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Interviews :: Interview de Elktronik Sciety

Interview de Elktronik Sciety


Elktronik Sciety est un groupe à l'aspect étrange et au style ravageur. Avec leur look capable de provoquer un malaise collectif dans un couvent mais qui ne doit pas laisser glisser la musique au second plan, les musiciens savent très bien ce qu'ils font et où ils vont. Après un Industrial Cadaverous Demo qui ne laisse pas indifférent, il est normal que nous laissons la parole au groupe qui ne porte pas un regard tendre sur la mentalité française. Explications...


Metalship : Massaker, tu as dissous une première fois Elktronik Sciety. Peux-tu en expliquer les raisons ? Ton année aux USA t'a-t-elle donné des idées pour remettre ce groupe en chantier ?

Massaker : J’ai dissous le groupe en 2005, car je n’étais pas satisfait du line-up, sur le plan musical tout comme sur le plan visuel, les musiciens qui m’accompagnaient n’avaient pas une démarche assez professionnelle a mes yeux.

Ayant l’impression de perdre mon temps et comme j’étais sur le point de partir aux USA pour une période assez longue avec mon épouse, c’était le mieux a faire, car le résultat n’illustrait pas ma vision d’Elktronik Sciety.

Il me fallait un break tout en sachant déjà que j’allais remonter le groupe plus tard avec un nouveau line-up et recommencer à zéro sur des bases plus efficaces et professionnelles cette fois ci. Mais il me fallait un certain recul pour justement corriger ce qu’il manquait dans le groupe
Après quelques expériences musicales aux USA, je me suis décidé à quitter ma guitare pour passer au poste de chanteur, car en effet c’était un gros problème dans ce groupe, tous les chanteurs qu’on a eu par le passé n’avaient ni le charisme ni la voix adaptés.

Après avoir passé un moment dans le berceau du rock, j’ai ouvert les yeux et cela m’a donné une énergie que je n’aurais pas eue avant. L’ouverture d’esprit et la tolérance des américains m’ont assez impressionné, car ce n'est malheureusement pas le cas dans certains pays d'Europe. Contrairement à ici, l’américain moyen qui n’est pas metalleux du tout, connaît et possède des albums d’Alice Cooper, Ozzy Osbourne, Rob Zombie entre autres. Chose qui n’existe pas chez nous. J’ai compris pourquoi les groupes américains ne se sentaient pas limités musicalement et visuellement, car ils ne sont pas rejetés par la majorité de la population comme ici en France.

Cette expérience a rendu au final la musique et le visuel d’Elktronik Sciety plus directs et agressifs qu’avant. Certains artistes aux USA ont tendance à haïr leur pays pour diverses raisons, alors que nous en France avons beaucoup plus de raisons d'haïr notre propre pays. Ceci reste pour moi assez ambigüe, car ces artistes haïssent un pays qui leur a offert la chance d'être célèbres, chose qui n'est pas possible en France.

Je pense que dans mes futurs textes j’exprimerai ma pensée sur la France, son côté pathétique qui rejette tout et qui se contente du minimum pour avaler sa propre merde. J'envisage de quitter ce pays qui n’apporte plus rien de toute façon et de m’installer pour de bon aux USA.



Metalship : Quelles sont les influences qui ont fait Elktronik Sciety ?

Massaker : Des Groupes comme Ministry, Rob zombie, Front Line Assembly et Fields of the Nephilim sont les influences majeures du groupe, ces groupes ont eu un rôle important dans ma vie.
Ceci dit nous ne cherchons pas à les copier, même si on ressent chez nous une certaine descendance de ces derniers.
Des films comme Massacre à la Tronçonneuse et Hellraiser ont également eu une grande influence visuelle sur le groupe.


Metalship : Quel message cherchez-vous à faire passer à travers Elktronik Sciety ?

Hrod : Chacun y trouvera ce qu'il voudra, nous ne cherchons pas spécialement à véhiculer un message en particulier. Je dirais simplement que dans un monde où tout n'est que formatage de l'esprit et manipulation, nous transgressons les règles du standard sans y aller par quatre chemins. One brain for all, welcome to an electronic society !


Metalship : L'imagerie du groupe est franchement tripante. Mais n'avez-vous pas peur que finalement, ce soit ce que l'on retienne le plus d'Elktronik Sciety ?

Non. Nous faisons de la musique avant tout, même si l'imagerie que nous adoptons fait partie intégrante du concept. Musique et visuel forment un tout indissociable mais si certains ne souhaitent retenir que la seule composante visuelle c'est leur choix, je dirais alors qu'ils sont passés à côté de l'essentiel.

Massaker : notre démarche est assez proche de l’imagerie shock rock d’Alice Cooper, les deux collent parfaitement. C'est la même règle pour nous et puis si c’est ce que l’on retient le plus chez nous, on n’y peut rien, au moins on se rappellera de nous, je ne crois pas que des groupes comme Slipknot se sont souciés de ce genre de détails, et puis regarde a quel point ils sont devenus énormes dans le métal.

Cyr : J'acquiesce humblement les précédentes réponses et l'imagerie est en effet un plus pour nous car on passe moins inaperçu parmi la masse de groupes qui existent aujourd'hui (que ça plaise ou non !). Mais rassure toi, on passe bien plus de temps à travailler en répète qu'à se maquiller ! L'imagerie fait partie de l'ensemble, c'est évident et ce serait dommage de s'en passer car le visuel est très important avec ce genre de musique et le fait de poser en jeans/basket ne serait pas crédible et de toutes manières ne nous ressemblerait pas, mais la musique est notre principal travail avant toute chose.


Metalship : Cyr, comment as-tu été recruté pour remplacer War ? Pareil pour Hrod et Crypp, qu'est-ce qui vous a poussé à rejoindre ce projet, qu'est-ce qui vous a attiré dans le discours de Massaker ?

Pour ma part, c'est Hrod qui a rencontré un de mes amis dans un bar "metal" et qui lui a parlé de sa recherche de batteur, ils se sont donc échangés nos contacts et Hrod m'a contacté. Etant déjà assez occupé musicalement je n'étais pas à la recherche d'un nouveau groupe mais je me suis quand même penché sur la page Myspace avant de lui répondre et j'avoue avoir été dans un premier temps attiré par la démarche visuelle qui donnait déjà à elle seule une imagerie détonante. J'ai toujours aimé les films d'horreurs et cette démarche visuelle peu commune pour un groupe m'a attiré. Ensuite vint la musique dans laquelle j'ai retrouvé des influences que j'aime beaucoup mais que je n'avais jamais eu l'occasion de jouer dans d'autres groupes par le passé. Je trouvais que les morceaux tenaient vraiment la route alors je me suis dis, "allons-y pour une audition" (soyons fous !). Et visiblement ça l'a fait dés la première répète ! J'ai cru comprendre que le fait de jouer au click ennuyait assez les précédents batteurs mais ce n'est pas mon cas et puis de toutes manières, avec les samples c'est la seule solution.
Le plus drôle dans l'histoire c'est que j'ai plusieurs amis en commun avec les autres membres du groupe mais on ne s'était jamais croisés pour autant !
Ensuite, par rapport aux textes et à la motivation assez "post-humaine" du groupe j'ai adhéré tout de suite car j'ai déjà un mode de vie assez noir et autant les thèmes abordés dans les textes de Massaker, les atmosphères et même la musique n'allaient pas à l'encontre de ce que je ressentais déjà. Humanity needs no Funeral ! Quel dommage que la tronçonneuse ne soit pas reconnue comme une arme de poing autorisée !

Hrod : J'ai rencontré Massaker pour la première fois il y a deux ans, par le biais d'un ami commun, au cours de diverses soirées. Le courant est très vite bien passé et en sortant du concert de Ministry en 2006 à Paris, il m'a parlé de sa volonté de reformer Elktronik Sciety et m'a proposé d'intégrer le groupe en tant que guitariste. Je ne connaissais Elktronik Sciety que d'assez loin à l'époque et j'en appréciais déjà la musique, à la fois pour son originalité et son efficacité mais également pour l'atmosphère décadente qui s'en dégage.
Etant disponible, j'ai alors accepté la proposition et nous nous sommes revus régulièrement, avons entamé les premières répètes. Le feeling est venu très naturellement tant humainement que musicalement. Nous avons ensuite beaucoup travaillé à deux pour relancer la machine, trouver des musiciens fiables et démarrer l'enregistrement d'Industrial Cadaverous Demos.


Metalship : Comment réagit le public lorsqu'il vous découvre sur scène ?

Pour notre dernier concert au Havre à la mi-septembre, les gens ont visiblement été conquis et ce n'était pas gagné ! Devant un public constitué essentiellement de black metaleux, j'ai senti dès les premières ambiances de l'intro une certaine expectative. Sûrement liée à notre visuel peu commun et aussi au fait qu'aucun concert de metal indus n'avait été programmé là bas depuis des années. Mais dès le premier morceau, tous se sont prêtés au jeu et se sont montrés très réceptifs. Massaker illustre parfaitement les morceaux avec tout le charisme et l'attirail nécessaires, ce qui a beaucoup plu.
Les Havrais sont déchaînés et je dois t'avouer que j'étais bien content d'être sur scène pendant les pogos ! (rires)


Metalship : Un album est-il en cours de préparation ? Avez-vous reçu des commentaires de maisons de disques par rapport à votre dernière démo ?

Nous entamons tout juste les démarches auprès des labels, il est donc encore trop tôt pour nous prononcer à ce sujet.
Les retours de presse que nous avons eus jusqu'à présent suite à la sortie d'Industrial Cadaverous Demos sont très positifs. De très bonnes chroniques sont tombées (dont la votre et je vous en remercie) ; plusieurs radios nous ont contacté pour nous diffuser en Suède, Allemagne et Etats Unis ; le magazine allemand Virus nous a également spontanément proposé la rédaction d'une chronique et nous attendons d'autres retours. Ceci est très encourageant et nous espérons que cela se poursuivra dans nos futures démarches, principalement tournées vers la recherche d'un label et de dates.

Massaker : On nous demande souvent si on prépare un album ! Aucun intérêt tant qu’on n’est pas signés sur un label qui nous permette de sortir un album avec une prod a la hauteur des grands groupes. Certains groupes sortent de vrais albums auto produits, chose que je respecte mais qui n’a pas grand intérêt, car ils n’ont pas de gros budgets et au final ils se trouvent avec des albums qui ont un son plus proche d’une démo.
L’intérêt est d’avoir un label qui fournit un travail de promo derrière, sans ça tu te trouves avec un album qui passera aux oubliettes même si son potentiel est énorme.


Metalship : Quels seraient vos conseils pour un groupe qui souhaiterait se lancer dans l'indus de nos jours ?

Hrod : D'un point de vue artistique, je dirais de ne pas hésiter à creuser une image en cohérence avec la musique, quoique peuvent en penser certains, pour créer un univers à part entière car c'est également ce qui qualifie le style. Le metal indus offre de grandes possibilités musicales pour enrichir le metal "standard" en y apportant davantage de richesse par le biais de samples et autres expérimentations sonores. Donc ne pas avoir peur de sortir du moule et de s'écarter des tonnes de trucs similaires qu'on peut entendre partout.
D'un point de vue promotionnel et si on se place dans le contexte français qui est le nôtre, je dirais de cibler au maximum des pays étrangers comme l'Allemagne par exemple, qui sont bien plus ouverts à ce genre musical.

Massaker : si un groupe de métal pense qu’il arrivera à faire une carrière dans la musique en France en étant signé sur un label français, autant être honnête, cela n’ira nulle part.
Il faudra viser l’étranger pour arriver à être reconnu internationalement, ne pas avoir peur d’oser aller plus loin, ne pas limiter son côté artistique et surtout éviter de sonner comme tous les groupes de la même ville, ce qui est un problème primaire en France.


Metalship : Un grand merci au groupe d'avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions. Interview réalisée via internet le 14 octobre 2008.


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ajouté par Elric des Dragons, le 19 octobre 2008 pour Metalship

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