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Interviews :: Interview de Hacride

Interview de Hacride


Groupe montant du moment, Hacride est encore en pleine tournée en France pour défendre chèrement leur dernier opus "Amoeba". Rencontre le 6 mars 2008 avec Samuel Bourreau le chanteur et Adrien Grousset le gratteux, dans la petite salle du Lyon's Hall (encore ??), juste avant le début du Concert 100% Metal avec Zuul FX.


Metalship : Comment avez-vous démarré ? Comment vous est venue la passion de la musique ?

Adrien : bein la passion de la musique on l’a … pas depuis qu’on est nés, mais dès qu’on avait 12-13 ans. Le groupe s’est formé en 2001 voire 2002, on s’est tout de suite mis à enregistrer une démo. Et on a enquillé direct, on n’a jamais trop galéré au niveau des concerts. Tout a été très rapide, même les grosses scènes, puisque notre premier concert était en première partie de Gojira. Et de fil en aiguille, on a enregistré notre premier album qui est sorti en 2005 (enregistré en 2003), et on a fait notre première tournée qui s’est super bien passée ! Une première tournée en tête d’affiche qui nous a permis de nous faire pas mal connaître en France et en Suisse principalement. Ensuite il y a eu Amoeba, le deuxième album, qui a très bien marché du point de vue de la musique, du nom, ça a bien fonctionné à l’étranger aussi, ce qui nous a permis de faire un grosse tournée française, plusieurs tournées étrangères avec Divine Heresy, plein de trucs comme ça, on a beaucoup beaucoup tourné et là on est encore sur cette fin de tournée d’Amoeba, ici et en Belgique, Hollande …


Metalship : Et le line up est resté le même du début à la fin !

Adrien : oui toujours … pourvu que ça dure (rires).

Sam : oui c’est ce line up là qui a créé cette émulsion sur Hacride, et c’est ça qui a créé notre noyau musical et humain, parce que c’est important d’avoir un esprit d’équipe, pour faire des projets etc. Et on est peu, donc chacun a son rôle : le chant, la guitare, la basse, la batterie, donc si quelqu’un partait, ce serait plus du tout pareil.


Metalship : D'où vient l'idée du nom Hacride ?

Adrien : Ah ça c’est la question ! Ca vient de âcre, en français, qui a été modifié en acrid en anglais, et on a ajouté un h et un e par pur esthétisme. Nous ce qu’on a aimé c’est le sentiment âcre, un peu ténébreux, qui nous empêche de respirer, quelque chose qui vient de l’intérieur, et qui représente bien la musique qu’on fait.


Metalship : Alors parlons en de la musique que vous faites justement. Pour composer, comment ça se passe ? Est-ce que vous travaillez tous en groupe chacun rajoutant sa petite touche personnelle ou un seul qui fait tout et les autres travaillent dessus après ?

Sam : y’en a un qui fait tout ! Enfin tout … y’en a qui amène la compo, à la base.

Adrien : En fait je compose souvent l’ensemble des morceaux chez moi avec batterie, basse … et j’essaie de proposer le produit le plus fini aux autres membres du groupe qui par la suite travaillent dessus, et du coup y’a un travail d’arrangement qui est fait. En gros y’a plusieurs filtres. Moi j’apporte un morceau qui est un produit fini, puis chacun donne son avis.

Sam : chacun peut apporter sa touche.

Adrien : y’a plusieurs filtres, qui nous permettent d’avoir des compos super riches à la fin et surtout très personnalisées en fonction de chacun.

Sam : l’enregistrement reste une phase où on doit retravailler la structure ou les arrangements. Le batteur est vachement libre aussi sur tout ça. Il a un jeu très jazz donc il se permet aussi d’avoir des impros sur ses breaks. En fait y’a une grande liberté pour les musiciens, et en même temps Adrien emmène un morceau déjà très structuré.


Metalship : Et au niveau de l’écriture des textes, c’est pareil ? Vous travaillez tous ensemble ou …

Adrien : C’est principalement Sam.

Sam : on essaie de faire des textes riches, d’avoir un thème commun, j’en discute avec Adrien pour que ce soit en lien avec la musique.

Adrien : il faut pas écrire des textes qui soient à côté de la musique. On essaie d’écrire des textes … pas qui soient conceptuels, parce qu’on a pas encore fait d’album concept jusqu’à alors, mais il faut vraiment que tout colle ensemble, que les paroles fassent parler la musique. Le plus important reste toujours la musique. Les paroles sont secondaires, la voix reste un instrument, mais il faut que tout transporte cette espèce de monde qu’on essaie de créer.


Metalship : Et au niveau des thèmes abordés ?

Sam : alors il y a un jeu sur le ressenti. On a un thème sur Amoeba, sur les abymes, les cellules au fond de l’océan, les valeurs énergétiques, une cellule qui quand elle meurt crée d’autres cellules. Y’a un attrait philosophique, y’a un aspect scientifique dans tout ça. Je me suis pas fié juste à ça, on essaie ensuite de faire des parallèles qui restent dans ce thème, mais après moi je vais pas parler de mes expériences, je déteste ça, je veux parler de moi, j’essaie de parler de choses que je pense que tout le monde vit, de retranscrire des sensations humaines.

Adrien : que ce soient l’éthique, que ce soient les rancunes etc, on essaie de développer avec des mots un peu plus généralistes, sans jamais rien de moralisateur ... Par exemple, quand j’étais parti sur Fate, à parler d’éthique, c’était simplement pour parler de certaines personnes qui prennent un chemin complètement tracé sur ce qu’ils pensent être leur éthique personnelle, leur éthique morale, leur éthique religieuse etc. C’est très universel.

Sam : on essaie de parler de choses que tout le monde comprend et qui peuvent toucher tout le monde.


Metalship : Et des concerts particuliers qui vous ont marqué, qui vous ont construit, ou bien plu, beaucoup amusés ?

Adrien : beaucoup, énormément en fait.

Sam : alors pour les concerts qui marquent, on peut déjà parler du Hellfest, première fois qu’on a joué sur un grand festival français. Et en République Tchèque y’a le Brutal Assaut aussi où on a eu énormément de monde. Et la tournée avec Divine Heresy notamment la dernière date où on a joué devant un public qu’on ne connaissait pas. On a joué à Londres, à Manchester, à Berlin, à Bruxelles, ce sont les capitales de grandes villes, on a toujours rêvé d’y aller, et on a réussi, en plus avec un énorme groupe.

Adrien : et c’est une monotonie qui s’instaure, et qui fait que plus tu avances plus tu te dis « mince je suis fait pour ce métier là » et du coup on aime notre vie de musicien, et lors de ces tournées, ces dates on se dit « ouais t’es fait pour ça ! ». On était tous fatigués, il y a ptet des tensions, mais c’était génial.

Sam : ouais c’est sur la route dans le camion qu’on voit si le groupe tient la route, savoir si je le supporte, et est-ce qu’on aura bien cette tendance à s’entraider, s’épauler.

Adrien : on est entassés, on est 6, et à un moment, y’a quelque chose qui peut clasher. Bein non, là c’est toujours autant. On est sorti de la tournée, on s’appelle tous les jours parce que du coup on se manquait. C’est une petite famille quoi.

Sam : oui et puis là on parle de nous, mais on est une grande équipe aussi. On est 4 musiciens, mais on est 9, 8 en équipe réduite, 9 au complet. Avec l’ingé son, la manageuse qui est là depuis presque un an, l’ingé lumière, l’ingé plateau, quelqu’un qui travaille la vidéo avec nous. Bref on a réussi à monter une équipe de 9 personnes, ça fait du bien d’avoir des gens autour de toi, qui te soutiennent aussi dans ce que tu fais.

Adrien : autant la musique … que toi-même ! C’est ça qu’est génial, ça te rebooste, parce que t’es crevé t’en à marre et tu tombes sur un qui te dit « hé c’était génial, t’étais à fond ! ». On a une super équipe !


Metalship : Et au niveau du public ? Vous avez une région préférée particulière, en France ou dans le monde ?

Sam : bein on est restés en Europe … à part la Suisse c’est vrai (rires).

Adrien : le public anglais reste pas mal taré quand même. C’est très rock. Parce que la culturelle musicale française est quand même très orienté variété … c’est bien mais en Angleterre, tu allumes la radio et tu peux très bien avoir du In Flames ou du Metallica. Du coup c’est beaucoup plus dans les mœurs, et on a été très étonné de ça.

Sam : par exemple on peut avoir 150 personnes devant nous, et une cinquantaine qui va partir. Ca arrive. Parce que c’est pas leur style, parce que c’est trop prog ou trop moderne. Par contre ceux qui restent ils restent, et ils viennent te voir après te dire « j’ai vécu un moment énorme ». En terme de musique, on va intéresser un certain type de public plus qu’un autre. S’il est très brutal death ou grind, il va pas forcément accrocher à ce qu’on fait, même si y’a pas mal d’influences dans notre musique qui peuvent ressembler à ça ou à ça. Mais voilà du point de vue général, c’est normal qu’il y ait des gens qui soient réticents.

Adrien : mais le public n’est pas régionalisé. Il n’y a pas de département en France « là ça le fait, là ça le fait pas ». En règle générale ça c’est très bien passé.


Metalship : Ok. Et après Amoeba, vous avez maintenant un album en préparation ?

Adrien : on commence.

Sam : mais on est vachement sur les routes aussi. Adrien a commencé, on a des pistes, et on travaille tous, mais faut trouver le temps. Pour les propositions, bein faut se mettre dans cet univers et quand t’es toute la semaine à bosser, tu pars en concert, tu peux pas en deux heures entre 8h30 et 10h30 rentrer dans un univers. Y’a eu quelques phases de vacances quand même qu’on a eues, une semaine et quelques jours mais …

Adrien : t’as eu des vacances toi ? (rires). Oui faut qu’on trouve le temps, un peu d’énergie. Parce que tu pars tout le weekend, trois jours et t’arrives le lundi tu bosses et donc bein ça avance mais lentement, c’est pas à l’ordre du jour. Il sera prévu pour 2009 en gros.


Metalship : Et au niveau des concerts, encore une tournée qui arrive ?

Sam : plus en fin, à partir de septembre, on a des grosses dates qui sont tombées pour cet été. Des gros festoches comme le Metalcamp, le Summer Breeze, le Graspop, et y’aura peut-être d’autres tournées.

Adrien : voilà donc à partir de septembre on se met à l’album, et d’ici là on tourne, parce qu’il y a des gens qui le demandent, ça n’arrête pas. Mais disons pas de grosse tournée de prévue pour l’instant.


Metalship : Et donc le petit mot de la fin, ou une question que vous aimeriez bien que je vous pose ?

Adrien : eh bien demande à Franck.

Franck : pourquoi tu as un appareil photo là ?


Metalship : Eh bien parce qu’on n’a pas beaucoup de moyens, c’est encore artisanal. Bon merci d’avoir répondu à mes questions, et bonne chance pour le concert, amusez vous bien, amusez nous bien, et à une prochaine fois !


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ajouté par NanoRoux, le 14 mars 2008 pour Metalship

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