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Interviews :: Interview de HerrSchaft

Interview de HerrSchaft


Après cinq années d'absence, le projet Electro-Metal Herrschaft revient en force avec son excellent nouvel opus Les 12 Vertiges. Comme Metalship vous offre l'opportunité de gagner l'album (voir la page Concours), il était naturel d'aller questionner MaX et Zoé...


Metalship : Salut les Herrschaft!
Avant de démarrer cette interview comme il se doit, pouvez-vous revenir sur les débuts du groupe jusqu'à aujourd'hui?

MaX (electronica, drums): Alors je ressors ma fiche: Herrschaft, groupe français créé en 2004, ayant commis un EP « Architects of the Humanicide » en 2005, puis un album « Tesla » en 2008, et aujourd’hui un nouvel album s’appelant « Les 12 Vertiges ». Tous sont sortis sur le label italien Code666. Notre spécialité: faire de l’Electro et du Metal, mais en même temps, et en gardant un équilibre constant entre ces deux mondes. Là, je crois que j’ai fait concis et complet!


Metalship : Tesla est donc sorti en 2008, puis vous revenez cinq ans plus tard avec un nouvel album. Pourquoi tant de temps? Que s'est-il passé pour Herrschaft durant toute cette période?

MaX: Nous avons bossé sur cet opus! Il n'y a pas eu de pause pour le groupe et l’album a commencé à se construire dès la fin de Tesla. Par contre, pour diverses raisons il a fallu progresser à un rythme plus lent.

Zoé (guitars, electronica, production): Nous avons certes pris notre temps, mais tu n'imagines pas le nombre d'heures que j'ai passées en studio depuis 2008 sur ce projet...
J'ai personnellement bien sûr été aussi actif avec d'autres formations, et notamment The CNK, ce qui m'a permis de sciemment reculer Herrschaft des « feux de la rampe »... Enfin de l'obscurité des caves metal goth plutôt (rires).
Nous n'avions pas d'intérêt à essayer de maintenir une actualité pendant tout ce temps. Je préfère rester intéressant et attirer l'attention quand il se passe vraiment quelque chose pour ce groupe. Et se mettre de côté pour prendre notre temps sans pression a donc paru évident, à un moment donné, ne serait-ce que pour camoufler le cas où nous n'arriverions pas à terminer cet album (rires).


Metalship : Les 12 Vertiges vient de sortir via Code 666, tout comme Tesla. N'avez-vous pas cherché d'autres structures pour appuyer ce nouvel album? Que pouvez-vous nous dire de leur travail?

Zoé: Code666 sont de réels partenaires depuis les débuts du groupe. Ils nous font confiance depuis notre EP « Architects Of The Humanicide », ils nous ont donnés notre chance à l’époque où nous n'étions que des branleurs de 17 ans. (Max : parle pour toi) J'aime la réputation de découvreur de talent de ce label, son intégrité dans le choix artistique de ses groupes, sa passion pour l'avant-garde.
Nous n'avions aucune raison de lui tourner le dos, je pense de plus qu'il est devenu meilleur année après année, tout comme nous. Sans parler de sa patience à attendre que nous soyons décidés à revenir sur le devant de la scène...


Metalship : Musicalement, comment situez-vous Les 12 Vertiges par rapport à son prédécesseur?

Zoé: Oh musicalement je pense que nous sommes en droite lignée de notre précédent album « Tesla ». Et j'en suis très fier. Les gens qui veulent acheter du Herrschaft auront du Herrschaft. Mieux produit, plus inventif, mais du Herrschaft.

Max: On défend toujours notre vision particulière de l’Electro-Metal, de la fusion entre les deux genres telle que peu de groupes le font vraiment. Donc, on n’a pas encore décidé de changer de formule (rires). Par contre, on a recherché cette fois-ci un ton plus efficace, plus « dancefloor » pour certains morceaux, tout en forçant encore plus le côté mature, sombre et désespéré de l’ensemble. C’est en ce sens que « Les 12 Vertiges » se démarquera de « Tesla ».


Metalship : Racontez-nous les étapes de sa conception et sa réalisation... Où l'avez-vous enregistré?

Zoé: Résumer 5 années de travaux. Mmmh...
L'ensemble a été enregistré et produit de l'enregistrement au mastering dans mon propre studio parisien (www.zoe-h.net).
L'écriture des morceaux s'est faite naturellement avec MaX et BzD. Comme à l'accoutumée, nous posons les bases instrumentales avec MaX, puis nous travaillons tous ensembles sur les paroles, nous débattons des sonorités, nous crachons sur le travail de chacun d'entre nous, nous effaçons tout et nous recommençons tout jusqu'à épuisement. C'est pas inintéressant, mais c'est éreintant, crois-moi (rires).


Metalship : J'ai trouvé que cet album sonne très mature et développe de très bonnes atmosphères. Mettez-vous un point d'honneur à créer des ambiances poussées?

Zoé: C'est même le point de départ. Ce n'est pas pour rien que les deux premiers opus étaient une mise en musique d’un monde, lui-même fortement inspiré du livre « Ravages » de Barjavel. L'atmosphère était donc primordiale, bien avant l'envie de faire de bons morceaux qui vivent de manière autonome. C'était une démarche très cinématographique finalement.

MaX: Pour les 12 vertiges, la notion de voyage est plus intérieure mais elle est bien là. Si tu imagines un décor, ou un état d'esprit en écoutant les morceaux de cet album, alors le pari est réussi.


Metalship : Les vocaux sont l'un des points forts d'Herrschaft, ce sont eux qui l'éloignent de la majorité des groupes d'Electro Metal. A ce titre, il semble qu'ils soient très travaillés non?

MaX: Oui, il a toujours été important pour nous que les vocaux restent agressifs, pour contrebalancer une musique parfois plus prude, plus New Wave, et même - on ne s’en cache pas - plus facile sur certains riffs, et où justement la voix apporte le grain qui va écorcher le morceau.
Par contre je trouve qu’il y a eu une grande progression dans la voix de BzD, qui a proposé plus d’énergie et de variations, ce qui nous a permis de la mettre en valeur d’une manière plus brute. Auparavant, Zoé noyait tout allègrement dans la distorsion et les surcouches pour renforcer l’agression, la voix était très en avant d’ailleurs. Dans les 12 Vertiges il y a beaucoup moins d’effet, et plus de nuances. Je trouve personnellement le rendu encore plus brutal, car il est organique.


Metalship : Vous avez d'ailleurs fait appel à quelques guests, notamment une demoiselle sur certains titres... Pouvez-vous nous la présenter?

Zoé: Ah, la belle Jessy Christ. Nous nous connaissons depuis l'époque où elle chantait dans Psycho-Shop, un autre groupe indus dont nous étions proches, mais qui n'existe malheureusement plus. Nous l'avons entrainé dans certaines de nos aventures, et elle nous a surpris par sa capacité à nous comprendre, dans nos situations les plus perdues et explosives.
Elle n'a pas été blessée ni abusée durant l'enregistrement de cet album. Pas trop. Mais elle nous a bien rendu la pareille.


Metalship : Comment vous est venue l'idée de faire appel à elle et à Krank Nox?

Zoé: Nous pensions avec MaX que nous n'arrivions à être connectés qu'à deux. Jessy a réussi à s'immiscer dans nos esprits malades, et comme elle est en plus une chanteuse professionnelle hors-pair, il a semblé évident à un certain moment que sa participation était indispensable sur cet album. Et pourtant, nous n'en avons d'ailleurs jamais sérieusement parlé tous ensembles il me semble, cela s'est fait naturellement.

MaX: Concernant Krank, le cheminement a été plus traditionnel. Nous sommes très proches, pour avoir tournés ensembles, lorsqu'il chantait encore dans Dexy Corp_, ce fabuleux groupe indus de Tours. Nous avons littéralement écrit le morceau Rat In Cage avec sa seule voix en tête. Aucun autre grain n'aurait collé, c'était cette sonorité que nous voulions. On est donc allé le trouver avec le morceau fini en lui disant : « Voilà, à toi maintenant », et bien sûr il ne pouvait pas refuser. On a eu la même démarche avec C.N.X., de Temple of NemeSYS. Quand tu côtoies ces gens de talent, que tu écoutes ce qu’ils arrivent à faire, tu sais que tu retravailleras forcément avec eux à un moment donné! C’est juste une question de temps.


Metalship : Parlons visuel. L'artwork est assez particulier et je l'avoue, pas vraiment à mon goût. Néanmoins, il sort de l'ordinaire. Que pouvez-vous nous dire sur cette pochette? Que signifient les signes que l'on peut distinguer en arrière-plan?

Zoé: J'adore cette pochette. Pour la première fois nous avons laissé un autre que nous travailler dessus. Pour la première fois nous avons lâché prise sur notre envie de tout contrôler, et nous avons confié cette mission « carte blanche » à un ami de longue date, Heinrich von B (guitariste de The CNK).
Il fallait absolument sortir de l'habituelle pochette ‘Indus’, soit ultra-clinique, soit bio-mécanique, soit architecturo-industrielle... Les poncifs. On lui a donné nos textes, les morceaux, on lui a expliqué brièvement les émotions que l’on voulait faire passer. Et c’est tout.

Et il nous a bluffés. Il a réussi à la fois à introduire de l'organique grâce à ce réseau veineux et artériel, du vertigineux grâce aux arbres de vie et aux triangles éparpillés tout au long des pages du livret, ainsi que de du mystique grâce au buste en marbre et la kabbale en arrière-plan. Il nous a réinventés, redonné notre univers.


Metalship : Maintenant que l'album est disponible, j'imagine que vous allez le défendre sur scène... Une série de dates prévue?

Zoé: Pas encore, nous sommes en pleines répétitions pour proposer le meilleur show possible. Nous avons deux petits nouveaux avec nous, le bizutage prend du temps. Mais avis aux promoteurs et organisateurs en tout cas!


Metalship : Comment qualifierez-vous votre groupe lorsque vous êtes sur scène?

Zoé: De brutal.


Metalship : Comptez-vous décliner le concept de vos photos promotionnelles pour le live (à base de maquillage ou de jeux de lumières)?

Zoé: Ce n'est pas d'une grande importance de savoir si cet esthétisme précis va être transposé en live ou non. Le maquillage ou le body painting ou les lumières ne sont que des outils pour créer une atmosphère, mais il y bien d'autres moyens sur scène de retranscrire l'humeur de nos morceaux je pense.

MaX: Comme on l’a dit plus haut, bien sur l’ambiance fait partie d’Herrschaft, elle sera donc primordiale sur scène, et on travaille actuellement en ce sens. Mais encore une fois on va tenter de s’écarter de l’imagerie « Indus » traditionnelle et proposer quelque chose de plus personnel et intérieur.


Metalship : L'interview touche à sa fin, merci pour vos réponses. Vous avez le dernier mot!

Zoé: Merci.
Ne mourrez pas idiots, expérimentez tout ce que vous pouvez.


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ajouté par kumelia, le 28 octobre 2013 pour Metalship

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