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Interviews :: Interview de Ignea

Interview de Ignea


Les Ukrainiens d'IGNEA ont sorti The Sign Of Faith leur premier album en février 2017 de manière indépendante. Un fantastique album de metal symphonique aux sonorités orientales addictives qui a obtenu la note maximale de la part de Metalship ! Les membres du groupe reviennent sur ce coup de maître mais aussi sur leur quotidien dans un pays sous tension.




Metalship : Le premier nom du groupe était PARALLAX, pourquoi avoir change pour IGNEA?

Au moment où nous allions sortir le single "Alga", on s'est apercu qu'il y avait une soixantaine de groupes du nom de PARALLAX sur le net, cela devenait très compliqué de se faire connaître. Nous avons donc decidé de changer de nom et de renoncer au thème de la parallaxe (La parallaxe est l'incidence du changement de position de l'observateur sur l'observation d'un objet).


Metalship : Comment décririez-vous votre musique ?

Aussi simplement que du metal oriental modern.. On joue du metal moderne mais Presque tous nos morceaux ont des influences du Moyen-Orient.


Metalship : Comment a évolué votre musique depuis votre premier EP ?

Elle est devenue beaucoup plus heavy, et beaucoup plus diversifiée au niveau des sonorités et des thèmes abordés. Et on peut dire beaucoup plus de choses avec un album qu'avec un EP. Je pourrai aussi te dire que notre musique à grandi, mais ce serait un peu enfantin et naïf.



Metalship : Helle Bogdanova utilise plus de vocaux écorchés sur cet album que par la passé. Souhaitiez-vous être ainsi plus agressifs ?

Certainement ! Le metal a pour but de laisser s'exprimer notre agressivité dans une certaine forme de musique. Donc, si quand tu chantes, tu as envie de balancer un marteau dans la tronche de quelqu'un, tu te dois de heurter les gens au niveau sonore, avec des distortions, des growls, et tout ce que va avec. On ne joue pas du power metal !


Metalship : ORPHANED LAND est une influence évidente, mais quelles sont les autres ?

Je pense que chaque membre d'IGNEA a ses propres influences, qu'il ajoute au son du groupe. Par exemple le chant clair est influencé par Lady Gaga, Cristina Scabbia (LACUNA COIL) et Regina Spektor. Helle pourrait nous en dire plus sur le sujet. Les parties de batteries sont plus influencées par le metalcore. Les claviers par des groupes comme AMORPHIS, ou, de manière plus surprenante, par les premiers disques de SONATA ARCTICA. Pour le son général du groupe, on pourrait citer ORPHANED LAND bien sûr, mais aussi AMORPHIS, AETERNAM, NIGHTWISH, et probablement quelques autres groupes.


Metalship : Comment c'était de travailler avec Yossi Sassi sur votre premier EP. Je suppose que cela a du être un grand moment pour tous ?

Oui, c'était fantastique ! En plus de l'écriture, Yossi s'est proposé de jouer le morceau lui-même, ce qui nous a vraiment touché. C'est un gars très sympa, et sa musique est magnifique. Nous étions donc très honorés d'avoir un peu de son talent sur un de nos titres


Metalship : Le début d' "Alga", joué avec un orchestre philamornique, m'a rappelé les films de Tim Burton et les bandes originales de Danny Elfman…est-ce une autre de vos influences ?

Ce n'était pas intentionnel, on fait juste ce qu'on pense être le plus approprié pour notre musique. A l'origine, cela devait être l'intro de l'album et c'est pourquoi c'est si long ! Mais plus tard nous l'avons intégré à "Alga". Cela reste exceptionnel, la plupart de nos chansons n'ayant pas de telles orchestrations.


Metalship : Pourquoi une reprise d' ULTRASHERIFF, un groupe électro norvégien ?

Nous avons pris un chat à la maison, nommé Leviathan ! L'arrivée d'un petit chaton tout mignon est un évènement majeur dans la vie d'un fan de metal brutal ! Les photos de lui ont bien sûr été postées sur tous les réseaux sociaux. Sur VK, il est possible de poster des sons pour accompagner. Et en cherchant une chanson appelée "Leviathan", on est tombé sur celle d'ULTRASHERIFF ! Elle n'attendait qu'un arrangement metal et maintenant elle l'a !



Metalship : Vous avez de nouveau travaillé avec le producteur Max Morton, qui semble être un acteur majeur de la scène metal ukrainienne. Que pouvez-vous nous dire sur lui ?

Max Morton est le compagnon de travail le plus chaleureux . Je pense que nous n'aurions pas pu atteindre un tel niveau musical sans lui. Il est très pédagogue et nous a appris beaucoup de choses.



Metalship : Est-ce facile de jouer du metal en Ukraine?

En théorie oui ! Tu vas t'acheter une guitare, et tu es prêt. Mais lorsque tu décides de montrer ta musique aux Ukrainiens, c'est peine perdue. Il n'y a aucun intérêt pour ce qui est nouveau. Y compris chez les promoteurs. Si tu veux avoir du monde aux concerts, en dehors de Kiev, tu dois vendre le billet à 70 centimes d'euros, bière comprise, avec huit groupes en première partie ! Il faut que le show se déroule un samedi…pas trop tôt et pas trop tard, qu'il fasse beau et que les oiseaux chantent ! Nous avons déjà vendu presque la moitié des cds que nous avons préssés. C'est vraiment pas mal pour un groupe comme nous. Et bien, nous en avons vendu 3 en Ukraine ! Il n'y a donc pas grand-chose à attendre du fait de jouer du metal en Ukraine !


Metalship : La situation politique est très compliquée et tendue en Ukraine. Est-ce qu'elle a un impact sur votre vie quotidienne…et sur votre musique ?

Je ne crois pas que cela change quelque chose au niveau musical. Mais cela a bien entendu un impact sur nos vies. Le Metal Head’s Mission Festival de Crimée n'est plus qu'un souvenir. C'était pour nous le meilleur moment de l'été chaque année, avec la mer, la bière et le metal…et c'est fini. Tout ce qui touche à la Crimée a une grande importance pour nous car c'est le berceau de deux cultures moyen-orientales : la culture tatar et la culture karaite. Cela nous manque beaucoup de voyager là-bas. Le dernier impact n'en est pas moins le plus important puisque bon nombre de nos amis sont ou étaient partis à la guerre. Nous avons des amis qui sont tombés à l'Euromaidan (manifestations pro-européenne de novembre 2013 et février 2014 qui ont engendré de violents affrontements et fait près de 80 morts), et d'autres qui ont survécu à l'explosion de leur transport.


Metalship : "Alga" parle de la deportation des Tatars en Crimée en 1944. Jamala a gagné le concours Eurovision de la chanson avec "1944" qui parle du même sujet. Pensez-vous qu'il soit important pour un artiste de s'engager politiquement ou socialement ?

C'est important de laisser parler tes émotions. Nous aurions pu nous engager en politique, mais personne ne l'a fait finalement. En tout les cas, n'importe quel musicien devrait defender sa mère patrie. Et nous le faisons à notre manière.



Metalship : Vous aimeriez participer à ce concours ?

Si tu veux dire l'Eurovision, non ! On n'aime pas trop les concours. Dans les petits concours, celui qui gagne est souvent celui qui est le plus suivi sur les réseaux sociaux, celui qui a le plus grand nombre d'abonnés. Dans les concours plus importants, c'est plus une question d'argent et de promotion.


Metalship : Le clip video d' "Alga" a Presque atteint les 1,4 millions de vues sur YouTube, comment expliquez-vous cet engouement ?

On ne peut pas l'expliquer ! Quand on a posté la video, on s'attendait à rencontrer le succès standard des groupes de metal ukrainiens, soit autour des 15 000 vues en plusieurs mois !


Metalship : Un contrat discographique est-il un objectif pour vous. Avez-vous des contacts en ce sens ?

Non, nous ne voulons pas être signés. Nous sommes en 2017, et les labels sont devenus complètement obsolètes. Leurs fonctions ne sont pas essentielles si tu as Google et du temps libre !


Metalship : Un dernier mot pour conclure ?

Merci d'avoir réalisé cette interview avec nous. On espère bientôt rencontrer nos fans sur la route. Merci encore.


Metalship : Merci à IGNEA et à Melina Green.



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ajouté par Gandalflegris, le 30 mars 2017 pour Metalship

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