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Interviews :: Interview de Sangdragon

Interview de Sangdragon


Suite à la sortie du dernier volet de "Thy Mystic Trilogy", la tête pensante du projet Vincent Urbain, ainsi que le claviériste Edouard et le bassiste/choriste Will ont accordé une interview à Metalship afin d'éclairer nos lucioles sur leur univers, ô combien unique.


Metalship : Tout d'abord, une présentation des membres s'impose, pourriez-vous faire un petit historique du groupe ?

Vincent (vocals, composition) : Sous un One man band, j’ai sorti les 2 premiers opus de la trilogie en 1993 (Daemonium) et 95 (Akhenaton). Je fus l’un des premiers à mélanger musique de film et metal extreme. Puis j’ai fait partie de diverses formations, jusqu'à ce que j’aie envie de reforger le 3ème opus il y a 3 ans sous le nom de Sangdragon.
Hormis moi au chant, le groupe est constitué de Will HIEN à la basse et aux backing vocals, de Matt ASSELBERGHS aux guitares, d’Edouard VERNERET aux claviers et aux orchestrations. Régis COGNARD a enregistré la batterie et des percus pour le disque, et Alison FOREST s’est chargée des vocaux et choeurs féminins. Ils font partie intégrante du projet. Puis Alice MOUCHETANT (vocaux féminins), Nelly MEYER et Joël REBOUTA (choeurs) et le furieux Olivier CASULA (batterie) ont intégré le groupe pour nous aider en live. Olivier est depuis devenu le batteur officiel de Sangdragon.


Metalship : Le projet est passé de one-man-band à groupe à part entière. Les méthodes de travail ont dû s'en trouver complètement bouleversées, comment avez-vous géré cela ? Comment se sont passées les phases de composition et d'enregistrement ?

Vincent : J’ai composé l’album comme un seul morceau, avec des choses mises de côté des années durant, et de toutes nouvelles idées. Nous avons enregistré chez nous, puis nous avons confié le son général à Stéphane Buriez (Loudblast), puis à Sage Audio Studio, à Nashville (USA), pour le mastering.

Edouard (claviers, orchestrations) : Vincent avait tout l’album composé en tête depuis pas mal d’années, donc au départ on a du passer beaucoup de temps à concrétiser toutes les idées sous forme de démos. C’était beaucoup de boulot, car pour toutes les orchestrations par exemple, je devais d’abord comprendre ce que Vincent avait en tête pour ensuite lui proposer un arrangement qui lui convienne. On avait chacun des conceptions de la musique bien différentes, donc il m’a fallu le temps de saisir où il voulait en venir, apprendre à le déchiffrer, pour pouvoir travailler efficacement.
Une fois atteint un rythme de croisière, on est vraiment devenus productifs sur les démos de chaque titre, et on a même pu se permettre d’essayer des idées au pied levé pour aller encore plus loin. Au final pour faire l’album, on a juste eu à reprendre les démos, et ré-enregistrer chaque partie.


Metalship : Vous êtes tous issus d'autres formations, Architekt entre autres qui était également à l'affiche du Festival De Chair et d'Acier. Peut-on ressentir des influences de vos projets annexes dans Requiem For Apocalypse ?

Edouard : Les influences sont en fait mutuelles. L’album de Sangdragon et celui d’Architekt ont été produits sur la même période, donc forcément tu vas retrouver quelques éléments sympho/atmo à la Architekt sur certains arrangements de Sangdragon, et à l’inverse quelques éléments plus evil sur l’album d’Architekt, que ce soit des orchestrations un peu plus Wagneriennes ou tout simplement les growls de Vincent qui a été l’un de nos guests.

Vincent : Au final, j’ai donné carte blanche à tout le monde afin que chacun se reconnaisse dans cet album et en soit fier. Chacun y a mis sa touche et ses détails, c’est ce qui en fait un album réussi car mature et réfléchi. Je pense que nous avons forcément un échange avec les musiciens avec lesquels on joue, surtout lorsqu’il faut plusieurs années pour mener à bien le projet. Lorsque tu composes, ou pas d’ailleurs, il reste souvent une trace, qui parfois ressort... comme un cheveu sur la soupe ! Ah ah ah… Mais je pense que c’est aussi ces échanges qui sont intéressants dans la musique : ça permet d’évoluer, à mon sens.


Metalship : L'attente entre les deux derniers volets de Thy Mystic Trilogy s'est révélée assez considérable, comment l'expliquez-vous ?

Vincent : Nous avons eu la très agréable surprise de rencontrer une tonne de vieux fans qui étaient vraiment en attente de ça et qui étaient toujours là. Apparemment, ces volets ont marqué une génération de metalleux et ça fait vraiment plaisir ! En plus, les chroniques ont été vraiment bonnes dans l’ensemble, ainsi que l’accueil de ces fans là… Moi, je dis : pourvu que ça dure ! :P


Metalship : A chaque volet de cette trilogie le nom du groupe était différent (Daemonium, Akhenaton, puis enfin Sangdragon), y avait-il une raison particulière pour sortir un épisode avec un autre nom à chaque fois ?

Vincent : Oui, chaque volet était dédié à un plan: psychique, spirituel et physique. On peut dire que le Héros a suivi la même histoire, sur les trois plans différents, mais pas au même moment car chacun était dans un espace-temps différent. Seul le logo reste le même. L’anecdote amusante est que les pochettes sont inversées, décalées de un en fait, pour ne faire qu’un tout. Celle du Sangdragon étant celle du premier en réalité. Tout s’imbrique au long du chemin initiatique que raconte cette histoire.


Metalship : D'ailleurs, comment et pourquoi avez-vous choisi ces noms ? Celui de Sangdragon par exemple, a-t-il un rapport avec la substance résineuse ou a-t-il une autre signification ?

Vincent : Pas du tout, c’est une ancienne légende celtique qui représente une 3ème voie. Lorsque le dragon fut tué (ou le Balrog suivant d'autres récits), le Héros planta son épée dans le sol avant de mourir. Le sang qui coula donna aussi bien la fertilité à la terre (la vie) que la naissance de cent autres dragons (la mort), qui semèrent la destruction. Il est le symbole de l'équilibre, l'analogie des contraires, et donc du hiérophante.


Metalship : L'artwork du dernier volet tranche radicalement avec les précédents, plus travaillé. Est-ce la même personne qui a réalisé toutes vos pochettes ?

Vincent : Déjà, l’écart parce qu’il y a 20 ans entre les 2 derniers ! J’avais réalisé les deux premières pochettes, et on a fait appel au jeune et talentueux Jérome “Krantal” Candelier, à qui j’ai donné ses premières leçons de peinture de Warhammer quand il était petit ! Il a parfaitement saisi l’univers, me connaissant aussi bien, et a pu en retranscrire la profondeur. C’est mon pote et quand il a accepté de faire l’artwork, j’étais ravi car je trouve qu’il est très doué.


Metalship : Peut-on observer une évolution tout au long de la trilogie ? Requiem For Apocalypse est-il dans le même esprit que ses prédécesseurs, ou y a-t-il des variantes, des éléments novateurs ?

Vincent : Il reste dans le même esprit, mais est plus metal tout de même dans l’ensemble. Une chronique récente a trouvé l’album super mais manquant un peu de folie ! Merde, je ne sais pas ce qui lui faut, au mec !!! Quel groupe à l’heure actuel ose mélanger du Dead Can Dance avec du Morbid Angel, le tout dirigé par Poledouris, sans que ça ne tombe ni dans le prog, ni dans la course à la vitesse ou à la technique ?! Ce n’est pas parce que la musique est fluide qu’il faut tomber dans le clownesque pour surprendre l’auditeur absolument ! La musique d'aujourd'hui manque d’inspiration mais aussi de groove. Je pense que Requiem For Apocalypse possède ces qualités, et se targue en plus d'être original… En tout cas, les chroniques et les fans le disent.


Metalship : Votre style reste extrêmement difficile à définir tant les influences musicales sont nombreuses. Quels sont les groupes qui vous inspirent, et s'il fallait résumer en quelques mots votre musique, comment la définiriez-vous ?

Will (basse, backing vocals) : Comme tu l’as si bien dit, il est juste impossible de poser une étiquette sur Sangdragon. Sans être prétentieux, on dit juste que nous faisons du Sangdragon, car ce groupe propose un truc vraiment original. Mais puisqu’il faut bien dire quelque chose pour essayer de situer le groupe, disons que nous faisons du “Occult & Symphonic Black-Death metal”. Mais à d’autres moments, comme pour le titre “Foe’s Funeral”, par exemple, on peut parler d’ “Atmospheric Doom-Death”, tandis que pour “Winged Blade”, on peut carrément parler de “Heavy-Death”… Comme tu vois, c’est juste impossible de donner un style particulier au groupe. Certains vont croire en lisant ça que cet album est un gros bordel, mais il n’en est rien. Tout a été pensé de A à Z par Vincent au moment de la composition, et les chansons évoluent au gré des humeurs et des aventures du Héros de l’album, et des émotions et des images créées par la musique.


Metalship : Les paroles de vos chansons sont en anglais, quelques passages en latin aussi parfois. Pourquoi avoir fait ce choix plutôt que de chanter dans votre langue maternelle ?

Will : Personnellement, je voyais mal Vincent hurler “épéeeeee ailéeeeee” en Français, pour annoncer “Winged Blade” en live ! Ah ah ah…

Vincent : Je déteste le hard français. De plus, j’ai choisi les langages en fonction de l’émotion et la résonance de la langue, suivant les passages à interpréter durant l’histoire. Il y a de l’Anglais, de l’Araméen, de l’Hébreu, de l’Elfique, du Khasalide… le tout parfois récité à l’envers ! Mon seul critère musical est que la musique doit m’envoyer des images. Le choix de la langue contribue à la résonance du moment, et plonge l’auditeur dans cette résonance, afin de mieux en ressentir les émotions.


Metalship : Avez-vous déjà eu des retours sur ce dernier album ?

Will : Oui, et ils sont juste excellents ! Toutes les chroniques encensent pour le moment l’album, et surtout, ce qui est plus important encore, les gens qui nous ont fait l’honneur d’acheter l’album sont ravis. La plupart ont acheté l’album après avoir découvert seulement les deux titres que nous avons postés sur nos pages Bandcamp ou Soundcloud, “Front Of Steel” et “Father Of All Kings”, ou nous avoir vus en live ces derniers mois, et ils reviennent vers nous sur Facebook pour nous dire que l’album est terrible. Alors, il va bien arriver à un moment ou un autre, un gars ou une nana qui va nous descendre, et ça risque de nous faire drôle ! ah ah ah… Plus sérieusement, ça prouve que nous avons fait les bons choix musicaux et de production, et que nous proposons un truc que les gens n’ont pas l’habitude d’entendre.
Vincent : L’album d’Akhenaton a reçu des chroniques si élogieuses que j’ai pu en rougir, alors que d’autres auraient dû me pousser au suicide! lol... C’est une histoire de goût, la plupart du temps.


Metalship : Vous avez été à l'affiche du Festival De Chair Et d'Acier il y a peu, comment avez-vous vécu ce live ?

Vincent : Très mal !! Ah ah ah ! Non, c'était la guerre ! Notre jongleur de feu a littéralement mis le feu à la salle, ça slammait de partout, vraiment une superbe énergie offerte par le public ! Un grand moment et un grand merci !

Will : De la folie ! Un des tous meilleurs concerts de ma vie… J’étais survolté, j’en ai fait littéralement des caisses, je crois bien que si j’avais encore eu la souplesse de mes vingt ans, j’aurais fini en grand écart au-dessus du public comme le David Lee Roth de la grande époque ! Pas très evil, tout ça, je te l’accorde ! Ah ah ah…


Metalship : Le souci de la mise en scène était d'ailleurs très fort durant le show (danse du feu, épées, vrais chœurs …). Cela a donné au concert un côté d' « exceptionnel », c'était assez impressionnant…

Will : Effectivement, et c’était le but recherché. Tout comme sur album, on essaie de proposer un truc un peu différent en live, avec notamment cette danse du feu à la fin de “Krakenfyr”, où notre batteur Olivier Casula joue un solo tribal inédit, et où Thibault Voituret, notre pote de longue date, saltimbanque à ses heures, met le feu à la scène. Vincent, sur “Winged Blade” la bien nommée, présente quelques passes d’épée médiévale parfaitement en adéquation avec les textes du titre. En ce qui concerne les choeurs, on se complique un peu l’existence en mettant de vrais choristes encapuchonnés sur scène, des amis de Mâcon (Nelly Meyer, Alice Mouchetant, Joël Rebouta et Régis Cognard), mais c’est un choix assumé, justement pour apporter un plus et montrer qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise avec l’album, où les choeurs sont vraiment chantés. Quand je dis qu’on se complique un peu l’existence avec ça, je veux dire par là que ça peut faire peur à certains organisateurs de concerts, mais pas de panique : on peut aussi jouer en configuration plus restreinte dans des salles plus petites en mettant les bandes plus en avant, avec moins de monde sur scène. C’est aussi pour ça qu’on a engagé un vrai ingé-son aujourd’hui en la personne de Simon Rigaud, un habitué des tournées européennes de nombreuses formations, pour augmenter l’impact de notre musique en live, et pouvoir s’adapter à toutes les situations techniques…


Metalship : Avez-vous d'autres dates de prévues ? Quels sont vos projets à venir ?

Will : Pour les dates, on est en plein booking, donc on préfère ne rien dire pour le moment, tant que les choses ne sont pas finalisées. Disons que vous devriez nous revoir à partir de septembre / octobre et une bonne partie de l’année 2016, tant qu’on pourra jongler avec l’emploi du temps démentiel des uns et des autres… Cet été, on va aussi bosser sur des signatures de licences à l’étranger avec des labels bien implantés, histoire de diffuser notre album un peu partout.

Vincent : Un gros clip scénarisé est aussi en préparation… On vous laisse quelques surprises dans les bourses… ;-) Merci à vous pour cet entretien ! \m/


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ajouté par Brunehilde, le 4 juin 2015 pour Metalship

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