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Interviews :: Interview de Digital Nova

Interview de Digital Nova


DIGITAL NOVA s'apprête à frapper un grand coup sur la scène metal française avec la sortie de son deuxième album Orphelins (chroniqué en avant-première sur le site). François Le Goazigo (chant) et Jean-Baptiste Caysac (guitare, samples) ont accepté de répondre aux questions de Metalship.




Metalship : 1-Pouvez-vous commencer par présenter un peu le groupe ?

François (Chant) : Salut, tout d’abord merci de nous inviter sur Metalship. Digital Nova existe depuis 2007 avec Mathieu (Basse) et moi à l’origine du projet. Stayff (Batterie) nous a rejoint début 2011 et JB (Guitare) en 2013. On a bossé dur pour faire connaître le projet : Un EP, un premier album Alpha Omega, de belles dates, puis des premières parties (AQME, MASS HYSTERIA, TAGADA JONES entre autres), et finalement des clips ! L’année dernière, le label NFFP Records nous a repéré et proposé de faire un nouvel album ensemble. On a tous des vies et un taff à côté de la musique mais on se bouge le plus possible pour faire en sorte que le projet existe et aille le plus loin possible


Metalship : Un premier EP en 2010, un premier album en 2013…le deuxième en cette fin d'année, DIGITAL NOVA prend son temps entre chaque réalisation. Est-ce une volonté délibérée ou est-ce dû à des raisons plus indépendantes (de votre volonté) ?

François : En France et dans un milieu underground comme est devenu le metal, j’ai l’impression que 3 ans est une bonne moyenne. Après la sortie d’« Oxygène », on était sur une bonne lancée mais Pierre, le batteur de l’époque, a dû partir bosser ailleurs, il a donc fallu relancer la machine. Nous avons alors rencontré Stayff, ce qui a fait évoluer la direction du groupe. On quittait le côté progressif pour un métal plus agressif et un chant plus enragé. Alpha Omega allait être notre premier album, une vraie carte de visite. On a donc pris le temps de préparer son enregistrement. Michel, notre guitariste sur ces deux projets nous a aussi annoncé son départ pour s’investir dans sa vie de famille. A la sortie d’Alpha Omega c’est JB qui a repris le flambeau et nous a également apporté, via son expérience en MAO, des sons électroniques sur les morceaux. C’est la signature avec le label qui a programmé le processus de création d’Orphelins, mais c’était aussi important pour nous de prendre le temps nécessaire pour obtenir la meilleure production possible.


Metalship : Comment s'est passé la gestation de ce nouvel album ?

François : Contrairement aux autres, on a eu l’occasion de l’écrire et de le penser comme un projet complet dès le départ. On pouvait réfléchir à l’alternance des morceaux, aux différentes couleurs, aux différents tempos, etc. Une fois composé, JB a « maquetté » les titres, a posé des sons électroniques en plus. J’ai affuté mes textes, et on s’est enfermé pour le connaître sur le bout des doigts. On avait eu l’occasion de tester pas mal de titres en live avant pour savoir ce qui fonctionnait ou non.



Metalship : Dans votre processus créatif, qu'est-ce qui vient en premier, la musique ou les textes ? Et qui s'occupe de quoi ?

François : En général, la musique est composée avant. Mais sur cet album, il y a quelques textes qui ont amené des morceaux. J’ai écrit "Pas assez" avant qu’on finalise le reste par exemple. Pour la composition c’était souvent Mathieu qui amenait les idées mais l’arrivée de JB, qui est plus en phase avec le style, a chamboulé tout ça. Du coup sur cet album on a tous composé des parties puis on les a ensuite arrangées ensemble en répète. Parfois j’arrive avec une idée, Mathieu et JB la tordent dans tous les sens pour aboutir à quelque chose de cohérent avec le groupe. J’écris les textes seuls, mais je suis toujours à l’écoute de leurs avis ou modifications. Mais dans l’ensemble, je sais que j’aurais du mal à faire vivre un texte qui n’est pas de moi.

JB : Une fois l’album complètement composé et maquetté, j’ai finalisé les arrangements musicaux en ajoutant des sons électroniques, principalement des nappes de violons.


Metalship : Les titres sont courts (deux seulement dépassent les quatre minutes). Vous souhaitiez aller droit à l'essentiel ?

Je pense que oui. Notre direction c’est l’efficacité ! On aime aussi laisser respirer les morceaux quand il le faut. D’ailleurs, les deux titres les plus violents de l’album portent aussi les deux parties les plus calmes et atmosphériques. On en est toujours à faire nos armes auprès du public, donc il est nécessaire de les emmener tout de suite à l’essentiel.


Metalship : Orphelins, pourquoi ce titre ?

François : Je me suis surpris à penser que ce mot pouvait s’adapter à différentes situations, c’est pour cela que nous l’avons choisi comme titre. On pouvait retrouver ce sentiment à plusieurs niveaux dans les thèmes des chansons. Par exemple sur "A son instinct", je m’adresse en premier aux victimes des attentats et à leurs proches, puis à tous ceux qui ont disparu en Méditerranée depuis des décennies pour rejoindre l’Europe. Le mot "Orphelins" résonne toujours en fond. Le morceau éponyme est le plus long et le plus progressif, c’est une des raisons qui nous a poussés à le laisser terminer l’album et lui offrir son titre. C’est également le plus personnel. Je l’ai écrit pour parler de mes choix et de mes engagements. Je l’ai aussi écrit pour ma femme : nous étions un couple condamné à ne pas avoir d’enfant. Ce ne sera bientôt plus le cas, comme quoi, la page se tourne !


Metalship : 7-Vos textes sont très engagés, très revendicatifs, est-il important pour vous de délivrer des messages ?

François : Le groupe est ma tribune, mon exutoire. Stayff, Math et JB m’offrent l’opportunité de m’exprimer librement et je prends ce rôle très au sérieux. La volonté du groupe a toujours été de porter des textes, si possible accessibles à tous, mais avec un vrai fond. Le rap, le métal, le punk, le rock sont des courants musicaux libérateur qui ont toujours eu pour vocation de donner à réfléchir à son public et non pas de lui vider la tête. En live on saute, on danse, on slam, on pogote et si le public s’y retrouve c’est aussi parce qu’il adhère au message.


Metalship : A ce propos, est-il important pour vous de chanter en français ? L'anglais ne pourrait-il pas vous donner une exposition plus internationale?

C’est capital ! Je ne pourrais pas écrire de textes avec autant de niveaux de lecture que dans ma langue maternelle. J’aime profondément la langue anglaise et je la pratique dans mon travail, mais je ne m’y retrouve pas. La scène française est déjà un vrai palier à franchir... Si les choses avancent, on serait directement tenté de jouer au Québec, en Belgique ou encore en Suisse. Au Québec, le rock fait toujours parti de la culture, il y a un grand nombre de radio FM qui alternent entre un Slipknot et un groupe de Punk Québécois, c’est fabuleux !


Metalship : "Esclave et maître", "Sous les cris", "Détruire – Souffrir", "La peur"…tout cela n'incite guère à l'optimisme ! Ces titres (et ces textes) sont-ils le reflet de notre époque ?

François : En 2016, on évolue dans une société où la liberté perd chaque jour des sympathisants, où les gens se moquent ou se provoquent sur des débats stériles à travers les réseaux sociaux. Chaque année on consomme à outrance alors qu’on a tous conscience de nos limites… Oui, ces textes sont un reflet assez triste de notre époque, mais nous ne voulons pas rester de simples spectateurs. Il n’y a rien de dépressif là-dedans. Au contraire, c’est relativement colérique, et nous avons matière à l’être.


Metalship : La pochette me semble dans le même ton, qu'est-ce que vous avez voulu transmettre à travers elle ?

François : On a donné les textes et le titre à Paul Gertz, puis il nous a proposé de travailler à partir d’une série de photos en noir et blanc. On a tous flashé sur ce bout de métal posé dans la neige. Il y avait ce "quelque chose" qui donne à réfléchir. C’est à la fois une nature morte et un symbole très abstrait. On nous a déjà donné des significations très construites mais on préfère finalement vous laissez juger de votre propre perception de la pochette.



Metalship : La France a une longue tradition de groupe de rock metal (un peu fusion si on veut) : SILMARILS, MASS HYSTERIA, NO ONE IS INNOCENT, LOFOFORA, AQME, PLEYMO, WATCHA…et j'en oublie sûrement, lequel vous a t-il le plus influencé ? Et si vous deviez retenir un album de ce groupe ?

François : Pour ma part cela restera toujours MASS HYSTERIA. J’ai commencé la musique en les suivant en concert et je rêvais de partager la scène avec eux, et on l’a fait en début d’année ! Maintenant je n’ai qu’une envie, c’est de recommencer ! Mais comme j’aime les" contradictions", je vais choisir un album de LOFOFORA Dur Comme Fer. En l’écoutant vers 13/14 ans, je me suis dit qu’il fallait que j’apprenne à crier comme ça.

JB : Comme aime me le rappeler le reste du groupe, je suis le petit jeune ! Du coup je fais plus partie de la génération d’AQME et PLEYMO. Deux groupes que j’ai énormément écouté et que j’ai pas mal vu en concert étant ado. Mais s’il faut vraiment n’en retenir qu’un, ce serait PLEYMO avec l’album Medecine Cake !


Metalship : Même question concernant les groupes étrangers, quelle est votre influence majeure ? Et quel album garderez- vous ?

François : DEFTONES sans hésiter … Personnellement, aucun album ne m’a jamais déçu et si je dois garder un album ce sera White Pony. Ensuite là, on parle d’influence majeure dans notre musique, mon groupe phare reste NIRVANA, à jamais gravé sur ma peau.

JB : J’ai beaucoup écouté les groupes français susmentionnés, mais ce sont en effet les gros groupes américains qui ont le plus influencé mon jeu. Se limiter à un seul album serait trop difficile, je citerai donc Toxicity de SYSTEM OF A DOWN, Chocolate Starfish and the Hot Dog Flavored Water de LIMP BIZKIT et RAGE AGAINST THE MACHINE. J’avais appris la quasi-totalité des morceaux des trois albums !



Metalship : C'est quoi le dernier cd que vous ayez acheté ?

François : Ouvrez les cages du rappeur et champion du monde de Freestyle RES TURNER. Cet homme est un des rappeurs les plus talentueux de sa génération. Je suis rentré en contact avec lui car nous avons un combat commun et j’aimerai beaucoup qu’on puisse écrire un titre ensemble.

JB : Ça fait un sacré moment que je n’ai pas acheté de CD étant donné que j’écoute de la musique essentiellement via des plateformes en ligne comme Spotify (que je paye !). Mais l’album que j’ai dernièrement écouté en boucle, c’est Polaris de TESSERACT que m’a fait découvrir Mathieu. C’est pour moi une perfection dans tous les domaines (l’album, pas Mathieu).


Metalship : Objectifs vous êtes-vous fixés avec ce nouvel opus ?

François : C’est le premier album qui bénéficie d’une vraie sortie à échelle nationale. On a une promotion, un label, bref, une belle équipe. C’est déjà un superbe pas ! Dans l’année qui arrive, notre objectif est de partager un maximum de scène à travers la France et de continuer à faire de belles premières parties afin de se faire connaître du public français. Rentrer dans le catalogue d’un tourneur serait l’idéal en ce moment.


Metalship : Dans votre dossier de presse, vous dîtes développer en concert une identité visuelle unique grâce à une véritable passion scénique… Là, vous falloir nous en dire plus !

François : En fait chaque live est durement préparé, il n’y a pas un instant de répit. On fait tout pour être le plus efficace sur scène et surprendre le public. On ne se contente pas de délivrer tous les morceaux comme sur CD, on les vis et on les reconstruit. De plus, depuis Alpha Omega, Anaïs fait partie du groupe à la lumière. Elle pense les shows, construit des installations et contribue à vous en mettre pleins les yeux ! On y ajoute des percussions, des transitions et quand c’est possible, on ramène sur scène les personnages masqués du clip "La vie n’a pas de prix" En ce moment, on travaille de nouvelles idées pour la sortie d’ Orphelins.


Metalship : Et quand pourra-t-on voir tout cela de nos propres yeux ?

François : 2017 est en cours de programmation, mais nous avons déjà de belles dates dans le Sud Est pour cette fin d’année. Nous ferons la release party de l’album aux côtés de Babylon Pression et Sidilarsen le 26 novembre au Jas’Rod (Marseille), le 02 décembre à l’électrode (Istres), le 3 décembre au MC Troop de Toulon et le 17 décembre à La Hacienda (Antibes).


Metalship : Un dernier message pour conclure ...

François : Merci à votre webzine de faire vivre la scène Française. Il faut continuer, le public en a besoin !

JB : Notre album sera disponible dès le 28 octobre 2016 sur presque toutes les plateformes donc on compte sur vous et on vous attend sur les routes.


Metalship : Merci à François Le Goazigo, Jean-Baptiste Caysac, DIGITAL NOVA et Noémy Langlais de Solstice Promotion.


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ajouté par Gandalflegris, le 20 octobre 2016 pour Metalship

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