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Interviews :: Interview de Gorod

Interview de Gorod


Bordeaux vient à peine d'être sacré champion de France de Ligue 1 qu'un autre groupe bordelais fait parler de lui : Gorod. Gorod, c'est un combo jouant du death metal technique, pas franchement connu en France, mais qui pourrait bien être une des gifles du genre cette année. Process Of A New Decline, leur nouvel album, le laisse entendre.

Entretien avec Mat et Arno, guitaristes de ce projet à découvrir d'urgence !


Metalship : Tout d'abord, pouvez-vous expliquer les raisons du départ de
Sandrine et présenter Sam ?

Mat : Sandrine a préféré partir à cause du manque de temps à accorder au groupe. Son travail comme psychologue lui demande beaucoup d'engagement et d'investissement, elle craignait de ne pas pouvoir suivre pour les répétitions, concerts etc...On la remercie chaudement pour ces dix années à nos cotés !! Heureusement, elle nous l'a annoncé suffisamment en avance pour qu'on ait le temps de trouver un remplaçant. A la base, on voulait quelqu'un qui soit d'abord très bon, motivé, mais surtout disponible. Et si possible quelqu'un de nos connaissances. Sur Bordeaux, personne ne voulait relever le défi donc on a proposé à Sam, qu'on connaissait pour l'avoir enregistré avec Zubrowska et plus tard avec Senor Flores. Il a de suite été emballé et vers la mi-Octobre, on a commencé tous les deux à bosser les nouveaux morceaux assidument pendant deux-trois semaines. Sam est un très bon batteur, avec du nerf et de la puissance, il intègre très vite tout ce qu'il entend, c'est un vrai plaisir ! Mais c'est aussi un musicien complet, qui comprend l'harmonie et ce genre de choses, c'est pratique... il joue même assez bien de la guitare !


Metalship : Process Of A New Decline sort sur Listenable Records, soit le
troisième label pour trois albums. Cela fait partie de votre concept ?

Ah ! Non, on y avait pas pensé ! POAND sort en fait sur Listenable seulement pour l'Europe, et toujours chez Willowtip outre-Atlantique. Pour cet album, on voulait une "vraie" promotion et une distribution que seul Listenable pouvait assurer ici. Willowtip est distribué par Candlelight en Europe, mais eux ne s'occupent que de leurs propres groupes, pas des licences, donc on aurait encore une fois fait un album qui serait passé à la trappe ici. L'avant dernier, "Leading Vision", est sorti en 2006 aux Etats-Unis et seulement un an après en Europe, c'est nul... Du coup, ici, c'est comme si on n'avait jamais rien fait ! Là, on aura une bonne couverture en Europe ET une bonne couverture aux Etats-Unis, c'est parfait !
Bon, le premier "label", Deadsun, disons qu'on le remercie pour nous avoir fait découvrir à Willowtip...


Metalship : Plus sérieusement, la scène death metal française se porte bien.
Comment la jugez-vous et surtout, comment vous projetez-vous dedans ?

Arno : Eh beh si elle se porte bien tant mieux ! Je vois pas trop de différence avec avant en fait !
Sinon se projeter dedans c'est vraiment impossible pour l'instant. On attend de faire la tournée pour tâter le terrain en fait…


Metalship : Vous avez joué au Maryland Deathfeast. Quel a été l'accueil du
public américain ? Est-ce que, selon vous, le death metal hexagonal
est le style le plus susceptible de passer les frontières ?

Le Maryland c'était génial, surement notre meilleur souvenir. On a vraiment hâte d y retourner les gens étaient super chaleureux... Mais bon, pour l'instant on se focalise sur l'Europe étant donné notre léger retard !
Je ne pense pas que le death metal hexagonal soit plus susceptible de passer les frontières…Au final, a part Gojira et Aborted, y a pas tant de groupes français qui jouent aux USA (j'en oublie peut être certains…). Je pense par contre que les Américains sont moins « bras croisés » lors des concerts que le public français. Et ils aiment le bourrin, faut le dire. On a été surpris d'écouter la radio là bas, y a vraiment beaucoup plus de rock en général contrairement à chez nous où on te passe les mêmes daubes commerciales toute la journée.


Metalship : Revenons à Process... La pochette, très réussie, est également
énigmatique. Quel message cherchez-vous à faire passer à travers elle?

Mat : On n'a aucun message ni revendication à faire entendre, c'est pas notre rayon. L'histoire qu'on développe depuis les deux derniers albums parle d'une machine/dieu/cité qui serait sensée guider l'humanité, mais en fait la plonge dans le chaos. La pochette représente cette machine dans l'environnement désolé qu'elle a contribué à créer. Je sais, ça fait un peu SciFi vue et revue, mais ce sont des thèmes sur lesquels on peut tout imaginer, sans limites raisonnables, et c'est ça qui nous plait.


Metalship : Comment avez-vous travaillé cet album ? La composition est-elle
l'affaire de tous où y-a-t-il des membres qui préfèrent assumer le
travail d'écriture ?

Ça fait longtemps qu'on y travaille ! le premier morceau de l'album a été créé fin 2006, c'est pour te dire ! En général, je fais toute la structure du morceau (guitares et patterns batterie) et je la propose au groupe. Ces maquettes nous servent ensuite de base pour coller le reste, c'est à dire la basse (que Ben apporte lui même le plus souvent) et le chant. Chez Gorod, ça a toujours été comme ça. Étant donné que j'ai du temps et un studio bien équipé, c'est toujours moi qui ai amené les idées directrices... Après, je suis pas un tyran et tout le monde a son mot à dire et en général chacun me propose par la suite de bonnes idées d'amélioration etc... Je dois être le seul à savoir se servir d'un ordinateur ici, et c'est vraiment un outil de composition extraordinaire pour maquetter, tu peux tester des riffs de guitare sur différents patterns de batterie et vice versa, changer la structure, les tempos, prévoir des arrangements, et surtout pratiquer ton instrument ! Il n'y a d'ailleurs que quand je suis en train de composer que je travaille vraiment ma guitare, le reste du temps c'est plus de l'entretien.
Pour les textes, c'est Guillaume et Ben qui s'y sont collés, on les a placés sur la musique au dernier moment, ce qui n'est pas sans danger parce qu'on a jamais vraiment eu de recul par rapport à ça...En fait, avec l'arrivée tardive de Sam, on a jamais eu l'occasion de répéter les morceaux complets avant d'entrer en studio, pas mal de choses sont arrivées à la dernière minute comme le chant ou la basse, on n'a pas vraiment pu tester ni entendre ce que ça donnait avant d'avoir tout dans la boite. En même temps c'était plus exaltant ! On bosse pas mal depuis la fin des sessions pour avoir le même rendu final sur scène, ça devrait bien le faire...


Metalship : Le rendu est certes brutal, mais également très technique. L'un ne
va pas sans l'autre ?

Bah non, je crois pas... il y a des groupes très brutaux où on comprend pas grand chose et des groupes très techniques mais mous du gland ou trop hermétiques. Nous on se situe quelque part entre les deux. La technique ne me sert qu'à rendre ma musique intelligible malgré la vitesse. L'aspect brutal de la musique peut venir aussi du fait que tout est bien en place, de la cohésion entre les différents instruments. Ça, y a que la technique qui peut te l'apporter, à mon sens. Bien sûr, je parle pas de faire des solos en tapping, des mesures asymétriques ou ce genre de choses, juste simplement de faire sonner son instrument de belle manière, avec de l'expression, de l'aisance, même pour les parties très basiques.


Metalship : Vous savez également insuffler des mélodies à votre death, comme en
témoigne le morceau The Path qui est d'ailleurs très réussi.
Est-il important pour vous de concilier ces deux facettes dans votre
musique ?

Les mélodies ont même été plutôt ma priorité en fait ! C'est vraiment pour moi à ce niveau là que naissent les émotions. Une progression d'accords originale, ou inattendue, peut faire naitre chez l'auditeur un sentiment de malaise ou au contraire de béatitude. Tu peux faire la même chose avec le rythme, mais c'est moins parlant, à mon sens. J'ai été un grand fan de Marty Friedman, quand j'ai commencé à m'intéresser à la guitare heavy. Son album solo "Dragon's Kiss" est une bible et une source d'inspiration jamais tarie. Les mélodies sur cet albums sont si fabuleuses que même quinze ans après, j'ai toujours les poils qui se hérissent, bien que je puisse reconnaitre le côté gnan-gnan de sa musique. Dans The Path, si tu parles des voix mélodiques du pont, c'était juste un clin d'œil histoire de voir, faut que ça reste anecdotique je pense...C'est vrai que puisque c'est de la voix, ça saute de suite au visage, mais il y a vraiment de la mélodie partout, dans tous les morceaux. Trop peut-être, diront certains...


Metalship : Vous jouez une musique dite extrême, mais qu'écoutez-vous
personnellement ? D'où tirez-vous votre inspiration ?

Arno : Alors pour l'inspiration, y a du Death, du Cynic et du Coroner. Et pour les guitares c'est plus Becker et Friedman.
Après, perso, on écoute tous pas mal de musiques différentes, du jazz au rock en passant par le classique…Toutes les musiques sont une source d'inspiration. L'ouverture musicale est très importante pour nous.


Metalship : Quels sujets abordez-vous dans vos chansons ? Si certains titres
semblent très explicites, d'autres sont nettement plus nébuleux.

Mat : Comme je te le laissais entendre plus haut, nos textes tournent autour d'une histoire globale, dans le style Sci-Fi post-apocalyptique... Je te fais le pitch : Depuis la nuit des temps, une société secrète, Obsequium Minaris, dirigée par Soracle, personnage non-humain, collecte les cerveaux des plus grands esprits de son époque dans le but de créer un super esprit artificiel capable de guider l'humanité. Après un premier holocauste nucléaire qui ne laisse qu'une poignée de survivants sur la surface de la Terre, cette machine/esprit/dieu, Adam, est branchée pour la première fois et rassemble la population des survivants en un lieu appelé Edaenia, cité souterraine. Dans un premier temps tout se passe bien. Adam guide la population pour la reconstruction du monde qu'ils ont détruit, il aide à recréer une société stable basée sur l'écologie et le travail. Mais bientôt la machine toujours dirigée secrètement par OM devient incontrôlable et les hommes vont se rebeller contre sa domination. Parallèlement, les consciences/individualités à l'intérieur d'Adam vont éclater, refuser de travailler ensemble, et plonger l'humanité dans un nouveau processus d'auto destruction.
Les textes abordent les divers aspects de cette histoire qui n'a pas encore de fin, de différents points de vue, humains, consciences/machine, etc...


Metalship : Vous allez tourner avec Immolation. Allez-vous également faire
quelques dates en tête d'affiche ?

Arno : La tête d'affiche ce sera pas avec Immolation ! Par contre on a vraiment hâte d'ouvrir pour eux, on adore ce qu'ils font. On va vraiment joindre l'utile a l'agréable. C'est une super opportunité de promouvoir notre nouvel album !
Les concerts en tête d'affiche seront plus envisageables après avoir joué POAND sur scène un bon paquet de fois. On en reparle dans quelques temps !


Metalship : L'interview va toucher à sa fin. Souhaitez-vous rajouter quelques
mots pour les lecteurs de Metalship ?

Merci a tous ceux qui nous soutiennent et qui viendront nous voir en concert et merci a toi pour tes questions !


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ajouté par Elric des Dragons, le 31 mai 2009 pour Metalship

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