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Interviews :: Interview de Lodz

Interview de Lodz


Avec un solide EP et un nouvel album sous le bras, les lyonnais Lodz sont devenus l'une des valeurs montantes du Metal hexagonal. Maintenant que Something in us Died est disponible, il était important de laisser à nouveau la parole à Eric (chant, guitare)...


Metalship : Salut Eric!
Comment vas-tu à quelques jours de la sortie de votre album?

Salut Flo… On est très excités. On sort de mois de travail sur les compos de l'album dont on a soigné et pensé chaque note dans le moindre détail, avons travaillé la prod avec la même implication… On en est très fiers et sommes heureux qu'il soit enfin public et de pouvoir aller le défendre sur la route!


Metalship : L'an dernier, Lodz a connu son premier changement de line-up avec le départ de Vince (guitare). Quelles en sont les raisons et peux-tu nous présenter David, son remplaçant? A-t-il participé à l'écriture de l'album?

Je pense que la musique perdait de plus en plus de place dans la vie de Vince. Il s'éloignait de plus en plus du groupe inconsciemment pour des raisons de plannings, de choix de vie, etc… Son départ s'est fait naturellement et sans heurts. Il s'est rapidement rendu compte qu'il ne pouvait plus s'investir comme le reste du groupe le faisait et nous avons décidé de nous séparer tout simplement.
On a ensuite lancé des auditions de guitaristes et David s'est rapidement proposé. Nous connaissions déjà David depuis plusieurs années car il avait déjà fait partie d'un groupe avec Ben notre bassiste. Nous savions déjà que c'était un gros bosseur, inspiré et un très bon instrumentiste. Et pour la petite histoire, il me donnait quelques cours de guitare depuis quelques semaines avant son arrivée! Donc son intégration s'est fait là encore très simplement.


Metalship : Depuis notre dernier entretien il y a un an et demi, vous avez pu jouer sur la scène Off du Sonisphere. Peux-tu revenir sur cette expérience? Quel a été ton sentiment avant de monter sur scène aux côtés de groupes d'envergure internationale?

C'était une très belle expérience qui je pense, nous a aidé à nous rendre compte que notre musique avait un réel potentiel. Ça nous a donné de l'assurance. Quand tu fais le choix de jouer une musique personnelle comme celle de Lodz, tu ne choisis pas la facilité: ce n'est pas un style forcément très représenté sur la scène française et le fait d'avoir été retenu pour participer au Sonisphere alors que nous avions une notoriété plutôt "confidentielle" et un simple EP en poche a eu sur nous un effet catalyseur. On savait désormais qu'on tenait un "concept Lodz", une identité propre et nous n'avions dès lors plus de raison de ne pas l'assumer. Ajouté à cela un très bon retour du public présent ce soir là, un accueil et des conditions optimales… Bref, un très beau souvenir!


Metalship : Parlons un peu de ce premier album, Something in us Died... Que signifie ce nom pour toi?

Comme je te le disais, cet album est vraiment très personnel, il touche à l'intime. On l'a composé avec beaucoup de sincérité et je voulais que dans le titre, nous affirmions cet aspect. D'où le choix du titre à la première personne du pluriel.
Ensuite, les thèmes abordés touchent à ce qu'il y a de plus douloureux en nous, les épreuves de la vie etc… Tout se qui te coûte, te fais perdre en positivité et espoir, te rapproche de la mort émotionnelle.


Metalship : Au niveau des textes, doit-on s'attendre à un concept ou les morceaux sont indépendants les uns des autres? Quels sont les thèmes évoqués?

Les morceaux sont complètement indépendants mais l'album a vraiment été pensé pour être écouté dans l'ordre et former un tout. On dit toujours que l'enfer c'est les autres et les morceaux traitent de ça: les mauvaises rencontres, les relations ratées, les déceptions, l'absence, les pertes de repères, les addictions… Tout ce qui te ronge peu à peu.


Metalship : Côté musique, comment vois-tu l'album par rapport à l'EP?

Plus contrasté. Les parties calmes ont tendances à être plus planantes, plus atmosphériques et les parties "puissantes" plus violentes ou épiques. La tonalité générale est peu être moins rock que le EP, plus "extrême".


Metalship : Dans ma chronique, j'ai évoqué certaines influences qui n'étaient pas aussi palpables que sur l'EP, Cult of Luna en tête... Es-tu d'accord avec ce rapprochement? D'une manière générale, quelles ont été vos influences pour cet album (musicales ou non)?

Je comprends ce que tu veux dire car effectivement on est très fans de Cult of Luna et on a bossé avec Magnus sur le mastering mais je n'arrive pas à me rendre compte que cette influence soit si palpable: ils sont plus extrêmes que nous, structurent leur musique très différemment de nous, ont une identité vocale également différente… Après effectivement, on a des tempis plutôt lents et on recherche nous aussi une atmosphère musicale particulière… Nos influences sont assez variées. Nous venons tous les quatre d'univers très différemment. On écoute chacun des disques que les autres ne supportent pas! Par contre, on se retrouve tous autour de groupes comme Thrice, Moving Moutains, O' Brother, Khoma, A perfect Circle, Deftones mais aussi autour du post-rock (Caspian, This will destroy you) et du métal (Katatonia, Ghost Brigade, Anathema). Le cinéma est également très présent lors du processus de composition. On décrit souvent les ambiances recherchées par des images ou des termes cinématographiques. Pour nous les morceaux racontent des histoires et sont "visuels".


Metalship : Peux-tu nous parler du titre "Walking Like Shades", qui sort un peu de l'ordinaire?

C'est une interlude. On avait besoin à cet endroit de l'album d'un passage court qui ferait le pont avec la dernière partie de l'album qui devait se détacher à notre sens des 2 premiers tiers du disque. On aimait bien aussi ce texte qui résumait bien l'esprit général de l'album et qui ferait là encore le lien dans la construction générale de l'opus.


Metalship : J'avoue avoir un faible pour les trois titres qui ouvrent l'album... Et toi, quels sont tes morceaux préférés?

J'ai beaucoup de mal à te répondre car je manque peut-être encore un peu de recul. Dans chacun d'eux, il y a un passage que j'affectionne particulièrement… Mais si je devais en choisir quelques uns, je prendrai "Follow the Crowd", "Leading the Rats" et "Sulfur".


Metalship : L'an dernier, Lodz a lancé une opération de financement participatif sur internet pour que vous puissiez financer l'opus. Que peux-tu nous dire sur ce système et les retours que vous avez eu?

C'était un système de pré-commande qui est très commun outre atlantique mais encore à ses débuts chez nous. Il y a des chances que le système se généralise à mon avis quand on voit l'état de l'industrie musicale.
Plus qu'un système de financement participatif, il s'agissait plus pour nous d'un système de préventes car chaque don avait une contrepartie (principalement l'album en avant première). Les retours ont été au delà de nos espérances et nous ont bien aidés pour le financement de l'album et de sa promo.


Metalship : Metalship a eu la chance de suivre l'enregistrement de l'album de l'intérieur grâce à une série de studio-reports. Maintenant que tu as l'objet entre les mains, est-il tel que tu l'imaginais?

On est plutôt satisfaits des compos et de la prod dans son ensemble. Il souffre évidemment de points à améliorer pour les prochaines sorties du groupe mais pour un premier album, je pense que le bilan est la hauteur de nos attentes... Et de nos possibilité évidemment.


Metalship : Parles-nous un peu de Fabrice Boy (ingé-son) et de Magnus Lindberg (de Cult of Luna, qui a masterisé l'opus). Comment était-ce de bosser avec eux?

Fabrice Boy avait déjà travaillé sur notre premier EP autoproduit "And then Emptiness" et malgré le fait que le groupe était très jeune, il avait réussi à produire le CD efficacement. Contrairement au EP, pour l'album, on savait très précisément ou l'on voulait aller et on savait que Fabrice avait la méthode de travail, la sensibilité et le talent pour bosser sur ce disque. On savait que c'était le bon choix. Pour Magnus, c'était juste un caprice. Ces dernières productions nous avaient scotchées, on a agi en fans et on s'est offert ses services, tous simplement. Coup de bol, il s'est révélé en plus être quelqu'un de très ouvert et sympa donc en plus d'un résultat qui nous a tout à fait satisfait, il nous a offert des échanges très agréables.


Metalship : Something in us Died est sorti via la Klonosphere. Comment avez-vous rejoint les rangs de la structure et quelles sont vos attentes pour cette collaboration?

C'est un vrai plaisir d'avoir rejoint l'écurie Klonosphere. Je ne suis pas forcément sensible à toutes leurs productions mais par contre, j'ai toujours apprécié cette structure, le choix de ses groupes intelligents, novateurs et ouverts. Même si les groupes sont très différents, je trouve qu'il y a une "touch" Klonosphere.
Quand tu sais qu'un groupe est sur la Klonosphere, tu sais déjà qu'il aura une grosse prod, un haut niveau qualitatif, une identité et/ou une forme d'avant-gardisme. Ajouté à cela une équipe dévouée, efficace et passionnée et de très bons rapports humains et la décision s'est alors prise en très peu de temps quand Guillaume nous a proposé de rejoindre le label.


Metalship : Parlons un peu du visuel. Une fois de plus, tu t'en es chargé. Quelles étaient les objectifs et que doit-on voir à travers cet artwork et ce livret? Envisagez-vous à l'avenir de faire appel à quelqu'un d'autre pour le visuel?

Le visuel est onirique. Il met en situation un personnage dans un monde/metaphore, "passage" entre la vie et la mort, il incarne la lente dégradation dont fait mention le titre et rajoute une ambiguité au titre avec le ventre de la jeune fille qui semble porter la vie. Les "lucioles" qui gravitent tout au long de l'artwork semblent sortis de l'enveloppe corporelle de la jeune fille et sont autant de "particules" d'optimisme que l'on perd lentement à chaque épreuve de la vie.

Je tenais à réaliser l'artwork pour cet album mais je n'écarte pas la possibilité de laisser cette partie à quelqu'un d'autre à l'avenir. Bien au contraire, je pense que cela peut-être intéressant d'avoir un regard extérieur sur notre musique.


Metalship : Comme pour l'EP, vous avez tourné un clip vidéo pour promouvoir l'album. Satisfaits du résultat?

Oui au vu du budget que l'on pouvait alloué à sa réalisation. Il retranscrit bien l'ambiance du morceau qui alterne intimisme et passages plus "épiques".


Metalship : Côté live, il semble que vous soyez en train de travailler sur deux mini-tournées françaises pour l'an prochain. Peux-tu nous en dire plus? Avez-vous des plans pour l'étranger ou des festivals?

Oui effectivement, une en mars qui concernera la partie sud de la France, quasi-bouclée et une en mai en cours de programmation. Celle-ci concernera plutôt le Nord et passera justement à l'étranger. Pas mal de dates ponctuelles sont également en cours de programmation. Les prochaines sont le 2/11 à Annecy et le 23/11 à Lyon avec des groupes amis pour fêter "à la maison" la sortie de l'album. D'autres dates sont en cours de bouclage et effectivement, on travaille également à notre présence en festivals...


Metalship : Une nouvelle fois, Metalship te laisse le soin de conclure cette interview en vous souhaitant le meilleur!

Un grand merci à Metalship! Depuis les débuts du groupe, nous avons un soutien de votre part vraiment remarquable et encourageant. C'est toujours un plaisir d'être en contact avec toi Floran.
On invite chacun à se faire une idée sur le groupe en visionnant le premier extrait de l'album ici : http://www.youtube.com/watch?v=vKZJ5b07u7k et en écoutant en streaming exclusif l'album sur le site canadien puregrainaudio ici : http://puregrainaudio.com/audio/lodz-something-in-us-died-album-stream-exclusive-world-premiere



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ajouté par kumelia, le 28 octobre 2013 pour Metalship

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