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Interviews :: Interview de Firebox Records

Interview de Firebox Records


Sur Metalship, on a l'habitude de donner la parole aux groupes. Mais qu'en est-il de l'envers du décor?
Pour l'occasion, nous avons questionné Rami, le label-manager de Firebox Records, qui a entre autres bossé avec Swallow the Sun, Saturnus, Colosseum...

Entretien avec un homme passionné, qui a incontestablement participé à faire évoluer notre musique au fil des années.


Metalship : Salut Rami, comment vas-tu? Pour débuter cet entretien, comment a débuté l’aventure Firebox Records?

Salut kumelia! Je vais bien, on a un super été en Finlande, et mes journées de travail sont plus courtes que d’habitude. Et bonne nouvelle, j’ai mes congés qui arrivent (fin août)!
Alors Firebox a débuté en 2001, ce n’était encore qu’une simple boutique Metal. Peu de temps après, on s’est lancé dans la VPC, pour enfin passer une étape supérieure et devenir un label en 2002.


Metalship : Combien de personnes travaillent directement pour Firebox?

Quand tout le monde est là, Firebox compte cinq employés à temps plein et deux à temps partiel. Mais tu vois aujourd’hui, tout le monde est en vacance et je bosse avec mon assistante Jennifer, qui m’aide pour l’été.


Metalship : Étant localisé en Finlande, tu dois avoir beaucoup de démos à écouter non?!

Oui, ça tu peux le dire! On en reçoit tous les jours, des dizaines et des dizaines, et du monde entier. En ce moment, on a beaucoup de groupes italiens et grecs…
Ce qui change par contre, c’est qu’on a de plus en plus de liens mp3 pour télécharger les démos. On a même des groupes qui ne nous envoient que des liens Myspace pour écouter leurs travaux, du coup on reçoit moins de copies physiques que par le passé.


Metalship : Je dois avouer que ton label est bien souvent gage de confiance lorsque je fais mes achats… Comment choisis-tu les groupes que tu signes?

Notre façon de choisir les groupes a évolué au fil des années. Au début, Firebox était un label Doom/Death, puis on a commencé à s’ouvrir vers des musiques plus extrêmes, puis gothiques mais toujours sombres. Mais on a eu aussi d’autres styles plus soft, genre Manitou qui est très Hard Rock, ou Fall of the Leafe, qui joue du Metal Progressif.
Maintenant, on signe des groupes qui nous bottent vraiment, que ce soit moi ou le staff de Firebox, et pour lesquels nous pensons qu’il y a moyen de les faire grossir.


Metalship : Parles-nous de la façon dont tu collabores avec les groupes. Quelles sont les étapes avant de sortir un album?

En fait ça varie bien souvent, car les groupes n’ont pas forcément les mêmes besoins. Sur un deal classique, on écoute la démo, on flashe dessus, on contacte le groupe pour voir ce dont ils ont besoin. On se met ensuite d’accord sur le budget alloué au studio, on fixe une deadline… Et après on signe le contrat. Le groupe enregistre l’album, nous l’envoie mixé et masterisé, avec tous les éléments graphiques, puis nous nous chargeons de l’envoyer en usine. Ensuite, nous commençons les pré-promotions, en envoyant des CD promo à des magazines et des webzines comme le tiens.


Metalship : Depuis quelques années, la maison Firebox s’est divisée en cinq labels : Firebox, Firedoom Records, Roihu Records, Off Records et Wintersunset. Pourquoi cette décision?

Effectivement, j’ai souhaité faire une distinction entre nos groupes de Doom-Death underground et ceux plus mainstream, qui eux restent sous l’étiquette Firebox Records. Roihu Records publie des groupes qui chantent en finnois. Off Records se concentre sur les groupes de Punk/Hardcore, tandis que Wintersunset ne sort que des groupes de Black ou de Folk qui ne collent pas à nos autres labels.


Metalship : Parles-nous du Firebox Store. Est-ce une structure suffisamment établie qui permet au label se subvenir à ses besoins?

Comme je te le disais, Firebox était spécialisé dans la VPC avant de devenir un label. Pendant des années, le Firebox Store nous a permit d’assurer un minimum nos revenus, pendant que le label ne dégageait aucun bénéfice. C’était de toute façon une nécessité de poursuivre dans la vente: c’était le seul moyen fiable que nous avions pour vendre nos productions, et crois-moi, sans le Firebox Store, nous aurions eu beaucoup de mal à écouler autant d’albums.


Metalship : J’ai vu que vous pratiquiez des prix imbattables: 3,90€ pour le second album d’Ablaze in Hatred (un double CD en plus!), c’est vraiment une super affaire! Comment fais-tu pour proposer des prix aussi bas?

Pour cet album dont tu parles, nous avons un stock conséquent. Sans rentrer dans les détails, nous en avions tirés 2000 exemplaires, soit approximativement 40% de trop. Alors quand on a encore plusieurs centaines d’exemplaires en stock, il vaut mieux le vendre au prix où il partira plutôt que de le garder en stock.
C’est la même chose pour de nombreux autres albums: nous profitons de la période estivale pour faire de belles soldes!


Metalship : On entend souvent dire que l’industrie du disque est en perdition. Toi qui vis ça de l’intérieur, qu’en penses-tu?

C’est exact. Les ventes de CD baissent d’années en années; je ne pense pas que ce format perdure éternellement. Le comble, c’est que je l’ai remarqué par moi-même: sur les six derniers mois, je n’ai quasiment pas écouté d’albums en version physique! Là par exemple, je suis en train d’écouter de la musique au bureau via Spotify.
Certaines personnes pensent que le LP ou le MC va revenir, pour ma part je pense plutôt que tout ça restera pour les collectionneurs. La musique numérique est l’avenir, n’en déplaisent aux fans inconditionnels de la galette… Pour moi, le format physique n’est plus vraiment important.


Metalship : Je ne crois pas avoir vu de groupes français signés chez vous. Est-ce une chose envisageable à l’avenir?

On a deux albums de Remembrance, et aussi Zatokrev, qui compte quelques musiciens français. Il semble que tu n’as pas bien fait tes devoirs… (ndlr: effectivement!)


Metalship : Quels sont tes groupes signés dont tu es le plus fier?

Swallow the Sun, Throes of Dawn, Saturnus et Colosseum.


Metalship : Quel est le groupe que tu rêverais de signer?

Je ne veux pas de gros groupes, car je sais bien qu’ils ont de gros besoins et nécessitent de gros risques. Je serais heureux de bosser avec de petits groupes cultes, mais je n’ai pas vraiment envie de te les nommer.


Metalship : Quelles ont été les meilleures ventes?

De très loin, Swallow the Sun. Ensuite Saturnus, puis Colosseum.


Metalship : Quels conseils donnerais-tu à un groupe qui souhaiterait signer chez vous?

Déjà, il faut savoir que Firebox n’a signé aucun groupe depuis un an et demi, nous nous consacrons à la vente de notre catalogue existant, ainsi qu’à l’impression de nos albums sold-out. Mais rassures-toi, tout peut encore arriver, il suffit juste que nous tombions sur un groupe qui nous accroche et qui n’a pas des prétentions trop ahurissantes. On pourrait bien sûr bosser avec des groupes déjà établis, mais ce serait aussi difficile et coûteux que de signer un jeune groupe qui n’en est qu’au stade de la démo. Les choses sont ainsi, mais on verra ensuite.


Metalship : Ton dernier coup de cœur?

Bonne question, j’ai écouté un petit peu de tout cette année. Avec Spotify, j’ai accès à tous les genres de musique, donc j’ai dû écouter 5% de Metal et 95% d’autres styles, comme de la Trance, du Dubstep ou des musiques électroniques. Ma dernière découverte? Disons The Chemical Brothers. J’ai même écouté du Hip-Hop et des trucs Reggae, alors que j’ai détesté ces styles pendant des années! Il semble que plus tu prends de la bouteille, plus tu deviens tolérant!


Metalship : Je te remercie pour tes réponses Rami. Tu as le dernier mot!

Merci à toi pour cette interview sympa, c’est toujours bon de voir qu’il existe encore des gens qui sont intéressés par les petites structures Metal!


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ajouté par kumelia, le 1 août 2011 pour Metalship

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