Retour à l'accueil
Interviews :: Interview de Averse

Interview de Averse


Averse est un groupe inclassable qui a plus d'un tour dans son sac pour surprendre ses auditeurs. C'est sur une terrasse lilloise et deux jours après leur prestation avec Alcest et Dornenreich que j'ai rencontré les membres de la formation Nordiste, pour tenter de cerner un peu plus leur univers si complexe ...


Metalship : Salut Averse ! Pour commencer cette interview, pouvez vous vous présenter pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Tim (guitare, chant clavier) : Bonjour Metalship ! Nous sommes le groupe Averse, dont la création remonte à 2002. Le groupe a beaucoup évolué depuis, ainsi que le line-up qui est aujourd'hui stabilisé. A l'origine du projet, il n'y avait que moi et mon frère Colin (batterie). Puis en 2004 est arrivé Thomas (basse), François (guitare, clavier, chant) en 2006 et enfin Jérémie (clarinette). Nous avions un violoniste, mais il n'est pas resté car c'était assez compliqué d'organiser des concerts avec lui.
L'idée d'intégrer de la clarinette m'est venue l'été dernier, lorsqu'on enregistrait notre album "The Endesque Chants", et il s'avère que François était le colocataire de Jérémie. On lui a donc proposé de faire les arrangements sur l'album, on l'a invité régulièrement aux concerts et il a finalement intégré le groupe à plein temps. Notre formation est donc très stable à présent.


Metalship : Vous faites partie de ces groupes inclassables, aux influences très variées. J'imagine que vos parcours respectifs ainsi que vos goûts musicaux doivent être très différents ?

Thomas : J'ai commencé la musique alors que je n'y connaissais rien du tout. Pour l'anecdote, ça a commencé par un gars super sympa qui m'a filé une basse. Ce n'est pas quelque chose qui arrive souvent, j'ai eu beaucoup de chance ! J'ai commencé à jouer dans un petit groupe de punk avec lequel je m'amusais bien. Je me suis ensuite tourné vers des musiques qui m'intéressent énormément : musique ethnique ou "musique du monde" comme on dit. Aujourd'hui, je me tourne vers les musiques africaines / arabes. Si j'en suis arrivé à intégrer Averse, c'est que j'aime le caractère puissant de la musique metal, l'aspect mûr du son, le fait que tu t'en prenne plein la gueule ... C'est fortement mixable avec tout ce que j'aime, et avec des mecs aussi ouverts, ça ne pouvait que le faire !

François : Cela fait à peu près 10 ans que je fais de la musique. Avant ça, j'écrivais, mais je me suis vite senti limité. J'ai commencé en faisant des reprises de Radiohead (guitare, chant), et mon premier vrai projet était un groupe de pop/chanson française qui m'a mené à tout de suite enregistrer, parce que c'est quelque chose qui me passionne. C'était en home studio, où on apprend soi même au fur et à mesure, mais déjà avec Nîm, qui est un très bon ami à moi et qui a d'ailleurs produit et assuré le mixage et le mastering de notre Album.
J'ai donc eu beaucoup de groupes différents et variés, mais je me suis stabilisé en 2006 lorsque j'ai rencontré Tim et Averse. A la même époque, j'ai intégré un autre groupe de rock indé qui s'appelle Sonic Spleen, dont je fais encore partie avec Colin. J'ai également un groupe de chanson française avec Jérémie.
Comme je suis quelqu'un d'extrêmement versatile, avoir beaucoup de projets est une nécessité, j'en apprends énormément grâce à tout ça. Je pense que l'intérêt d'Averse, c'est que ça nourrit tout le reste : c'est fondamentalement d'une richesse extrême parce que ça va bouffer entre tout les râteliers. Moi je suis plutôt de racine metal et pop rock. On va dire que c'est le plus gros de ce que j'écoute.

Jéremie : Je fais de la clarinette, et je commence le clavier aussi. J'ai une formation classique, j'ai fait environ 15 ans de clarinette dans un orchestre philharmonique, j'ai donc commencé il y a très longtemps, j'avais 10 ans. J'ai toujours fait du classique, j'ai fait un peu de jazz et je suis arrivé dans Averse un peu par hasard : lorsque François m'a proposé de faire un essai dans le groupe, je venais de finir le fil harmonique et n'avais plus de projet musical, j'ai donc voulu essayer. J'ai accroché tout de suite à la musique du groupe alors que, bizarrement, je n'ai aucune racine metal et n'y connais rien du tout. Je fais maintenant ma culture grâce aux concerts ! J'ai donc demandé à intégrer le line up parce que j'aimais vraiment, et à présent je ne joue plus que pour Averse et le projet de chanson Française avec François qui s'appelle Effijies.

Colin : J'ai commencé en faisant du djembé dans un club de quartier, c'est comme ça que je suis rentré dans la musique. Pour l'anecdote, mon entrée dans Averse est assez drôle : le batteur du tout premier projet de Tim était malade, je suis donc venu le remplacer à la répète le dimanche matin à 9h. J'ai été pris tout de suite, et l'autre a été viré, je ne sais même plus comment d'ailleurs (rires). Je suis donc devenu membre du projet pré-Averse qui s'appelait ... comment il s'appelait déjà ? Ah oui, Anemic Césarienne (rires).
C'est donc comme ça que je suis rentré dans la musique, c'est principalement grâce à Tim que je fais partie d'Averse, ce groupe m'a permis de m'ouvrir à plein d'autres genres, d'autres formations, comme Sonic Spleen. Cela faisait un moment qu'Averse était né, j'avais besoin de découvrir de nouvelles choses, de jouer de nouveaux trucs.
Je suis tombé dans le metal lorsque Tim m'a fait écouter Opeth, qui a été ma principale source d'inspiration pendant des années. Ensuite je me suis tourné vers des trucs plus techniques qui m'attiraient beaucoup plus, notamment Textures, Messhugah, et aussi Exivius avec qui on va bientôt faire un concert, et qui est un de mes groupes cultes. Je suis rentré au conservatoire de jazz il y a deux ans, j'en écoute donc beaucoup maintenant, d'une part parce que j'y suis contraint mais aussi parce que je commence à aimer ça. J'en suis arrivé à un point où j'essaie de faire beaucoup de choses dans le monde de la musique, en essayant de varier les plaisirs. Il y a donc Averse, Sonic Spleen, je fais aussi de la musique electro ...

Tim : Moi et Colin avons grandi dans un environnement très musical, puisque nos parents sont aussi musiciens. C'est mon père qui m'a offert ma première guitare électrique quand j'avais 14 ans, et j'ai tout de suite commencé à en jouer. D'ailleurs quand Colin a commencé à s'intéresser à la batterie, il a rapidement pu s'en procurer une. Puis je me suis un peu mis au piano en cherchant à faire des arrangements pour Averse. J'ai découvert le metal avec Marilyn Manson, je trouvais ça vraiment excellent, il y avait quelque chose dans le "choc rock" et dans le show qui m'attirait vraiment. J'ai commencé à réfléchir à certaines choses, c'est une musique qui n'est pas "creuse", quelque chose se racontait derrière Manson. Ma véritable première claque musicale, je l'ai prise chez un pote alors que je n'étais encore qu'au lycée, et qui était l'album d'Opeth, "Orchid". A l'époque, j'étais plus dans Manson, le rock indé, Placebo, Indochine ... J'ai découvert un tas de choses dans la musique metal, des éléments qui m'ont vraiment interpellé, j'ai découvert la double pédale, la beauté du chant death ... Je me suis intéressé à toute cette scène, et j'ai découvert des groupes qui m'ont beaucoup marqué à l'époque comme Borknagar, Emperor, et je me suis rapproché de la scène black norvégienne. Parallèlement, j'ai découvert la scène rock 70's et les musiques prog', King Crimson, Jeff Buckley et son père, Tim Buckley etc. Aujourd'hui, j'écoute beaucoup moins de metal qu'avant, mais par exemple les Smashing Pumpkins qui sortent actuellement des nouveaux morceaux que je trouve excellents.


Metalship : Comment vous placez-vous aujourd'hui dans cette scène française, où émergent énormément de groupes très talentueux mais qui ont du mal à se faire un nom ? Est-ce d'ailleurs votre cas ?

François : La particularité d'Averse, c'est qu'il y a une envie dans tout le groupe de ne pas faire que du metal, on ne veut pas se faire cataloguer dans une scène précise. Personnellement, j'ai une très grande envie de pouvoir faire des scènes moins typées. Mais à côté de ça, on ne peut que saluer l'effort de Tim d'organiser des dates comme celle de vendredi dernier, avec des noms comme Alcest et Dornenreich qui ne sont pas dans une case précise non plus. Ces deux groupes ne font pas du black metal pur et dur, on est donc dans un univers un petit peu chamarré, et j'aimerais que nous soyons reconnus comme un groupe multiple. Je ne voudrais pas me retrouver dans une case, on ne va pas se retrouver dans la scène black metal Française comme AntaeuS ou Lord, on n'a rien à foutre là dedans ! Très bien si on partage des scènes avec eux, mais pas que ça !

Tim : On va continuer à jouer cette musique metal, qui nous a interpellé, qu'on aime jouer et qui est vraiment quelque chose qui nous touche. On aime l'écrire, la travailler, et l'aspect extériorisation, l'extrême du genre nous touche réellement. Cela me rappelle d'ailleurs notre ex-violoniste Huang-Jun, qui est d'origine chinoise et qui n'avait jamais entendu d'autre musique que le classique jusqu'à son arrivée en France. Il a voulu faire de la scène avec nous, et lors du premier live qu'on a fait ensemble on lui a demandé pourquoi il jouait avec nous, ce qu'il faisait là tout simplement, et il nous a répondu : "Il y a un moment dans la vie où on a besoin de crier, et moi je suis là pour faire ça ce soir".
Le fait de pratiquer une musique multi-genres nous permet de faire découvrir de nouveaux horizons à certains publics, de confronter les genres, d'être partout à la fois : quelqu'un qui vient de la pop entendra peut être pour la première fois de sa vie un blast beat, et essaiera de retrouver cette intensité dans d'autres groupes. De même, on aime partager un bel arpège de guitare acoustique dans un concert où on joue avec un groupe qui a des piques sur les épaules et des corpse paint. Ce n'est pas de l'opportunisme mais la seule façon que l'on trouve pour s'exprimer.
On est non affilié à la scène metal française même si on l'apprécie et on fait attention à ce qui s'y passe, mais on est autant dedans qu'on ne l'est pas.

Thomas : ce n'est pas une question de différence, c'est que quand on part pour pouvoir vendre un produit, on doit le mettre dans une case pour que le public puisse s'y retrouver, et quand tu grattes un peu tu t’aperçois que tout le monde est différent. Si dès le départ, tu en es conscient et que t'essaies de ne pas te mettre dans ces cases là, tout reste possible au niveau de l'accroche du public, ainsi qu'au niveau du développement et de la création musicale, tu ne te donnes pas de limites. Pour le public, c'est plus difficile, certains ont plus de mal à s'y retrouver mais je pense que tout le monde est gagnant à la fin parce que justement, on se limite moins.

Jéremy : Je voulais rebondir sur ce que Tim disait à propos du violoniste puisque je vient moi aussi du classique. Quand il parlait de faire partager le metal à des gens qui n'ont pas forcément l'habitude d'en entendre, moi j'en écoutais pas du tout, c'est vrai que j'ai accroché à fond sur la musique d'Averse qui parle de choses qui me parlent à moi aussi, mais je pense aussi que si ça me plaît, c'est parce que ça me permet d'extérioriser des sentiments violents que je ne pourrais pas exprimer avec la musique classique, ni avec le jazz. C'est vraiment une découverte et parfois c'est moi qui réclame un peu plus de chant black (rire)

Tim : Parce que le metal permet justement d'extérioriser toute cette violence. La différence, elle est plus dans l'esprit, comme dans les 70's. En répète, on ne se refuse absolument rien et tout le monde a son mot à dire, si je ramène un morceau acoustique à travailler et que Thomas voudrait qu'on y implante un passage doom, et bien la chanson prendra une autre direction. Si on est différent, c'est peut être parce qu'effectivement, on ne se refuse absolument rien.
Ensuite, c'est difficile de se faire une place à l'étranger, c'est énormément de boulot. Et puis, quelle place veut on ?

François : Ce n'est pas tant une question d'étiquette musicale. On est dans une scène metal française, comment fait-elle pour vivre ou pour faire des concerts ? Elle en est capable grâce à des petits endroits tenus par des passionnés, comme par exemple vendredi dernier à la Chimère, ces mecs là ont un endroit à eux et ont un boulot à côté. Ils font jouer des groupes parfois même sans les écouter, ils offrent un tremplin, une scène où organiser un concert avec 100 personnes maximum et c'est très bien. Il n'y a pas de question de tarifs de réservation. Aujourd'hui, quel groupe français peut vivre de sa musique ? Pas beaucoup. Nous sommes au cœur de ça. Notre situation actuelle nous amène à nous poser de vraies questions sur nos choix de vie, nos choix professionnels et je pense qu'on aimerait tous que le nom grandisse, mais c'est extrêmement aléatoire. On est soumis à des forces qui nous dépassent un peu.

Tim : Tout en ayant conscience qu'on évolue dans une scène à part, française mais aussi internationale, la musique metal est un réseau qui rassemble aussi ceux qui en écoutent. Existe t-il un vrai réseau underground pop rock ? Pas vraiment. Le metal est une musique un peu à part car extrême, qui ne rentre pas dans une case populaire. Même si aujourd'hui certains groupes deviennent plus connus, et c'est une bonne chose.


Metalship : Vous avez joué vendredi à Lille avec Alcest et Dornenreich. Quelles sont vos impressions sur ce concert ?

François : Très bonne impression, très bonne organisation, le concert s'est vraiment bien passé en termes de technique, ce qui n'est pas toujours le cas. Il y a eu quelques problèmes au niveau du volume du chant mais à part ça on a pris beaucoup de plaisir, il y avait beaucoup de personnes présentes ce qui signifie qu'il y a possibilité de ramener plein de monde dans une salle, des gens qui veulent voir des groupes évoluant dans un style difficile. C'est donc très encourageant. Pour nous, c'était un concert important et j'en suis très content.

Tim : C'est tout simplement l'un des meilleurs concerts que l'on ai fait jusqu'à présent, on a pas eu de problème technique, on est content de ce que l'on a fait avec une formation stable qui est aussi la meilleure que l'on ai eu jusqu'à présent. J'avais aussi pas mal de pression puisque j'organisais la date, la prestation d'Averse s'est bien passée ainsi que l'organisation, je n'ai rien à redire. Il y a même des gens qui sont venus exprès pour nous et qui connaissaient les paroles, ça commence à être nouveau !


Metalship : Pour revenir sur ce concert un peu plus en détail, vous avez joué un peu plus d'une demi heure pour seulement deux morceaux : "Translating Your Name Into Numbers" et "Aubes Cendrées", qui dure environ vingt minutes. Pourquoi ce choix de set list ? N'était-ce pas un peu risqué face à un public qui ne vous connaît pas toujours ?

Tim : Nous n'avions que 40 minutes pour jouer et nous n'avons pas énormément de morceaux courts. Au concert de la semaine précédente, nous avions interprété un nouveau morceau instrumental de 9 minutes, mais le reste de la set list était la même que pour le concert de la Chimère. Demander si c'est risqué, c'est comme demander si jouer la musique qu'on fait est risqué ! On a dû faire un choix, et ces morceaux là nous semblaient être ceux pour lesquels nous étions les plus à l'aise et capables de jouer techniquement pour être sûrs de faire un set carré. Si tu te rates sur un morceau de 20 minutes aux trois quarts de la prestation, c'est foutu, tout ce que tu as fait avant ne sert à rien. Au prochain concert le 25 juin, on jouera peut être "Fleetingness Of Solar Happiness" au lieu de "Translating You Name Into Numbers", il faut qu'on s'adapte. Mais il faut que l'on joue "Aubes Cendrées", car c'est une chanson que l'on prend plaisir à jouer et qui clôture parfaitement une prestation.


Metalship : Vous n'êtes pas un groupe qui joue souvent, et vos prestations restent très intimistes. Le fait d'apparaitre peu souvent est-il voulu, ou est-ce par difficulté de trouver des dates ?

François : Avec un tel concept, c'est évident que c'est compliqué de trouver des dates, la majorité des salles se basent sur un style ou sur l'étiquette. Mais c'est surtout le chant qui joue, dès l'instant où il y a du chant black ou death, les salles ne te sont pas ouvertes. On a fait énormément de concerts dans les mêmes salles du coin, mais grâce à notre "réseau" comme on en parlait tout à l'heure, on a eu l'occasion de jouer à Dublin, en Espagne, au Portugal et prochainement en Hollande. On a aussi une formule acoustique qui nous permet d'évoluer dans d'autres univers et ouvre plus de portes. Si on avait accès à plus de salles, on irait sans hésiter.

Colin : Si on tourne moins depuis un moment c'est aussi parce que l'album nous a pris énormément de temps, il a été étalé sur deux ans et on ne pouvait pas tourner comme on le voulait pendant ce temps là. Nous étions aussi plongés dans une phase de création, ce qui demande aussi beaucoup de temps et de concentration. C'était donc moins facile de répéter de manière assidue nos chansons.

Tim : Après que l'album soit sorti, j'ai été vivre pendant 6 mois à Dublin, on ne pouvait donc pas proposer de concerts. Donc si tu as l'impression qu'on n'a pas fait énormément de dates, c'est juste qu'on n'en a pas eu l'occasion : soit j'étais à l'étranger, soit effectivement l'organisation prend du temps. J'essaie d'organiser des dates à Paris mais c'est pas évident, c'est un réseau et si t'es pas copain avec la programmation c'est pas facile.


Metalship : Lors de certains concerts, vous intégrez des écrans sur scène. Est-ce un moyen d'aller encore plus vers l'expérimental, ou juste un complément logique à votre musique ?

Tim : Je dirais un peu des deux. On est beaucoup dans l'immersion musicale, on propose des plages de 20 minutes et on y trouve des évolutions logiques. Le terme progressif ne nous dérange pas parce que dans l'idée originelle, il s'agit de liberté, de progression. Et comment faire évoluer un voyage musical ? Tu proposes des images à mettre dessus, c'est une façon d'étendre l'univers. Mais il est également question d'expérimentation, on a déjà eu l'occasion de faire un concert avec des videos projections au Kiné Ciné de Villeneuve D’Ascq par exemple, et il se trouve que je fais des videos et des clips. Un clip d'Averse sera bientôt en ligne d'ailleurs ! On veut tout essayer, intégrer divers instruments à notre musique, alors pourquoi pas des videos ?


Metalship : Parlons maintenant de votre album "The Endesque Chants". Vous avez mis environ 2 ans pour le finaliser, l'une des chansons ("Aubes Cendrées") date même de 2004. Pourquoi ce projet a mis tant de temps à voir le jour ?

François : ça a mis du temps parce qu'on a tout fait nous-même, tout bêtement. Le projet de l'album, Tim le porte depuis un bout de temps, avant même le EP. Parce que quand le EP a été enregistré, "Aubes Cendrées" existait déjà. On a décidé de tout enregistrer nous-mêmes. On a passé 4 jours sur la batterie ainsi que sur les guitares de Tim deux ou trois mois après. La totalité des enregistrements acoustiques et des chants ont été enregistrés pendant toute une année. Ensuite il y a eu un long travail de production et de mixage assuré par Nîm, on voulait travailler avec quelqu'un qu'on connaissait, avec qui on pouvait discuter et qui prendrait le temps de comprendre le concept de l'album. Et ça a pris du temps parce que justement, on a énormément discuté, il y a eu beaucoup de propositions et on a donc remis plein de choses en question. Et en février/mars 2010, les derniers masters étaient finalisés, et on avait quelque chose de fort.

Tim : On a passé deux ans à ne penser presque qu'à ça. C'était très fastidieux. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne veut plus refaire ça, un enregistrement ne pourra plus s'étaler de façon aussi longue, même si on a des projets assez fous pour la suite mais ça c'est une autre histoire. Et on a eu vraiment de la chance, j'ai été au nouvel an chez Mick Moss d'Antimatter avec qui Colin et moi avions tourné alors qu'on venait juste d'avoir les masters de l'album. J'ai fait écouter à Mick Moss, qui est un énorme fan de prog', "Aubes Cendrées". Et à la fin du morceau, il m'a dit que c'était l'un des meilleurs trucs qu'il avait entendu depuis longtemps, alors qu'il n'écoute plus de metal depuis un moment. Une semaine plus tard, il me rappelait pour signer Averse sous son label. On a donc vraiment eu énormément de chance. Le temps qu'on a investi pour avoir un album de qualité, on l'a récupéré sur avoir cette grande chance de ne pas chercher une distribution plus longtemps. Finalement, deux ans pour enregistrer un album et se trouver une distrib' sympa et quelqu'un qui s'occupe de nous, on s'en est quand même bien tiré. Pourquoi il y a des chansons qui datent de 2004 ? Parce qu'il y a des compos comme "Aubes Cendrées" qui était écrite à 70% et qui a évolué au fil du temps, au fil des rencontres. Ce sont les chansons qui disent quand elles sont terminées. On intègre Thomas à la basse, François à la guitare, ils existent donc dans la chanson, certaines parties de guitares sont les siennes. La chanson a pris 4 ans à s'écrire parce qu'il y a des gens qui sont arrivés sur cette chanson et qui ont aidé à la terminer et à l'arranger. Il y a peut être des chansons qu'on écrit maintenant et qui seront terminées sur le 4ème album. Si on existe encore d'ici là.

Thomas : Le temps d'enregistrement de l'album est aussi parti d'un choix, parce qu'on s'est rendu compte que beaucoup de groupes vont enregistrer dans des studios et ressortent avec une qualité qui est encore moindre que si ils avaient passé du temps à le faire chez eux. Parce que souvent ils s'adressent à des studios renommés mais qui ne sont pas du tout spécialisés dans la musique qu'ils font et comme ils traitent ça comme un produit, la musique est standardisée. J'ai vu beaucoup de groupes investir des sommes colossales et ressortir avec un sentiment de déception, qui peut être sonnera le coup d'arrêt à leur projet tant au niveau financier qu'énergique.

Tim : Tu parlais de liberté de pouvoir s'exprimer. Si on a passé deux ans aussi c'est parce que le home studio te permet de passer 2 ans à enregistrer ton album . A partir du moment où il a été enregistré, tu peux ajouter des guitares acoustiques, d'essayer autre chose et de rajouter plein d'éléments. Les chansons mûrissent. L'album grandit en 2 ans, même après les prises brutes. Et c'est une liberté que tu ne peux faire que chez toi. Notre intérêt, c'est de devenir indépendant et jamais au détriment de la qualité de la musique. On est super fiers de notre album, on a vu qu'on était capables de produire de la musique de qualité, garder notre liberté artistique, travailler de notre côté et prendre notre temps. Cette impression de folie, de multi genre sur l'album, elle est aussi là parce qu'on a eu le temps au cours de ces 2 années d'essayer et d'expérimenter.


Metalship : On voit figurer dans les remerciements Mick Moss d'Antimatter, Vinnie d'Anathema et Duncan Patterson d'ION. D'où sont nées ses collaborations et quels rôles ont-ils joué ?

Tim : On a commencé à faire des concerts en acoustique avec Averse et par l'intermédiaire d'un ami on a réussi à avoir des contacts pour faire venir Antimatter sur Lille en 2007, on a joué avec eux en acoustique. Et suite à un échange d'e-mail, on a organisé un concert avec Duncan Patterson et Vincent Cavanagh en même temps et le contact est très bien passé. Ce soir là, Duncan a été assez impressionné par Colin, il cherchait un percussionniste pour sa tournée et lui a proposé de jouer sur son album. J'ai aussi beaucoup sympathisé avec, il nous a proposé de venir jouer sur sa prochaine tournée. Avec Colin, on a décidé de faire les premières parties sous le nom d'Averse, mais en acoustique, ainsi que des morceaux de mon projet solo ainsi que quelques reprises. On est tous devenus très amis, j'ai d'ailleurs fait un clip pour Duncan pour Ion ("Adoration"), on collabore régulièrement. Mick c'est tout logique parce qu'il nous a signés et nous a aussi fait confiance. Avoir un petit label, commencer et sortir un groupe français sur un label anglais, qui fait des chansons de 20 minutes qui ne sont pas forcément accessibles, le mec met quand même ses couilles sur la table pour sortir notre album ! Et c'est qu'il y croit un minimum. On remercie également Vincent d'Anathema parce qu'il est devenu un ami avec qui on a collaboré aussi, qui nous a donné notre chance et qui n'a pas hésité à nous intégrer dans ses projets à lui, sur des événements particuliers. On les remercie donc parce qu'ils nous ont fait confiance, c'est super rare et on est super contents d'avoir trouvé ces gens là.


Metalship : Vous avez intégré au fil du temps de la clarinette, du violon, de la harpe ... Comment vous est venue l'idée d'ajouter de tels instruments dans vos compositions ? Était-ce juste pour expérimenter ou au contraire ne pouviez-vous concevoir cet album sans ces éléments ?

Tim : Une fois de plus, ce sont les chansons qui appellent les arrangements. On peut totalement concevoir une chanson sans, comme "Fleetingness Of Solar Happiness" où l'on n'a que deux guitares, une basse et une batterie. Parfois, 3 ou 4 guitares acoustiques qui se mélangent est un effet que l'on ne peut reproduire en concert, mais que l'on va ré-arranger avec de la clarinette pour parvenir au même mouvement. Au départ d'une chanson, il y a un mouvement et on doit se demander comment faire pour y arriver, et expérimenter jusqu'à ce que l'on soit content. De là à se demander si une chanson est vraiment inconcevable sans tous ces arrangements, oui, mais nous on adore ça, j'adore faire superposer 3-4 guitares, il y a même des passages où il y a deux basses, toujours en cherchant à rendre justice à la chanson et à son instrument. ça sera peut être pire à l'avenir, on pense à superposer deux ou trois clarinettes !

François :L'important c'est la vision, pas la clarinette, qui n'est plus un instrument d'arrangement. On s'est creusé la tête à ce sujet, c'était parfois difficile sur l'album : on se retrouve avec des passages où il y a de la guitare, du clavier, de la clarinette, du violon etc, et on se demandait si ça ne faisait pas trop. Mais on va au-delà de nos considérations personnelles, de nos goûts et de nos sentiments vis-à-vis de la chose. Pour moi aujourd'hui, tout est à sa place.

Jéremy : Il faut aussi rendre hommage au talent de Tim dans la direction artistique : quand je suis arrivé, je lui ai proposé des choses auxquelles il ne s'attendait pas vraiment et il a su dire oui et me donner la liberté de les faire, et parfois il me limitait parce que ça ne partait pas dans la bonne direction ... Il a une force de proposition assez énorme, pour moi qui venait du classique où on ne me donnait que la partition, j'ai pu faire sortir des choses qui ne seraient pas sorties naturellement de ma clarinette. Le rendu est assez impressionnant au vu du nombre d'éléments de l'album.


Metalship : Cet album, c'est un peu une hymne au voyage spirituel, autant à travers la complexité musicale que dans les textes. D'où puisez-vous l'inspiration et quels sont les thèmes abordés ?

Colin : On a tous des influences très différentes, et l'inspiration vient assez naturellement car on s'était dit qu'on n'avait pas forcément de limites et qu'on voulait expérimenter tout ce qu'on avait la capacité, tout du moins physique, d'expérimenter. On ne peut pas spécialement se dépasser nous même techniquement mais, tout ce qu'on est capable de faire, on essaie de le faire et l'inspiration vient naturellement. Tim qui est très porté sur le cinéma a déjà eu des discussions avec Nîm sur un film de Darren Aronofsky "The Fountain" qui imageait bien certaine visions de ce qu'on voulait représenter : quelque chose de très spirituel.

Tim : On s'inspire des uns des autres, on commence toutes les répétitions par une impro, ce qui nous amène à mieux nous connaitre. En ce qui concerne l'inspiration musicale, c'est plus des albums où l'on sent que les musiciens se sont donné une grande liberté, je peux te citer l'album "In Harmonia Universali" de Solefald, dans un registre métal, même si il y en a plein d'autres.
En ce qui concerne les textes, on peut parler de voyage spirituel en effet. Il n'y a pas de thématique particulière, les morceaux sont liés entre eux. Ce sont des sentiments très personnels qui ne peuvent pas être exprimés de façon brute. "Translating Your Name Into Numbers" est un genre de chanson d'amour déclinée sous une forme de thème mathématique. On part dans certaines réflexions comme : qu'est-ce qui est écrit ?, ce que je fais est-il évident ?, est-ce que je corresponds à un schéma?, quand je m'adresse à quelqu'un, est-ce que je passe par un schéma d'expression défini ?
Contrairement aux chansons que je peux écrire en solo, le "tu" n'est pas une personne précise, je m'adresse à l'existence dans son ensemble. J'essaie de matérialiser les choses et de conjuguer avec des thèmes différents. Si je parle de relations humaines, comme dans "Translating Your Name Into Numbers", je me pose la question de savoir si tout est déjà écrit et me demande si, sur l'échelle de l'existence, je ne suis tout simplement pas quelque chose de totalement insignifiant. Le reste s'exprime au fil de l'album, le tout parle de sentiments très personnels. La façon dont tu ressens la musique est parfois effrayante, parfois tu ne peux même plus en écouter tellement elle est forte et que tu la ressens de manière trop personnelle. C'est à partir de ce sentiment que j'ai écrit "I'm Not Scared Of Music Anymore". Il y a des périodes où ta vie ne veut tellement plus rien dire que tu deviens incapable de t'exprimer, et que même la musique te fais peur. Cette chanson raconte aussi le moment où tu retrouves le goût de la musique et que tu réussis à embrasser la vie à nouveau. La musique est une alternative aux mots, c'est aussi pour ça qu'on en fait ...


Metalship : L'artwork rajoute un côté énigmatique à l'album. Ces cerveaux ressemblant à des méduses, ils signifient quoi pour vous ?

Tim : On est dans le domaine de la collaboration autant en ce qui concerne le EP que l'album, on a donné les morceaux qui n'étaient pas encore terminés ni masterisés à Topher Crowley. En fonction de ses morceaux là, on lui a donné plus ou moins des idées, des tons, des idées de films etc mais on lui a laissé une grosse liberté artistique. Il a proposé cette thématique d'un genre de cerveau qui évolue en méduse, si on le voit comme ça. A l'intérieur de l'album c'est juste une moitié de cerveau qui se dissout dans des genre de flux noirs. J'ai trouvé ça logique,puisqu'on fait de la musique de l'ordre du voyage spirituel et du voyage intérieur. En fin de compte, tout ce qu'on est est un cerveau humain, qui peut te mener vers des chemins lumineux, mais aussi te mener de façon tout aussi intense dans des chemins de désespoir qui sont à la limite de l'irrécupérable. Ça prend son sens ici, le cerveau en tant que représentation du voyage intérieur, une moitié de cerveau et des flux noirs parce que ça peut nous mener dans bien des endroits.


Metalship : Bien qu'il était plus tiré vers un black metal plus agressif, on trouvait déjà sur l'EP "Scolopendrian Perception Haze" les prémices de cette identité vraiment unique d'Averse, avec notamment des passages acoustiques ou encore l'intégration du violon dans certaines compos. Ceci dit, vous auriez pu élaborer un album dans la même veine. Pourquoi ce changement de cap ?

François : Dans le prochain album, il pourrait y avoir beaucoup plus de black metal. Ou pas ! Il y aura nécessairement des éléments nouveaux puisque Jeremie fait maintenant partie du line up officiel, et comme il commence à aimer le black metal il demandera qu'on en fasse plus ! Mais c'est comme on le sent, il n'y a pas de plan de carrière défini.

Tim : Il y aura des éléments très black metal car c'est une musique qu'on prend plaisir à jouer, qui m'inspire encore, que je continue d'écrire et qu'on continue d'écouter, à vouloir partager. On parlait de ça avec François l'autre jour, la chanson qui fait vraiment la différence sur notre EP est "Murmures" qui est la plus black metal, alors que la précédente "Thus Grant Matter" faisait la transition. "Murmures" est beaucoup plus terminée parce qu'elle a été écrite avec des codes définis, tandis que "Thus Grant Matter" ressemble plus à l'embryon de chanson, comme "Translating Your Name Into Numbers" dans la construction et les sentiments. Je sais que quand je vais ramener un morceau au groupe, je vais écrire avec autant de logique un morceau comme "Murmures" qui va être justement entièrement metal du début jusqu'à la fin qu'un morceau beaucoup plus alambiqué avec des passages acoustiques. Sur le prochain, il y aura des passages très black, comme il y aura des passages très acoustiques.

Thomas : Je pense que beaucoup de groupes en général se calent sur un certain standard et se privent de quelque chose qui apporte beaucoup de bonheur et qui s'appelle la surprise. Justement nous on se ne limite pas à ça, on essaie de se surprendre rapidement. En répète il y a toujours des petites surprises, c'est vraiment sympa et je pense que beaucoup de groupes passent à côté alors qu'en fait c'est une dynamique qui donne beaucoup d'énergie à tout l'aspect création musicale.

Tim : Il se trouve que des groupes qu'on aime vraiment, et qu'on respecte énormément, ont récemment sorti des albums qui sont sans surprises. Les surprises, les claques qu'on a eues à l'époque, on ne les retrouve pas nécessairement aujourd'hui. Ils ont atteint une forme de standard de qualité, qui est tellement excellent qu'ils y restent plus ou moins. Le standard de qualité devient standard tout court et il manque de la surprise et cette claque qu'on se prenait à l'époque. C'est toujours la même chose, même si à la base c'est bien, il nous manque la claque.


Metalship : Pouvez vous nous en dire plus à propos de votre prochain album ?

Colin : Les morceaux sont encore au stade de brouillon, et on a repris le travail sur de plus anciennes chansons que moi et Tim avions commencées il y a quelques années et que l'on compte remettre au goût du jour. La majorité est composée par nous tous mais toujours à partir des idées de Tim, et cet album sera très collectif. On va y apporter de nouvelles surprises et le tout sera encore différent, encore plus fou.

Tim : On arrive à se surprendre nous-mêmes. On fait de la musique qu'on a envie d'écouter, on prend plaisir à s'écouter notre album parce que c'est une musique qui nous excite vraiment. On arrive à l'écouter en tant qu'auditeur actif, on se dit souvent qu'il ne faut pas faire de la musique pour les fans mais pour nous même. On se dit que notre EP n'a pas mal vieilli, on est content d'avoir fait un album qu'on est encore capable d'écouter aujourd'hui. En ce qui concerne ce nouvel album, on a beaucoup de matériel, l'effort sera encore plus collectif, la construction des morceaux se fera avec l'ensemble du groupe. On peut déjà dire qu'il y aura "La Ballade Du Traître", morceau qui est déjà disponible en bootleg sur internet. Il y aura en effet des morceaux que l'on va retaper, parce que le groupe grandit et un peu comme avec "Aubes Cendrées" qu'on a re travaillé, il sera intéressant de comparer l'évolution du morceau. Il y a assez de matériel pour faire un double album, on y pense ...


Metalship : Même question concernant vos side-projects !

Tim : Mon album solo est enregistré à 80%. J'ai presque tout enregistré seul, sauf la batterie, et Colin apparaîtra sur certains passages, ainsi que François. Il y aura des morceaux très pop, le chant sera clair et non crié. C'est un album très hybride, on y trouvera même de l'orgue, j'en ai acheté un il y a pas longtemps et le son me plait beaucoup ! Il y aura aussi des compos dans la veine de John Frusciante (ex-Red Hot Chili Peppers) qui tendent un peu plus vers le rock indé. Et bien sûr beaucoup de surprises avec divers instruments ...

François : Colin et moi faisons partis d'un groupe de rock indé, Sonic Spleen, qui tourne beaucoup dans la région. On prévoit d'enregistrer un album l'année prochaine mais pour l'instant on se concentre sur les concerts. Et avec Jérémie nous sommes dans un groupe de chanson Française, avec qui on est en train d'enregistrer.

Jéremie : Effijies, c'est la rencontre entre la clarinette, la guitare et la voix, et il y a un pianiste qui s'est greffé dessus pour nous donner des ailes. ça grandit petit à petit.


Metalship : Merci pour cette interview ! Le mot de la fin ?

Tous : Merci !

François : Je pense que ce n'est vraiment pas négligeable tout ce qui a été fait par les webzines, on a eu une petite dizaine de chroniques et c'était vraiment une surprise, parce que malheureusement la presse écrite vit une période difficile. On a été aidé, soutenu et ça continue aujourd'hui. Donc pour moi le mot de la fin c'est merci.

Tim : Merci pour moi aussi ! On parlait de scène française, et bien pour moi il s'agit aussi des endroits capables de la créer. Les clubs à Paris qui te louent leur salle du dessous à 800€, il ne font pas vivre cette scène, alors que La Chimère par exemple propose à n'importe quel groupe d'organiser un concert, ils te feront même la bouffe. Pour moi c'est un endroit vraiment unique et je suis super heureux d'y organiser des concerts. En parlant de bénévolat, celui qui a fait les entrées vendredi, je ne l'avais rencontré qu'une fois, il organise des soirées concerts, on l'a pris pour notre date et il a fait du bon boulot et on était content de le rencontrer. La scène, c'est une attitude comme ça, elle n'est pas créée que par les groupes, une scène c'est les groupes, les organisateurs, les lieux et les bénévoles.
Mais ce sont aussi les webzines qui créent la scène, ou les magazines, ils prennent le temps de parler aux groupes et de s'y intéresser. Quand on lit votre chronique, on sait que vous avez écouté tout l'album et pas que le premier morceau, ce qui n'est pas toujours le cas. Et si vous prenez autant plaisir à écouter la musique d'Averse que nous on a à la jouer, et bien venez nous voir ! Organisez des concerts et n'hésitez pas à nous inviter, ou à venir nous parler.
Encore merci et à bientôt j'imagine.

Thomas : Merci également, merci à toutes les petites mains qui font vivre les musiques qui sortent du grand carcan de l'industrie, merci à tout les gens qui, sur le coup du bénévolat font confiance au collectif, on s’aperçoit qu'il y a une puissance humaine qui se dégage de toute cette volonté, de tout cet amour pour la musique. Merci pour ça, aux auditeurs, à ceux qui prennent la plume, ceux qui prêtent les locaux et tout ceux qui, avec juste de l'envie et de la bonne volonté, font vivre toute les scènes, metal ou non, comme le rap qui est aussi très étiqueté.

Jéremie : je ne sais pas quoi te dire d'autre non plus à part merci, et bravo à tout les gens qui font vivre la scène musicale et à tous les passionnés, parce que la musique c'est de la passion avant tout !


Signaler un article incomplet Signaler une erreur
ajouté par Zandra, le 5 mai 2011 pour Metalship

(0)



Interview précédente

Tout

Interview suivante


Commentaires


En raison du spam, l'écriture de commentaires est suspendue.

Averse

Albums chroniqués :
Chronique de The Endesque Chants
The Endesque Chants
2010

Averse
Averse
Voir la page du groupe
Création : 2002
Genre : Black Metal
Origine : France

Rapports de concerts:



Groupes en rapport


Radiohead
Radiohead
Voir la page du groupe
Création : 1985
Genre : Autre
Origine : Royaume-Uni


Albums chroniqués :
Chronique de Heritage
Heritage
2011

Chronique de Watershed
Watershed
2008

Chronique de The Roundhouse Tapes
The Roundhouse Tapes
2007

Chronique de Ghost Reveries
Ghost Reveries
2005

Opeth
Opeth
Voir la page du groupe
Création : 1990
Genre : Death Metal
Origine : Suède

Rapports de concerts:

Marilyn Manson
Marilyn Manson
Voir la page du groupe
Création : 1989
Genre : Gothique Metal
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Urd
Urd
2012

Chronique de Universal
Universal
2010

Borknagar
Borknagar
Voir la page du groupe
Création : 1995
Genre : Black Metal
Origine : Norvège


Emperor
Emperor
Voir la page du groupe
Création : 1991
Genre : Black Metal
Origine : Norvège


Albums chroniqués :
Chronique de Teargarden by Kaleidyscope volume 1
Teargarden by Kaleidyscope volume 1
2010

Smashing Pumpkins
Smashing Pumpkins
Voir la page du groupe
Création : 1988
Genre : Rock Metal
Origine : États-Unis


Alcest
Alcest
Voir la page du groupe
Création : 1999
Genre : Avant-garde metal
Origine : France

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Flammentriebe
Flammentriebe
2011

Dornenreich
Dornenreich
Voir la page du groupe
Création : 1996
Genre : Avant-garde metal
Origine : Autriche

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Cut Your Flesh And Worship Satan
Cut Your Flesh And Worship Satan
2000

Antaeus
Antaeus
Voir la page du groupe
Création : 1994
Genre : Black Metal
Origine : France