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Interviews :: Interview de Haemoth

Interview de Haemoth


Revenu de nulle part, sans crier gare, Haemoth est revenu avec un nouvel album absolument magistral. L'occasion était trop belle pour la laisser filer. Haemoth a donc été l'objet d'un jeu de question-réponse pour Metalship :


Metalship : Salutations !
Dans un premier temps, j’aimerais revenir sur votre parcours. Votre première démo date de 1999. Qu’est-ce que vous aviez en tête à l’époque en formant le groupe ? Est-ce que tu te souviens des groupes qui t’ont poussé à faire de la musique, et quelles ambitions avais-tu ?

Si je me souviens bien, l’une des principales raisons qui m’ont poussé à l’époque à créer ce projet, c’était la lassitude de jouer avec des personnes qu’on doit sans cesse tirer vers le haut, rien n’avance jamais ou la qualité n’est pas au rendez-vous, et je passe sur le coté relationnel des choses... C’est, je crois, un problème que la plupart des musiciens ont rencontré. Du coup j’ai fini par décider de créer mon projet solo, ça vaut ce que ça vaut mais au moins ça avance, et dans la direction voulue. Après quelques demos, dès le premier album j’ai demandé à Syht de me rejoindre sur ce projet, on avait déjà joué ensemble dans pas mal d’autres groupes et je ne voyais vraiment que lui pour se mettre derrière les futs, humainement et musicalement. Depuis le line up n’a pas bougé, l’équilibre est parfait. J’ai toujours été attiré par l’art en règle général, bien avant de faire de la musique, mais la vague Death Metal du début d’années 90 a probablement été le déclencheur, le Black Metal était alors inconnu, et je me souviens que les quelques groupes de Black Metal de l’époque étaient assimilés au Death Metal. Pour ce qui est des ambitions, j’ai toujours été jusqu’au bout, pouvoir sortir ces enregistrements en demos, LP, Cd… Pour beaucoup de musiciens, l’aboutissement vient sur scène, pour nous la fin de l’enregistrement et le pressage sont l’aboutissement, ensuite on passe à autre chose.


Metalship : Quand on regarde votre discographie, on se rend compte que vous avez été très actifs de 2001 à 2005, avec parfois 3 à 4 productions la même année. Comment se fait-il que vous ayez disparu de la circulation après Kontamination ?

Après Kontamination, j’ai bossé sur Spektr et Inpestae, puis on a enregistré un 7ep avec Haemoth en 2008, qu’on n'a jamais sorti parce qu’il était tout simplement mauvais selon nous. Ensuite j’ai passé beaucoup de temps sur le prochain album de Spektr qui devrait sortir courant 2012. Syht de son coté a bossé ses projets, notamment le mcd de Dark Opus que je trouve très bon. Bref même si nous ne sommes pas restés inactifs, tout ça associé à quelques choses personnelles à régler et 6 ans sont passés. Ceci dit j’ai toujours affirmé quand on me posait la question sur la fréquence de nos sorties que le rythme de nos réalisations était variable, avec Haemoth on peut sortir deux albums sur une année et espacer deux demos de quelques années, il n’y a pas de règle, on fait simplement ce dont on a envie.


Metalship : On vous retrouve donc 6 ans après avec un album carrément dément, sans doute un des meilleurs disques de Black Français de cette année 2011 (selon moi). Comment s’est passé le processus de composition ? Qu’est-ce qui a changé depuis Kontamination ?

Le processus de création est resté le même à la différence près qu’on a bossé au clic. A part ça on a commencé les morceaux sans avoir aucune composition, de manière à capter le mieux possible le coté impulsif et nerveux, on va toujours dans cette direction.


Metalship : In Nomine Odium m’a vraiment impressionné par son intensité, ses ambiances, sa brutalité, ses sonorités. On a un Black Metal vraiment intelligent au niveau des compositions et non pas un enchainement chaotique de gros son. Pourtant, au final, on se retrouve quand même perdu en plein chaos, perdu au milieu de ces riffs qui nous arrivent de tous les côtés sur le coin des oreilles. Quelles sensations avez-vous voulu transmettre avec ce nouvel album ?

On voulait quelque chose de très intense et directe, et on a obtenu exactement ce qu’on voulait faire. Après 6 années de silence on ne voulait qu’une seule chose : la traduction sonore de la haine, et ce de manière directe, le sentiment de haine pouvant être retranscrit de bien des manières différentes...


Metalship : Est-ce qu’il y a un thème récurrent dans les paroles de ce disque ? D’ailleurs, de quoi parlez-vous en général dans vos chansons ? Est-ce qu’il y a des thèmes qui vous sont plus chers que d’autres ? Il ne me semble pas avoir entendu de français ? Est-ce que ça vous plairait de vous exprimer dans votre langue maternelle ?

Le thème principal est celui de la haine, il est abordé en passant par la philosophie, le nihilisme, occultisme… C’est le concept de base d’Haemoth en quelque sorte, un thème plus vaste qu’il n’y paraît. Pour ce qui est des textes, sur INO j’ai utilisé de l’anglais, de l’espagnol, de l’allemand et très peu de français, je ne maîtrise pas l’espagnol et l’allemand à la perfection, mais ce n’est pas le plus important, je crois que le sentiment de haine est universel et j’aime utiliser les différentes sonorités de chaque langue. Le français est une langue très riche et intéressante, pas impossible qu’on l’utilise un peu plus à l’avenir, rien de certains. En revanche la seule certitude à ce sujet est que les textes n’apparaîtront pas dans les artwork de manière claire et précise, je considère les textes indissociables de la musique, hors de question qu’on puisse lire un texte d’Haemoth en dehors de son contexte musical, c’est un tout.


Metalship : Le thème de la pochette d’In Nomine Odium est tout ce qu’il y a de plus cliché. Je ne sais pas qui est l’artiste qui s’en est chargé, mais là, je trouve que chaque détail a son importance, du coup, on en oublie complètement le cliché qui est transcendé par la qualité de l’image. Qu’est-ce que vous avez voulu montrer à travers cette pochette ?

J’ai bossé moi-même sur la cover, comme à chaque réalisation d’Haemoth, Spektr, Inpestae ou autre. Je ne vois pas qui de mieux placé peut bosser sur l’artwork que le groupe lui-même quand il en a la possibilité. On a voulu exprimer sur cette pochette ce que représente l’album pour nous, c’est à dire un album de Black Metal, puissant et efficace, l’enfer sur terre... Je pense qu’on retrouve complètement le coté agressif, haineux et occulte de cet enregistrement. Je suis d’accord avec le coté cliché, et ça correspond à notre vision de INO, on ne réinvente pas le genre sur cet album, mais on le fait comme on le sent, avec notre touche personnelle.


Metalship : Malheureusement, le label ne m’a filé que des mp3 pour chroniquer le disque. Ma question porte donc sur le livret éventuel d’un tel disque. Qu’est-ce qu’on y trouve à l’intérieur ? Les paroles, des images, des psaumes ? Une version vinyl est-elle prévue ? Si oui, y aura-t-il une pochette alternative ?

J’ai utilisé pas mal de gravures anciennes pour le digipack, de différentes époques, notamment une représentation de Lucifer datant du Moyen Âge qui correspond au titre « Son of the Black Light ». J’ai pas mal travaillé les textures et les textes y apparaissent en partie mais floutés. La version LP est sortie en même temps que le digipack, il s’agit d’une version gatefold avec insert et poster. Nous n’avons pas vraiment communiqué sur l’aspect limité des choses pour ne pas trop tomber dans le coté commercial, mais le LP est limité à 500 copies, et pour chaque version, digipack et LP, les 100 premières copies sont imprimées sur un papier différent du reste de la production qui est imprimé sur papier brillant.


Metalship : Si on revient sur votre parcours, on se rend compte que Satan est omniprésent dans votre univers musical. Est-ce que le satanisme fait partie de votre style de vie ou est-ce seulement une source d’inspiration pour votre musique ? Au sein du groupe, quel regard portez-vous sur la religion ? Quand on voit les mosquées pousser comme des champignons, des Quick servir de la viande hallal, etc, ne pensez-vous pas que le combat contre les religions du désert sont plus pressantes pour la conservation de notre propre culture ?

Le satanisme est un style de vie, il est donc normal qu’il soit une source d’inspiration pour nous, en revanche je ne vis pas les choses de manières religieuse mais philosophique, le satanisme à mon sens n’est pas une religion. La religion, peu importe la forme qu’elle prend ne correspond pas à mon idéologie en tant que sataniste, Lucifer a été le premier à renoncer à Dieu, le premier à réfléchir par lui-même, je me sens bien plus proche de cet état d’esprit. Le jour où on me dictera une morale, des codes et autres fantaisies du genre n’est pas arrivé, Haemoth a plus une approche chaotique et individualiste des choses, on est ici bien loin de la religion, des têtes baissées ou de tendre l’autre joue.


Metalship : Ces derniers temps, quels sont les disques que tu as acheté ? Quels sont ceux que tu attends avec impatience ? Écoutes-tu autre chose en dehors du Metal ?
Que penses-tu de la scène Française actuelle ?

J’écoute énormément de choses différentes, du Metal bien entendu, mais j’apprécie également tout ce qui possède quelque chose de noir, peu importe la forme utilisée, ça peut être Indus, Noise, Ambiant, Jazz, Expérimental… Je ne me limite pas aux genres. Le dernier album que j’ai acheté est celui de Svikt et Flagellant. J’attends un album de Mysticum, je ne sais pas s’il finira par sortir mais s’il y a bien quelque chose dont je suis vraiment curieux c’est bien ça, « In the Streams of Inferno » est vraiment redoutable, un album précurseur et violent, inégalé selon moi.


Metalship : Maintenant qu’Haemoth est de retour, avec un tout nouvel album, allez-vous faire quelques concerts ? Vous avez peut-être déjà des plans, en France ou à l’étranger ?

Nous ne faisons toujours pas de concerts, ça ne nous intéresse pas du tout et ça ne colle absolument pas au concept d’Haemoth, depuis les débuts du projet on a refusé énormément de propositions à ce sujet, en France, aux USA, Pays Bas, Grèce et un peu partout ailleurs, mais ça ne fait tout simplement pas parti de nos projets ou envies.


Metalship : Je pense que l’on arrive à la fin de cet entretien. Je te laisse le soin de terminer l’interview avec les traditionnels mots de la fin. Encore merci pour tes réponses.

...


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ajouté par Pit, le 14 mai 2012 pour Metalship

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