Retour à l'accueil
Interviews :: Interview de Perrine Chevalon / A Gauche De La Lune

Interview de Perrine Chevalon / A Gauche De La Lune


Metalship continue de faire découvrir les coulisses de la scène metal. Après Axl Meuriche, rédacteur en chef d'Heretik Magazine, c'est au tour de Perrine Chevalon, responsable de la communication pour la société d'organisation de concerts A Gauche De La Lune, basé à Lille de nous éclairer sur son métier, toujours à travers le prisme de notre musique favorite bien entendu !




Metalship : Peux-tu commencer par te présenter rapidement ?

Je m'appelle Perrine Chevalon. Je m'occupe de la communication pour A Gauche De La Lune, qui est un tourneur depuis 1995. Nous organisons des concerts en région et aussi des festivals. A côté de ça, nous réalisons aussi des prestations comme la programmation dela grande scène de la fête de l'humanité. Nous travaillons aussi avec le stade Pierre Mauroy de Lille – Villeneuve d'Ascq. Cela fait dix ans que je suis chez A Gauche De La Lune, et avant je m'occupais du Main Square Festival.


Metalship : Travailler dans le domaine musical, c'était une évidence pour toi, ou pas du tout ?

Non, pas du tout. Au départ, je me destinais plutôt à l'animation. Et je me suis retrouvé dans en stage dans un festival, le Art Rock de St Brieuc. Et je me suis pris une énorme claque. Pas tant du point de vue musical, mais plutôt du côté évènementiel et du plaisir que cela procure au public. Un plaisir que se répercute sur les organisateurs. Et ça a été une vraie révélation. C'est devenu une obsession. J'ai vraiment eu une vision des choses qui était différente. J'allais au concert en tant que spectatrice. J'ai fait de la musique depuis l'école primaire. J'en ai toujours fait. C'est un milieu qui me plaisait déjà à la base, mais cette effervescence c'est autre chose. Je voulais donc bosser dans la musique, mais vraiment dans le concert sous toutes ses formes : le festival, la tournée…


Metalship : Et cela a donc été déterminant pour ton orientation dans les études…

J'étais déjà dedans car j'étais en école de communication. Mais je souhaitais faire un cursus dans l'animation ou le design. Mais je suis finalement plus restée sur la communication, avec une préférence pour l'évènementiel musical.


Metalship : Quelle école as-tu fréquentée ?

J'ai fait E.F.A.P. L'Ecole Française des Attachés de presse et des Professionnels de la communication.


Metalship : Et donc après, quel a été ton parcours professionnel ?

Je suis sorti un petit peu tôt. J'ai fait les choses un peu vite parce que je me suis retrouvé avec un Bac +4 à 20 ans. Avoir une tronche de poupon et devoir chercher du travail, ce n'était pas forcément très facile. Je me suis souvent retrouvé en short list, mais souvent refusée car trop jeune. J'ai donc repris les stages et je suis allé chez Universal Music pour m'occuper du merchandising de tournée d'artistes comme Johnny Hallyday, Mylène Farmer. Des comédies musicales aussi. Cela a été une expérience très enrichissante. Ce n'est pas une approche du disque, c'est une approche du live sans en être. C'est ce qu'on appelle les projets spéciaux. Mais c'est pertinent car il s'agit d'appréhender le public et ses envies, d'anticiper pas mal de petites choses. Ce n'est pas l'approche à laquelle on pense logiquement, on raisonne plus en terme de disque et de concert. Cela m'a permis de découvrir d'autres métiers comme la synchronisation, le travail sur des dvds, la collaboration avec les marques.


Metalship : Et bosser pour une grosse entreprise comme Universal , c'est comment ?

Je l'avais fait en me disant que cela ferait un nom important à mettre sur mon cv. Quand tu veucx travailler dans la musique, cela peut être intéressant d'intégrer Universal que tout le monde connait. La personne qui m'a encadré dans ce stage était ultra compétente et ultra intéressante dans sa vision des choses. Cela vraiment été une sorte de mentor. J'ai ensuite été embauché en CDD. Je voyais ce passage chez Universal comme un marchepied vers autre chose. Et, en ce sens, cela a été très efficace.


Metalship : Et après, tu es revenu dans le Nord...

En fait, je n'ai jamais quitté le Nord, je faisais les allers-retours tous les jours. C'était moins complexe et onéreux que de se loger sur Paris. Retour à Lille et j'ai pris assez rapidement un poste dans un office de tourisme pour travailler sur le développement de produits culturels autour du Louvre Lens. C'était alimentaire, mais au final intéressant. Il y a toujours un aspect challenge. Je n'avais jamais collaboré avec des collectivités par exemple. Ensuite, je suis parti chez France Leduc pour organiser des concerts en région et le Main Square Festival. Je me suis occupé de la communication pendant trois ans. Puis A Gauche De La Lune est venu me chercher. C'était il y a dix ans.


Metalship : Alors que peux-tu nous dire sur A Gauche De La Lune justement ?

Alors A Gauche De La Lune, c'est une structure d'une quinzaine de personnes. Elle existe depuis longtemps et n'arrête pas d'évoluer. Au-delà du fait de travailler avec des gens biens, il y a une vraie part qui est réservée au développement de projets. Les artistes dont on s'occupe correspondent à l'équipe musicalement ou humainement. Rien n'est jamais fait par dépit. Nous avons déjà refusé de programmer des artistes parce qu'ils n'étaient pas en accord avec nos envies, même en sachant qu'ils allaient remplir la salle et qu'on allait gagner de l'argent. Je vois A Gauche De La Lune comme une sorte de blob qui évolue en permanence, qui s'enrichit. Cela fait dix ans que j'y suis, et il n'y a jamais eu six mois identiques. J'ai rarement connu ça.



Metalship : A 15, cela reste assez familial...

Oui, mais chez France Leduc, nous étions 3, mais ce n'était pas du tout la même façon de travailler. Là, si qui que ce soit a une bonne idée, elle sera prise en considération.


Metalship : Et toi, quel est ton poste précis ?

Directrice de la communication. Nous sommes 3 et nous nous occupons du pôle communication et billetterie. C'est vraiment la communication au sens très large : marketing, relation presse, réseaux sociaux, web, community managment. Et la billetterie, parce que finalement pour un producteur de spectacle, c'est le nerf de la guerre.


Metalship : Et tu es donc souvent sur le terrain, les soirs de spectacle.

Souvent oui. Cela reste un métier passion. Et si tu n'as pas envie d'être sur le terrain, c'est problématique. C'est quelque chose qui me plaît toujours. Et du point de la communication pure, c'est le meilleur moment pour rencontrer le public, pour savoir ce qui a fonctionné, ou pas dans ce qu'on a mis en place. Il faut aussi gérer le planning promo avec les interviews éventuelles.


Metalship : Quelles sont pour toi les qualités qu'il faut pour faire ce métier ?

Il faut être hyper rigoureux, hyper organisé. On passe sans cesse du coq à l'âne, donc il faut l'être. A Gauche De La Lune, cela représente entre 800 et 1000 évènements par an. On passe donc son temps à changer d'interlocuteur. Il faut savoir où on en est, où on va. La passion aussi, car les concerts se déroulent le week-end, les jours fériés, les soirs de semaine. Il y a des mois chargés, des mois plus calmes. Par exemple, le Festival Les Paradis Artificiels, ce sont 23 évènements en 7 jours. On enchaîne, on se couche tard, mais le matin il faut être au bureau pour préparer les concerts à venir. Il faut être très disponible. Quand un artiste t'appelle, c'est à n'importe quel moment. C'est un métier chronophage, mais à partir du moment où tu es passionné, on est prêt à accepter ce genre de choses, cela rentre dans ton ADN et ça fait partie du truc.


Metalship : Tu en oublierais presque que c'est un travail en fait…

Oui, c'est un peu ça. Et tout à l'heure, on soulignait le côté familial d'A Gauche De La Lune. Nous avons une équipe très soudée et c'est important car on peut se côtoyer 7 jours sur 7.


Metalship : Et tu trouves aussi le temps de te consacrer à une autre passion le roller derby.

Oui, je n'ai pas que mon métier. C'est un sport relativement prenant. Avec mon club, nous participons aux championnats de France. Cela demande aussi du temps. Cela me permet de me détendre et de se défouler. Pour faire une parenthèse roller-derby, quand tu fais de la compétition, cela demande un investissement. Nous avons des coachs, des préparateurs physiques. L'association dont je fais partie possède aussi des équipes pour les enfants, pour les hommes, et même des pom-pom boys absolument géniaux ! Nous sommes la plus grosse ligue de France, la seule avec un salarié, mais cela reste une structure bienveillante. C'est bien de faire autre chose que la musique, et de pouvoir parler d'autre chose. Cela correspond bien à mon caractère, j'ai besoin d'avoir un moment de décompression. Bosser dans le concert génère pas mal de stress, comme d'autres métiers, et on a besoin de se détendre. Parenthèse refermée !


Metalship : Comment s'organise tes journées ?

Je me fais un planning le matin en arrivant et des 90 % des cas, je ne le suis pas ! Souvent, je me retrouve beaucoup sur ma boîte mails, notamment à cause de la multiplication des interlocuteurs, artistes, salles, médias, public…On évalue les priorités et on essaye d'en faire le maximum en une journée. On échange beaucoup au sein de l'équipe. Cela passe beaucoup par dela discussion, du dialogue…et de la boîte mail.


Metalship : Les réseaux sociaux sont devenus importants…

Oui, indispensables ! Et mine de rien, on y passe aussi beaucoup de temps. Mais tout est important. Une création d'affiche par exemple. Si le visuel n'est pas bon, il ne va pas accrocher l'œil et du coup, on va perdre en communication. Le contexte est différent selon les villes, selon les types de concert. Il y a plein de petites choses auxquelles il faut prêter attention.


Metalship : De quels artistes s'occupent A Gauche De La Lune ?

Je vais te citer des noms au hasard : WAX TAYLOR, GIRLS IN HAWAII, VOYOU, CAMP CLAUDE, BALTHAZAR…mais il y en a plein d'autres.


Metalship : Et au niveau du metal ?

On s'occupe de THE PSYCHOTIC MONKS et BIRTH OF JOY (en photo), mais on est plus sur du rock et du stoner. Au niveau du metal, on fait beaucoup plus du concert en région qu'en tournée pur et dur.



Metalship : Qu'est-ce qui différencie un concert de metal d'un autre concert ?

Déjà, quand il y a un évènement metal, on va limite se battre pour bosser dessus car le public metal est le meilleur public du monde. Les gens sont tellement agréables, cools, détendus que ce n'est que du bonheur.


Metalship : Il y a des styles musicaux où c'est moins cool ?

Je n'ai pas vraiment de genre musical en tête, mais sur certaines dates, on sait qu'on va avoir une typologie d'artistes ou de publics où ce sera plus compliqué. On passe forcément une moins bonne journée et une moins bonne soirée. Pour revenir au metal, on va avoir un public très actif sur les réseaux sociaux, donc on va beaucoup axer la communication là-dessus. On ne va pas aller coller des affiches un peu partout en ville. On va travailler sur des points très précis. Il y a une notion de communauté. Ce public suit l'actualité, il est très informé. Ils savent ce qu'ils aiment et pourquoi ils l'aiment. C'est presque le public parfait. On doit plutôt bien traiter les concerts de metal car le Download nous a contactés pour appuyer sa communication en région.


Metalship : A un niveau plus personnel, qu'est-ce que tu aimes en musique ? Et quel est ton rapport avec le metal en particulier ?

Mon rapport personnel à la musique est simple, je ne peux pas faire une journée sans musique. Comme je l'ai dit tout à l'heure, j'ai commencé la musique en CM1. J'ai une formation classique et jazz. Le metal, j'ai commencé à en écouter quand j'étais ado. Avec mon frère, on a exploré tous les styles, du nu metal au black metal. Mon frère fait d'ailleurs son pèlerinage au Hellfest tous les ans. Nous sommes restés dedans. Maintenant, je n'écoute pas que ça. J'ai vraiment des périodes. Maintenant avec les téléphones, c'est plus simple, mais avant j'avais toujours les albums dans la voiture, un lecteur mp3.


Metalship : Et si tu devais citer des artistes qui te tiennent particulièrement à cœur ?

Alors, là on est encore là demain !


Metalship : Des artistes sur lesquels tu reviens tout le temps ?

Ce ne sera pas forcément du metal. S'il faut rester sur très peu d'artistes : David Bowie, VELVET UNDERGROUND, BrIan Eno et ROXY MUSIC. Iggy Pop aussi. Mais en bossant dans la musique, je me rends compte que plein d'artistes peuvent être intéressants, de plein de façons différentes. J'ai toujours l'impression d'être un chien de chasse en alerte. Mais le metal reste aussi une madeleine de Proust vers laquelle je reviens régulièrement.



Metalship : Tes goûts personnels influencent-ils tes choix dans le travail ?

Non. Je fais bien la distinction. Mais je me rends bien compte que je suis plus motivée en travaillant sur quelque chose qui me plaît. Tu as envie de fermer la billetterie pour aller voir ce qu'il se passe en salle.


Metalship : Avec quels artistes as-tu apprécié de collaborer ?

Récemment en metal, AVATAR c'était top. Les mecs sont adorables ! MOTORHEAD, au-delà de la claque sur scène, c'était le top. Iggy Pop aussi. En plus, j'ai de l'admiration pour le bonhomme. Dans un autre genre, à la fête de l'humanité, on a bossé avec Juliette Gréco, et c'était formidable. Cette dame avait 90 ans à l'époque et elle a subjugué tout le monde. Elle m'a fait pleurer lors du concert, ce qui ne m'arrive jamais. C'est d'autant plus fort lorsque tu ne t'y attends pas ! Mais il y a plein d'autres groupes avec qui j'ai apprécié de travailler.



Metalship : Et que faut-il faire pour te mettre en colère ?

Ne pas être réglo. Annoncer des trucs et ne pas s'y tenir. S'il n'y a pas de sérieux, ça ne va pas. Nous sommes là pour développer des carrières d'artistes mais aussi pour donner du plaisir aux gens. Et c'est toujours mieux quand ça se passe bien et que le public ne perçoit pas ton travail d'organisation. Si ce n'est pas rigoureux, il y a toujours un moment où ça coince. Il faut que les gens soient impliqués, qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes, et c'est le cas chez A Gauche De La Lune. Le roller derby aide aussi à se détendre.


Metalship : Et tu as développé des affinités avec certains?

Oui bien sûr, lors d'une tournée ou d'une sortie d'album, les artistes, on les as au téléphone plus que notre mère. Parfois, tu peux avoir des gens plus tendus, à cause de la surprotection d'un entourage à cause de soucis dans le passé, avec une salle, un tourneur. Mais à partir du moment où ils voient que ça se passe bien, que c'est pro, tout se détend.


Metalship : Depuis que tu as commencé, as-tu constaté une évolution dans le domaine musical, et dans ton métier ? Et comment vois-tu l'avenir ?

Il y a eu plein d'évolutions. Evolution de la consommation. Nous sommes plus du tout sur une consommation d'albums, mais de titres avec le développement du streaming et des playlists. Alors ce que je te dis, c'est une généralité que je n'applique pas du tout au metal, qui continue de fonctionner à l'album. Ce que j'ai remarqué, c'est qu'il n'y a plus vraiment d'identification entre la musique et le nom de l'artiste. On ne connaît la chanson, mais pas forcément l'artiste. Et ça, ça porte préjudice au concert. Avant, on travaillait la communication au long cours. Maintenant, il faut mettre l'accent sur la date et la mise en vente, qui sont devenues une fondation de ton plan de communication, notamment via les réseaux sociaux. Tout est basé là-dessus, et tu ne peux pas te louper. C'est un comportement assez récent, sur lequel on doit s'adapter. Sur l'évolution de notre métier de communicant, les réseaux sociaux ont rebattu intégralement les cartes. Maintenant, nous sommes sur un double mode de consommation. Les ados sont incapables de se décrocher de leur téléphone et la communication ne se fait plus qu'à travers ce prisme. C'est la petite mort des chaines de télé au profit de Youtube, de presse écrite, et même de presse quotidienne. Et à côté de ça, tu vas avoir des gens qui prennent conscience de l'utilisation de leurs données et décident de prendre de la distance avec ça. Et tu as donc deux modes de fonctionnement qui se mettent en place. Et je pense qu'on va éventuellement assister à un retour en arrière à cause de la surexploitation des réseaux sociaux.


Metalship : Et toi, quel est ton mode de consommation de la musique ?

Je fonctionne différemment selon les supports. Mes vinyls ne concernent pas forcément de la musique actuelle, mais plutôt des vieux trucs, des Bowie, des enregistrements de jazz. Les cds, c'est plutôt dans ma voiture, notamment pour m'imprégner des artistes sur lesquels je travaille. Au format digital, je fonctionne au titre, à base de playlists. Par contre, j'ai beaucoup de mal avec le streaming.


Metalship : Un dernier mot pour conclure ?

Nous avons parlé de plein de sujets, c'était cool, donc merci à toi et à Metalship !


Metalship : Merci à Perrine et à A Gauche De La Lune.


Signaler un article incomplet Signaler une erreur
ajouté par Gandalflegris, le 21 septembre 2018 pour Metalship

(0)



Interview précédente

Tout

Interview suivante


Commentaires




Perrine Chevalon / A Gauche De La Lune



Groupes en rapport


Stress
Stress
Voir la page du groupe
Création : 1977
Genre : Speed Metal
Origine : Brésil


Albums chroniqués :
Chronique de Stomp 442
Stomp 442
1995

Chronique de Stomp 442
Stomp 442
1995

Chronique de Persistence of Time
Persistence of Time
1990

Chronique de State of Euphoria
State of Euphoria
1988

Anthrax
Anthrax
Voir la page du groupe
Création : 1981
Genre : Speed Metal
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Grave Digger
Grave Digger
Voir la page du groupe
Création : 1980
Genre : Speed Metal
Origine : Allemagne

Concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de 21
21
2012

Chronique de Strings to a Web
Strings to a Web
2010

Chronique de Speak of the Dead
Speak of the Dead
2006

Chronique de Unity
Unity
2002

Rage
Rage
Voir la page du groupe
Création : 1983
Genre : Speed Metal
Origine : Allemagne


S.D.I.
S.D.I.
Voir la page du groupe
Création : 1984
Genre : Speed Metal
Origine : Allemagne


Albums chroniqués :
Chronique de New Era
New Era
2008

Revolution Renaissance
Revolution Renaissance
Voir la page du groupe
Création : 2008
Genre : Speed Metal
Origine : Finlande


Bulldozer
Bulldozer
Voir la page du groupe
Création : 1980
Genre : Speed Metal
Origine : Italie