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Interviews :: Interview de Black Rain

Interview de Black Rain


Avec leur album "License to thrill", Black Rain nous prouve que les Français savent aussi faire du glam rock, comme au bon vieux temps de Guns 'n' Roses (celui d'"Appetite for destruction") ou de Mötley Crüe (celui de "Girls girls girls"). Et c'est autant vrai dans la musique que dans l'attitude.

Interview avec le bassiste Heinrich


Metalship : Peux-tu présenter le groupe aux lecteurs de Metalship?

Nous avons entre 22 et 25 ans. Nous sommes un groupe qui existe depuis environ 5 ans. Il a été initialement fondé par Swan (chant/guitare) et Max 2 (guitare) à la sortie du lycée. Au début le groupe ne faisait que des reprises. Ça allait des groupes des années 80 comme Mötley ou W.A.S.P à des groupes des années 90 en passant par les classiques Iron Maiden ou Judas. Le line-up était assez variable avant de trouver Kenny à la batterie et moi-même à la basse. Kenny est parti l’an dernier sentant que les choses devenaient sérieuses et qu’il ne voulait pas forcément s’investir à fond, continuer à vivre cette vie particulière faite de routes, de fêtes et de galères. Nous avons alors trouvé Iann Lewis qui était aussi déterminé que nous à vivre cette vie. Depuis les concerts s’enchaînent un peu partout et un deuxième album, « Licence to Thrill » vient de sortir. Pour nous c’est vraiment notre premier vrai album, la musique qui nous plaît et nous définit. Nous voulions faire quelque chose qui nous rende aussi dingue en l’écoutant que la musique qu’on passait en soirée. Avant nous ne savions qu’une seule chose, nous voulions jouer dans un groupe. Le tournant déterminant a été une tournée d’un mois que nous avons faite au Japon il y a deux ans. Là, en jouant tous les soirs, nous nous sommes rendu compte que nous avions l’énergie sur scène qui enthousiasmait le public mais que la musique ne suivait pas. Maintenant ce n’est plus le cas, nous sommes sûrs de ce que nous faisons. La machine est en marche.


Metalship : Quels sont vos influences?

Incontestablement les groupes américains des années 80 comme Mötley ou W.A.S .P. Tous ceux qui s’habillent en homosexuels mais te la mettaient bien profond. Je déteste qu’on dise qu’il y a un revival. Le rock’n’roll n’est jamais mort, il a juste connu une petite faiblesse pendant les années 90 même si je considère que le black metal, un des style que nous écoutions quand nous étions ado, était le style qui a fait le lien entre nos deux époques. Les églises, les profanations de cimetierre, les meurtres, tout çà venait de Scandinavie et c'était cool. Nous, on baisait nos premières copines dans des cimetierres, on taguait les tombes, on abattait les croix, on cramait des trucs, superbe époque. Nous nous inscrivons clairement dans une scène assez vivante aujourd’hui, particulièrement en Suède.


Metalship : Qu'est-ce que ça fait d'être un groupe de glam rock en France en 2008?

Ça ne fait rien de plus que d’être un groupe de rock’n’roll de tout temps en France. Rien n’est fait pour toi. Il y a peu de clubs et pas d’argent. Tout est fait pour te mettre des bâtons dans les roues, pour se foutre de ta gueule. Pourtant, il y a toujours eu des mecs qui levaient le majeur bien haut. La seule différence aujourd’hui est que nous avons Internet et des vols pas chers qui nous permettent de nous faire des contacts et d’aller n’importe où assez facilement.


Metalship : L'ambiance semble clairement être à la fête au sein du groupe...

C’est un peu prétentieux mais pourtant vrai. Nous n’avons jamais trouvé meilleurs que nous pour la fête excepté nos amis suédois de Sister. Dès qu’on quitte un endroit les gens sont tristes même si on laisse un gros bordel. Evidemment le déroulement d’une soirée c’est le classique sexe, drogues et rock’n’roll. Nous y ajoutons une dose excessive d’alcool, une conduite en état de sur-ivresse, des bagarres (c’est plutôt moi ça), des filles et des garçons mineurs, pleins de trucs cool quoi. D’ailleurs le titre de notre album, « License to Thrill » fait référence à tout cela. Nous avons fait beaucoup de choses illégales dans beaucoup de pays, mais nous n’avons jamais eu de problèmes, même quand nous nous sommes faits chopper. Je crois que c’est dû au fait qu’on a des gueules sympathiques et qu’on fait rire la police, et surtout qu’on ne perd jamais le contrôle. Je peux boire autant que je veux, jamais je ne fais de choses que je ne ferais pas si j’étais sobre. Donc on aime bien dire qu’on a un permis pour faire toutes ces conneries. Rockstars don't go to jail !!!


Metalship : Comment composez-vous vos chansons?

La quasi-totalité des chansons sont composées par Swan. Il pense d’abord à une idée de mélodie pour le chant et compose la musique qui va dessus. Nous essayons de trouver une ou deux idées directrices pour chaque chanson et de respecter des règles de structure qui font que ça rentre vite dans la tête. Il existe une grande variété de règles assez immuables. Tous les hymnes en respectent certaines. Nous n’essayons pas de compliquer les structures ce qui fait que certaines personnes ne vont pas aimer notre musique et la trouver trop commerciale. Chacun son avis, on n’a pas de tunes en tout cas, mais perso je ne crache pas sur des structures plus fouillées comme on peut en trouver dans Opeth par exemple. Simplement cette musique ne correspondrait pas à notre façon de vivre. Quant à la question de la technique, nous ne sommes pas des virtuoses. J’adore voir une démonstration même si ça me fait penser à du cirque mais je suis incapable de faire pareil et je n’ai pas la patience ni l’envie pour y arriver. En revanche je défis quand même les petits techniciens de salon de jouer aussi bien que nous ce que nous jouons. Par expérience, je sais que des super musicisn pour de vrai qui nous ont vu sur scène aiment ce que l’on fait car ces gens sont très sensibles aux bonnes chansons qu’ils adorent reprendre pour les compliquer à souhait.


Metalship : Quel est le public de Black Rain?

Ça dépend des endroits. En Suède, le public est assez homogène, au moins au niveau du look, car il y a une scène très importante. Dans le reste du monde ce n’est pas le cas mais bien que moins lookés les gens sont aussi présents et c’est tout aussi cool. Je crois qu’il y a deux grandes catégories de gens qui nous adorent, les vieux de la vieille qui sont contents que nous tenions le flambeau du rock’n’roll et les gamins qui sentent qu’ils sont appelés à le tenir dans le futur. En fait tout cela n’est qu’une grande catégorie de gens qui rockent. Niveau âge, c’est donc totalement varié et c’est ce que nous aimons. Pour l’instant je ne parlerais pas trop de « fans » même si nous avons eu affaire avec des gamins tout fous de nous voir. Je me rappelle d’un concert en Norvège où les gars avaient fait 8 heures de route pour nous voir et étaient complètement hystériques. Ils nous prenaient pour le plus grand groupe de rock’n’roll du monde et voulaient faire un cover band de nous. Ca fait plaisir mais çà fait aussi un peu peur sur le moment. Mais le plus souvent, je crois que nous finissons par connaître la majeure partie des gens que nous rencontrons sur la route car nous faisons toujours une grosse fête après un concert et car on est très sociables.


Metalship : Quels sont les prochains objectifs du groupe?

Tourner un maximum en espérant que maintenant plus de gens vont connaître nos chansons avant qu’on les joue et vont du coup encore plus foutre le bordel. Nous préparons une tournée en France en Mars. Le reste est en discussion mais de toute façon on trouve toujours quelque chose à faire vu qu’on a pleins d’amis partout. Swan s’est remis à composer car il a beaucoup de choses à balancer suite aux nouvelles expériences qu’on a pu avoir depuis la composition de cet album il y a deux ans déjà. Nous avons aussi tous en tête de partir en Californie à un moment ou à un autre pour voir si çà rock vraiment. Mais en fait, où que tu ailles, les gens sont dégoûtés de l’endroit où ils vivent, donc le mieux c’est de bouger. Nous sentons juste de plus en plus que nous sommes loin de personnes qui pourraient nous aider dans tout ce qui concerne le management, le business et toutes ces merdes.


Metalship : Quels sont les retours sur l'album?

Pour l’instant nous nous sommes concentrés sur la France car c’est là où on vit, c'est là où est notre label qui a peu de contact avec des distributeurs sérieux à l'étranger. Il faut qu'on se mette à avoir un peu de reconnaissance chez nous, ne serait-ce que pour faire des économies sur les voyages car l’album, les tournées et la drogue nous ont mis sur la paille. Le reste se fait par Internet et nous allons bosser sur la promo à l’étranger sous peu dès que l'album aura réussi à y sortir. A l’étranger de toute façon, il y a un réseau qui connaît déjà cet album grâce à Internet et qui le reçoit vraiment bien. En France j’ai été totalement scotché. Je pensais qu’on allait se faire descendre et en fait ça a été l’inverse. Tout le monde nous soutient de partout et de bon cœur. Je pense qu’en fait, beaucoup de gens attendent des groupes aussi déterminés que nous. Le mois prochain, tu pourras par exemple voir ce que la presse pense de nous dans Rock Hard, Hard Rock, Rock One et d’autres mais ça a été assez unanime d’après les échos que j’ai. Évidemment il y a des gens qui nous détestent et qui attaquent sévère, sans vraiment de raisons parfois. C’est le jeu. Nous hésitons entre le fait de nous venger et d’en avoir rien à foutre. Mais on a quand même un esprit de gitans travaillé par les voyages. On oublie pas facilement et on ne pardonne pas les insultes gratuites qu’on a pu lire quand elles sont débiles et de mauvaise foi.
On peut attaquer notre album sur l’originalité, même si je rétorquerais que le rock’n’roll n’a pas besoin d’être original et que d’ailleurs musicalement ce que certaines personnes appellent original ne l’est pas vraiment. Je vous étonnerais en vous faisant écouter des trucs que vous n’avez jamais entendus. À l’inverse, ce qu’on fait n’est pas de la pompe, on n’a pas pastiché un groupe, on a juste essayé de faire de bonnes chansons. Bref ok pour l’originalité si vous voulez, on n’a pas de prétention là-dessus, mais j’ai lu des conneries sur la justesse de la voix du chanteur ou sur la production. Que ces deux trois connards me montrent de quoi ils sont capables avec les mêmes moyens que nous, et même d'ailleurs avec de supers moyens. On trouve peu de productions comme la nôtre en France, il faut être honnête car on y a mis toutes nos tunes. Et le chant, que vous l'aimiez ou non, est personnel mais juste, sur album comme sur scène.


Metalship : Souhaites-tu ajouter autre chose?

Merci pour ton intérêt. La prochaine fois lâche-toi plus sur les questions, n’ai pas peur. Pour ceux qui ne connaissent pas notre groupe, il y a myspace http://www.myspace.com/blackfuckinrain. Vous y trouverez de la musique, des clips et des dates de concerts. Et aussi l’album à acheter. L'argent nous revient directement et on a besoin d’un peu de tunes pour nous droguer.


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ajouté par Ronnie, le 4 janvier 2009 pour Metalship

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