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Interviews :: Interview de Panikk

Interview de Panikk


PANIKK est un fervent défenseur du thrash et nous arrive tout droit de Slovénie ! Le groupe a sorti son deuxième album Discarded Existence en mars de cette année sur le label espagnol Xtreem Music. Le vocaliste - guitariste Gašper Flere, et le guitariste Jaka Črešnar reviennent sur cet opus et nous éclairent sur la scène metal locale.




Metalship : Il y a beaucoup de courants musicaux dans le metal, pourquoi avoir choisi le thrash ?

Jaka Črešnar (guitare) : Pour moi, c'est ce qui avait le plus de sens musicalement… Je suis fan de tous les styles de metal, mais ma première préférence va au heavy metal traditionnel. J'aime aussi le black metal et le death old school. Le thrash est le dénominateur commun de tous les styles que j'aime, donc, pour moi, c'est difficile d'imaginer m'épanouir dans autre chose ! Bien que nous soyons tous attires par des genres différents, nous sommes tous les quatre animés par une dynamique et une logique thrash metal, qui se trouve le meilleur compromis entre nos différentes influences.


Metalship : Pourrais-tu me donner ton top 5 des meilleurs albums de thrash ?

Jaka : Oh, je déteste cette question parce que je donne sans doute une réponse différente à chaque fois ! Mais je vais y répondre bien sûr ! Donc pour moi, sans ordre particulier.

KREATOR - Extreme Agression : aucun autre album de thrash ne combine le fun et la profondeur de la musique de façon si efficace. C'est comme si les deux avaient une emprise l'un sur l'autre. Ce disque est parfaitement équilibré, avec des riffs au top. Un vrai régal pour tout fan de thrash.

TESTAMENT - The Gathering. Quand on évoque TESTAMENT, on ne parle pas suffisament de cet album, et c'est dommage. Bien que pas aussi iconique que les autres, c'est pour moi, un des albums les mieux produit de tous les temps. Les titres sont sans doute un peu prévisibles mais j'apprécie ce disque. J'aime les riffs et l'énergie de la batterie. Les vocaux de Chuck Billy sont très "death metal". Une partie de moi aurait bien voulu qu'ils exploitent un peu plus telle ou telle composantes, mais j'aime cet album.

SLAYER - Reign In Blood : Je n'ai sans doute même pas besoin d'expliquer pour cet album est là, cela paraît juste évident. A mon avis, aucun autre disque n'a distillé autant de chaos, de noirceur et de vitesse, en un seul coup de poing dans la gueule ! Chaque fois que je l'écoute, j'ai la même impression de me faire passer dessus par un train ! Un classique, qui le sera toujours !

MEGADETH - Peace Sells… But Who's Buying ? : Bien que je pense que Rust in Peace reste un meilleur disque de bien des manière, il se dégage quelque chose de spécial de celui-ci, qui fait qu'il a une place à part pour moi. Je reviens souvent vers lui et je l'écoute très régulièrement. Pourquoi ? Peut être à cause du son de guitare, peut-être à cause des paroles un peu fourre-tout mais très critiques envers la société, peut être à cause de son apparent simplicité, peut-être à cause de sa technique très variée…je ne sais pas vraiment ! Un peu de tout ça sûrement !

ANNIHILATOR - Alice In Hell : Pour moi, ce disque est le meilleur concentré de "thrash des années 80 Si tu dois écouter un album pour comprendre ce qu'était le thrash des années 80, c'est celui-ci qu'il te faut ! Quelques chansons sont un ton en dessous comme " Burns like a buzzsaw blade", mais globalement cet album place la barre haut en terme jeu et de production.


Metalship : Dans le press kit, dans vos interviews, vous mentionnez comme influence majeure les groups de thrash de la Bay Area, plus que les groups de thrash européens. Pourquoi êtes-vous plus attirés par le son des premiers cités ?

Jaka : J'ai un grand respect pour les maîtres du thrash allemands, et j'écoute toujours beaucoup KREATOR et SODOM, mais je ne me voyais pas jouer de la sorte. Les groupes de la Bay Area mettent plus l'accent sur la complexité que sur la force brute. Et je me retrouve beaucoup plus là dedans. Il n'y a pas de doute, le thrash européen est incroyable. Parfois, j'essaye de me convaincre d'écrire des trucs dans ce genre là. Mais cela ne vient pas naturellement chez moi. Si un riff sonne un peu "force", j'ai tendance à ne pas le garder. C'est l'inverse avec mes influences Bay Area. C'est juste ancré en moi et c'est ce qui ressort donc dans les disques de PANIKK !


Metalship : Avec du recul, quel regard portez-vous sur votre premier album Unbearable Conditions, sorti en 2013 ?

Jaka : Je suis peut-être le mieux place pour répondre à cette question car j'étais fan du groupe avant d'y entrer. J'aime beaucoup cet album, j'ai toujours été émerveillé par la façon dont ces gars avaient assemblé tous ces riffs ! J'étais alors à mille lieues de penser que je les jouerais un jour en live !



Metalship : Il y a eu beaucoup de changements de line-up depuis le premier album, pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Jaka : J'ai intégré le groupe en remplacement de Nejc (guitariste de 2011 à 2015) pour 3 shows. Il ne pouvait pas les assurer à cause de son travail, et j'ai dépanné pour éviter l'annulation des concerts. He couldn't make it because of work-related responsibilities and the tour would have been cancelled. Gapa et nous avons répété ensemble pendant deux semaines. Cela a été intense, on bossait Presque 10 heures par jour. Sur scène, on s'est bien éclaté, et avons apprécié cette collaboration. La tournée terminée, le groupe m'a demandé si je voulais rester en tant que membre permanent, et j'ai bien sûr accepté ! Je ne peux pas croire depuis septembre, je compte déjà deux ans de présence dans le groupe. Tout passe si vite !


Metalship : Vous êtes maintenant sur le label espagnol Xtreem Music, comment a démarré cette collaboration ?

Gašper Flere (chant - guitare) : Metal Tank était un label assez nouveau, avec plein d'idées pour réussir. Malheureusement, les choses ne se sont pas passes comme prévu et nous avons du trouver un nouveau label. J'ai donc contacté Dave Rotten de Xtreem Music et il a été immédiatement intéréssé. Il avait entendu notre premier disque, il aimait notre style Nous avons donc signé un contrat, réalisé un troisième pressage de notre premier disque. Et nous voici avec le deuxième album !



Metalship : Qu'est-ce que ce label vous a apporté ?

Gašper : Définitivement plus de reconnaissance. Discarded Existence c'est bien vendu. Nous avons écoulé pas mal de copies aux Etats-Unis ; nous avons donné quelques concerts en Europe également. La promotion est excellente et cela paye. Elle met en valeur notre travail. Les chroniques ont été plutôt positives et nombreuses. Nous avons plein de fans à travers le monde qui nous envoient des photos avec les disques ou le merchandising. C'est très spontané et c'est très bien !


Metalship : Comment se passe la composition dans PANIKK, est-ce un effort collectif ?

Jaka : Gasper écrit la plupart des riffs, et les paroles aussi. . Il apporte ces idées aux répétitions, quelquefois, c'est juste un riff, d'autrefois c'est une chanson complète. C'est un effort collectif jusqu'à ce que les arrangements soient faits. Nous considérons rarement une chanson finie avant que tout le monde soit plus ou moins à l'aise avec celle-ci. Quand on a réalisé le disque, j'étais nouveau, et j'étais donc un peu timide en terme de songwriting. Maintenant, je suis plus à l'aise. Gapa et moi avons la même approche, donc c'est plus facile. Mais il reste le principal compositeur. J'ai apporté des idées pour les lignes vocales et les textes aussi, mais ça ne deviendra pas une habitude car le chanteur doit être celui qui écrit les textes !


Metalship : Le petit reproche que je pourrais faire à l'album est un certain manqué de prise de risque, alors que les petites surprises comme les chuchotements diaboliques d' "Under pretance" fonctionnent plutôt bien. Accusé PANNIK, levez-vous et donnez nous des explications !

Jaka : Je pense que le manqué de prise de risque est en partie dû aux changements de line-up. Certains groupes changent un peu de style quand ils incorporent de nouveaux membres, du sang frais, mais nous avons opté pour une approche différente. Nous voulions vraiment être à l'aise en tant qu'équipe, à l'aise avec les influences musicales de chacun, donc nous nous sommes concentrés sur l'essentiel, sans partir dans tous les sens ! Il y a certaines choses sur le disque que nous considérons comme risqué, comme l'ajout de cordes et de piano. Maintenant que nous avons trouvé une bonne assise, je pense que nous sommes prêts à élargir un peu nos horizons et à incorporer de nouvelles idées.



Metalship : Le chant est très proche de celui de Russ Anderson du groupe FORBIDDEN. Il semble être une influence majeure, quelles sont les autres ?

Jaka : Gašper est un grand fan de VIO-LENCE. Donc Sean Killian serait assurément une autre influence majeure ! Nous souhaitions ces vocaux un peu fous, instables pour rendre l'atmosphère plus prenante. D'ailleurs je pense que Russ Anderson est meilleur que Sean Killian dans ce domaine. Mais les deux sont bons, après, c'est une question de goût.


Metalship : N'avez-vous jamais envisagé des vocaux plus agressifs, à l'image de ceux de Chuck Bily dans TESTAMENT ?

Jaka (rires) : Gašper déteste les vocaux de Chuck Billy, à part pour les premiers disques ! Donc non, nous n'avons jamais envisagé cela ! Blague à part, je ne peux pas imaginer pour PANIKK un autre style de chant que celui de Gašper ! Tous les deux, nous avons essayé de faire des growls death metal, et de les ajouter à certains titres, mais à la fin, on finissait toujours par les supprimer. Il en reste quelques infimes traces comme à la fin de "Reconstruction" ou de "Rotten cells", mais c'est tout. On a essayé…c'est juste que ça ne fonctionnait pas pour nous en tant que ligne de chant principale.


Metalship : Comment se porte la scène metal en Slovénie ? Pour être honnête, on ne la connaît pas forcément très bien !

Jaka : Il y a bien plus de groupes que ce qu'on pourrait penser ! On peut citer ERUPTION dans le power thrash, TELEPORT dans le black thrash, HELLSWORD ou VIGILANCE pour le speed metal. Il y a aussi de bons groupes de death metal comme MORBID CREATION ou MORDENON. Plus récemment, on a vu apparaître des groupes de black metal comme SRD. Sans publicité malvenue, je voudrais aussi mentionner mon premier groupe BATTLE X, qui est un des rares groupes du pays à ne pas faire du hardcore ! Pour une petite nation comme la Slovénie, nous avons quand meme de nombreux groups d'excellente qualité !

Gašper : J'aimerais en ajouter quelques uns, par exemple, le premier groupe de grind death en Slovénie, EXTREME SMOKE 57. Et d'autres formés ces derniers temps, comme BRITOF, qui fait du death n'roll, et BLACK REAPER, des thrasheurs qui viennent de sortir leur premier album. Comme vous le voyez, nous avons une scène metal très active, mais j'aimerais qu'elle le soit plus encore !!


Metalship : Est-ce facile de jouer du metal en Slovénie ? De se produire sur scène, de sortir des disques ?

Jaka : Ce n'est pas très difficile de donner des concerts dans des bars ou des petits clubs, mais c'est quasi impossible de se produire dans des grandes salles. Il n'y a qu'une poignée de promoteurs qui organise ce genre de spectacle. C'est un cercle assez restreint et assez fermé, si tu vois ce que je veux dire ! Heureusement, la scène underground est très solide, il y a des organisateurs passionnés par ce qu'ils font. Ces gens là donnent une réelle opportunité aux groupes comme nous de toucher une plus large audience. Il n'est pas non plus si difficile de sortir des disques. Nous avons par exemple le label On Parle, qui est bon tremplin pour les nouveaux groupes. Il faut juste savoir travailler avec les moyens dont on dispose !


Metalship : Venir de Slovénie est un avantage ou un inconvénient pour vous ?

Jaka : Cela dépend. C'est un inconvénient dans le sens où la Slovénie n'a pas une grande réputation sur la scène metal internationale. Elle ne possède pas vraiment de groupes très connus ou très populaires et c'est dommage. Si vous êtes un groupe de thrash allemand ou américain, les gens se dissent que de ces pays viennent KREATOR, SODOM, EXODUS, HAVOK et plein d'autres…et ils t'associent directement à ces images. Cela n'arrive pas pour nous. Par contre, au niveau géographique, c'est un avantage car nous sommes proches de tous les pays européens et iI y a donc plein de possibilités en termes de concerts et de promotion.


Metalship : Avez-vous des projets de tournée ?

Jaka : Tourner est un peu compliqué car je suis actuellement en Angleterre pour finir mes études. Nous avons quelques dates de prévues fin 2017 en Europe.



Metalship : Quels sont vos objectifs avec ce nouvel album et qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter ?

Nous voulions réaliser un album plus concentré, plus mature que Unbearable Conditions. Nous avons évolué au niveau de la composition, avec une écriture plus rationnelle. A travers les paroles, nous voulions aussi explorer d'autres thèmes. On pense sincèrement avoir fait du bon travail et nous espérons le promouvoir aussi bien que possible. On discute d'un video clip, mais nous n'en sommes qu'aux prémices de ce projet.


Metalship : Un dernier mot pour conclure ?

Jaka : Tout d'abord, merci pour le soutien ! Continuez à supporter les groupes, petits ou grands et vous rendre aux concerts afin de grader une scène metal la plus vivante possible. Et vous pouvez nous retrouver sur notre page facebook https://www.facebook.com/panikkofficial/ ou sur https://panikk.bandcamp.com/... encore merci !


Metalship : Merci à Xtreem Music, à Nathan T. Birk, à Jaka Črešnar, à Gašper Flere et à PANIKK !



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ajouté par Gandalflegris, le 9 octobre 2017 pour Metalship

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