrent parce qu’il y a peu de gens qui font autant de mélanges alors on y revient toujours.


Metalship : Il a quand même une grosse influence métal quand tu vois qu’il joue du Slayer (Angel of Death) dans les concerts de Fantômas…

Pelo : oui mais de moins en moins. Je pense qu’il est plus rock’n’roll, ou musique indé bizarre que métal…il en est revenu ! maintenant il est vieux !


Metalship : Il a mon âge ! 40 ans cette année ;-)

Ju : je pensais qu’il était plus vieux…mais bon il est toujours aussi allumé…
Pelo : Tomahawk, Peeping Tom m’intéressent beaucoup…
Ju : avec Peeping Tom il a voulu faire un truc polissé…


Metalship : Comment expliquez vous le succès de Gojira ?

Ju : ce sont des amis depuis longtemps. Pour les avoir côtoyé ce sont des bêtes de boulot, des bêtes de somme et ils ont beaucoup bossé. Après ils ont été très bien coachés, managés, ils ont beaucoup joué, ils ont assuré sur scène. C’est logique ce qui leur arrive et ça fait plaisir parce que c’est mérité.


Metalship : C’est quand même extrême…

Ju : c’est quand même extrême…
Ju est interrompu par un coup de téléphone (NDLR)


Metalship : Quels sont vos relations avec The old dead tree, qui sont comme vous sur Season of Mist ?

Ju : je ne sais pas s’ils ont un succès énorme. Je sais que je les vois sur pas mal de festivals et je les ai un petit peu cotoyé.


Metalship : Je sais qu’ils sont au Hellfest par exemple

Ju : c’est bien. Il y a peut-être peu de groupes qui font ça en France, donc tant mieux pour eux s’il y a un créneau à prendre.


Metalship : Et le fait d’être sur le même label ?

Ju : Il y a plein de groupe sur le label qu’on ne connaît absolument pas…
On connaît Eths parce que ça fait longtemps, un petit peu Dagoba et encore de loin.
On connait bien d’autres groupes internationaux, on se croise sur la route en fait.
Le fait d’être sur le même label n’a pas d’influence. Il y a que si on tourne ensemble qu’on se croise.


Metalship : Il y a un point d’interrogation à metal ? dans votre bio…avez vous honte de cette étiquette ?

Pelo : non, pas du tout, c’est juste que quand tu écoutes Psykup, tu peux effectivement te poser la question. Il y a beaucoup de passages très atmosphériques, très ambient, qui contrastent beaucoup avec les valeurs, les codes métal traditionnels. C’est juste pour ça qu’il y a un point d’interrogation. Il y a plein de metalleux purs et durs qui ne comprennent pas l’intervention d’un chant clair, d’une ambiance jazz. Ça nous fait marrer donc on met un point d’interrogation.


Metalship : Le téléchargement, qu’en pensent vos fans ? En parlez vous avec eux ? Pensez vous avoir une influence à ce sujet ?

Pelo : je pense que certains fans comprennent et qu’une partie ne se doute absolument pas de l’importance du problème. Je pense qu’il y en a pas mal qui sont peut-être aussi un peu jeunes et qui ne pensent pas le téléchargement comme une entrave au cycle normal, acheter un album, ressources, pouvoir rebondir, etc. Il y a beaucoup de « gosses » qui n’ont pas encore pris le temps de bien réfléchir à ça, et quand bien même il y en a qui le savent et qui continuent à le faire parce qu’il y a des habitudes, parce que c’est très facile d’aller chercher le disque dur du copain. C’est comme si on te disait : voilà, il y a la Fnac chez toi surtout ne prend aucun cd…


Metalship : Moi ce qui m’avait marqué c’est quand on avait comparé le téléchargement à voler une pomme sur un étalage .

Ju : ou aller au restau et partir sans payer…
Pelo : on préfère prendre ce thème avec un coté décalé car on sait très bien que ce n’est pas pour nuire, mais dans le fond, ça nous revient dans la gueule de cette manière.
Ju : les gens ne se rendent pas compte qu’aller au concert ça ne suffit pas, que tout se casse la gueule, que bientôt il n’y aura plus de cd, ce ne sera que sur le net et l’artiste aura de moins en moins de moyens de se rémunérer. Il y aura toujours des petits malins pour pirater. On va progressivement vers la mort de la musique telle qu’on l’a entendue jusqu’à maintenant.
Ce qui fait que c’est très dur pour nous et qu’on se bat pour faire un bel objet, pas cher, qu’on se saigne pour qu’il sorte et qu’il soit bien.
Pelo : je laisse une porte ouverte. J’imagine que les gens, au bout d’un certain temps, auront compris que l’équation j’aime = j’achète va se remplacer par j’aime = je soutiens.


Metalship : Vos ventes ont tendance à stagner au fil des albums (3500, 5000, 6000,.. ?). Votre analyse ?

Ju : notre label, qui est très honnête sur le sujet, dit « c’est super », car stagner à notre époque c’est bien car tout le monde divise ses ventes par 3. Le premier mois on a fait apparemment 3000 ventes donc on est super content on n’espérait pas faire la moitié de ce qu’on avait fait sur le précédent. Donc on se maintient bien, c’est pour ça qu’on arrive encore à faire des tournées, Il y a donc des gens qui nous achètent mais ça reste des chiffres ridicules. Ça donne bien le pouls de ce qu’il se passe dans la musique un peu « différente » en France . On a une culture de variété en France. Il n’y a que la variétoche qui pourra subsister car au lieu de vendre 10 millions ils vendront 1 million et ça suffira… nous on va se rapprocher de zéro dangereusement.


Metalship : Avez vous ou allez vous tourner à l’étranger ?

Pelo : on a l’occasion d’avoir un label qui a la possibilité d’exporter de façon planétaire, de façon homéopathique au début, puis en fonction des accueils qu’on nous réserve on ajustera et on fera peut-être des concerts à l’étranger. Pour le moment c’est loin.
Ju : Normalement on devrait tourner à l’étranger à partir de février 2009, on attends…


Metalship : Merci à vous, et rendez vous au concert tout à l’heure.

Ju, Pelo : je t’en prie, merci à toi.


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ajouté par halord, le 29 avril 2008 pour Metalship

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Commentaires


Excellent cette interview Intounet! Grosse claque pour ma part que ce Tourments et perditions. La justification quant aux attaques sur les influences me parait juste même s'il est évident qu'un groupe de Black sympho ne peut qu'être influencé par les ténors du genre. Alors, volonté consciente ou pas de suivre ses aînés, le tout est qu'un groupe (qui a son identité malgrè tout) a forcément dans son jeu des éléments externes, des idées parfois prises inconsciemment de choses aimées dans d'autres groupes.

Mention spéciale à Artefact qui est effectivement un excellent groupe et à mes chérubins Blut aus nord et Deathspell omega (auquel je rajouterais Spektr) qui sont un must d'expérimentation musicale et d'avant-gardisme.

mar. 17 mars 09- 16:39  
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