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Interviews :: Interview de Talvienkeli

Interview de Talvienkeli


Les Français de TALVIENKELI ont sorti l'un des tous meilleurs albums de 2017 avec Hybris, paru sur le label italien WormHoleDeath. Le groupe affiche de grosses qualités, et surtout, une vraie personnalité. Les membres du groupe ont accepté de répondre aux questions de Metalship via skype. Et ils ont beaucoup de chose à dire ! La preuve avec ce long entretien !




Metalship : Le premier EP Blooming est paru en 2014, votre album Hybris en février 2017…Que s'est-il passé pour TALVIENKELI pendant tout ce temps ?

Camille Borrelly (chant) : Déjà, après la sortie du EP, on s'est réservé un petit temps pour le promouvoir pour essayer de jouer un peu plus. Et, en parallèle, on essayait de finaliser la composition de notre premier album. On a commencé à faire des pré-enregistrements, à travailler en répétitions pour ajouter des trucs plus humains et plus spontanés.

Laetitia Bertrand (basse) : Quand on a sorti le EP, il y avait déjà quelques chansons de l'album qui étaient prêtes et qu'on jouait en concert. On a ensuite vraiment travailler tous ensemble pour les améliorer. Pierre avait enregistré toutes les démos et avait vraiment des fichiers bien propres, bien travaillés. Puis, nous avons eu quelques départs dans le groupe. Au moment de l'EP, on avait un autre guitariste, Camille Vadin, et un deuxième chanteur, Sandre Corneloup. Nous n'étions pas tout à fait d'accord sur l'orientation du groupe. Donc, la séparation était mieux pour tout le monde. Il a fallut prendre en compte ses petits changements et, du coup, nou avons du réadapter certains morceaux, notamment "The tricked and the trickster", qui était un duo entre Camille et Sandre. Cela nous a aussi amené à repenser l'esthétique générale du groupe. Et puis, entretemps, nous avons été contacté par Wahoomi Corvi de Real Sound Studios, qui avait entendu notre EP et l'avait apprécié. Il nous a donc proposer de collaborer avec le label italien WormHoleDeath. Et ça s'était autour du printemps 2015, assez peu de temps après la sortie du EP finalement. Nous avons beaucoup dialogués avec eux par mails. Puis nous sommes allés les rencontrer en Italie en décembre 2015. Nous avons discuté avec Carlo de WormHoleDeath d'un contrat, que nous avons signé début 2016. Nous avons ensuite enregistré durant l'été 2016 là-bas, en juillet. Puis il y a eu tout le processus de finalisation graphique, de masterisation. Nous avons envoyé tout ça au Fascination Street Studios de Stockholm au mois de novembre 2016. Et l'album est sorti en février 2017. Donc c'est presque un an de production, main dans la main avec des professionnels.

Camille : Pour nous, c'était vraiment la première fois. Donc c'était aussi un apprentissage professionnel. On a la chance de bénéficier des talents de Pierre et de son home studio pour produire notre EP. Mais c'était à notre rythme. Là, il a fallut s'adapter à quelque chose de différent. Cela a aussi permis de nourrir le projet. En fait, cela a pris beaucoup de temps au début. Puis d'un que nous avons signé le contrat, ça a été comme un gros coup de boost, parce qu'ils nous ont dit qu'il fallait absolument enregistrer durant l'été car le planning était trop chargé ensuite. Il fallait donc qu'on arrange les démos, qu'on communique plus efficacement avec le label et le studio pour créer un truc potable, qui soit "enregistrable".


Metalship : Ce sont plus eux qui vous ont démarché que l'inverse...

Laetitia : Oui ! Nous étions surpris et fiers de recevoir un mail de Wahoomi. Ils ont souligné le côté organique du mixage de Pierre. Ils ont compris que nous voulions garder cet aspect, sans aller vers un truc trop numérique. On voulait garder la sensibilité des instruments et des orchestrations.

Pierre Besançon (guitare) : Ils nous ont vraiment laissé faire notre tambouille, sans être trop directifs. Ils sont allés très vite dans notre sens, même si on a eu quelques désaccords sur la production. Mais ils ont été très vite résolus.

Laetitia : Oui, d'autant qu'ils nous ont donné beaucoup de conseils, notamment les deux ingénieurs du son, Christian et Wahoomi. Ces petits changements de dernière minute ont été bénéfiques


Metalship : Quel regard portez-vous sur votre album, avec le recul ?

Camille : J'avoue qu'après les enregistrements, je l'ai mis de côté pendant plusieurs mois, sans vouloir le réécouter car le travail avait été fastidieux et intensif. Du coup, par la suite, je me disais que c'était pas mal pour un premier album, même si, bien entendu, il y aurait plein de choses à améliorer. C'est aussi motivant pour la suite, de se dire, qu'on peut s'appuyer sur un album comme Hybris pour progresser.

Paul Sordet (batterie) : Moi, ce n'était pas mon premier enregistrement. Mais j'en suis très fier. Je n'étais pas là pour le mixage du son. En fait, je trouve aussi qu'on s'en est plutôt bien sorti. Je suis très content du mix puisqu'il a été réalisé dans le fameux Fascination Street Studio de Stockholm où sont passés des grands noms comme IN FLAMES. C'est très appliqué et homogène comme mix. Niveau batterie, il y a quelques difficultés au niveau de l'enregistrement.

Pierre : Il faut dire qu'il y a des parties pas facile à jouer aussi !

Paul : Oui, mais c'était un vrai plaisir d'être là-bas.



Metalship : Globalement, pour tous, c'était une superbe expérience, et vous n'avez aucun regret…

Laetitia : Oui, on peut toujours faire mieux, mais ça reste un premier album. Ca permet de voir comment mieux se préparer sur pas mal de choses. Le fait de vivre ensemble pendant plusieurs semaines pour l'enregistrement, nous a aussi reforger en tant qu'unité.


Metalship : Je trouve qu'on n'a pas beaucoup parlé de l'album, on trouve, par exemple, peu de chroniques en français sur internet. Qu'en pensez-vous ?

Pierre : C'est vrai que la plupart des chroniques sont venues de l'étranger. Et je suis plutôt content que cela se passe comme ça d'ailleurs, même si j'aimerais bien qu'on soit un poil plus connu en France pour y jouer un peu plus notamment. Mais j'ai beaucoup plus l'attrait de l'étranger. J'aimerais bien qu'on réussisse à atteindre les pays scandinaves, là haut, car je pense que le public pour notre style est plutôt là-bas. En Allemagne, nous sommes aussi appréciés. Après un petit coup de boost en France, c'est toujours bien.

Laetitia : En France, nous n'avons pas eu les chroniques les plus abouties. J'ai l'impression que le metal progressif et symphonique n'est pas forcément bien vu en France, alors que dans les pays limitrophes, il y a un public un peu plus présent, et cela ressent dans les chroniques. En France, les gens s'arrêtent assez vite au EPICA-like ou au NIGHTWISH-like et ne vont pas voir le caractère qu'il y a derrière.

Camille : On ne nie pas non plus l'influence de ces groupes là, mais on ne cherche pas à les imiter non plus.

Pierre : Je pense qu'à l'étranger l'oreille est peut être un peu plus acérée concernant ce style. Ils essaient moins de faire des comparaisons. Ils ne vont pas se dire c'est du sous-NIGHTWISH et ne pas écouter certaines pistes. Ils vont prendre le temps d'écouter chaque morceau pour y souligner ce qui est bien et pas bien, des détails que nous n'avions pas forcément relevés, qui vont nous permettre aussi d'évoluer.


Metalship : Ne pensez-vous pas qu'en France on est moins enclin à soutenir ces groupes nationaux, contrairement aux Américains ou aux Britanniques par exemple ?

Pierre : Oui, c'est vrai. Et c'est dommage car, comme tu dis, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en Pologne par exemple, ils soutiennent beaucoup leurs groupes locaux et c'est comme ça qu'ils émergent. En France, ce n'est pas le cas. Pourquoi n'y a-t-il pas de groupes français qui cartonnent, déjà parce que les Français ne supportent pas leurs groupes locaux. On dit que les groupes scandinaves sont super bons, c'est comme ça. Mais ils sont soutenus et arrivent à s'exporter.

Camille : Certains chanteurs ou artistes ont du aller à l'étranger pour se faire reconnaître dans leur propre pays.

Pierre : Regarde, nous, on se fait promouvoir par des étrangers.



Metalship : Aucun label français ne s'est manifesté ?

Camille : Pas vraiment non. En France, il fallait payer pour un service de promotion alors que normalement, comme on le fait avec WormHoleDeath, on promeut chacun de notre côté le groupe et on récupère chacun un pourcentage des bénéfices. En France, on a l'impression que ce genre de fonctionnement est de plus en plus rare.


Metalship : Et une campagne de crownfunding, cela vous a traversé l'esprit ?

Pierre : On n'avait pas assez de crowns !

Laetitia : En fait, on y avait pensé, mais ce n'était pas la priorité. Au moment où le label nous a contacté, nous avons parlé avec eux. Ils se sont montrés un peu tiède car si cela ne marche pas, on peut se tirer une balle dans le pied. Comme ils étaient là pour nous aider pour la production et la promotion, ce n'était pas nécessaire.

Pierre : Il faut dire aussi qu'à l'époque, c'était un peu moins accepté. Puis il y a la campagne de WINTERSUN, qui a été un énorme carton. Et maintenant, c'est beaucoup plus facile de monter ce genre de trucs. On y avait pensé pour la suite car on voulait quelque chose qui nécessite une plus grosse production et un plus gros studio. Je pense que cela fait partie de nos projets pour la suite.

Camille : Le milieu artistique devient tellement précaire financièrement qu'on ne peut parfois que compter sur le soutien de deux qui apprécient ta musique ou ton projet.


Metalship : Je suppose que vous avez tous un boulot à côté et que l'investissement dans le groupe reste une passion. D'ailleurs, cela représente quoi cet investissement au quotidien ?

Camille : Oui, nous avons tous un boulot, même si certains travaillent dans l'éducation !


Metalship : Et cela représente quoi l'investissement dans le groupe au quotidien pour vous ?

Laetitia : Plusieurs niveaux. D'abord l'investissement financier. L'investissement émotionnel car nous restons un groupe d'amis. Il y a aussi toute une communauté qui nous soutient. Depuis le début, nous avons eu la chance d'avoir des gens à côté qui sont bénévoles pour nous aider, du point de vue graphique, son, visuel. Et puis, après c'est musical avec la composition et les répétitions. Il faut s'occuper du booking et du managment. Il faut gérer la communication, les pages internet, chercher des salles. Tout cela prend beaucoup de temps.


Metalship : Justement, au niveau de la composition, ça se passe comment dans TALVIENKELI ?

Pierre : Le statut a un peu changé là-dessus. Précédemment, nous avions nous claviériste, Pierre Cordier, qui nous écrivait les trois quarts des compositions. C'est une vraie machine à composer. Même si quelques morceaux ont été composés par nous autres aussi. A l'origine, la suite, cela devait être un album que Pierre avait intégralement composé et que nous n'avions plus qu'à appendre. Mais nos chemins se sont séparés récemment. Et du coup, maintenant, on va tous contribué plus à la composition. On a tous des idées, et on va commencer à les faire vivre petit à petit. Au final, ce puzzle devrait être le plus homogène possible.

Camille : Je pense que ce sera un processus plus "live". Avant, on avait quasiment plus qu'à apprendre chacun de notre côté. Puis on répétait ensemble pour que cela fonctionne. Là, on veut plus jouer sur la spontanéité.


Metalship : Donc Pierre a quitté le groupe…

Pierre: Il y a un mois, il a décidé de partir. On avait pas mal de divergences artistiques. Et comme c'est quelqu'un qui compose énormément. Il est fier de ses compos et il y a de quoi, car l'album est génial.

Camille : C'est lui qui s'est occupé de toutes les orchestrations. Il a un réel talent..

Pierre : Mais il n'était pas prêt à aller plus loin avec nous. Il voulait garder son projet.
Camille : Du coup deux modifications majeures : la façon de composer, dont on a déjà parler. Avec plus de place pour nos influences personnelles. Cela permettra de renouveller un peu aussi, ce qi est logique pour un deuxième album. Et comme on a plus de claviériste, on a décidé de rester à 4 et de fonctionner avec des backing tracks en live, en prenant directement les orchestrations de l'album. Cela permet aussi de profiter de leurs richesses.

Pierre : Cela nous limite un peu moins. Avons-nous n'avions pas de bandes derrière, du coup ça nous limités dans le choix des instruments et des orchestrations, mais ce ne sera donc plus le cas. On espère ainsi avoir des concerts plus étoffés. Et cela va nous forcés à être plus carré car on va devoir travailler au click et au métronome. On pourra retrouver une certaine unité. C'est un peu ce qui est fait dans un groupe comme EPICA, où chacun apporte ses idées.

Camille : Nous avons oublié de préciser que les lignes de chant été composés totalement à part. On pourra maintenant travailler plus main dans la main.



Metalship : Quelles sont les influences que chacun apporte au groupe ?

Paul : J''écoute beaucoup de styles de musique : jazz, rock, folk, metal. J'ai découvert le metal symphonique avant le black et le death, et donc j'adore ça. Donc EPICA ou NIGHTWISH font évidemment partie de mes influences. J'aime beaucoup THE GATHERING, qu'on pourrait plus qualifier de doom metal à chant féminin. J'aime aussi SHADE EMPIRE dans le melodic death avec des orchestrations. FLESHGOD APOCALYPSE aussi. Dans le death, plutôt MORBID ANGEL. Le black, c'est plutôt BEHEMOTH, CARPATHIAN FOREST ou des groupes français comme SVART CROWN.

Camille : et du rap aussi…

Paul : Ah oui, j'aime bien Oxmo Puccino !

Pierre : Mes influences ont un peu changé au fil du temps. J'ai découvert l'album Once de NIGHTWISH en 2005 et je suis complètement tomber amureux. Puis je me suis dit, je fais faire de la batterie. Comme je ne n'avais pas assez de temps pour faire de la batterie, donc j'ai commencé la guitare. Je n'avais aucune personnalité à l'époque. Plus récemment, je me suis remis en question en terme de jeu et de son. Et j'ai découvert des guitaristes comme Keith Merrow ou Jeff Loomis de NEVERMORE, maintenant chez ARCH ENEMEY. Du coup, j'ai un son plus agressif, plus violent. On s'éloigne un peu de NIGHTWISH et du metal symphonique. Du coup, j'essaye de découvrir plus de groupes comme ça et d'intégrer cela dans ma musique. En ce moment, j'écoute beaucoup SEPTIC FLESH, en terme d'orchestration notamment, avec énormément de cuivres. J'aime beaucoup, ça fout la pêche ! J'aime aussi EPICA, FLESHGOD APOCALYPSE, qui a aussi des orchestrations sublimes. J'aimerais bien apprendre à faire ce genre de choses. En terme de ryhmique, je m'inspire pas mal de ce que fait FIVE FINGER DEATH PUNCH. J'aime aussi les trucs comme KONTRUST. J'écoute aussi du jazz et des musiques de films. En ce moment, je suis à fond dans la bande originale de la série Dr Who, qui m'envoie dans un autre monde. J'aimerais aussi intégrer ce genre de symphonies spatiales


Metalship : Je ne sais pas ce que donnera le nouvel album, mais ça risque de partir dans tous les sens là !

Pierre : Oui ! J'ai beaucoup d'idées et je n'arrive pas forcément à toutes les mettre ensemble. Je vais devoir faire des choix. Mais avec le départ de Pierre, j'essaye vraiment d'amener d'autres influences. J'avais d'ailleurs fondé un second groupe, plus simple, plus gothique, presque électronique parfois, façon THE BIRTHDAY MASSACRE, ce genre de chose. Et là, j'ai envie d'en rajouter un petit peu, mais pas trop non plus, car ce n'est pas vraiment notre univers non plus.


Metalship : Et les filles, les influences ?

Camille : J'ai été bercé par les classiques du rock AC/DC, LED ZEPPELIN, SCORPIONS aussi. Puis, petit à petit, je me suis lassé, et j'ai commencé à écouter plus de metal. J'y suis rentré en écoutant du metal symphonique, qui est peut être le plus accessible pour commencer. Avec WITHIN TEMPTATION, ce qui n'est pas très original. J'écoutais un peu tous les styles, mais pas trop de death et tout ça. C'est venu petit à petit, notamment grâce aux influences de chacun. Sinon, à côté, j'écoute énormément de musique de films, c'était ma grande histoire d'amour. James Horner, James Newton Howard, John Powell, Hans Zimmer ! Beaucoup de folk aussi, avec Dan Ar Braz ou Alan Stivell. Grâce à Laetitia, je me suis découvert un attrait pour le metal progressif. Et comme j'étudie la musique, j'ai un enseignement classique et baroque, du Mozart, du Verdi…Fauré aussi dans la musique romantique. Et en ce moment, je suis dans une grosse période pagan avec WARDRUNA


Metalship : Et donc Laetitia, on est plus dans le rock progressif…

Laetitia : Oui ! Au collège, lycée, j'étais plus rock, ou des trucs comme MARYLIN MANSON. Et après j'ai découvert NIGHTWISH, et c'était big love. Ce qui m'a donné envie de faire de la basse, ce n'est pas NIGHTWISH parce que je trouvais que c'est de la musique qui s'écoutait mais qui ne se jouait pas. J'aimais beaucoup 30 SECONDS TO MARS. Je trouvais qu'ils avaient une utilisation originale de la basse, plus électronique, plus des effets. J'ai ensuite découvert le rock progressif autour de PORCUPINE TREE et de Steven Wilson. J'écoutais déjà beaucoup de PINK FLOYD mais là ça été la transcendance absolue. J'ai découvert qu'on pouvait vraiment faire des trucs trop cools avec la basse. J'aime bien aussi le vieux rock progressif comme YES. Complètement psyché aussi. Ca m'a aussi les portes du jazz, fusion à la Marcus Miller. Du côté du metal progressif, je ne suis pas fan de DREAM THEATER, qui manque d'émotion pour moi. Je préfère NE OBLIVISCARIS, plus violent, mais qui ont un usage de la basse très intéressant. Du LEPROUS, du HAKEN. Le djent, j'aime bien le son et quelques idées, mais je trouve que ça tourne un peu trop en rond maintenant. J'aime beaucoup ce que fait un groupe français comme HYPNO5E, qui reprend des rythmiques jazz en les incluant dans un ensemble cinématographique très stylé. ALCEST aussi dans le genre. J'aime beaucoup GOJIRA. Nous sommes unanimes là-dessus. EPICA aussi que je considère comme progressif. J'adore le groove et les trucs étonnants. L'humour que mettait Pierre Cordier dans les orchestrations pour TALVIENKELI m'a séduit et m'a donné envie de rentrer dans le groupe. J'essaye de mettre des sons différents, des sons claquants ou des sons plus boisés et rebondis avec une fretless. Beaucoup d'éléments viennent du prog et permettent de rajouter une harmonie sur le metal symphonique.


Metalship : Laetitia est une passionnée, elle nous fait une conférence, on ne l'arrête plus !

Laetitia : Ok, ok, j'arrête !



Metalship : Au niveau des textes, et ce sera plus une question pour leur auteur Camille, quels sont les sujets qui t'inspirent ?

Camille : d'abord, je m'inspire de ce que j'ai lu. J'ai fait des études en anglais, donc j'ai un héritage qui vient de la littérature anglophone et j'essaie de recréer des univers qu'on retrouve dans la littérature gothique et romantique, avec des émotions, des images, qui se rapprochent de la nature par exemple. Je ne sais pas vraiment expliquer mais j'ai toujours plein d'images qui me viennent à l'esprit quand j'écoute une composition. Et j'essaye de m'appuyer sur ces images pour les retranscire avec des mots.


Metalship : Effectivement, j'ai retrouvé ça dans l'album, avec une ambiance de conte parfois…

Camille : Oui, ça me rassure. Mais, comme le disait Carlo, la personne du label qui s'est occupé de nous, il faut faire attention à ce que cela ne soit pas trop littéraire. Il ne faut pas trop étoffer les images, et moi, j'ai un peu tendance à faire ça quand j'écris et ce serait sans doute une chose à améliorer pour pas que cela ne soit trop dense, et que personne ne comprenne. Les thèmes tournent autour de la nature, des conflits intérieurs.


Metalship : Les sujets de société, ce n'est pas pour vous.

Camille : On avait essayé avec "Crossafade", la première chanson du EP, qui parlait d'une personne pris dans les rouages de la société, emprisonnée dans le système. On a aussi "Immortal" qui parle de l'addiction aux technologies, et "Scream her", qui est censée être la chanson féministe du groupe.

Laetitia : Pierre n'était pas trop fan de cela, mais à l'avenir pourquoi pas.

Camille : Oui, cela pourrait être intéressant d'avoir des textes un peu plus engagés, sans être trop radical non plus.


Metalship : Au niveau du chant, dans le premier EP, il y avait du chant extrême, pourquoi n'en trouve-t-on plus ?

Camille : C'est plus par circonstance que par choix. Quand le chanteur est parti, nous n'avons pas cherché à le remplacer. Et comme tout le monde n'était pas fan du chant masculin dans le groupe, on est resté come ça. J'aimerais bien apprendre le growl à long terme, mais j'en suis loin. C'est un projet, mais loin d'être abouti.


Metalship : Et vous n'avez jamais envisagé d'inclure des sonorités folks dans votre musique, qui s'y prêterait bien d'ailleurs ?

Camille : Oui, on nous l'a beaucoup dit. Moi j'aime beaucoup ça. Et je pense que c'est possible. Nous y avons déjà réfléchi même sur certaines compositions actuelles, sur "Deadly nightshade" par exemple avec la guitare acoustique. On raisonne beaucoup avec un aspect tribal.
Pierre : Je voulais rajouter des sonorités un peu orientales.

Laetitia : Déjà dans les orchestrations de Pierre, il y avait déjà des instruments inattendus, comme du hautbois en soliste par exemple. C'est peut être cela qui donne une couleur folk.

Camille : Il y a aussi un côté léger, presque dansant, qui fait penser au folk.


Metalship : Quelque chose à ajouter sur les arrangements, les orchestrations et la production ?

Pierre : On n'a pas vraiment eu notre mot à dire sur les orchestrations, parce que c'est Pierre qui s'en chargé. Nous avons plus travaillé sur les arrangements metal. Au niveau de la production, on voulait un son très rock, mais on va s'orienter vers quelque chose de plus moderne, sans tomber dans le numérique pur. Un peu comme FLESHGOD APOCALYPSE ou SEPTICFLESH, avec un côté organique. On souhaite un son de batterie plus claquant, plus death, un peu à la DEVILDRIVER des débuts. Mais garder un son chaud.


Metalship : Y a-t-il un titre dans l'album que vous aimeriez ressortir ?

Laetitia et Pierre : Bienveillance !

Pierre : Il va de paire avec le morceau "Dégénérescence". C'est un titre qui avait déjà beaucoup d'impact en studio. Et c'est une chanson dont les gens ne nous ont pas forcément parlé.

Camille : C'est un morceau assez représentatif de l'album avec des parties épiques, metal et douces.


Metalship : Pouvez-vous m'en dire plus sur la pochette réalisée par Laetitia ?

Laetita : Oui, avec Cyrielle Galand, qui a fait toutes les retouches numériques. Moi, j'ai fait le dessin. Elle nous avait déjà pour le EP. L'intérieur du livret c'est de l'aquarelle. La pochette c'est un mélange d'aquarelle et de crayons de couleur, d'huile et de pastel. D'où ce côté très mat. Le visage c'est fait aux crayons, le tour à l'aquarelle. La pochette représente la diversité de l'album entre le côté méditation, planant et la violence qu'il y a derrière avec cette explosion de couleurs et de sensations et qui rejoint le titre de l'album. Avec un visage neutre qui permet de se projeter.


Metalship : J'ai l'impression que vous n'avez pas énormément tourné pour la promotion de l'album…

Camille : On a donné quelque concerts épars, surtout dans la région, mais pas beaucoup effectivement. Par contre cette année, on va essayer de plus promouvoir l'album. Nous avons des projets là-dessus, mais on ne peut pas trop en dire car rien n'est confirmé pour l'instant. Ce sera une surprise !

Laetitia : Nous avons du mal à sortir de la région Rhône-Alpes car nous avons un réseau très local. C'est plus de l'ordre de l'amical, avec des échanges de dates. On n'a du mal à s'exporter. Là, on va pouvoir un peu plus, notamment à l'étranger.



Metalship : C'est difficile pour vous de trouver des dates en France ou de s'intégrer à une tournée…

Camille : Depuis peu, le label s'investit beaucoup là dedans. Et nous aide plus…


Metalship : Je te coupe, mais les groupes du label WormHoleDeath, ne tournent pas beaucoup en général…

Laetitia : Le label nous offre la diffusion et la production. Mais il ne nous offre pas pas de service de booking et de managment. Il nous met en contact avec des professionnels, et c'est ensuite à nous de négocier, de payer le service en question. Là, nous avons trouvé ces personnes, qui vont bien nous aider et on va bientôt révéler cela ! Nous sommes réalistes, ce sera plutôt en support, car nous n'avons pas le standing pour assurer la tête d'affiche. On va aussi participé au Female Metal Event d'Eindhoven aux Pays-Bas (du 11 au 14 octobre 2018).


Metalship : Tu anticipes mes questions, j'allais en parler !

Laetitia : Oui, c'est une super opportunité. Le contact a été super sympa avec les gens du festival.

Pierre : Ca va nous permettre de retrouver CRYSALIS, un groupe qui a enregistré au même studio que nous en Italie, et dont la chanteuse 5Chiara Malvestiti) accompagne THERION.

Laetitia : Cela nous permettra aussi de faire quelques concerts dans le coin, en Allemagne par exemple.


Metalship : TALVIENKELI sur scène, ça donne quoi ?

Camille : C'est choubide ! Mot inventé par Laetitia entre affectueux et mignon.

Pierre : On s'éclate sur scène et on ne se prend pas au sérieux, alors que la musique est parfois sombre. Nous avons eu de bons retours du public sur cela. On n'abandonnera pas cette dynamique.


Metalship : Juste un mot sur le nouvel album…

Pierre : On y travaille, ça se dessine en patchwork.


Metalship : Il n'y a pas d'échéance particulière…

Laetitia : Le label ne nous met pas du tout la pression. On a besoin de temps pour que ça grandisse. On a assez besoin de bosser à côté, donc on ne peut pas non plus consacré autant de temps qu'on le voudrait à tout ça.

Pierre : On ne fera pas quelque chose de bâclé, ça c'est sûr.


Metalship : Un dernier mot pour conclure…

Laetitia : On partage toutes les affiches qu'on nous propose, tant que c'est réalisable.

Camille : Choubide ! Merci à toi et à Metalship ! Et surveillez la page Facebook, des gros évènements arrivent !


Metalship : Merci à TALVIENKELI, Camille, Laetitia, Pierre et Paul.



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ajouté par Gandalflegris, le 11 mars 2018 pour Metalship

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