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Interviews :: Interview de The Great Old Ones

Interview de The Great Old Ones


Il y a quelques mois débarquait The Great Old Ones, jeune et prometteuse formation bordelaise qui s'adonne à un Post-Black Metal aux influences Lovecraftiennes.
Al Azif, premier opus, a su convaincre bon nombre d'auditeurs, il était donc logique que Metalship mette le grappin sur Sébastien (basse)!


Metalship : Salut Sébastien!
Avant de démarrer cette interview, peux-tu revenir sur les origines de The Great Old Ones, ainsi que sur les musiciens qui le composent?

Benjamin a eu l’idée du projet en 2009. Il a commencé à composer sans idée précise au départ. Assez vite il a perçu que les premiers morceaux collaient bien avec les ambiances des écrits de Lovecraft. Il s’est alors mis à imaginer un projet ayant pour thème les textes de cet auteur.
Début 2011, alors qu’il avait déjà composé 5 morceaux, il s’est mis à chercher des acolytes pour passer du projet solo au groupe en tant que tel. Nous nous sommes donc rencontrés en quelques semaines et le groupe est au complet depuis Mars 2011. Benjamin est donc à la guitare et au chant, Jeff aussi à la guitare et au chant, Léo à la batterie, Xavier à la guitare et moi à la basse.


Metalship : Première particularité chez vous: votre line-up compte trois guitaristes. Pourquoi un tel choix et quel en est l’incidence sur les compositions?

Le groupe a été imaginé , depuis le départ, comme étant composé de 3 guitares. Cela nous laisse beaucoup d’espace pour les harmonies, le travail sur les ambiances, les textures…c’est parfois un peu plus difficile de composer avec 3 guitares mais ça nous permet de nous exprimer totalement, de travailler sur des superpositions de sons, de rythmes…


Metalship : On en a parlé: dès les débuts du groupe, vous avez dédié votre musique à l’univers de Lovecraft. Quel a été ton premier contact avec ses récits? Quel est ton recueil préféré?

On a, pour la majorité d’entre nous, rencontré cet auteur pendant notre adolescence. C’est un auteur qui développe un univers vraiment riche et profond, et on a tendance à s’y attacher facilement. Personnellement j’aime beaucoup ses textes les plus courts, comme « La couleur tombée du ciel ». Je trouve qu’il est excellent dans sa façon d’écrire des nouvelles.


Metalship : Al Azif est donc le nom de votre premier album, qui est aussi votre première sortie. Vous n’avez pas jugé bon de vous faire la main via une démo ou un EP?

On est tous déjà passé, avec nos autres projets passés, par la phase démo/EP/concerts sur la région à n’en plus finir etc.…On a voulu avec TGOO changer radicalement notre façon de faire. On a commencé le groupe avec déjà une bonne partie de l’album composé par Benjamin. On a de suite senti qu’il y avait un certain potentiel. Du coup on a opté pour la démarche la plus rapide et sérieuse possible.


Metalship : Pour la sortie de ce premier opus, vous bénéficiez des soutiens des Acteurs de l’Ombre et d’Antithetic Records. Comment en êtes-vous arrivé à bosser avec eux?

Comme je te le disais, Benjamin avait déjà des pré-productions enregistrées lorsqu’on s’est rencontré. On a juste eu besoin de refaire quelques guitares, les lignes de basse, le chant et on a mis le tout sur le net. Shawn de Antithetic Records nous a contacté très vite ( via son pote Alex de Lurker, super webzine en passant) pour nous proposer de presser un vinyle et une édition digipack. Ensuite on a démarché pas mal de labels. On a eu la chance de pouvoir choisir, et comme le courant est bien passé avec Gérald de Les Acteurs de L'Ombre on bosse maintenant ensemble. Ils font vraiment du super boulot.


Metalship : Al Azif présente donc un Post-Black Metal inspiré, qui puise son influence dans l’univers de Lovecraft. Que signifie pour toi l’appellation Post-Black?

Tout et rien! Clairement, il y a une scène Post-Black qui a sa propre identité actuellement. Mais elle est composée de groupes tellement différents, qu’être étiquetés Post-Black ne dit pas grand-chose de notre musique.
Tous les groupes de cette mouvance ont en commun l’envie de repousser les codes du Black, de développer des ambiances différentes de la froideur assez classique, de tenter des hybridations musicales…Mais un groupe comme Wolves in the Throne Room n’a pas grand-chose à voir avec Blut Aus Nord par exemple.


Metalship : A son écoute, ce premier album a été très travaillé au niveau des atmosphères. Comment se passe la composition chez TGOO?

En général, seul ou à deux ou trois, devant un ordi et une pinte de bière . On ne compose pas en répétition, c’est trop compliqué avec trois guitares, ça nécessite trop de temps. Du coup, chacun propose ses morceaux, en général les guitaristes, puis on balance par mail à tout le monde. Ça laisse le temps à chacun de s’approprier ses parties, d’imaginer des modifs, des sons…Puis on passe à la phase répét’ pour caler la mise en place et les détails.


Metalship : Bien que votre musique dégage une forte personnalité, on ressent un côté Wolves in the Throne Room, Altar of Plagues, mais aussi un peu de Totalselfhatred (surtout sur "My Love for the Stars (Cthulhu Fhtagn)"). Sont-ce des influences assumées?

Des références plus que des influences. On est très admiratifs de groupes comme Wolves in the Throne Room ou Altar of Plagues, c’est sur. Ils arrivent à nous faire voyager, et c’est ce genre d’ambiance qu’on souhaite développer aussi. Après, quand on compose, on laisse juste libre cours à notre imagination, sans bornes particulières. Si le reste du groupe souhaite bosser le morceau en répétition, on le garde. On ne se pose aucune question de style ou de genre. (Je vais de ce pas écouter Totalselfhatred…)


Metalship : Que penses-tu de leurs derniers albums respectifs?

Je trouve personnellement que Mammal de Altar Of Plagues est excellent. Concernant Wolves in the Throne Room, je reste scotché à Two Hunters


Metalship : Parles-nous un peu de l’enregistrement d’Al Azif. Vous êtes allé chez Cyrille Gachet, qui a entre autre bossé avec Year of No Light. Est-ce Ausserwelt qui vous a convaincu?

Oui, totalement. Benjamin avait Cyrille en tête depuis un moment. On a vite compris pourquoi et ou il souhaitait en venir. On souhaitait une production organique, avec de la profondeur, des défauts, enfin analogique quoi…Ce gars construit lui-même ses préamplis à lampes, ses pédales, c’est un artisan. On a enregistré dans une vieille cave voutée et 99% des réverbérations de l’album sont naturelles, il avait placé des micros partout, dans les escaliers, le couloir.


Metalship : Le mastering a été confié à Alan Douches, un grand nom dans la planète Metal. Comment est née cette collaboration?

On voulait surtout ne rien regretter. Du coup on a fait appel à une référence. Cyrille Gachet avait déjà travaillé avec lui pour Year Of No Light, ça nous a simplifié la vie parce qu’il savait quelle marge de manœuvre on aurait au mastering.


Metalship : Un petit mot concernant l’imagerie du groupe. Vous n’avez à ce jour aucunes photos promotionnelles. Est-ce un choix délibéré?

Disons qu’on ne fait aucun effort pour en avoir…On n’y voit pas grand intérêt. On va devoir en faire une ou deux quand même, les magazines nous en demandent. Disons que notre image n’est pas notre soucis principal.


Metalship : A l’inverse, vous présentez un logo et un artwork très abouti. Qui s’en est chargé?

C’est Jeff Grimal ,le guitariste chanteur de TGOO, qui fait tout. Il est super doué et son univers graphique colle parfaitement avec notre musique. Il est sous-payé mais ils ne se plaint pas trop, alors on l’exploite!


Metalship : Parlons à présent de la scène. Que donne TGOO une fois sur les planches?

C’est intensif, assez violent et planant .On joue l’album comme il est enregistré. On essaye de retranscrire le plus fidèlement les atmosphères et on reste très attentif au son . Les retours sont très bons pour l’instant.


Metalship : Avez-vous étudié une mise en scène (projections vidéos ou autre) pour mettre en valeur l’univers du groupe?

Non, pas pour l’instant. Nous sommes restés concentrés sur la musique et l’intensité. Mais il est possible que dans le futur on développe quelque chose dans ce genre, on y a déjà un peu réfléchi.


Metalship : Fin juin, vous avez accompagnez Borgne et Forteresse pour deux dates (Nantes et Paris). Comment vous êtes-vous glissé dans ce beau package?

Grâce au label et à l’asso des Acteurs de l’Ombre et particulièrement à Gérald qui nous fait profiter de son carnet d‘adresse. C’est l’occasion de le remercier au passage.


Metalship : Une tournée française/européenne est-elle envisageable à moyen terme?

Oui, certainement. On a déjà eu des contacts mais rien n’est confirmé pour l’instant. Si vous avez des plans on reste preneurs!


Metalship : Avec quels groupes rêvez-vous de jouer?

En vrac: Sunn O))), Yob, Wolves in the Throne Room, Satyricon, Monarch, Lantlôs, Emperor …Par exemple…


Metalship : La scène bordelaise est un véritable vivier de groupes intéressants. Quels sont ceux que vous conseilleriez aux Metalshipiens?

C’est vrai qu’en ce moment il y a beaucoup de bons groupes. Il y a bien sûr Gorod qui calme toute le monde en ce moment, aussi Withdrawn dans un autre style, et Otargos pour les amateurs du genre. Mais sinon, on adore Year Of No Light qui n’est pas très connu du public Metal alors que c’est un groupe monumental pour qui aime les ambiances lourdes et organiques.


Metalship : Que font les mecs de TGOO dans la vie de tous les jours?

Léo est prof de batterie, Jeff tente de vivre de ses différents projets artistiques, quand à Xavier Benjamin et moi nous avons des boulots tout ce qu’il y a de plus classique.


Metalship : L’interview touchant à sa fin, je te laisse le soin de conclure!

Ce fut un plaisir! J’espère qu’on va se croiser au détour d’une salle de concert!


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ajouté par kumelia, le 30 juillet 2012 pour Metalship

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