Retour à l'accueil
Interviews :: Interview de Jenx

Interview de Jenx


Lundi soir, le long des boulevards bordelais: "allo Xav'? Je suis à côté de La Poste, je n'arrive pas à vous retrouver, au secours!". Après de sommaires indications, j'arrive enfin à retrouver les gars de Jenx, qui m'attendent devant leur local de répète pour une nouvelle interview, quelques jours seulement après la sortie du second album Enuma Elish.

Le groupe au grand complet s'installe, un petit verre à la main, et s'apprête à se faire cuisiner par Metalship. C'est parti!


Metalship : Salut les gars! Comment allez-vous depuis notre dernier entretien?

Xav’ (chant, basse): Super, il y a plein de projets qui se concrétisent, ça fait bien plaisir!
Lyynk (machines): Oui, ça fait plaisir d’en voir le bout!
Xav’: Donc notre nouvel album vient de sortir le 11 mai, il est déjà dans les bacs. On commence à tourner pour en assurer la promotion: les retours sont encourageants et on essaie de faire notre maximum pour le promouvoir et faire en sorte qu’il soit entendu par le plus de monde possible.


Metalship : Fuseless est sorti il y a déjà 5 ans. Comment Jenx a occupé son temps pendant ces années?

Lyynk: On était sur un autre projet, The Call of Cthulhu, où on a réalisé la bande-son d’un film muet, dans le cadre des Ciné-concerts, avec des représentations Live. Tout ça nous a pris un certain temps entre la composition de la bande-son et plusieurs prestations live. On a ensuite décidé d’en faire un enregistrement studio qui nous a pris pas mal de temps. Quand on cumule la composition, les prestations live et l’enregistrement par nos moyens, ça a dû prendre plus d’un an et demi… Finalement, on a pu vraiment démarrer le projet Enuma Elish qu’après avoir booké toute cette phase-là.


Metalship : Le DVD Cthulhu est-il sorti finalement?

Lyynk: Pour l’instant il est de côté.
Jessy (guitare): Le problème, c’est que ça faisait un petit moment qu’on était un peu absent de la scène à cause du Ciné-Concert. Il fallait absolument qu’on sorte l’album, sinon dans la durée ça n’aurait pas été acceptable.
Xav’: Et puis on ne voulait pas sortir le Ciné-Concert juste avec la bande-son, on voulait vraiment essayer d’avoir un produit fini et complet, qui raconte les étapes de la construction du projet plutôt qu’une simple bande-son.
Tiko (batterie): C’était une expérience assez inédite, qui mérite plus d’agrément que le sortir à la va-vite.
Max (guitare): Puis il y a Enuma… Moi je n’ai pas participé à la composition de Fuseless, je suis arrivé au moment où ils enregistraient. Je me suis intégré au groupe, Lyynk aussi, on a voulu faire un stand-by côté scène pour pouvoir s’enfermer pour composer. On a aussi changé nos méthodes de composition et d’enregistrement, donc c’était un peu l’aventure, ça a demandé un certain temps. Dans tous les cas, on voulait prendre notre temps pour faire quelque chose de différent et d’abouti.


Metalship : Il y a 2 ans, je vous avais demandé la signification de Jenx. J’estime que maintenant il y a prescription, peut-on enfin savoir??

Jessy: (Rires) et voilà! Il est tenace, deux ans après, il nous ressort la même question!
Xav’: On va garder la surprise pour le prochain album (rires)!
Jessy: Non sérieusement, c’est juste parce que ça sonnait bien. Donner les premières raisons aujourd’hui ne serait plus valable.


Metalship : Ok! Parlons maintenant de votre nouveau bébé Enuma Elish, qui vient tout juste de sortir...

Max: Et qui n’est pas encore à la FNAC! J’y suis allé aujourd’hui: il est référencé, mais ne sera dispo que d’ici deux semaines…
Xav’: Il y a toujours un délai à la FNAC pour le référencement…


Metalship : Précisons quand même qu’il est dispo via le shop du groupe à moins de 10€…

Xav’: Quand on a vu comment ça se passait à l’époque du maxi, qui se vendait à 11,70€ dans les bacs, ou Fuseless à 17€, ce n’était pas possible, on a tout fait pour essayer de le rendre le moins cher possible: un digipack avec livret à 10€, c’est un prix correct. On a négocié avec Season of Mist et Klonosphere pour qu’il reste dans ces eaux-là. Fixer un prix à 9,99€ dans les magasins, c’est difficile. A la FNAC, il est à 10,40€. C’est dans cet ordre de prix, mais ce n’est pas 18€ comme la plupart des albums.
Max: Surtout que maintenant avec le numérique, on ne peut plus faire n’importe quoi avec les prix...


Metalship : Justement, envisagez-vous de sortir Enuma Elish sur les plateformes de téléchargement?

Xav’: il y sera d’ici 15 jours, au même prix que le digipack. Ce sera plus intéressant d’avoir l’objet, on le fait juste pour tous les adeptes du mp3, de l’Ipod qui préfèrent avoir tout sur l’ordi…


Metalship : Vous bénéficiez du soutien de la Klonosphere, que vous apporte ce partenariat?

Xav’: Déjà, la Klonosphere c’est une histoire en France. C’est un regroupement de plusieurs groupes (Klone, Trepalium, Hacride…), qui est ensuite devenu une structure qui permet à des groupes de pouvoir bénéficier d’une expérience, de contacts et d’une promotion adéquate.
Au départ, ça s’est établi sur une aide à la promotion, on ne pouvait pas tout faire nous-mêmes, on n’avait pas non plus le réseau suffisant. Ensuite, Guillaume Bernard de Klonosphere nous a proposé un certain nombre de choses très intéressantes comme partir en distribution dans les bacs, ce pourquoi on était contre au départ.
Jessy: En fait ça correspondait plus à une démarche…
Xav’: Avec les distributeurs, il n’y a pas vraiment de discussion… Là, on a eu la chance de pouvoir poser quelques conditions, notamment par rapport au prix. Et comme Season of Mist avait distribué le premier album en France, ça s’était bien passé donc on a remis ça.


Metalship : Cette fois-ci, vous n’avez pas fait appel à Mobo, vous l’avez entièrement réalisé à la maison. Pourquoi ce choix?

Jessy: Ne t’inquiètes pas, Mobo est bien occupé! En fait le choix s’est imposé de lui-même dans le processus de création. Avant on composait en répète. Lyynk nous a apporté beaucoup de facilité, d’ambiances. C’est plus facile de travailler comme ça, Lyynk pouvait intégrer ses samples, on pouvait échanger les fichiers, apporter des modifications à tout moment…
Lyynk: Il y avait une partie de l’album que je pouvais faire chez moi dans mon studio, une autre grosse partie qui se faisait sur notre lieu de répète. Tout était en interaction: tout ce que je faisais de mon côté, je le ramenais ici, on l’importait dans le projet répète, on greffait les guitares dessus...
Jessy: Les morceaux ont eu plusieurs vies en travaillant comme ça.
Xav’: Tout le temps passé à la composition, aux détails… En studio ça nous aurait pris un temps fou, jamais on aurait pu se le payer!
Lyynk: Dans la phase de création, les morceaux se sont déplacés dans plusieurs lieux: les guitares étaient à un endroit, la batterie à un autre, je récupérais le tout et je rajoutais encore d’autres samples…


Metalship : C’est donc par un souci à la fois pratique et financier que le choix s’est imposé…

Max: Financier, ça c’est certain. Quand on a écouté les pré-prods, on s’est dit pourquoi ne pas le faire nous-mêmes?
Lyynk: On poussait tellement loin les pré-prods qu’on se disait qu’on était plus si loin d’une qualité studio, que l’option d’aller dans un studio n’était plus forcément nécessaire… Il suffisait simplement d’optimiser le travail en home-studio pour arriver à une qualité satisfaisante…
Xav’: C’est un peu ce qui s’est passé avec le maxi: au départ c’était une simple démo, qui s’est retrouvée distribuée dans les bacs… L’enregistrement s’est fait à Bud Records, où on pouvait passer tout le temps nécessaire à bosser dessus. Il n’y a pas de secrets: plus on passe de temps, plus ça sonne…


Metalship : Si Lyynk n’avait pas fait partie de Jenx, auriez-vous quand même réalisé Enuma Elish à la maison?

En chœur: non.
Xav’: Lyynk est un passionné, il a énormément d’expérience et de talent… C’est un atout d’avoir une personne comme ça dans le groupe…
Lyynk: Il y avait aussi une problématique: on avait une très grosse masse de samples, dans chaque morceau il y a entre 30 et 40 pistes. On ne se voyait pas se pointer en studio avec tous les projets alors qu’on savait déjà nous-mêmes comment les intégrer… Le projet est tellement lourd qu’il est très difficile de le mettre en place en studio. Et puis plus on prend de temps en studio, plus la facture est salée!


Metalship : N’est-ce pas difficile de garder un œil objectif lorsqu’on bosse un album de a à z?

Jessy: C’est ce qui a pris pas mal de temps. Essayer d’avoir du recul…
Lyynk: On savait cependant qu’on voulait pousser le projet très loin, que ça nous prendrait beaucoup de temps…
Jessy: Pour Cthulhu, on avait composé pour un film, ça nous a ouvert pas mal de portes pour les méthodes de composition, on s’est plus ou moins lâché...
Max: On avait quand même un certain recul car on composait toujours devant l’ordinateur. On n’était plus forcément en répète à reproduire ce que tu as l’habitude de reproduire. Là, tu crées vraiment quelque chose que tu as envie d’entendre, et tu es quand même toujours dans une position d’auditeur et de musicien.
Xav’: Après il faut réussir à recréer ce que tu fais, ça te permet de pousser plus loin.
Lyynk: On était vraiment dans une optique de prod, il fallait que ça sonne dans le mix, dans la mise à plat. C’est vrai que quand on répète, on a vraiment l’impression de faire ça, alors q’une fois qu’on écoute on se rend compte que le rendu n’est pas tout à fait le même. Là en fin de compte, ça ne pardonnait pas. En travaillant de cette façon-là, on était sûr de suite si ça collait ou pas.
Jessy: Après dans tout le processus, on s’est bien fait plaisir, on s’est laissé le temps… Finalement c’est du luxe…
Max: Par contre la difficulté c’est évidemment de se dire ‘stop on n’y touche plus’… Tu es trop tenté de vouloir sans cesse aller plus loin, à essayer de perfectionner tes titres…


Metalship : Petit bond dans le futur: comptez-vous fonctionner de la même manière pour le prochain album?

Jessy: Peut-être sur le même principe… Mais avec plus de jams en répète…
Max: Comme c’était la première fois qu’on fonctionnait comme ça, il a fallu s’approprier ces techniques d’enregistrement… Si on devait refaire la même chose aujourd’hui, on irait beaucoup plus vite, on a appris plein de choses…
Lyynk: Moi, je peux maintenant sauter des étapes dans la production, puisque beaucoup de choses et de réglages particuliers sont placés.


Metalship : Comment composez-vous? Chacun de son côté ou en répète tous ensemble? Qui se charge des textes?

Jessy: Les textes, c’est Xav’. Il nous fait des propositions sur le placement, les mélodies. Le reste, c’est lui. Il nous a parlé d’un concept qui lui tenait à cœur. On a bien adhéré, on a lu les ouvrages qui l’ont inspiré…
Lyynk: Vu qu’on voulait un album varié, il fallait des thèmes forts et adéquats.
Max: Sinon côté instrumental, chacun apporte sa pierre à l’édifice, chacun avec son instrument. Lyynk, sur plusieurs morceaux, a quand même apporté une grosse base sonore avec des structures établies.
Jessy: Les samples sont devenus un instrument à part entière, c’est la grosse différence avec Fuseless.
Lyynk: Sur quelques morceaux je suis à la base de la composition. Il est aussi arrivé que ça parte d’un riff de batterie, comme sur "The Loss" ou "Sycamore". Les guitares ont aussi apporté beaucoup de mélodies additionnelles par rapport aux samples… "The Flood", "The Ordeal"…
Jessy: "Nibiru" a évolué grâce au chant…
Tiko: En fait il n’y a pas eu de recette particulière… Tout le monde a contribué!
Jessy: C’est justement là que l’ordinateur servait: on s’échangeait les idées, les riffs, ou les samples.


Metalship : Lors de notre dernier entretien, Xav’ expliquait que Fuseless traitait de sujets variés et relativement personnels. Il me semble qu’Enuma Elish présente un concept abouti non?

Xav’: Au départ, tout a commencé avec des recherches sur la théorie du complot, avec les Projet Haarp, les Illuminati… J’étais en plein dans le film Zeitgeist (reportage sur le 11 septembre)… Ensuite ça a dérivé sur tout ce qui est sectaire, communautaire, en essayant de différencier le vrai du faux… Très vite, c’est parti sur les origines de l’Homme: je suis tombé sur un auteur qui s’appelle Anton Parks, qui a écrit une trilogie qui s’appelle Les Chroniques de Girku, et là ça a été une véritable révélation, tout ce que je lisais depuis 2 ans, Zecharia Sitchin, la Douzième Planète, Samuel Noah Kramer… Tout ça prenait un sens à travers les écrits d’Anton. Il a interprété les plus vieilles écritures, qui retracent la création de l’Homme selon une exogenèse, par une espèce autre que les Hommes. C’est assez fort car ces écrits-là interprétés comme ça donnent un sens à beaucoup de choses, à la base de toutes les religions existantes…
C’était un sujet qui me tenait à cœur, une véritable passion dévorante (rires) !
Max: Sans parler de la composition musicale, il y a eu quand même un gros travail de recherche bibliographique, qui a aussi pris pas mal de temps.
Xav’: Et le summum: quand tout était fini, le contact avec l’auteur en personne, un mec super sympa, qui a écouté l’album, qui a vu le clip… C’est une finalité pour moi…


Metalship : Que signifie Enuma Elish?

Xav’: C’est une inscription qui figure sur les tablettes sumériennes, le premier récit de la création du monde. Enuma Elish sont les deux premiers mots de la tablette, ça commence comme ça, et ça signifie ‘lorsque là-haut…’.


Metalship : Musicalement, j’ai trouvé cet album bien plus sombre, personnel et varié que Fuseless. On sent vraiment que vous aviez à cœur d’explorer d’autres univers plus violents et de ne pas vous cantonner au seul Metal Industriel. Est-ce une évolution qui s’est faite naturellement ou était-ce planifié de longue date?

Xav’: Les retours de Fuseless indiquaient que c’était un bon album, mais trop linéaire dans les tempos, dans la voix, peut-être trop homogène… Quand on a débuté le travail d’Enuma Elish, Lyynk a amené des samples qui étaient sur des tonalités différentes. Tout ça nous a ouvert d’autres possibilités et ça nous a poussé à avancer dans cet optique-là.
Max: Ce qui était sûr, c’est qu’on ne voulait pas faire un autre Fuseless. On voulait vraiment marquer une évolution.
Lyynk: Juste avant de démarrer la composition, on s’était mis d’accord sur le fait qu’il fallait que ce second album soit plus caractériel. De mon côté, je me forçais à démarrer des projets à 80bpm, un autre à 160bpm, un autre à 240bpm… Là au moins, on était sûr que les ambiances seraient variées! On s’est aussi forcé à aller chercher des tempos plus extrêmes.
Jessy: Et puis on est descendu plus bas dans les accordages, on s’est fait plaisir… Par contre c’est compliqué sur scène, passer d’un si à un la, pour revenir à un si (rires)…


Metalship : Au niveau de la voix, il y a eu du boulot abattu. Désormais tu couvres un spectre plus large : as-tu pris des cours?

Xav’: Effectivement, j’ai bossé avec une prof de la région qui s’appelle Kalimae, c’est l’une des rares personnes qui proposent des cours pour le chant saturé. C’était plus du coaching, ça m’a permis de canaliser plus de choses, sur la constance notamment. Elle m’a aussi aidée à sortir de mon registre de voix: j’ai bossé du chant clair, des variations, des saturations, ça a été un gros travail. Les gars du groupe m’ont aussi apporté pas mal de retours.
Le fait aussi qu’on n’ait pas composé en répète a provoqué une nouvelle approche: avant je composais le chant après avoir posé la basse et le reste… Le travail a été complètement différent, j’ai composé le chant sans tenir compte de la basse.


Metalship : De ton côté Lyynk, on sent que tu t’es lâché sur les machines! Les samples prennent une place plus importante qu’auparavant. Quelle est ta méthode de composition, et quel est le ressenti que tu veux faire passer lorsque tu travaille tes sons?

Lyynk: Là ça va être la minute geek (rires)! Alors il y a plein de méthodes… J’utilise plein d’outils différents, comme certains types de softwares, d’instruments virtuels, des plug-in d’effet un peu spécifiques, je mélange le tout avec du matériel hardware… Il y a beaucoup d’Edit sur l’ordinateur: j’ai parfois composé des thèmes qui ont ensuite été complètement déstructurés avec tous les outils d’édition qu’on peut trouver… Après j’ai essayé de trouver des sons dérangeants, qui peuvent créer un malaise sans que ce soit agressif. Il fallait que ça s’intègre dans le mix, que ça reste globalement agréable à écouter. Ça peut être par moment très dissonant, des synthés, des samples que je place dans le mix, pas mal de saturation, de distorsion aussi, si bien que sur l’album il y a souvent 30-40 samples par morceaux. Certains sonnent même comme des guitares, mais ce ne sont pas des guitares! Les samples se complètent avec les grattes…
J’ai vraiment essayé d’apporter un travail fourni pour rendre le tout le plus dense possible…
Xav’: Et puis tu as 2 ou 3 ans de sommeil en retard quand même (rires)!
Lyynk: Oui mais j’aime bien travailler à fond les projets, comme sur mes prod’ persos!


Metalship : Un petit mot concernant les deux dernières pistes d’Enuma Elish, Sycamore Part I et II. Qu’est-ce qui lie ces morceaux?

Tiko: A la base, c’était un seul et même morceau. Plus tard, on a choisi de séparer les parties. Ensuite, la métrique est la même, on est resté sur une même base (un 7-4 pour les musiciens). Certains samples sont présents sur les deux parties, tout comme quelques riffs…
Lyynk: Le début de Sycamore Part II était en fait le pont de Sycamore Part I, avec le piano. Au départ il avait été structuré comme ça. On n’était pas vraiment satisfait du résultat, du coup on l’a déplacé à la fin du morceau, et c’est à ce moment-là qu’on a décidé de séparer le titre en deux parties, surtout que le Part II permet de bien conclure l’album… On voulait aussi créer un contraste avec le reste de l’album…
Xav’: Aussi, par rapport aux textes: ça raconte l’histoire d’une personne, Enki, qui est un dieu sumérien. Sur le dernier Sycamore, c’est sa mort.
Max: On voulait finir sur une autre couleur, pour la suite ça peut ouvrir d’autres perspectives.


Metalship : Au niveau du visuel (photos, artwork), qui s’en est chargé et quelles étaient les consignes?

Xav’: La pochette c’est Erick D. Panavieres qui s’en est occupé. C’est cette même personne qui a réalisé celles d’Unusual et Fuseless. Il y a quatre ans, il a arrêté la création graphique et s’est mis dans un autre domaine, le mobilier design. C’est d’ailleurs lui qui a designé mon pied de micro et le pied du clavier de Lyynk. Quand on s’est lancé pour faire la pochette, on n’arrivait pas à trouver la bonne personne, ni le bon rendu. On avait tellement l’habitude de bosser avec Erick, qui comprenait facilement ce qu’on cherchait… Puis on lui a demandé de remettre le couvert pour Jenx, en ayant au préalable collecté pas mal de matière (comme la sphère). Il a rempilé juste pour nous, c’était vraiment super de sa part et un honneur pour nous!
Pour les photos, on a travaillé avec Max Dubois (MXBX). Il est venu lors du tournage du clip pour faire un reportage photo, beaucoup de ses photos étaient vraiment superbes… Il a une approche qui nous correspond bien, sa façon de travailler les couleurs, les contrastes…


Metalship : Justement, parlons un peu du clip. Comment et où s’est passé l’enregistrement?

Jessy: C’est Julien Rodrigues qui nous a contacté via Facebook. A la base, il travaille dans le milieu du snowboard, et vu qu’il aimait bien ce qu’on faisait il a pris les devants et nous a envoyé une proposition pour faire un clip, qu’on a accepté. Le plus compliqué a été de choisir un titre en particulier. Ensuite, il a fallu trouver les lieux de tournage: ça s’est fait dans les sous-sols de Bordeaux I, la fac de Sciences et de Bio.
Xav’: D’ailleurs tous les bocaux qu’on voit dans le clip sont vraiment dans les sous-sols, ce n’est pas quelque chose qui a été ajouté. Le lieu est dans cet état-là car il a subi une inondation récemment. Il y a à peu près 200% d’humidité (rires), ça se prêtait bien!


Metalship : Comment avez-vous fait pour trouver ce lieu?

Xav’: C’est en cherchant des lieux, en visitant pas mal de bâtiments… On a bossé avec la présidence de l’Université pour y avoir accès, il a fallu faire des contrats pour les assurances, les autorisations… Toutes ces démarches ont été longues mais ça valait vraiment le coup.
On a tourné ça sur deux lieux différents, un sous-sol d’archives et un sous-sol de laboratoire.
Max: Tout comme la composition de l’album, la mise en scène et les décors ont demandé pas mal de travail. Julien a apporté pas mal d’idées, nous aussi, c’était une super collaboration!
Xav’: Il y avait toute une équipe derrière nous, avec Franck de Conkrete Live qui nous faisait le son, Manu de Rock et Chansons qui faisait tous les lights, il y avait aussi Chantal, la maquilleuse… Une équipe qui s’était mobilisée autour du clip, qui nous a bien aidé dans la réalisation de notre première véritable vidéo… Le rendu est assez complet, on ne voulait pas nous voir jouer dans un hangar vide…
Max: Il y avait vraiment l’idée de mise en scène, faire quelque chose de différent plutôt que de voir un groupe jouer dans une usine désaffectée comme ça se fait souvent…
Xav’: Le clip correspond aussi aux textes, la création d’un être par clonage, qui est le héros dans certains textes de l’album. C’est à sa naissance qu’on assiste.


Metalship : Le maquillage vous fait d’ailleurs de sacrés gueules (rires)! En toute franchise, vous ressemblez à ça au réveil avec une gueule de bois?!

Lyynk: Ce n’était pas le maquillage, on s’est juste choppé une semaine de gastro avant le tournage (rires)! Pour la gueule de bois, on ne peut plus ouvrir les yeux le matin!
Xav’: Julien a bien travaillé au niveau de l’image. Il a donné un grain cinématographique en jouant sur les contrastes, les teintes…


Metalship : Maintenant que votre opus est dispo, j’imagine que vous allez relancer la machine à concerts. Qu’est-ce qui est prévu pour l’instant?

Xav’: Le but est bien évidemment de promouvoir l’album partout. On va essayer de jouer un maximum, on a d’ailleurs commencé avant la sortie, où on a pu tester les nouveaux titres sur quelques dates en Lorraine, à Saintes, ou dans le coin… On part vendredi (interview réalisée lundi 14 mai) à Nancy pour jouer avec Treponem Pal
N’ayant pas de structure de booking, on fait tout nous-mêmes, on se débrouille comme on peut…


Metalship : Justement, êtes-vous à la recherche d’une structure de booking?

Xav’: Oui, il faut juste qu’on trouve les bonnes personnes avec qui travailler, celles qui sont suffisamment sérieuses et en qui on peut avoir toute confiance…


Metalship : Comme on le disait tout à l’heure, vous avez présenté vos nouveaux titres lors des récents concerts. Comment s’est passé l’épreuve du feu? Est-ce qu’ils s’intègrent bien dans votre set-list? Quels ont été les retours?

Xav’: La première chose à faire a été de conserver les morceaux les plus directs et efficaces de nos deux précédents disques…


Metalship : Comme "Demonhead"?

Xav’: Oui, mais aussi "Unusual", "Crawling", "Kira" ou "Overloaded"… Ce sont des morceaux qui méritent d’être joués sur scène et qui ont toute leur place dans notre set-list. Les nouveaux titres, il a fallu les apprivoiser, faire en sorte qu’ils aient la même énergie que les autres… C’était angoissant, on ne savait pas comment aller réagir le public, mais on est content, ils rajoutent encore plus d’énergie au show, et jusqu’à maintenant les salles ne se sont pas vidées (rires)!
Max: Il y a un morceau qui marque pas mal sur scène, "Nibiru". C’est un peu l’ovni sur l’album, et en live il se passe quelque chose.


Metalship : Avez-vous songé à intégrer des éléments visuels pour les concerts (vidéos…)?

Xav’: On y a songé, mais on a un souci. On a un lighteux qui a un concept qui nous correspond, avec des jeux d’ombres. Il a besoin de noir. Projeter de la vidéo sur scène, quand tu rajoutes des strobs, avec de gros apport de lumières, l’écran devient tout blanc, et ça nuit aux ambiances.
Pour l’instant, on n’a pas encore trouvé le moyen de faire cohabiter la projection et notre jeu de lumière…
Lyynk: C’est vrai qu’il a une gestion de la lumière très dynamique, et ça on ne voudrait pas le perdre non plus…
Max: On aimerait bien mettre en avant le travail d’Erick D. Panavieres. On a déjà le pied de micro de Xav’ ou celui du clavier, on va voir pour éventuellement continuer dans cette voie…
Tiko: On y pensait pour la batterie notamment… Le problème, c’est que les pieds de micro du chant et du clavier sont indémontables, c’est une seule pièce en ferraille, forcément très lourde… Niveau logistique il faut assurer derrière…


Metalship : Tiko, quelles sont les nouvelles des Pastors of Muppets?

Tiko: La sortie d’un nouvel album! On est en train de bosser dessus et ça se présente plutôt bien!


Metalship : Ce sera toujours un album de reprises?

Tiko: Bien entendu, on n’a pas prévu de composer, ça casserait un peu ce qu’on fait… Les réactions des gens ne seraient pas les mêmes… Je te mentirais en disant qu’on n’y a jamais pensé, ce n’est pas exclu mais pour l’instant ce n’est pas en prévision. Par contre ce qui est prévu, c’est un deuxième album qui va très vite arriver derrière, beaucoup plus Metal avec des arrangements plus costauds, où on laisse de côté les ACDC, Iron Maiden… Ce sera axé sur des choses un peu plus extrêmes comme Dimmu Borgir, Machine Head


Metalship : Ok, et ton autre groupe Heresians?

Tiko: Heresians c’est terminé depuis un an et demi, du fait de l’éparpillement des membres. L’un des guitaristes est maintenant sur Paris, mon frère qui était à la basse est sur Paris aussi même s’il redescend sur Bordeaux… Chacun fait son chemin. C’était devenu compliqué, même vis-à-vis du travail de chacun, on répétait dans les Landes, c’était pas vraiment évident… On a donc préféré y mettre un terme.


Metalship : Avez-vous d’autres projets musicaux dans les cartons? Ou Jenx vous suffit amplement?

Lyynk: Moi je travaille à fond dans mes prod’ persos. J’ai arrêté mon ancien boulot où je vendais du matériel high-tech de studio depuis 14 ans et je fais maintenant des bande-sons pour des publicités, des reportages… Je viens de bosser sur la bande-son d’un moyen-métrage… Je me suis vraiment orienté sur du sound-design, la création d’illustration sonore. Je développe depuis 3 mois mon activité.
Jessy: De mon côté, je ne sais pas s’il faut parler au présent ou au passé! Je joue dans un groupe de Death Metal old-school avec Max, peut-être qu’un jour on s’y remettra…
Xav’: Moi, je n’ai pas le temps, Jenx me prend tout mon temps et mon énergie. Cependant, je ne désespère pas monter un petit projet vraiment Indus’ pur.


Metalship : Vos derniers coups de cœur musicaux?

Tiko: Karnivool! Gros gros fan de ce qu’ils font! Ils prennent leur temps pour sortir leurs albums, je m’aperçois que c’est justement le genre de groupes que je préfère, qui n’ont pas peur de prendre leur temps pour créer des albums de qualité. Un peu comme nous quoi (rires)! En tout cas ça reste mon gros coup de cœur de ces dernières années!
Max: Karnivool est une des influences de Jenx, tout comme Tool ou Nine Inch Nails… Après Lyynk toi tu es plus branché Electro…
Lyynk: Moi j’écoute plein de choses, de l’Electro expérimentale, de l’Indus’ mais aussi pas mal de Metal… J’attends toujours impatiemment le dernier album de Deftones… Sinon j’écoute plein d’autres choses, j’ai beaucoup aimé le dernier album d’Agnes Obél (Pop Folk danoise)… En fait, je pars un peu dans tous les sens, à partir du moment où il y a une sensibilité qui me touche, ça peut être de plein de styles de musique différents…
Max: Pour moi je dirais le dernier Alice in Chains, ça fait partie des groupes que j’aime beaucoup. En ce moment j’écoute beaucoup d’albums qui ne sont plus tout jeunes…


Metalship : Tu m’avais dit la même chose il y a deux ans…

C’est vrai (rires)! En tout cas je redécouvre les musiques d’il y a quelques années, ça me parle plus que les sorties plus récentes…
Xav’: Mon coup de cœur à moi : la BO de Millenium, réalisée par Trent Reznor (Nine Inch Nails). Une énorme claque, je n’arrive pas à m’en décrocher, je l’écoute en boucle! Sinon un jeune groupe français qui déchire, Amoeba, comme l’album d’Hacride. On a joué avec eux, une super surprise.
Max: Et tu as oublié de dire Behemoth!
Xav’: Oui, Behemoth !
Lyynk: Et Gorod !
Xav’: Putain d’album!


Metalship : Tu as chanté dessus d’ailleurs…

Xav’ : Oui, sur deux titres… L’album est impressionnant!
Lyynk: On a été soufflé par la composition, là ça va loin!
Max: Et n’oublions pas le prochain Eryn Non Dae, ça promet! Encore mieux que leur premier album!


Metalship : Est-ce que vous avez des influences inavouables?? C’est le moment de lâcher les pires saloperies!

Jessy: Chantal Goya, que j’ai écouté gamin… Ou Joy Division
Tiko: De la J-Pop! Mais je l’assume pleinement!
Lyynk: Moi la New-Wave des années 80…
Tiko: Il y a bien pire (rires)!


Metalship : Petite question extra-musicale: que font les mecs de Jenx dans la vie de tous les jours?

Lyynk: Donc moi je fais actuellement les démarches pour monter ma propre société dans la bande-son et l’illustration sonore.
Jessy: Je vais parler au nom de Max et moi puisqu’on bosse au même endroit… On travaille au Centre Technique du Bois à Bordeaux, où on fait des essais mécaniques sur le bois.
Max: En gros on est payé pour casser!


Metalship : Ça c’est Metal (rires)!

Max: Yeah! Avec des gros vérins!
Jessy: On peut dire que ça poutre (rires)!
Tiko: Moi je suis intermittent, ça se passe plutôt bien grâce aux Pastors of Muppets. Sinon je suis professeur de batterie dans une école municipale à Eysines (périphérie bordelaise).
Xav’: Et moi je bosse dans l’informatique, je gère un parc informatique à la fac.


Metalship : Il est grand temps que je vous laisse répéter! Un dernier mot? Tiko, la dernière fois tu avais dit Boîte à Gants, tu dois innover!

Tiko: Tabouret (rires)!
Jessy: Sèche-cheveux!
Xav’: Plus sérieusement, le web-pack vient de sortir en édition limitée: on retrouve les deux albums Fuseless et Enuma Elish. Tout ça est désormais dispo via notre webshop. Sinon, venez au concert, supportez les groupes français et allez voir le clip!
Max: Et merci à toi!


Signaler un article incomplet Signaler une erreur
ajouté par kumelia, le 15 mai 2012 pour Metalship

(1)



Interview précédente

Tout

Interview suivante


Commentaires




Jenx

Albums chroniqués :
Chronique de Drift
Drift
2014

Chronique de Enuma Elish
Enuma Elish
2012

Chronique de Fuseless
Fuseless
2007

Chronique de Unusual
Unusual
2004

Jenx
Jenx
Voir la page du groupe
Création : 2003
Genre : Indus
Origine : France

Rapports de concerts:



Groupes en rapport


Albums chroniqués :
Chronique de H.N.P.
H.N.P.
2012

Chronique de XIII
XIII
2009

Chronique de Alchemik Clockwork Of Disorder
Alchemik Clockwork Of Disorder
2006

Trepalium
Trepalium
Voir la page du groupe
Création : 2001
Genre : Death Metal
Origine : France

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Back To Where You've Never Been
Back To Where You've Never Been
2013

Chronique de Lazarus
Lazarus
2009

Chronique de Lazarus
Lazarus
2009

Chronique de Amoeba
Amoeba
2007

Hacride
Hacride
Voir la page du groupe
Création : 2001
Genre : Death Metal
Origine : France

Rapports de concerts:

Treponem Pal
Treponem Pal
Voir la page du groupe
Création : 1986
Genre : Indus
Origine : France

Rapports de concerts:

Iron Maiden
Iron Maiden
Voir la page du groupe
Création : 1975
Genre : Heavy Metal
Origine : Royaume-Uni

Rapports de concerts:

Dimmu Borgir
Dimmu Borgir
Voir la page du groupe
Création : 1993
Genre : Black Metal
Origine : Norvège

Rapports de concerts:

Machine Head
Machine Head
Voir la page du groupe
Création : 1992
Genre : Thrash Metal
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de The Downward Spiral
The Downward Spiral
1994

Chronique de Broken
Broken
1992

Nine Inch Nails
Nine Inch Nails
Voir la page du groupe
Création : 1988
Genre : Indus
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Koi No Yokan
Koi No Yokan
2012

Chronique de Diamond Eyes
Diamond Eyes
2010

Chronique de Saturday Night Wrist
Saturday Night Wrist
2006

Chronique de White Pony
White Pony
2000

Deftones
Deftones
Voir la page du groupe
Création : 1988
Genre : Neo Metal
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Jar of Flies
Jar of Flies
1994

Chronique de Dirt
Dirt
1992

Chronique de Sap
Sap
1992

Chronique de Facelift
Facelift
1990

Alice in Chains
Alice in Chains
Voir la page du groupe
Création : 1987
Genre : Grunge
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Evangelion
Evangelion
2009

Chronique de Demigod
Demigod
2004

Behemoth
Behemoth
Voir la page du groupe
Création : 1991
Genre : Death Metal
Origine : Pologne

Rapports de concerts:

Gorod
Gorod
Voir la page du groupe
Création : 1997
Genre : Death Metal
Origine : France

Concerts:
Rapports de concerts:

Joy Division
Joy Division
Voir la page du groupe
Création : 1976
Genre : Autre
Origine : Royaume-Uni