Retour à l'accueil
Interviews :: Interview de Beneath My Sins

Interview de Beneath My Sins


Pas facile de faire entendre sa voix dans le créneau du metal symphonique. C'est pourtant ce que s'évertuent à faire les Parisiens de BENEATH MY SINS, avec ambition et passion. Rencontre avec la vocaliste Emma Elvaston et le guitariste Clément Botz.




Metalship : Pouvez- vous nous parler un peu de votre parcours pour commencer ?

Emma : En fait, Clément et moi, nous nous sommes connus dans un groupe qui s'appelait EVOLVENT. Je suis rentré dans ce projet en 2012. Et Clément à la guitare en 2013. On a travaillé ensemble jusqu'en 2015. Lorsque le fondateur d'EVOLVENT est parti, il nous a demandé de changer de nom. Et du coup on a créé BENEATH MY SINS en décembre 2015.


Metalship : C'est le prolongement du premier groupe ou un projet totalement indépendant et différent.

Emma : Ca reste du metal symphonique, sauf que là c'est Clément et moi qui composons tout.



Metalship : Les deux derniers membres sont arrivés récemment.

Emma : Thomas Calegari, le batteur depuis janvier 2017. Et Thomas Prêtre, le bassiste depuis deux jours officiellement (interview en date du dimanche 1er octobre).


Metalship : Votre album est sorti sur Painted Bass Records, un petit label hollandais. Comment avez-vous atterri dessus ?

Emma : On avait travaillé avec JBM quand on était dans EVOLVENT. Ils ont organisé des concerts aux Pays-Bas pour nous. Il se trouve que JBM a un label aux Pays-Bas, Painted Bass Records. Ils s'occupent également du Female Metal Event, un festival uniquement dédié aux groupes de metal à chanteuse. Ils ont un panel de contacts importants. C'était intéressant de travailler avec eux.


Metalship : Aucun label français ne s'est manifesté ?

Emma : Non. Le label italien Scarlet Records nous a aussi contactés, mais on avait déjà signé.


Metalship : Globalement, pensez-vous que ce soit plus difficile de réussir dans ce créneau musical, metal symphonique, ou metal tout court d'ailleurs, en France, pays assez frileux en la matière, plutôt qu'ailleurs en Europe ?

Clément : C'est effectivement ce qu'on constate lorsque nous partons en tournée par exemple. On se rend compte qu'on a plus de succès en Belgique qu'en France. Ce qui nous pousse à aller là-bas. Les gens sont plus accueillants, plus chaleureux. C'est plus simple de constituer une fanbase. C'est notre expérience pour le moment.

Emma : Pour louer une salle, c'est compliqué. Certaines salles sont surbookées, beaucoup ferment aussi. Il faut aussi beaucoup payer. On a beaucoup de mal à organiser quelque chose en France.


Metalship : Parlons un peu de votre dernier album. Le titre est "Valkyries Of Modern Times". Quelle est l'histoire derrière le titre, il y a des férus de mythologie dans BENEATH MY SINS ?

Emma : Un peu oui. Perso, je suis assez attiré par l'histoire des vikings. Et il y a plusieurs ambiances dans l'album, notamment un peu folk. La Walkyrie représente l'image de la femme. Il y a vraiment un mélange d'histoire ancienne, moderne, de combat de la femme à travers les époques.


Metalship : La pochette est superbe, pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Emma : On a travaillé avec Hicham Hadadji de Strychneen Studio. Il a beaucoup travaillé sur des pochettes metal, notamment pour notre groupe précédent EVOLVENT. On connaissait donc son travail. On savait qu'on ne serait pas déçus. On lui a donné le thème de l'album, en lui disant qu'on voulait quand même un personnage sur la pochette. Mais quelque chose de plutôt épuré. Il y a eu très peu de retouches car la pochette nous a emballés tout de suite.



Metalship : Comment se passe la composition d'un titre au sein de BENEATH MY SINS ?

Clément : Cela dépend. La plupart du temps, j'apporte des idées, qu'on va ensuite continuer à étudier ensemble. Mais ça peut aussi être les idées de chacun. Ce n'est pas figé. Mais dans tous les cas, on finit toujours par se retrouver, et passer du temps à mettre en place ce qu'on veut tous ensemble, pour avoir quelque chose de cohérent.


Metalship : Globalement, le groupe vous prend beaucoup de temps ?

Clément : Oui. On travaille tous dans le groupe. Donc on fait ça le soir et le week-end. Tous nos week-ends sont retenus pendant quelques mois, sans exception. C'est beaucoup de sacrifices. Mais faut savoir ce qu'on veut.

Emma : Par exemple, on s'était fixé l'objectif d'avoir un album au bout d'une année et demie. Il est sorti en mars 2017. On avait vraiment tout bien planifié pour atteindre cet objectif. Avec Clément, on a toujours été d'accord sur le temps et la rigueur qu'il fallait consacrer au groupe. Cela n'a jamais été un problème entre nous. Malgré l'investissement, c'est plus facile, et cela reste un vrai plaisir


Metalship : Justement, c'est quoi vos objectifs avec le groupe ?

Emma : C'est de perpétuellement être dans l'action, dans l'évolution et avancer tout le temps. Ne pas se reposer sur des acquis. S'il n'y a pas de concerts pendant une période, on travaille sur autre chose. Réfléchir à de nouvelles compositions, réfléchir à comment améliorer le jeu de scène. Il y a toujours à faire.


Metalship : Et tu aurais un modèle à suivre en tête…

Emma : Je pense beaucoup à DELAIN, qui, en 10 ans, a évolué de manière incroyable. C'est le groupe dont l'évolution me marque le plus. On sent qu'il y a un vrai projet derrière. Et scéniquement, ça envoie. C a n'a d'ailleurs pas forcement à voir avec l'aspect musical, on parle vraiment de la gestion de l'image et du groupe.



Metalship : Comme vous êtes assez ambitieux sur votre projet, pensez-vous que ce soit plus dur de trouver des gens qui soient sur la même longueur d'ondes pour vous accompagner ?

Clément : Oui, complètement. C'est difficile de trouver des gens à qui on peut en demander autant. Toutes nos vacances, on les a mis dans les enregistrements et les tournées.


Metalship : J'ai quand même aperçu quelques photos de vacances sur votre page Facebook…

Emma : Comme on s'était rendu en Croatie (32 heures allers-retours), on a profité d'une journée off !


Metalship : Au niveau des influences, qu'est-ce que chacun amène au groupe ?

Clément : J'écoute beaucoup de musiques différentes. J'aime autant ce qui tape dans le metal, qui des trucs plus doux comme le jazz. En ce qui concerne plus BENEATH MY SINS, je suis influencéplus par EPICA pour le côté grandiloquent, ou ELUVEITIE pour le côté folk. Il y en a bien sûr plus que cela, mais ce sont les deux premières qui me viennent à l'esprit en tout cas.

Emma : J'ai commencé à chanter quand j'ai entendu NIGHTWISH et la voix de Tarja. L'univers m'a plu en plus. C'était mon déclic pour commencer les cours de chant, puisque j'ai une formation classique. J'ai envie de me donner les moyens de pouvoir atteindre ce niveau. Après il y eu d'autres découvets, les goûts ont un peu évolué. Mais continuer à faire du chant lyrique dans un groupe de metal symphonique, c'est ce que je souhaite.


Metalship : Et c'est quoi le dernier truc qui vous a fait vibrer ?

Emma : La dernière claque qu'on s'est prise avec Clément, c'est DELAIN au Female Metal Event. Cela a mis tout le monde d'accord sur scène.

Clément : Autant sur le côté écoute au cd n'éveille pas grand-chose chez moi, autant sur scène c'est vraiment une claque.

Emma : J'ai beaucoup aimé le dernier album d'ELUVEITIE également. Le côté acoustique, les instruments traditionnels, la voix de la chanteuse, tout me plaît beaucoup. C'est mon dernier coup de cœur musical.



Metalship : Au niveau du chant, on doit vous posez souvent cette question, vous prenez un peu le contrepied de tout le monde en proposant uniquement du chant lyrique, alors que maintenant on met du chant extrême un peu partout. C'est selon moi, une démarche courageuse. Pourquoi ce choix ?

Emma : Déjà, on n'a pas tellement eu le choix, car je ne fais que du chant lyrique ! On a quelques touches de growls sur certains morceaux. En général, on a souvent des remarques pas forcément positives là-dessus.

Clément : En général, on ne se pose pas trop la question de savoir s'il faudrait mettre plus de ceci ou de cela. On fait ce qui nous vient. Peut être que sur le prochain, il y en aura encore moins, ou plus, on ne sait pas encore. Il ne faut pas forcer les choses.

Emma : De toute façon…désolé de te le dire Clément…mais je ne chanterai pas autrement !


Metalship : Et même un chant plus classique ne t'attire pas ?

Emma : Bizarrement non. Je préfère encore évoluer dans le chant lyrique. Même si c'est clair que ça ne plaît pas à tout le monde.


Metalship : Et le chant en français, c'est en envisageable ?

Clément : On ne l'exclut pas du tout. Pourquoi pas… On avait une chanson en espagnol chez EVOLVENT. Tout est possible.


Metalship : Sur l'album il y a un titre "Dreams shall be lived" avec un côté folk metal plus prononcé, un autre, "My rules", avec un côté électro plus appuyé également, allez-vous développé ces différents aspects à l'avenir ?

Clément : Pour être honnête, on ne sait pas trop pour l'instant. On a repris récemment la composition. Certains titres s'orientent un peu vers ça, d'autres non. On va essayer de garder une cohérence globale. On s'aperçoit aussi que c'est sur ces deux titres qu'on a pris le plus de risques, et ce sont ces titres qui sont le mieux reçus.

Emma : Je pense que cela reste diversifié, mais effectivement le côté folk sera un peu plus accentué je pense. On a décidé de ne pas se fixer de limite et de vraiment faire ce qu'on aime. Donc on va essayer d'avoir encore moins peur, et de se poser moins de questions.


Metalship : L'album est sorti en mars 2017, quel a été l'accueil ?

Clément : Plutôt positif. Le principal reproche qu'on nous a fait, c'est le manque d'originalité. En gros, ça reste du metal symphonique.

Emma : Le chant lyrique aussi bien sûr a pu rebuter certains.

Clément : La diversité des morceaux et la qualité de la production ont été saluées par contre.



Metalship : Les critiques affectent-elles votre travail ?

Emma : Avec le temps, on les prend de mieux en mieux. Et il y a tellement de goûts différents que les avis vont forcement diverger. Un groupe comme AMARANTHE n'a pas forcement de bonnes critiques, mais ils ont toujours garder leur ligne de conduite. Ils ont toujours maintenu le cap sans que cela ne les desserve en quoi que ce soit. Ils ont une grosse fanbase et ça se passe très bien pour eux. Moi, j'ai envie de prendre ce parti là.

Clément : Tant que cela reste constructif, cela peut te servir dans ton travail. Pour le prochain album, tu vas essayer de corriger des petits défauts effectivement.


Metalship : Vous avez effectué une tournée européenne, avec pas mal de dates dans les pays de l'Est. Comment ça s'est passé ?

Clément : Très bien. C'est une sacrée aventure humaine en tout cas. C'est un bon test pour voir si ça colle entre les gens. On a fait des rencontres superbes, notamment avec les autres musiciens de la tournée, avec qui ont a noué de bons liens.


Metalship : Vous étiez partis avec qui ?

Clément : Avec POKERFACE, un groupe de thrash russe, INVISIBLES MIRRORS, du metal progressif suisse et SUNLESS SKY, du power metal US.


Metalship : Vous avez enchainé avec la participation au Female Metal Event en septembre à Eindhoven. Comment vous êtes vous retrouvé sur l'affiche, même si j'ai une petite idée de la réponse avec votre label…

Emma : C'est vrai que le label avait décidé de mettre en avant les groupes de son catalogue. Cela n'était pas évident, mais ça s'est bien passé. On était le seul groupe français, qui plus est, en ouverture du festival. Les gens ont été curieux, et ont a quand même eu du monde pour nous soutenir. Et le public a été réceptif tout de suite. Pour une ouverture de festival, on n'aurait pas pu souhaiter mieux. Une belle expérience.


Metalship : Et votre concert avec PERSONA le 27 septembre à Lens…

Clément : Très sympa aussi. Ce sont des gens très humbles et très gentils. Toujours dans le positif. On était content de partager l'affiche avec eux car on aime bien ce qu'ils font. C'était une soirée cool, même si le public n'était pas forcément au rendez-vous. Un mercredi soir, en semaine, c'est un peu dur.

Emma : Avec PERSONA, nous avons la même manager, Angélique. Si on s'entend tous bien, ce n'est pas pour rien. Angélique ne choisit pas ses groupes au hasard. Si elle s'occupe de nous, et de PERSONA, c'est que la mentalité de ces deux groupes lui correspond. C'est dommage de ne pas avoir pu passer un peu plus de temps avec eux.



Metalship : Vous allez aussi participer, avec un set acoustique, au festival des Voix d'Yelles, le 7 octobre 2017, un évènement pas du tout metal...

Emma : On a eu un peu de chance car il y eu un désistement. Il restait une session de 30 minutes disponible en acoustique. L'avantage c'est qu'on avait déjà préparé cela pour des radios ou des petites salles. Et oui, ce n'est pas du tout metal. Cela reste un bon moyen d'amener les gens vers notre univers. Le metal symphonique est pas forcement très connu. Le mot metal fait toujours un peu peur, mais les gens de mon entourage que j'ai pu initier ont rapidement adhérer. Et on espère donc en faire de même lors de ce festival.

Clément : Voilà, c'est pour ça…un set acoustique, ce sera bien.


Metalship : Dernière petite question, sur vos projets futurs ...

Clément : Continuer. On travaille sur un prochain album. On va continuer à tourner. Nous sommes toujours motivés pour pousser l'aventure encore plus loin.

Emma : Oui de manière plus concrète, on espère une tournée dans les pays de l'Ouest cette fois-ci au mois d'avril. On va suivre le groupe POKERFACE, qui nous avait déjà invités dans l'Est. On espère les suivre à nouveau dans l'Ouest. Une réunion de groupe est prévue bientôt pour discuter de tout ça.


Metalship : Merci à Emma Elvaston et Clément Botz de BENEATH MY SINS et à Angélique Gistelynck.



Signaler un article incomplet Signaler une erreur
ajouté par Gandalflegris, le 2 novembre 2017 pour Metalship

(0)



Interview précédente

Tout


Commentaires


En raison du spam, l'écriture de commentaires est suspendue.

Beneath My Sins

Beneath My Sins
Beneath My Sins
Voir la page du groupe
Création : 2016
Genre : Metal symphonique
Origine : France

Rapports de concerts:



Groupes en rapport


Albums chroniqués :
Chronique de What Lies Beneath
What Lies Beneath
2010

Chronique de My Winter Storm
My Winter Storm
2007

Chronique de My Winter Storm
My Winter Storm
2007

Tarja
Tarja
Voir la page du groupe
Création : 2004
Genre : Metal symphonique
Origine : Finlande

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Imaginaerum
Imaginaerum
2011

Chronique de Dark Passion Play
Dark Passion Play
2007

Chronique de Dark Passion Play
Dark Passion Play
2007

Chronique de Once
Once
2004

Nightwish
Nightwish
Voir la page du groupe
Création : 1996
Genre : Metal symphonique
Origine : Finlande

Rapports de concerts:

Epica
Epica
Voir la page du groupe
Création : 2002
Genre : Metal symphonique
Origine : Pays-Bas

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de The Unforgiving
The Unforgiving
2011

Chronique de Mother Earth
Mother Earth
2001

Chronique de The Dance
The Dance
1998

Chronique de Enter
Enter
1997

Within Temptation
Within Temptation
Voir la page du groupe
Création : 1996
Genre : Metal symphonique
Origine : Pays-Bas

Rapports de concerts:

Apocalyptica
Apocalyptica
Voir la page du groupe
Création : 1993
Genre : Metal symphonique
Origine : Finlande

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Sacrificium
Sacrificium
2014

Chronique de Salomé - The Seventh Veil
Salomé - The Seventh Veil
2007

Xandria
Xandria
Voir la page du groupe
Création : 1994
Genre : Metal symphonique
Origine : Allemagne

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Sirius B
Sirius B
2004

Chronique de Lemuria
Lemuria
2004

Chronique de Live in Midgard
Live in Midgard
2002

Chronique de Secret of The Runes
Secret of The Runes
2001

Therion
Therion
Voir la page du groupe
Création : 1987
Genre : Metal symphonique
Origine : Suède

Rapports de concerts: