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Interviews :: Interview de Parallel Minds

Interview de Parallel Minds


Les Français de PARALLEL MINDS ont sorti un des meilleurs albums de l'année 2019 avec Every Hour Wounds...The Last One Kills. Retour sur cette belle réussite avec le vocaliste Stéphane Fradet.





Metalship : Pour ceux qui ne connaissent pas PARALLEL MINDS, peux-tu nous présenter le projet ?

Je suis Stéphane, chanteur du groupe PARALLEL MINDS, que nous avons fondé avec mon cousin guitariste, Grégoy Giraudo il y a maintenant 5 ans. J'ai commencé dans le Metal avec le groupe FALKIRK à partir de 1998. Puis le groupe s'est arrêté en 2007. Mon cousin étant plus jeune, il a commencé plus tard. Un jour, il s'est retrouvé avec une chanson qui ne collait pas à son répertoire, il m'a demandé i ça pouvait m'intéresser de chanter dessus. Cela m'a plu, et ça m'a redonné le virus. Nous avons commencé à écrire des titres ensemble. Le processus a été assez rapide car l'inspiration était au rendez-vous. Quand nous nous sommes retrouvés avec une heure de matos, nous nous dit qu'l fallait réaliser un album. C'était vraiment un projet studio au départ. Nous avons contacté Franky Costanza (ex-DAGOBA) pour enregistrer la batterie. Il a accepté et nous a délivré une super prestation. Comme, on avait encore des idées, on s'est mis à la recherche d'autres musiciens. Du coup, nous avons trouvé notre batteur, Eric Manella, un des meilleurs élèves de Franky. On ne s'est pas rencontré grâce à lui, mais ils se connaissaient déjà. Il y a peu, nous avons trouvé un bassiste. Nous en avions déjà un au moment d'attaquer l'enregistrement de l'album mais cela ne s'est pas super bien passé. Greg s'est donc chargé des parties de basse sur l'album, et depuis Antoine (Moutet) est arrivé. Nous sommes maintenant au complet.


Metalship : Pourquoi trois ans d'attente depuis votre premier album Headlong Disaster, paru en 2015 sur Brennus Music ?

Greg joue dans trois groupes différents, il est pas mal occupé. Il a sorti un album avec son groupe de rock THE ENDERS, Je vous conseille d'y jeter une oreille, ce n'est pas forcément très Metal, mais c'est très bien. Et puis, il a fallu trouver les bonnes personnes. Déjà, trouver un batteur capable de passer derrière Franky, ce n'est pas évident. C'est un batteur professionnel, donc c'est difficile. Mais nous avons eu de la chance car Eric a été le premier batteur que nous avons auditionné. Antoine, notre bassiste, est un ex-THE ENDERS, qui souhaitait trouver un projet un peu plus Metal.



Metalship : Durant cette période, vous n'avez pas eu peur d'être un peu oublié…

Non car nous n'avons aucune obligation professionnelle, c'est vraiment pour le plaisir. Tant que nous avons des idées avec Greg, nous écrivons. On s'échange les idées, on modifie des trucs selon les inspirations de chacun. Greg arrange beaucoup. En général, il a plus de travail que c'est moi qu'il lui envoie un titre que l'inverse. Quand je reçois une de ses maquettes, on peut dire que c'est déjà finalisé à 80 %. Nous réalisons la grosse structure des titres, puis, après, chacun apporte sa pierre à l'édifice. Nous sommes un tout petit groupe, donc pas vraiment de pression de ce côté là. Les fanzines, les webzines qui s'étaient intéressés au premier album, étaient toujours présents pour le second.


Metalship : Ce nouvel album justement (Every Hour Wounds…The Last One Kills), depuis combien de temps travaillez-vous dessus ?

Quasiment depuis la fin du premier album. La composition a été assez rapide. Sur le premier disque, il y a un titre très long "Hyperion". On souhaitait fortement faire la suite, mais à un moment, on s'est dit que cela retarderait trop l'album de mener ce projet à terme. Du coup, nous avons composé deux titres, presque à la dernière minute, pour garder une durée d'album décente, et nous avons conservé notre gros titre pour plus tard. Résultat, on a perdu un peu de temps en prenant quelques mauvaises décisions.


Metalship : Comment définirais-tu le style de PARALLEL MINDS (pas facile) ?

C'est compliqué. Dans les chroniques, on trouve un peu de tout. J'ai même lu que nous faisions un peu de Death Metal, ce qui m'a fait rire car ce n'est pas vraiment notre propos ! Nos influences sont très variées, de MR BIG à DEATH. Mais, on essaye de rester dans une veine Heavy / Thrash. On pourrait dire que notre musique est un mix de Heavy, de Prog et de Thrash, un peu comme SYMPHONY X.



Metalship : Et justement, comme votre musique est assez inclassable, n'avez-vous pas peur de ne pas trouver votre public ?

Encore une fois, comme il n'y a aucune obligation, il y a zéro calcul. On fait ce qu'on a envie, on ne se pose pas trop de questions. Tout en restant dans un cadre cohérent.


Metalship : Vous avez assuré la production vous-mêmes, pourquoi ce choix ?

D'abord pour une question d'argent, on ne va pas se mentir. Ensuite parce que Greg commence à avoir une bonne formation d'ingénieur du son. Il a mixé pas mal d'albums. Nous avons écouté pas de disques, et parfois, même des producteurs de renom, n'avaient pas forcément un rendu qui nous attirait. Si tu veux avoir un bon rendu, il faut passer du temps avec le gars (Jens Borgen ou Jacob Hansen par exemple), mais ça, nous n'avons clairement pas les moyens de le faire. Si c'est juste pour avoir une oreille extérieure, envoyer les pistes au gars, qui mettent trois quatre jours pour les mixer. Aussi bon soit-il, il ne fera pas de miracle. Donc, soit tu as 15 000 balles à dépenser, soit tu fais toi-même et tu as tout le temps que tu veux pour faire des retouches. Par contre, nous sommes passés par un studio pour le mastering, c'est intéressant pour les ajustements. Nous avons quand même essayé d'avoir un son pas trop standardisé, même si je pense, que, de ce point de vue, notre premier album possède un son plus rugueux.


Metalship : Comment on se retrouve à bosser sur Pitch Black Records, un label de Chypre ?

Nous avons envoyé l'album à tous les labels dont nous avons trouvé le contact. 5 ou 6 nous ont répondu (des Grecs, des Finlandais, des Italiens et même des Français). Nous avons hésité entre l'offre du label français et celle de Pitch Black Records. Et finalement, nous avons opté pour l'offre qui nous semblait la plus sympa. Nous avions eu de bons échos de ce label. C'est un peu un saut dans l'inconnu, mais le contact est très bon.


Metalship : Vous utilisez l'anglais pour tout, même pour la communication sur votre page Facebook…

L'anglais, c'est incontournable. Nous sommes vraiment dans une culture anglophone du Metal. Bon c'est vrai qu'on pourrait mettre les posts en français, on nous l'a déjà reproché


Metalship : D'ailleurs, est-ce que tu penses qu'en France les groupes locaux manquent de soutien ?

C'est un euphémisme et ce n'est pas nouveau. Après, je ne sais pas, peut-être que dans tous les pays, les gens se disent la même chose. Un manque de moyens, un manque de médiatisation, c'est certain. En France, nous n'avons pas du tout de culture rock. Cela pose un peu problème. Les metalleux sont des gens motivés et passionnés, mais cela reste une niche. Il y a aussi une surproduction évidente. C'est difficile de suivre toute l'actualité et c'est aussi difficile de sortir du lot.


Metalship : On va en venir sur un morceau en particulier, "Syria". Que peux-tu nous en dire ?

Globalement, tous les textes sont assez engagés et assez personnels. Et il est vrai que ce sujet me tenait particulièrement à cœur. J'ai vu pas mal de documentaires assez déprimants sur le sujet. Je suis le seul expatrié du groupe (basé dans le Sud) et je bosse à Paris. Tu croises énormément de réfugiés syriens. Parfois tu sympathises un peu avec eux, tu amènes du chocolat pour les enfants. Puis le lendemain, ils ne sont plus là et tu ne sais pas ce qu'ils sont devenus. Au moment de l'écriture, ORPHANED LAND donnait un concert à Paris, je suis allé voir Kobi Farhi pour lui proposer. Il a été partant tout de suite. C'est pareil pour Yossi Sassi, leur ex-guitariste, que j'ai contacté via Facebook. Cela avait du sens pour eux car ils viennent du Moyen-Orient et le thème de la chanson est proche des leurs. Je pense qu'ils donnent une dimension supplémentaire à "Syria". Nous avons la version "sans" et la version "avec" et je peux t'assurer que cette dernière est nettement meilleure. J'en ai eu des frissons à la première écoute.



Metalship : Par contre, tu ne penses pas qu'un tel titre phagocyte un peu le reste de l'album ?

A la limite, si les gens retiennent déjà ce titre, ce sera pas mal !


Metalship : Du coup, est-ce que l'agencement de la tracklist vous a demandé une réflexion plus ardue ?

Ah, complètement ! Je suis psychorigide sur le sujet ! C'est moi le plus chiant là-dessus ! J'ai la culture de l'album. C'est comme un film, ça se construit. Il faut que ce soit bien équilibré.


Metalship : On trouve également une reprise de SAVATAGE. Pourquoi ce groupe ?

Parce que c'est le meilleur groupe du monde ! Ce sont surtout Greg et moi qui adorons ce groupe. Il y a plein de groupes de Power Metal, mais il n'a aucun équivalent à SAVATAGE ("Tonight he grins again", issu de Streets : A Rock Opera. C'est d'ailleurs dommage qu'ils n'existent plus car personne n'a comblé le vide qu'ils ont laissé. Mes albums préférés sont Gutter Ballet et Edge Of Thorns, pour les deux époques, Oliva et Stevens.


Metalship : Et les autres influences ?

Pour moi, le deuxième plus grand groupe du monde, c'est BLIND GUARDIAN. J'ai tendance à architecturer les lignes de chant comme Hansi Kursch. J'adore ce groupe depuis longtemps. Après on part dans une liste sans fin avec tous les classiques comme IRON MAIDEN, MEGADETH et METALLICA. Je suis un gros fan de Thrash. Pour les groupes récents, je préfère écouter des groupes au style assez différents de ce que j'écris. J'aime beaucoup SOLSTAFIR par exemple.


Metalship : C'est toi qui a réalisé l'artwork de l'album…

Mon vrai travail, c'est graphiste 3D. Comme j'écris les textes, il y a forcément les images qui viennent en tête. Donc je propose très tôt des trucs aux gars et après on en discute. C'est vraiment un ensemble. Pour le prochain, on fera sans doute appel à un vrai illustrateur. Je touche un peu mes limites et on aimerait vraiment un truc qui pète la prochaine fois.



Metalship : Est-ce qu'avec ce nouvel album, vous avez l'impression d'avoir franchi un niveau ?

Oui c'est le cas. Et on espère encore progresser avec le prochain album. De toute façon, tout ce que tu écris, c'est en réaction par rapport à ce que tu as fait avant. Si tu as fait un truc plutôt Thrash, tu voudras sûrement faire un truc plus calme. Donc, il y aura des choses différentes. On ne sait pas si on va arriver à un autre niveau, mais on va essayer de nouvelles choses. On n'a pas vraiment envie de se répéter.


Metalship : Au niveau de la promotion de l'album, avez-vous des dates de concerts, ou est-ce que cela reste plus compliqué ?

Beaucoup plus compliqué. On a plein de contacts, mais comme on ne savait pas avec qui et quand allait sortir l'album, on s'y est pris un peu tard. C'est une erreur. Mais on fait des efforts pour trouver des dates. Mais nous avons vraiment l'envie de défendre l'album sur scène. Surtout quand on voit comment ça joue en répétitions, même si c'est toujours plus facile à la maison. Nous sommes optimistes sur les prestations live.


Metalship : Je te laisse le dernier mot…

Tu me prends un peu de court. Je trouve dommage de mettre beaucoup d'argent dans un collector d'un grand groupe (comme METALLICA, sans rien contre eux), même si je comprends qu'on soit fan d'un groupe, alors que tu peux avoir, pour le même prix, plein d'albums de groupes plus petits, sur Bandcamp par exemple. Il faut laisser la chance aux indépendants !


Metalship : Merci à Stéphane Fradet et à PARALLEL MINDS



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ajouté par Gandalflegris, le 15 janvier 2020 pour Metalship

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