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Interviews :: Interview de Elyose

Interview de Elyose


En octobre dernier, Metalship a pu découvrir sur scène les Français d'ELYOSE (Electro Metal), dans le cadre d'une tournée en compagnie de THE BIRTHDAY MASSACRE, THE AGONIST , SIRENIA et XEROSUN. Une bonne occasion de discuter avec eux et de se caler une interview skype avec la chanteuse Justine Daée, notamment pour évoquer le nouvel album du groupe, à venir en 2018.




Metalship : Après pas mal de changement, le line-up semble s'être stabilisé avec l'arrivée de Marc De La Joncquière en 2013. Est-ce que pour toi, cela a été difficile de trouver des personnes en adéquation avec votre vision du projet ELYOSE ?

Justine Daaé : Cela a été difficile par le passé, mais cela s'est stabilisé depuis 2013 et nous n'avons plus ce genre de problème. Je pense que tous les groupes passent par là au début. Au bout de 20 ans de carrière, tu peux aussi avoir des changements de line-up. Nous ne sommes pas à l'abri, mais c'est vrai que ça fait un petit moment que ça dure entre nous quatre. Là, nous sommes partis en tournée pendant deux semaines et on ne s'est pas mis sur la gueule une seule fois. On s'entend tous très bien, même si on est tous différents les uns des autres. C'est un peu le principe d'avoir une passion en commun, qui nous lie et qui efface toutes les différences qu'il peut y avoir entre nous, d'âge, de sexe, de milieu social. Il y a des célibataires, un qui est marié et même grand-père. Il y a vraiment tous les types de profil, mais quand nous sommes ensemble, tout disparait.


Metalship : Effectivement, j'avais remarqué cette différence d'âge entre les membres du groupe...

Justine : Oui, nous avons un doyen qui a une grande expérience. Il a une bonne plume et c'est lui qui écrit les textes. Il a une fille de mon âge. Quand nous sommes ensemble, c'est un hybride entre un pote et mon père. Il a quelque chose de bienveillant à mon égard. Mais ce n'est pas non plus le papa du groupe, il est comme nous tous. La différence d'âge ne se sent pas.


Metalship : Avec le recul quel regard portes-tu sur votre dernier album Ipso Facto, sorti en 2016. ?

Justine : J'en suis toujours très fier. L'arrivée de Marc a apporté la touche qui manquait. On a accentué notre travail sur les guitares. C'était quelque chose qu'on voulait depuis un moment. Notre tout premier album a été écrit par un bassiste (Ghislain Henry) et une chanteuse (Justine Daaé). Donc forcément, il n'y a pas de mise en avant des guitares comme sur Ipso Facto. Et c'est désormais une ligne directrice. C'est difficile d'être satisfait à 100 % de ses créations artistiques et il y a sans doute des choses qu'on changerait avec un peu de recul. On en tire des leçons pour la suite. Il y aura une évolution sur le troisième album, c'est certain.



Metalship : Le clip de "Redemption" a atteint 1 350 000 vues sur YouTube, est-ce le signe d'une certaine réussite pour toi ?

Justine : Particulièrement pour le batteur (Patrick Cazu). Il est très porté sur les stats. Il regarde les like de la page Facebook, les vues sur YouTube. Et pour lui c'est une reconnaissance et cela l'encourage. Il a peut être plus besoin de ça. Moi je suis très contente aussi, ça prouve que notre travail intéresse, mais je suis moins porté sur les chiffres. Je trace mon chemin, même si évidemment, j'écoute les remarques des gens.



Metalship : En mai 2017, vous avez lancé une campagne de crownfunding pour la réalisation de votre nouvel album. Pourquoi ce choix ?

Justine : Aujourd'hui, c'est n'est plus comme avant. Dans les années 80, si un groupe n'avait pas de label, on pouvait ne jamais en entendre parler. Maintenant avec l'explosion d'internet, le crownfunding permet de remplacer les labels. On peut produire notre album avec l'aide des fans car il est évident que faire un album coûte de l'argent et qu'on ne peut pas toujours taper dans nos deniers personnels


Metalship : Le groupe ne te fait pas vivre économiquement, cela reste une passion…

Justine : Non, cela reste une passion à 100 %. Nous avons tous des métiers à côté. Donc il y a des limites à l'autoproduction et le crownfunding est un moyen exceptionnel de réaliser tes projets. C'est même mieux qu'un label car tu es produit par tes fans. La campagne s'est très bien passée car les gens apprécient la démarche. C'est un peu une sorte de prévente en fait. De toute façon,si tu vas 'acheter l'album, donc autant que le précommander pour aider le groupe à le faire. Et en même temps, il en tire une certaine satisfaction.


Metalship : Et si un label vous démarche un jour ?

Justine : Pour les artistes comme nous, ce qui est intéressant, c'est la promotion. La visibilité que cela t'apporte, les possibilités de tournée, c'est ça qui est bien. Tu peux tourner avec des groupes de leur catalogue en support band.


Metalship : Pas pour la distribution ?

Justine : Non, maintenant, il y a beaucoup de distributeurs numériques qui sont très bien, et qui te mettent sur toutes les plateformes en même temps. Pour la distribution physique, les consommateurs ont acquis le réflexe d'aller directement vers les artistes. Nous avons vendu de disques via notre webshop. Après, c'est toujours bien d'être distribué dans les enseignes, mais je trouve que c'est un peu à l'ancienne.



Metalship : Que pourrais-tu nous dire sur le nouvel album ? A quel stade en êtes-vous ?

Justine : L'album est en cours de mixage. Notre ingénieur son Brett Caldas-Lima est en plein dedans ! On est impatient d'entendre le résultat. Peu après l'album sera mastérisé par un producteur hollandais .


Metalship : Quelques nouveautés en vue ?

Justine : On aura 4 guests qui vont faire du chant saturé. Ce sera un peu plus heavy. Pas dans le sens heavy metal des années 80. Mais plus lourd. Plus brutal. En revanche, la touche symphonique a pratiquement disparu. J'ai également essayé de nouvelles choses au chant, notamment avec des passages rapés. J'utilise beaucoup plus les médiums, ce que je n'avais pzs beaucoup fait jusqu'alors. Sinon, on reste dans un style qui mêle electro et metal, même si ses arrangements électro sont plus discrets. Il y aura moins de synthés, on le sentait déjà dans les sessions de travail.


Metalship : Globalement, vous avez un peu élargi vos horizons…

Justine : Je ne sais pas si c'est élargi, mais cela a évolué vers un metal plus brut.


Metalship : Justement, comme c'est un peu différent, avez-vous changé votre façon de travailler ?

Justine : La chose qui a beaucoup changé, c'est que nous avons été impliqué vraiment tous les quatre au même niveau dans la composition et l'écriture des textes, alors qu'avant il y avait des "masterminds" dans la composition. Là, on s'est investi tous les quatre, et, pas que sur nos propres instruments, mais vraiment dans la globalité. Et cela a été encore plus un travail de groupe.



Metalship : Quelles sont les influences apportées par chacun dans le groupe ?

Justine : Cela peut paraître étonnant de la part d'une chanteuse lyrique mais moi j'apporte la touche extrême. J'a un peu lutté par exemple pour qu'il y ait un morceau et des passages djent. Les gars, ce n’est pas forcément la came des autres. Moi j'adore que ça peut être un peu technique, avec de la double pédale. Ils pondèrent un peu. Avec moi, ce serait du metal extrême, avec l'un d'entre eux ce serait plutôt du pop metal. Il y a un morceau ou on a un chant presque hardcore, alors qu'on ne s'y attend pas forcément sur ce morceau. Mais pourquoi ne pas mélanger les styles. Cela ne leur serait pas forcément venu à l'esprit, cela vient plus de moi. Ghislain le basiste apporte le groove, le côté un peu mainstream, les mélodies de synthés entêtantes Marc le guitariste, est un musicien classique, il est très fort en arrangements, en harmonie. Le batteur, c'est l'auteur, ce qui n'est pas rien. Mais il écoute aussi beaucoup de groupes plus modernes. C'est le plus âgé, mais ce n'est pas un fan des années 80 pour autant.


Metalship : En passant, c'est quoi ton dernier kiff musical ?

Justine : En fait, j'ai récemment découvert les Français de SMASH HIT COMBO. J'adore et je n'écoute que ça en ce moment. J'aime bien le dernier album d'IN THIS MOMENT, un groupe culte pour moi.


Metalship : Eh bien, ce n'est pas souvent qu'on cite leur nom à IN THIS MOMENT !

Justine : Ils ne sont pas traditionnels. C'est un peu hors norme. Mais moi j'aime bien.


Metalship : Vous avez travaillé avec Joost Van Den Broeck (EPICA, NEMESEA). Comment a démarré cette collaboration ?

Justine : C'est notre agent qui nous l'a présenté. Il bosse avoir des groupes qui n'ont plus leurs preuves à faire aujourd'hui. Nous avons eu l'opportunité de travailler avec lui et nous n'avons pas hésité. Et il n'y a pas de raisons que cela se passe mal. C'est un grand professionnel, dans notre style en plus, donc ça parait un choix assez évident.


Metalship : Comme on l'a dit, il y aura des guests assez prestigieux, notamment Marc Janssen d'EPICA

Justine : Oui, il participe à un morceau. Il est très sympa d'ailleurs car il nous a fait un peu de pub, à inviter ses fans à aller nous voir. Il n'était pas obligé.



Metalship : Justement, le fait de travailler avec tous ces gens, plutôt ce qu'on pourrait appeler des pointures dans le milieu, ne te donne-il pas l'impression qu'avec ce nouvel album vous franchissez un nouveau cap dans votre carrière ?

Justine : Ce n'est pas forcément une marche, mais c'est progressif. Mais j'ai l'impression qu'au fil des ans, on met la barre un peu plus haute. Et cela nous encourage aussi. Mais c'est du travail régulier. C'est important de bosser tous les jours mais un petit peu.


Metalship : Vous vous voyez régulièrement à quatre ?

On communique beaucoup mais on se voit vraiment avant les concerts surtout ?


Metalship : Au niveau du chant, le français sera-t-il toujours privilégié ?

Justine : Oui, sauf sur le titre avec Mark Janssen, vu qu'il ne parle pas français. Mais oui, on a la volonté de chanter en français. Je ne vois pas pourquoi on écrirait en anglais, tout le monde le fait en plus. Si vous voulez du chant en anglais, je crois que vous n'aurez pas de problème pour en trouver.


Metalship : Sur votre site, vous mettez quand même vos infos et vos news en anglais...

Justine : Oui car l'essentiel de nos ventes se fait aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Beaucoup plus qu'en France, ce qui peut paraître bizarre. Internet touche le monde entier donc on écrit en anglais.


Metalship : Vous sortez d'une tournée européenne avec THE BIRTHDAY MASSACRE, THE AGONIST, SIRENIA et XEROSUN. Comment c'était ?

Justine : C'était vraiment très bien. Nous étions tous logés à la même enseigne. On n'avait pas l'impression de déranger. En revanche, la première place n'est pas forcément la meilleure. Parfois la salle est encore un peu clairsemée car tout le monde n'est pas arrivé. Donc des salles pas toujours combles. Mais nous sommes contents d'avoir participé.



Metalship : Vous avez traversé pas mal de pays...

Justine : Oui, nous sommes très contents d'avoir rencontré tous ces publics différents.


Metalship : Un pays t'a marqué plus que d'autres ?

Justine : On remarque toujours les mêmes choses. Dans les pays de l'Est, ce sont des gens très extravertis, "à fond dedans" comme on dit, mais avec un pouvoir d'achat moindre. Alors qu'en Allemagne, ils sont plus flegmatiques, plus réservés, mais ils ont des moyens plus élevés pour acheter du merchandising. Tourner coûte de l'argent et quand tu peux vendre un peu de merch, c'est cool, et l'Allemagne pour ça, c'est top


Metalship : Vous avez créé des liens en particulier ?

Justine : Avec tous ces francophones, oui bien sûr. Nous avons particulièrement sympathisé avec Emmanuelle et Morten de SIRENIA. Le guitariste Nils Courbaron est un ami de notre ingénieur son. Du coup, c'était avec eux qu'on traînait le plus. Après on doit aussi concentrer sur notre show, et on n'a pas forcément le temps de créer plus de liens. Parfois la barrière de la langue gêne un peu. Par contre, on était tous logés à la même enseigne. Il n'y avait pas de stars à qui on devait faire des courbettes ou ne pas parler. On n'avait pas l'impression de déranger. C'était vraiment cool, car on était tous sur un pied d'égalité. Le soir après les concerts, c'était très convivial, les gars buvaient des coups ensemble. Moi, moins car je suis une couche tôt. Ca y allait pour tous, les Irlandais, les Norvégiens, mais pas ELYOSE car nous ne sommes pas des grands buveurs. C'était d'ailleurs un sujet de moquerie. Quand il attribuait les loges, le tour manager écrivait "ELYOSE no beer, no fun" pour nous charrier. Tous les groupes étaient cools. Dans ELYOSE, certains ne connaissaient pas THE BIRTHDAY MASSACRE par exemple mais tout le monde est reparti avec les cds et les t-shirts ! Et on regardait les concerts presque tous les soirs. On se disait avec SIRENIA que c'était dingue d'être autant de francophones et de, paradoxalement, ne faire aucune date en France. C'était génial de voir pour nous de voir des Français sur la date belge de Roulers car on n'en avait pas rencontrés avant


Metalship : La sortie de l'album est prévue pour quand ?

Justine : Pour l'instant, il n'y a pas de date précise. Justement on en parlait tout à l'heure, comme on devrait travailler avec un label, ils décideront de la suite des évènements. Ce sont eux qui vont s'occuper de l distribution et de la promotion.


Metalship : On ne peut pas donner le nom du label ?

Justine : Non pas pour l'instant. Mais on peut déjà vous donner le nom de l'album. Il s'intitulera "Reconnexion". La plupart des gens vont croire que c'est un mot anglais, mais en anglais cela s'écrit "Reconnection". Cela met en valeur le fait qu'on se soit vraiment impliqués tous les quatre.


Metalship : Vous avez bientôt quelques dates avec ANGEL NATION et PHANTOM ELITE ?

Justine : Oui, ce n'est pas vraiment une tournée. 3 dates sont prévues avec la même affiche mi-décembre. On le fait jouer à Paris, donc chacun nous "doit" une date. Echange de bons procédés. Nous avons aussi une date de prévu en Suisse le 3 mars. Et on essayera de faire une tournée en France pour la sortie du nouvel album !



Metalship : Un dernier mot....

Merci pour l'interview et le soutien. Rendez-vous en 2018 avec notre nouvel album et de nouvelles dates !


Metalship : Un grand merci à ELYOSE et à Justine.


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ajouté par Gandalflegris, le 1 décembre 2017 pour Metalship

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