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Interviews :: Interview de Ex Deo

Interview de Ex Deo


Interviewer Maurizio Iacono, c'est avoir la possibilité de pouvoir parler de deux projets respectés et reconnus EX DEO et KATAKLYSM. C'est aussi l'assurance de passer un agréable moment en compagnie d'un bonhomme loquace et sympathique, qui répond aux questions de Metalship sans langue de bois.




Metalship : EX DEO était sur les routes d'Europe du 3 avril au 13 mai, en compagnie de WIND ROSE et d'ENSIFERUM, comment s'est passé cette tournée ?

Maurizio Iacono (chant) : Cela se passe très bien. Cela faisait longtemps que nous n'avions rien fait avec EX DEO, donc cette tournée est spéciale pour nous. Le projet principal reste KATAKLYSM, mais nous disposions d'un peu de temps avant que le nouvel album ne sorte. Nous pensions donc que c'était le bon moment pour venir. Pour faire une présentation de ce qu'est EX DEO à l'heure actuelle.Pour montrer qu'on existe encore.


Metalship : C'était un gros run, avec beaucoup de dates...

Oui, c'était long. Peut-être un peu trop. Mais ça va !


Metalship : Vous avez traversé pas mal de pays, quel a été l'accueil le plus fou ?

Cela s'est bien passé partout. En Espagne et en France, ça a été très fort, ce sont un peu les highlights. En Allemagne, c'est toujours bien aussi car KATAKLYSM est reconnu dans ce pays. La Scandinavie était bien sympa également.


Metalship : Votre bassiste Dano Apekian a dû quitter la tournée…

Oui, pour raisons personnelles, un mariage notamment. Il ne pouvait pas nous accompagner pendant six semaines, c'était un peu trop long. Mais on s'est adapté et on a joué EX DEO à la KATAKLYSM si on peut dire !


Metalship : Tu n'as pas l'impression d'être un Empereur romain qui part à chaque fois à la conquête de nouveaux territoires ?

Oui, cela donne cette impression quand tu es sur scène. Comme si tu étais dans un film. C'est un peu aussi le concept d'EX DEO qui veut ça, c'est plus théâtral que KATAKLYSM, qui est plus social.


Metalship : D'ailleurs, si tu pouvais retourner dans le passé et incarner un Empereur romain, quel serait ton choix ?

Ce serait surement Marc-Aurèle. Plus philosophe, il avait un peu plus la tête sur les épaules que d'autres, qui avaient des côtés un peu trop extrêmes, qui leur ont été fatals souvent d'ailleurs.


Metalship : Ne penses-tu pas qu'on puisse établir un parallèle entre le monde antique et le nôtre en se disant que finalement, rien n'a changé.

Tout à fait. Et c'est aussi pour cela que l'album d'EX DEO s'appelle Immortal Wars. Ca continue encore aujourd'hui, les mêmes territoires, les mêmes idées, rien n'a changé. L'évolution humaine a suivi son cours, mais la mentalité à l'intérieur est encore animale.



Metalship : Tu ne penses pas que Donald Trump ce serait un bon empereur romain ?

Ah ah ah, oui c'est sûr, il serait bien placé ! Je pense que n'a pas les capacités de diriger comme il veut le faire. En plus, il doit gouverner une grande population. Rome dans l'antiquité, c'était juste un million d'habitants. Comme à cette époque, tu as quelques des extrêmes, de droite ou de gauche, et la grande majorité est au milieu. Mais ce sont ceux qui ont l'argent qui ont le contrôle. Et Trump a assurément le bon profil !


Metalship : Tu es d'origine italienne, tu es né au Canada et tu vis aux Etats-Unis…

Mes parents sont nés tous les deux en Italie, moi, je suis né au Canada. J'ai vécu l'ambiance italienne au Canada. Je parle français car j'ai été à l'école là-bas. Et là, j'habite depuis 15 ans à Chicago.


Metalship : Est-ce que EX DEO est aussi un moyen pour toi de ne pas oublier tes racines…

Oui, c'est important de garder nos racines. Ce n'est même pas une question de nationalité. L'Empire Romain a fait de bonnes choses, et de moins bonnes choses. Comme dans toute culture, il y a du bon et du mauvais. Surtout quand la religion est entrée dans le jeu. Mais il y a une belle évolution qui s'est faite au bout de la ligne. Je suis fier d'être italien, de mes racines. En plus, l'histoire de l'Italie est thématiquement très riche pour le metal.


Metalship : L'album Immortal Wars est sorti en février 2017. D'habitude, on n'a pas de recul car les interviews se font avant ou juste après la sortie, mais là on en a. Donc, avec ce recul, quel regard portes-tu sur cet album ?

C'est un album qui a été très difficile à faire car l était centré sur un thème unique : Carthage, Hannibal et les guerres puniques. Il fallait rester dans ce thème là, c'était donc plus comme un histoire qui s'écrit. Tu presses "play" et c'est parti. En cela, c'est différent des autres albums où les chansons étaient plus autonomes. Par contre, il manque peut être un titre qui ressort comme "Romulus" ou "Caligula". Cela manque un peu. Mais à part ça, l'album est plutôt réussi et a été bien accueilli par la critique.


Metalship : Vous arrivez donc un peu à la fin d'un cycle l'album Immortal Wars. Est-ce que EX DEO va se mettre en sommeil pour laissser la place à KATAKLYSM ?

C'est toujours la grande question ! C'est difficile avec les deux groupes. Mais, contrairement à la dernière fois, je voudrais garder EX DEO plus vivant. Même si on fait court ou peu, on fera quelque chose. D'ailleurs, nous avons déjà des idées pour le prochain album.


Metalship : Pourrait-on voir un jour les deux groupes sur la même affiche ?

J'ai essayé mais c'est trop difficile pour moi au niveau de la voix. Dans KATAKLYSM, j'utilise 4 ou 5 tons, dans EX DEO, 2 ou3. Mais, c'est trop compliqué d'enchainer les deux. C'est trop intense et je préfère me concentrer sur l'un ou l'autre. Mais dan le cadre d'un festival, je peux faire un groupe un jour et l'autre le lendemain.



Metalship : L'actu, c'est le nouvel album de KATAKLYSM, Meditations, paru le 1er juin sur Nuclear Blast. C'est un titre assez surprenant pour un album de death metal…

C'est pour ça qu'on l'a fait pour surprendre ! Pour moi, la musique a toujours été une guérison, un refuge. A chaque fois que quelque chose va mal, je mets les écouteurs et le reste du monde n'existe plus. Cela me soulage, ça peut même m'aider à m'endormir. Certains font du yoga, je ne vois pas en faire, ce n'est pas mon truc. Je préfère la musique. L'album ouvre une porte pour explorer le monde.


Metalship : Le e est d'ailleurs inversé dans le titre…

C'est juste pour que ça ne sonne pas seulement comme méditations, mais comme éventuelllement une ouverture vers autre chose.



Metalship : Le premier titre que l'on a pu entendre, c'est "Guillotine", un titre très français. Et c'est un titre très intense. La lyric vidéo qui l'accompagne est d'ailleurs dans le même ordre d'idée, avec beaucoup d'images…

Oui, cela donne mal à la tête ! C'est une chanson de revanche. Une chanson que tu peux envoyer à tes ennemis. Il couvre beaucoup d'aspects de la musique de KATAKLYSM. Court, direct, intense…


Metalship : Cet album marque un peu un retour aux sources dans la façon de composer…

C'est le premier album qu'on refait tous ensemble. Les 4 mecs dans ma maison, comme on faisait dans le temps quand on a fait Shadows & Dust (2002) ou Serenity In Fire (2004). On est revenu à cette idée là. Tout le monde habite loin et on avait pris l'habitude de travailler à distance grâce aux nouvelles technologies. On voulait changer ça et de travailler plus ensemble. Je crois que c'est un album très divers. Je pense aussi que c'est un album très honnête qui englobe tous les éléments qui font de KATAKLYSM ce qu'il est. Il passe en revue toute la carrière du groupe.


Metalship : C'est vraiment en cela qu'il est différent de vos autres albums…

Oui, oui. Il y a des chansons qui durent 3 minutes. On voulait être directs et ne pas faire des titres de 10 minutes si c'était inutile, juste pour se faire plaisir. On se disait ça sonne bien comme ça, on laisse comme ça. "In shadows & dust" dure moins de trois minutes et a été écrit en deux heures. Même chose pour "As I slither". Et c'est un de nos titres les plus emblématiques. On y était allait au "gut", à l'instinct. Et là, pour le nouvel album, c'est pareil. Nous sommes donc très satisfaits. On aime également le son obtenu grâce à un producteur différent.


Metalship : Justement, j'allais y venir. Vous avez travaillé avec Jay Ruston pour la production. Pour lui, c'était le premier de death metal. Souhaitiez-vous avoir un œil nouveau sur votre musique ?

Cela fait 20 ans que les groupes utilisent toujours les mêmes producteurs. On voulait essayer quelque chose de différent. On voulait un gros de batterie par exemple. Ce qui est drôle c'est que c'est un album très organique et les gens pensent que c'est un album très "processed", comme FEAR FACTORY, un truc très électronique, avec plein d'effets. C'est tout le contraire et cela montre qu'on ne sait plus faire la différence entre les deux. C'est incroyable à quel point les gens ont pu suivre l'opinion d'une ou deux personnes. En tout cas, nous sommes très satisfaits car c'est le plus gros son que nous n'avons jamais eu. Ce mec est capable de t'apporter quelque chose de spécial. Au début, Jay Ruston était un peu stressé car il s'était occupé de groupes comme STONE SOUR, STEEL PANTHER ou ANTHRAX. Il est Canadien et il voulait travailler avec un groupe canadien. Mais une musique comme celle de KATAKLYSM c'était nouveau pour lui. Cela a pris du temps pour le mixage, environ deux mois.


Metalship : Si tu devais décrire cet album en trois mots…

Si tu devais décrire cet album en trois mots…


Metalship : KATAKLYSM a participé à plusieurs festivals cet été, est-ce qu'il y a en a que tu attends plus que d'autres.

Oui, le Grasspop, le Hellfest aussi. Et le Summer Breeze. La dernière fois au Hellfest, ils nous avaient fait joué en même temps que IRON MAIDEN, il n'y avait donc pas trop de monde car tu ne peux pas entrer en compétition avec IRON MAIDEN, c'est impossible ! Cette année, le créneau horaire est mieux, en soirée en plus. Le Summer Breeze nous tient aussi à cœur car nous avons réalisé notre dvd là-bas (Iron Will : 20 Years Determined, paru en 2002).


Metalship : Jouer en Italie, cela reste particulier pour toi...

Oui. Je préfère y aller pour manger et boire du vin mais y jouer c'est cool aussi. Mais c'est un pays qui a du mal avec le metal. C'est plus l'électro, les discothèques ! En France, c'est mieux. Et au Canada encore plus.



Metalship : Tu es aussi très impliqué dans l'industrie musicale puisque tu as une agence de booking et tu manages des groupes. J'ai lu dans une interview (dans Metallian) que c'est plus compliqué que ce que les gens croient, tu as même utilisé le terme de mafia…

Il faut connaître les bonnes personnes. Si tu n'as pas les bons contacts, que tu es un outsider, c'est très difficile. Sur le nouvel album, la chanson "Outsider" parle un peu de cela. C'est parfois compliqué de faire les choses de manière honnête. Je gère des groupes et je leur apporte mon expérience. Il y a des groupes qui écoutent, d'autres moins. Cela a l'air cool de partir en tournée par exemple, mais de nombreuses semaines loin de chez toi, dans un lit pas terrible, ce n'est pas toujours facile. Les groupes qui ont du succès en veulent toujours plus, c'est l'instinct humain. J'ai commencé en 2008 – 2009 avec ALESTORM. Il n'y avait pas 100 personnes à leur concert à cette époque. Là, ils sont devenus très gros. Notre vision des choses n'est plus tout à fait la même. Mais mon contrat se termine à la fin de l'année, donc je ne sais pas trop ce qui va advenir. J'aime développer les projets. Je m'amuse et je prends plaisir à cela. Si tu ne prends plus de plaisir, ce n'est plus la peine de continuer. Il n'a pas que l'argent dans la vie.


Metalship : De quels groupes t'occupes-tu ?

De SEPTICFLESH que j'aime beaucoup. CARACH ANGREN, FLESHGOD APOCALYPSE. Je viens de signer WOLFHEART également. Je m'occupe également de GLORYHAMMER, mais si je ne continue pas avec ALESTORM, ce sera terminé aussi car ce sont les mêmes musiciens. Je vais m'occuper à fond de ces groupes là, ce sera déjà bien. Surtout que j'ai aussi KATAKLYSM et EX DEO bien entendu. J'ai travaillé aussi avec ICED EARTH cette année.


Metalship : Cela ne doit pas être facile de travailler avec Jon Schaeffer !

C'est pour ça que je suis parti (Rires) ! Non, il sait ce qu'il veut ou pas, mais il est cool. Après, au bout de 25 ans d'activité, quand tu dois t'expliquer trop souvent, cela devient compliqué.


Metalship : Pour finir, je vais te montrer une photo et tu me diras ce que tu en penses (Je lui montre une photo de l'élimination de l'Italie lors des qualifications pour la Coupe du monde) ?

Aie, aie…C'est le match où ils ont perdu contre la Suède. Mais bon, ce n'était plus une équipe, je crois qu'ils avaient besoin de repartir à zéro. Mais il y a la France ! Matuidi joue à la Juventus. C'est mon équipe ça !


Metalship : Un dernier mot pour conclure...

Merci à tous de continuer à soutenir EX DEO et KATAKLYSM après toutes ces années !


Metalship : Merci à Maurizio Iacono, à EX DEO et KATAKLYSM, à Lukas Frank de Napalm Records.



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ajouté par Gandalflegris, le 26 août 2018 pour Metalship

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