Retour à l'accueil
Interviews :: Interview de DK Dance

Interview de DK Dance


Si le punk indus, ça ne vous dit rien, DK Dance peut être une sacrée porte d'entrée pour un univers violent et qui fait mal. Le trio développe une musique puissante et sans compromis, alliant la verve anarchiste du punk et les machines de l'indus pour un melting pot étonnant et qui, surtout, impose le respect. Les membres nous expliquent ce qu'est DK Dance au détour d'une interview.

(réalisée sur internet le 4/12/2008)


Metalship : Les membres de DK Dance viennent tous d'environnement musicaux différents. Comment en êtes-vous arrivé à explorer la voie du punk indus ?

Save (chant) : On vit tous les trois à Annecy : j'ai rencontré Tof il y a une dizaine d'années, on avait un groupe riot garage, Merci Crado ; vu que l'on passe notre temps à traîner dans les concerts, on est tombé sur Ju, et son groupe de Trash Adamentium régressif ; au fil du temps, chacun stagnant dans son milieu musical respectif, on a eu envie d'essayer de mêler nos influences et …on en est venu naturellement au punk indus.


Metalship : Save, tu es issue du "riot girl". Peux-tu nous expliquer ce qu'est ce style exactement ?

Disons que c'est un style de musique dans lequel je me suis reconnue très tôt, et dont je ne me lasse pas. C'est une de mes principales influences. Ce style est né dans les années 90, en marge du grunge, avec des groupes comme Bikini Kill ou Babes in Toyland ; les filles ont voulu s'exprimer, elles ont crée leurs propres groupes, avec des paroles très engagées, souvent marquées par les écrits féministes. Les premiers concerts étaient d'ailleurs interdits aux mecs, c'est pour dire !… En règle générale j'aime beaucoup les voix féminines, ça va de Cat Power à L7 ou My Ruin, en passant par Atary Teenage Riot.


Metalship : Ju, j'imagine que c'est toi qui a un background black metal. Ton style est assez agressif. Selon toi, véhicules-tu plus de rage dans le black ou dans le punk indus ? Qu'est-ce qui t'a motivé pour te lancer dans ce style ?

Ju (guitare) : Effectivement j'ai joué dans quelques formations de métal extrême dans le coin ; disons que le cri primaire m'a toujours parlé, et je trouve que les productions black métal old school et le punk ont la même énergie.


Metalship : Les machines ont une part importante dans la musique vu que vous n'avez pas de section rythmique. Cela vous semble-t-il parfois handicapant et pensez-vous un jour élargir le groupe d'un bassiste et d'un batteur ?

Tof (claviers, programmations) : On a essayé beaucoup de choses pour faire sonner notre bordel, comme un deuxième guitariste, un clavier des enfers, je me suis même remis à la batterie le temps de quelques répèts... Au final on voulait une sonorité originale, sans
trop se prendre la tête ; la configuration actuelle nous convient bien, on aimerait juste ajouter une personne qui poserait de la vidéo en live, d'ailleurs
si quelqu'un est intéressé.


Metalship : Quel est votre processus d'écriture ? Comment composez-vous vos morceaux ?

Save : On commence souvent justement par les machines, puis Ju compose les lignes de guitare, on structure au fur et à mesure, en fonction des textes. On s'adapte les uns aux autres, rien n'est jamais préétabli, on discute de chaque modification. Cette étape se passe en général dans notre appart (pour la plus grande joie des voisins), et on teste les vocaux à l'occasion des répétitions.


Metalship : Il n'y a pas que la musique à être corrosive. Les paroles ne laissent pas beaucoup de chances aux travers de nos politiques. Je pense notamment à Ségolène Royale et Sarkozy. Vous avez du vous régaler lors des présidentielles ?

Moux (ami et conscience politique du groupe) : ça fait plus rire, on n'a plusd'humour. Ma solution, plumer des joggers.
Xav (chauve souris - NDLR : enlève ton masque Batman !) : Ma solution, acheter un man et tout défoncer.

Save, Ju et Tof : La politique n'est pas forcément abordée en priorité dans nos textes, mais elle va de pair avec le contexte social, il y a beaucoup à dire, et à dénoncer ; lorsque on a composé les morceaux pour La Décroissance on était en pleine élection, le spectacle politique nous a interpellé, c'est sur ; et ça risque de continuer.


Metalship : Pensez-vous qu'avec Sarkozy, à l'instar de Trust sous Giscard, verrons-nous l'émergence de groupes au message plus politique et contestataire ?

Save : Je pense qu'il y a déjà des groupes très intéressants de ce point de vue, le problème majeur actuellement, c'est de pouvoir voir ces groupes live. Les fermetures de squats et des divers lieux autogérés un peu partout en France n'arrangent pas les choses, on bâillonne discrètement toute contestation ; la conséquence logique d'une culture unique, institutionnelle, asphyxiante enfin, c'est que ceux qui ne se reconnaissent pas en elle se radicalisent politiquement, et musicalement : on y vient.


Metalship : Vous êtes liés au net label D-Thrash Records. Pourquoi avoir choisi cette formule et quels en sont les avantages et inconvénients ?

Pour des groupes comme le notre il y a beaucoup d'avantages, notamment une totale liberté dans la composition et l'enregistrement et la possibilité d'être diffusés un peu partout. On consomme principalement de la musique libre, c'est comme ça que l'on est tombé sur le site du net label D-Trash, qui proposait une sélection d'excellents groupes, tous disponibles en téléchargement gratuit. On savait que Schizoid était assez sélectif, on s'attendait pas à ce qu'il nous propose d'emblée de sortir une compile de nos deux précédentes démos. Depuis, on lui envoie nos productions, il s'occupe ensuite de la mise en ligne
et de la promotion.


Metalship : Peut-on espérer un véritable album dans un futur proche ?

On a rien contre, mais disons que pour l'instant le principe de téléchargement nous convient bien. On n'a pas à s'endetter avec un pressage, on grave nous-même des exemplaires pour les concerts, qu'on vend trois euros. C'est artisanal et ça nous suffit, pour le reste les gens peuvent télécharger toutes nos démos et leurs pochettes, et se fabriquer leur propre cd gratos.


Metalship : Un grand merci au groupe pour avoir répondu à ces quelques questions.


Signaler un article incomplet Signaler une erreur
ajouté par Elric des Dragons, le 15 décembre 2008 pour Metalship

(0)



Interview précédente

Tout

Interview suivante


Commentaires


En raison du spam, l'écriture de commentaires est suspendue.

DK Dance

Albums chroniqués :
Chronique de La Décroissance
La Décroissance
2008

DK Dance
DK Dance
Voir la page du groupe
Création : 2004
Genre : Indus
Origine : France




Groupes en rapport


Albums chroniqués :
Chronique de Liebe Ist Für Alle Da
Liebe Ist Für Alle Da
2009

Chronique de Rosenrot
Rosenrot
2005

Chronique de Rosenrot
Rosenrot
2005

Chronique de Reise, Reise
Reise, Reise
2004

Rammstein
Rammstein
Voir la page du groupe
Création : 1994
Genre : Indus
Origine : Allemagne

Rapports de concerts:

Pain
Pain
Voir la page du groupe
Création : 1996
Genre : Indus
Origine : Suède

Concerts:
Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Educated Horses
Educated Horses
2006

Chronique de Hellbilly Deluxe
Hellbilly Deluxe
1998

Rob Zombie
Rob Zombie
Voir la page du groupe
Création : 1998
Genre : Indus
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de L'Hymne à La Joie
L'Hymne à La Joie
2007

Chronique de L'Hymne à La Joie
L'Hymne à La Joie
2007

The CNK
The CNK
Voir la page du groupe
Création : 1996
Genre : Indus
Origine : France

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Mechanize
Mechanize
2010

Chronique de Transgression
Transgression
2005

Chronique de Archetype
Archetype
2004

Chronique de Digimortal
Digimortal
2001

Fear Factory
Fear Factory
Voir la page du groupe
Création : 1989
Genre : Indus
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Deathstars
Deathstars
Voir la page du groupe
Création : 2000
Genre : Indus
Origine : Suède


Albums chroniqués :
Chronique de Monster
Monster
2008

Chronique de Monster
Monster
2008

Oomph!
Oomph!
Voir la page du groupe
Création : 1989
Genre : Indus
Origine : Allemagne